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Archives mensuelles : février 2015

Santé connectée : les médecins doivent accompagner le mouvement

Sous le titre, « Santé connectée, de la e-santé à la santé connectée », le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM) a publié début février un livre blanc de 36 pages qui fait le point sur toutes les questions d’ordre éthique et déontologique qui peuvent se poser aux médecins. Face aux objets connectés et aux applications, le CNOM les encourage à en adopter les aspects utiles et bénéfiques dans leurs pratiques médicales, évoquant aussi bien le quantified self, que l’automesure et la maison intelligente. On lit dans ce document que « l’impact de la m-santé sera sans doute le plus probant dans les cas où ses usages seront intégrés à des organisations de soins structurées par la médecine ». De fait, les sociétés savantes (en cardiologie, en diabétologie…) s’intéressent de plus en plus aux objets connectés et les médecins ne sont pas les derniers à participer au développement d’applications pour smartphones (voir la remise des Trophées de la santé mobile).

Une déclaration de conformité

Ce qui taraude le CNOM et on le comprend, ce sont les risques. Il recommande donc que la mise sur le marché des outils de m-santé fasse au moins l’objet d’une déclaration de conformité à un certain nombre de standards pour préserver la confidentialité et la protection des données recueillies, la sécurité informatique (des produits et des logiciels), la sûreté sanitaire (validation médicale). On pourrait ensuite imaginer une labellisation par diverses organisations qualifiées (association de patients, sociétés savantes, HAS..). Le troisième niveau, c’est la certification qui concerne les dispositifs médicaux et se fait dans un cadre européen. La régulation doit être européenne.

Les Français courent vite

Lors du débat organisé autour de la sortie du livre blanc, on a pu entendre, le Dr Dominique Dupagne, invité pour jouer les trublions, rappeler qu’Internet et les smartphones avaient « échappé aux tutelles » et que les objets connectés étaient maintenant lâchés dans la nature. « Il y a un rôle nouveau pour les personnes et les data ». Tandis que Philippe Lemoine, auteur de rapports sur le numérique, brossait le tableau d’une France en pleine révolution numérique. « Les Français courent vite, ils sont 20% au dessus de la moyenne européenne pour les usages du numérique. » et d’ajouter qu’il faut faire de la date un levier majeur d’innovation, notamment en santé. Et de proposer un incubateur de cabinet médical connecté et un subventionnement des objets connectés.
Le CNOM recommande d’ailleurs la prise en charge sociale de ces objets dès lors que leurs bénéfices sur la santé individuelle et/ou collective seront « scientifiquement reconnus ».  Le But de l’Ordre avec ce livre blanc : produire un document ordinal qui ouvre la réflexion de tous les acteurs de la société numérique, comme devait le rappeler le Dr Jacques Lucas, vice-président du CNOM, délegué général aux systèmes d’information en santé, lors du colloque TIC Santé (voir les videos et photos du colloque).

Le débat n’est pas clos, loin de là, dans un pays où on adore ça…Pour sa part, Buzz Medecin ne peut que remarquer l’implication croissante des sociétés qui développent ces objets, dans la validation médicale de leurs produits et le respect de la confidentialité des données. Outre Withings et son Institut de santé, iHealth vient d’engager une pharmacienne et va utiliser en France un hébergeur agréé pour les données de santé (HADS) et Bewell Connect développe sa gamme sous la direction d’un médecin et fait héberger les données chez Orange (HADS).

Le livre blanc du CNOM est à consulter ou à télécharger ici

 



MSSanté : montée en charge en 2015 ?

MS Santé, la messagerie médicale sécurisée, soutenue par l’ASIP Santé, s’implante très progressivement dans les hôpitaux en préparant l’arrivée massive des contenus qui devrait être le facteur déclenchant pour l’équipement des professionnels de santé libéraux. C’est du moins le cercle vertueux que l’ASIP Santé s’efforce de mettre en place.
Plus d’un an après le lancement de la phase pilote de déploiement de MS Santé dans 15 hôpitaux volontaires, où en est-on ?
14 établissements sont opérationnels et 8 envoient des comptes rendus d’hospitalisation électroniques vers la ville en routine, a expliqué à Buzz Medecin, Vladimir Vilter, responsable de mission à l’ASIP Santé.
On a ainsi appris aux Tech Days de Microsoft qu’à l’hôpital St Joseph (ESPIC) début février, la moitié des services étaient déployés et en capacité d’envoyer les comptes rendus à J zéro (comme va le recommander la future loi de Santé, puisque le patient devra sortir de l’hôpital avec son compte rendu). L’hôpital envoie 5 à 600 mails par jour, soit 20% des comptes rendus, vers les médecins de ville. Les médecins correspondants destinataires sont pour la plupart déjà équipés de la messagerie Apicrypt, très diffusée sur la région parisienne (NDLR. Apicrypt rassemble au total 50 000 utilisateurs professionnels de santé)  mais la proportion de nouveaux inscrits sur MS Santé (15%) est en augmentation. L’hôpital s’est contenté d’un premier courrier fin août aux 300 correspondants les plus actifs pour les inciter à recevoir les comptes-rendus par mail et à s’inscrire sur le web mail MS Santé. Attitude prudente face à la montée en charge progressive des services équipés.

