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Withings sort un livre blanc Santé connectée

La société Withings dont les produits sont surtout diffusés dans le grand public, publie un livre blanc et lance un Institut de santé. Afin de renforcer sa présence dans le monde médical. « Withings inspire Health » est son nouveau slogan. Buzz Medecin teste d’ailleurs régulièrement ses produits. (Voir les tests du tensiomètre, de la balance, du tracker d’activités).
En recevant par mail (et sous embargo s’il vous plait), le « ebook » Withings, on craignait le pire : un énième livre blanc sur la santé connectée. Bonne surprise, on y trouve des éléments suffisamment originaux pour retenir l’intérêt. C’est sans doute que pour réaliser son « livre blanc de la santé connectée », Withings s’est assuré du concours de médecins spécialistes de l’auto-mesure. A savoir deux chantres de l’auto-mesure, les Drs Nicolas Postel-Vinay, co-fondateur du site automesure.com et Guillaume Bobrie, qui a démontré la supériorité de l’automesure à domicile sur la mesure clinique ainsi que le Dr Eric Topol, cardiologue américain qui mène des travaux sur l’impact de la génomique et des technologies mobiles sur la santé. Cette collaboration permet en tout cas au document de 48 pages de dépasser le cadre de l’auto-promotion (même si elle n’en est pas absente).
Après avoir pris acte de la naissance de la santé connectée (« le suivi autrefois réservé au monde médical devient accessible au grand public »), les auteurs s’attaquent au cœur du sujet qui intéresse les médecins : ce que ça va changer dans leur pratique. Le message est clair « n’ayez pas peur ». Suit le liste des différents outils de mesure connectés disponibles sur le marché pour la glycémie, le poids, la pression artérielle, la fréquence cardiaque (via les montres et les trackers notamment), la force d’expiration, l’oxygénation du sang, le nombre de pas, la température… avec pour chacun un avis médical sur la fiabilité et l’intérêt des mesures. Le tableau est précis et utile.
Ne voilà-t-il pas les moyens de l’auto-surveillance des diabétiques, asthmatiques, hypertendus, face à l’explosion du vieillissement et des maladies chroniques…

Des effets positifs pour les patients

Pour les médecins, c’est une nouvelle relation avec les patients qui s’instaure du fait de l’accès plus large des patients aux données les concernant. Selon un sondage Withings, 25% des utilisateurs français de tensiomètres communiquent leurs données à leur médecin. Aux Etats-Unis, ils sont 42%. Il devient difficile au médecin d’ignorer ce que devient son patient entre deux consultations.
La démonstration continue avec les résultats d’études anglo-saxonnes qui démontrent la supériorité du suivi sans fil : les patients qui disposent du matériel connecté sont plus observant, prennent plus souvent leur mesure et transmettent davantage leurs données. (NDLR : C’est sans doute plus pratique ?). De même, les patients au régime perdent plus de poids avec un coaching mobile que sans. Le Withings Health Institute (Withings, on le sait, conserve sur ses serveurs les données remontées par les utilisateurs de ses appareils et qui sont traitées anonymisées) sort à cette occasion une « évaluation inédite » portant sur des utilisateurs de ses objets ( balance, tensiomètre, tracker d’activités) qui montre des effets positifs sur le contrôle du poids. La société cite 7 études médicales en cours auxquelles participent ses dispositifs. En d’autre terme, Buzz Medecin en conclut qaunt à lui que l’usage de l’objet connecté renforce la motivation. Ce qui n’est déjà pas si mal. Enfin, une étude clinique est en cours pour montrer les effets directs des objets connectés (200 patients équipés glucomètre iBGStar et tensiomètre Withings) sur les dépenses de santé.
Les recommandations qui terminent le livre blanc enfoncent les portes qui ont déjà été ouvertes dans maintes réunions esanté, santé mobile et autres, en réclamant : effort d’évaluation et de certification (y compris pour les algorithmes médicaux des applications) pour rassurer et convaincre les professionnels de santé et les autorités de santé d’investir dans l’innovation, formation des médecins avec module dédié aux objets connectés pendant leurs études, évolution du cadre financier et réglementaire. Pour le moment, « le contexte réglementaire et l’organisation de l’Assurance Maladie freinent le déploiement à grande échelle » des dispositifs connectés, mais Withings souligne le potentiel de diffusion que représente le lieu de travail, l’entreprise finançant des programmes de prévention.
Enfin, le Big Data vint… « La constitution d’immenses base de données sur l’activité physique, le poids, la tension des populations qui se suivent volontairement et qui accepteraient de partager leurs données à des fins de recherche peut faire progresser la recherche médicale de façon considérable ». Surtout si on les croise aux données de l’assurance maladie (NDLR : vive l’open Data Santé).
Les médecins auront tout intérêt à parcourir ce livre … en attendant la sortie dans les prochaines semaine de celui que leur Conseil national de l’Ordre doit consacrer au même sujet.

Le livre blanc se télécharge sur le site de Withings  ‘ (en donnant ses coordonnées)
 



DCI obligatoire et interdiction de publicité dans les logiciels de prescription au 1er janvier 2015.

Le décret paru le samedi 15 novembre au Journal officiel (Décret n°2014-1359 du 14 novembre 2014) rend obligatoire au 1er janvier 2015, la certification des logiciels d’aide à la prescription médicale (LAP) et des logiciels d’aide à la dispensation (en pharmacie) . Ce décret d’application de la loi sur le renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé (29 décembre 2011) et de l’adaptation au droit de l’Union européenne (loi du 24 février 2014) était attendu.
Le décret stipule aussi que la mention de la dénomination commune internationale (DCI) devient obligatoire sur les ordonnances à partir du 1er janvier 2015.