Procéder par étape

Vladimir Vilter, responsable du projet à l’ASIP Santé, n’a pas d’autre discours : pas la peine de pousser la ville tant que l’hôpital n’est pas complètement prêt. Il a d’abord fallu que des éditeurs hospitaliers se rendent compatibles (Enovacom, Wraptor, Inovelan se sont lancés dès l’an dernier). Plus décisif encore la récente intégration de MS Santé dans la boite Outlook du pack Microsoft livré aux établissements via Uni-HA (500 établissements, soit 4 à 500 000 postes concernés).
Dernier atout : l’instruction en date du 23 décembre adressée par la DGOS aux établissements qui leur enjoint de rendre leur système de messagerie compatible avec MS santé d’ici la fin 2015 afin d’assurer la communication rapide des documents de sortie aux patients vers les professionnels de santé exerçant en ville. Pas question bien sûr de casser l’existant régional. Comme le système Zepra en Rhône Alpes qui est en phase de généralisation auprès des libéraux (53.000 documents consultés en décembre 2014) ou les 8.000 BAL lorraines ou encore les plates-formes des pays de Loire ou de Poitou-Charentes ou les échanges ville-hôpital avec Apicrypt. Tout cela devrait cohabiter et s’adapter pour devenir compatible. Et il restera à mobiliser le secteur de la biologie.
Les établissements, indique l’instruction de la DGOS, pourront soit adapter leur outil de messagerie propre et devenir « opérateur MSSanté », soit proposer aux professionnels de santé "d’utiliser directement les boîtes aux lettres offertes par l’Asip santé avec les ordres professionnels en particulier dans les petits établissements", soit acquérir un service de messagerie conforme à la loi, proposé par un opérateur public ou privé. Pour la DGOS, la durée de mise en conformité ne devrait pas prendre plus de 3 à 4 mois, rappelant que "le déploiement de la MSSanté permettra, après deux ou trois ans, de dématérialiser plusieurs dizaines de milliers de comptes rendus et lettres de sortie chaque année. »
Pour Vladimir Vilter, le « coaching » MSSanté est prêt. Le plan marketing aussi. « Les flux hospitaliers ont été analysés. 15% de leurs correspondants apportent 80% du volume. C’est sur eux que l’on se focalisera ».
En attendant, MSSanté avec une dizaine de milliers d’inscrits, médecins à 70%, n’est plus considérée en phase de bétatest…Quelques dizaines d’utilisateurs ont même essayé les versions mobiles pour iPhone (voir la démo). La messagerie est également compatible avec Thunderbird. Bel exemple d’utilisation en télémédecine : le dépistage de la rétinopathie diabétique réalisé par des orthoptistes et interprétés par des ophtalmologistes à distance. « Les données médicales et les données de remboursement pour cet acte de télémédecine sont envoyés par MSSanté, avec intégration dans le logiciel métier ».

L’intégration dans le logiciel métier des libéraux arrive

Pour les médecins, l’étape décisive, c’est en effet l’intégration de MSSanté dans leur logiciel métier ce qui leur permettra de récupérer les documents directement dans les dossiers patients (comme cela se fait déjà dans les logiciels ayant intégré Apicrypt). La FEIMA (Fédération des éditeurs d’informatique médicale et paramédicale ambulatoire) a vu enfin aboutir ses demandes auprès de l’ASIP Santé pour faciliter l’interfaçage de MSSanté, avec la publication en juillet dernier d’une nouvelle version du « Dossier des spécifications techniques clients de messagerie ». Dès lors, les éditeurs de la FEIMA (70% du marché) ont engagés les travaux de développement nécessaires et plusieurs « sont en phase de diffusion des outils correspondants après les retours positifs issus d’une période de bétatest », précise à Buzz Medecin Francis Mambrini, président de la FEIMA.

Comme diraient certains YAPLUKA (y a plus qu’à) …

 

 

 



Ouverture des données de santé : premier Hackathon public/privé

Dans le cadre du mouvement d’open data santé prévu par la future loi santé portée par Marisol Touraine, la CNAM a
« entrouvert » quelques données pour un premier « Hackathon »(de Hack et marathon). L’événement a eu lieu le 26 janvier et Mme Touraine a conclu la journée. Des acteurs militants de l’Open Data comme Withings et Celtipharm, y ont participé.
Pour ce premier Hackathon Données de santé organisé par la CNAM TS et la mission Etalab chargée de l’ouverture des données publiques (cf. le portail data.gouv.fr), une soixantaine de participants venant de structures publiques et de sociétés privées se sont retrouvés dans les locaux de La Paillasse à Paris, un laboratoire communautaire pour les biotechnologies, Selon TIC Santé, étaient présents  côté public, la Direction de la recherche des études, de l’évaluation et des statistiques, l’Institut des données de santé, le GIP Mipih et côté privé, Celtipharm, Microsoft, GE Healthcare, Cap Gemini, Jalma, le fabricant d’objets connectés Withings et le groupe mutualiste Corvea . But de l’opération : montrer que la réutilisation originale des données publiques ouvre de nouvelles perspectives d’usage et de services associés.

Un jeu de données du SNIIRAM

A cette occasion, la CNAM a fourni aux participants un jeu de données du SNIIRAM (Système national d’information inter-régimes de l’assurance maladie) qui constitue un des enjeux de l’ouverture des données de santé. Ce jeu de données contenait des informations anonymisées des dépenses de santé de ville des Français (remboursement des consultations et des médicaments) au cours des cinq dernières années. Il devrait rejoindre sur le portail gouvernemental le premier jeu de données déjà rendu public par la CNAM le 16 décembre dernier sur data.gouv.fr . Les participants se sont répartis en une dizaine d’équipes qui ont pu croiser ces nouvelles données avec d’autres bases déjà ouvertes (données démographiques, RPPS, le répertoire partagé des professionnels de santé, la base des accidents de la route, etc.) et avec leurs propres données.

Withings s’empare du sujet

Si certains acteurs plus spécialisés dans le traitement des données de santé, se sont dits un peu déçu par le peu de données mises à disposition, ce n’est pas le cas de Withings, fier de sa participation au Hackathon. Porteur du projet « Quelle est l’influence des modes de vies sur les dépenses de santé ? », le leader français des objets connectés a croisé les données de l’Assurance Maladie avec des données agrégées provenant des utilisateurs de ses trackers d’activité et pèse-personnes connectés tout en se basant sur les données de population de l’INSEE. Et a publié sur son site les cartographies résultantes. Il suffit ensuite de comparer la cartographie du montant des remboursements en médecine générale par personne et par département avec les cartographies des données de niveau d’activité physique (nombre de pas par jour) et de corpulence (taux d’individus en surpoids ou obèse). « Dans les départements où la moyenne de pas est moins élevée, les dépenses de santé par personne sont plus importantes », conclut Withings en indiquant qu’il existe d’autres facteurs pouvant influencer ces dépenses (comme la pyramide des âges…). Pas de corrélation évidente en revanche avec le taux de surpoids et d’obésité. Il faudrait affiner mais pour Withings, ce premier essai est déjà transformé. Dans la foulée (10 000 pas /par jour à faire selon l’OMS…), l’industriel qui vient de se doter d’un Institut de Santé, le Withings Health Institute (voir le livre blanc santé connectée) a également mis en ligne sur son site la première publication de son Observatoire de Santé : une carte de France de la sédentarité (données agrégées et anonymisées d’un échantillon aléatoire de 100 000 utilisateurs). « Les Franciliens sont les plus actifs parmi les Français » (NDLR : peut-être parce qu’ils craignent justement d’être les plus sédentaires …).

Partenariat CNAM-X en matière d’algorithme

Le directeur général de la CNAM, Nicolas Revel a cependant fixé les limites de l’ouverture : la protection des données personnelles et l’accompagnement nécessaire par les équipes de la CNAM compte tenu de la complexité du système. La CNAMTS a d’ailleurs annoncé le 2 février avoir conclu un partenariat de 3 ans avec l’école polytechnique pour mieux exploiter les données du SNIIRAM dans le cadre de ses missions mais aussi dans un but de santé publique. Avec le développement d’algorithmes permettant « la détection de signaux faibles ou d’anomalies en pharmaco-épidémiologie, l’identification de facteurs utiles à l’analyse des parcours de soins, la lutte contre les abus et la fraude ». Enfin, serait-on tenté d’ajouter.

 

 

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