Absence de publicité de toute nature

Le texte précise l’objet du LAP : " proposer aux prescripteurs exerçant en ville, en établissement de santé ou en établissement médico-social, une aide à la réalisation de la prescription de médicaments". Les autres fonctionnalités du logiciel métier ne sont pas concernées par la certification. L’élaboration de la procédure de certification est confiée à la HAS (Haute autorité de santé) qui établit les référentiels. La certification est obtenue pour 3 ans.
Un des articles rappelle les six exigences « minimales » du référentiel : conformité aux dispositions réglementaires et aux règles de bonne pratique, assurer la diminution du coût du traitement à qualité égale, prescription en DCI, information sur le médicament issue d’une base de données agréée HAS (selon une charte de qualité), informations sur le concepteur du logiciel et le financement de son élaboration et aussi des « exigences de sécurité portant sur l’absence de toute information étrangère à la prescription et de publicité de toute nature ainsi que sur sa qualité ergonomique ».
Les 38 LAP déjà certifiés répondent à ces exigences. La prescription en DCI est une question de paramétrage. L’interdiction de publicité pourrait en revanche concerner directement plusieurs logiciels du marché. Dans les logiciels de CompuGroup Medical (AxiSanté, Hellodoc), le service BIQ (Bulletin d’information quotidien) s’affiche à l’ouverture du logiciel et des économiseurs d’écrans sponsorisés apparaissent quand l’ordinateur est au repos.  Le BIQ diffuse des informations éditeurs, des actus médicales mais aussi des bannières publicitaires. L’utilisateur peut le désactiver mais pas le désinstaller. Franck Frayer, CEO de CGM France, a indiqué à Buzz Medecin sa position : "Nous allons nous conformer à ce que souhaitent la loi et le marché". Il attend pour le moment d’avoir des précisions, les autres fonctions du logiciel n’étant pas concernées par la certification. Les logiciels CLM (Cegedim) qui donnent la possibilité à leurs utilisateurs d’accepter des écrans de veille publicitaires (en échange d’une réduction sur la maintenance) sont-ils concernés?  L’étaient bien évidemment ceux du logiciel Pratis qui avait bâti son modèle économique sur la gratuité et la présence de bannières publicitaires permanentes (il n’a d’ailleurs jamais fait de demande de certification). Mais ce logiciel est en voie de disparition avec un éditeur en liquidation judiciaire (voir la Buzz Letter d’octobre). Buzz Medecin n’a en tout cas pas réussi à obtenir la HAS pour obtenir les précisions souhaitées.
Si les logiciels d’officine sont soumis au même décret, le référentiel de certification est différent puisqu’il s’agit d’aide à la dispensation. Mais les exigences sont quasi identiques.

Voir le texte du décret sur Legifrance
 

 



Compte twitter, forum, site de coaching en ligne, la CNAM 2.0 sur les rails

Le 6 novembre, quelques heures avant la fin de son mandat, M. Frédéric Van Roekeghem ( appelé "affectueusement"  Rocky dans la presse médicale) avait convié la presse à un dernier point d’information résolument tourné vers l’avenir 2.0 de la CNAMTS qu’il a dirigé pendant dix ans. Donc en 2015, la CNAMTS qui a ouvert le 27 octobre un compte twitter @CnamtsOfficiel (48 tweets, 16 abonnements, 483 abonnés au 6/11 à 17h), aura une « fan page » Facebook pour les femmes enceintes et animera un forum pour répondre aux questions des assurés sur ameli.fr. Elle fera aussi surveiller sa e-réputation. Et va lancer fin 2014 à l’intention des assurés détenteur d’un compte ameli, un service de coaching en ligne Santé active. Ce service d’accompagnement en ligne sur 3 mois portera sur  la prévention en matière de nutrition, de mal de dos et de risque cardio-vasculaire et sera complété en 2015 d’un module d’accompagnement du sevrage tabagique.

La première ligne de contact de l’Assurance Maladie, c’est Internet

La CNAMTS se félicite globalement du succès d’ameli.fr qui reçoit plus de 110 millions de visites par an. 16 millions d’abonnés y ont ouvert un compte (objectif 17 millions soit un assuré sur deux fin 2015), ameli génère 70 millions de contacts par an et 90.000 conversations avec sa conseillère virtuelle. A comparer aux 36 millions de visites dans les accueils des CPAM  et 30 millions d’appels téléphoniques. La version mobile a été téléchargée 2 millions de fois. Les services en ligne sont de plus en plus utilisés mais avec 3 millions d’appels au 36 46 pour signaler un changement d’adresse (disponible en ligne) et 1,5 million de déplacements pour commander la CEAM (la carte européenne d’assurance maladie) il y a encore de la marge de progression. Et  La carte européenne devrait d’ailleurs être dématérialisée sur smartphone fin 2015. Pour les rendez-vous dans les 2100 points d’accueil physique, un service d’e-booking (prise de RV sur le Web) est en test.
Le site ameli est cependant devenu trop riche. Une refonte est en cours pour faciliter l’accès aux bonnes rubriques à partir de situations concrètes. Encouragés par la ROSP (rémunération sur objectif de santé publique), les échanges avec les professionnels de santé se dématérialisent progressivement. Et pour que les diabétiques dits "en écart de soins " bénéficient davantage de Sophia (536 000 adhérents soit 1 diabétique éligible sur 4), il va être proposé à leur médecin de les inscrire via Espace Pro.
« Notre première ligne de contact aujourd’hui c’est Internet » a conclu l’ex-DG de la CNAMTS ( qui est remplacé par Nicolas Revel) reconnaissant que l’Assurance Maladie n’était pas en avance dans ce domaine. Une nouvelle campagne d’information sur les services d’ameli.fr est prévue du 22 novembre au 9 décembre prochains.