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La santé connectée en vedette à HIT (Salons Santé Autonomie)

Des fabricants comme Bewell Connect, IHealth, Samsung ou Terraillon, six conférences et un parcours Objets connectés, la santé connectée, a fait son entrée en force cette année à HIT du 19 au 21 mai à la Porte de Versailles dans le cadre des Salons Santé Autonomie.  (Attention l’article de synthèse est un peu long, les lecteurs pressés voudront bien me pardonner).

La santé connectée c’est d’abord un marché.
Comme l’explique Thomas Serval président co-fondateur de Kolibree (la brosse à dent connectée bientôt disponible en France…), il faut distinguer « e-selfcare » qui s’adresse au consommateur sur le créneau forme-prévention, « Health IT » pour les professionnels où l’on fait rentrer des sujets comme le DMP et la télémédecine et « e-healthcare » qui va du professionnel vers le consommateur-patient avec le monitoring à domicile Les ventes d’objets connectés santé devraient en tout cas continuer à croitre de + 40% d’ici 2016. C’est bien pourquoi, plusieurs industriels du connecté étaient présents et qu’un parcours objets connectés a été concocté par DMD santé, site spécialisé sur le sujet. Intel y est allé de sa conférence pour rappeler l’existence de son processeur Intel Atom dans les objets mobiles et son implication en faveur de l’interopérabilité au sein du consortium Continua Health Alliance. Personne ne veut louper le coche
Le défi pour les constructeurs, c’est d’arriver à autonomiser l’objet pour qu’il soit utilisable aussi bien par les personnes âgés que par les jeunes rivés à leur smartphone. Puis il leur faut passer du produit au service.

La santé connectée, ce sont des services
Samsung l’a très bien compris qui a présenté aux établissements sa nouvelle offre en location issue d’un partenariat avec Orange. Ce kit patient d’autodiagnostic comprend un ensemble de dispositifs connectés de marque TapCheck avec 120 configurations possibles (tensiomètre, glucomètre, balance, thermomètre…à interface bluetooth ou NFC) autour d’une tablette (Samsung) durcie et d’un smartphone (Samsung) lui aussi durci. La tablette présente l’avantage de fournir des contenus d’aide thérapeutique. L’envoi des données est automatique sur le cloud sécurisé d’Orange. « La solution complète est commercialisée 20 euros HT/mois, souligne Carlos Jaime, directeur santé, car nous voulons permettre au plus grand nombre d’avoir accès à nos produits » Le Pr Gil Dubernard, chef de service à la maternité de la Croix Rousse à Lyon a équipé depuis deux mois deux chambres avec pèse personne, glucomètre et tensiomètre connectés pour le suivi du diabète gestationnel. Les patientes viennent avec leur tablette (elles la reçoivent pour 12 mois dès qu’elles s’inscrivent à la Croix Rousse) et la sage-femme implémente les mesures sur le dossier. La validité des mesures est en cours. En fonction des résultats, on peut imaginer le même suivi, à domicile (pendant la grossesse et après l’accouchement) avec des sages femmes connectées. Un berceau connecté permettra bientôt le suivi du poids des nourrissons.
Bien connu du secteur santé Visiomed présentait sous sa marque Bewell Connect  My HealthBox et le concept POPS, une valisette destinée au retour à domicile (et/ou à la surveillance de malades chroniques) et comprenant un choix de dispositifs médicaux sans fil  : tensiomètre, thermomètre, oxymètre de pouls, glucomètre et bientôt ECG MyEco ( il a été présenté au MEDPI à Monaco) ainsi qu’un Hub (fourni par Orange), le POPS qui peut se porter à la ceinture ou en bracelet, reçoit des messages sur son petit écran et muni d’une carte SIM et d’un GPS, sert à envoyer les données sans avoir besoin d’un smartphone « Il y aura trois types de bundle avec des appareils différents selon les besoins et dans tous les cas, un infirmer expliquera le fonctionnement des objets, commente le Dr François Teboul chez Visiomed, avant le départ de l’hôpital, le POPS sera apparié avec le numéro unique du patient . La plate-forme de Bewell sera interconnecté avec la plate-forme de l’hôpital ». Une expérimentation est prévu cet été avec le CHU de Nantes. Le prix n’est pas encore connu.
iHealth
prépare également sous une offre avec un Hub en partenariat avec Icanopée qui sera compatible DMP (projet iHealth Discovery) mais n’avait encore rien de concret à montrer sur le sujet.
Annoncé à HIT, l’accord Qualcomm Life-Bluelinea pour le suivi à distance des patients chroniques participe de cette notion d’écosystème autour des objets connectés. La solution 2net (une prise-hub et sa plate-forme) de Qualcomm est ouverte et permet d’assurer l’interopérabilité. Elle réunit 500 partenaires et sera.utilisée pour intégrer plus rapidement tout type d’objets connectés au bouquet de service à la personne BlueHomeCare. Ce bouquet de services est déjà utilisé par plus de 12 000 personnes à leur domicile et par près de 500 établissements spécialisés. « Opérateur d’objets et de services connectés dédiés à la santé, Blue Linea a déjà déployé 10.000 objets « précise Laurent Levasseur, président du directoire. (voir le précédent article sur les plates-formes de suivi).

La santé connectée, c’est un nouveau parcours de soins
La santé connectée est passée rapidement d’un buzz high tech à la mise en place de services équipés dans de gros établissements, con state Dominique Lehalle modératrice de la table ronde « santé connectée une opportunité bénéfique pour l’organisation des soins ». On a l’intuition n que ça va résoudre certains problèmes auxquels sont confrontés les pays occidentaux « Et si parcours de soins devenait un parcours de vie. Ils sont plusieurs à l’évoquer
« Nous entrons dans un monde multidimensionnel connecté dont l’usager est le cœur, on est obligé d’y aller, souligne Jean-François Goglin (FEHAP), le dossier du citoyen-usager-patient n’est plus une simple chambre d’enregistrement des données produites mais devient le pilote de fonctions directement connectées sur le patient. Le citoyen =-usager-patient s’achètera ces objets. IL faut penser global et en parcours de vie. Le patient est le capitaine de sa propre santé et il doit être considéré comme un client auquel nous devons le meilleur service possible.
Henri Isaac (Renaissance Numérique) ajoute qu’il faut repenser la place du patient à l’hôpital. Le numérique offre un levier pour pérenniser la qualité du système en le refondant. Le patient veut y être associé.
Les patients sont demandeurs et les médecins sont leurs interlocuteurs privilégiés, note le Dr Eric Couet ,médecin généraliste connecté, fondateur de connected doctors. 40 de ses patients ont des objets.
Le médecin est passé du savoir au partage des données de « son » dossier puis aux données recueillies par le patient, renchérit le Dr Didier Mennecier, fondateur d’hepatoweb. Les professionnels de santé sont en décalage. Les patients, une enquête d’Accenture, le révèle, souhaitent que les professionnels de santé soient en mesure d’offrir des services numériques comme les rendez vous en ligne (82%) avec rappel de RV par SMS (76%) ou les échanges par messagerie sécurisées (69%) Les usagers pensent aussi qu’ils devraient avoir accès à leur dossier médical (81%) qui pourrait devenir une interface de communication entre le médecin et le patient, ce que personne n’avait envisagé.. ;
C’est bien à un parcours de vie que pensent les assureurs.Qui voient dans les objets connectés des possibilités de lutte contre l’absentéisme par une meilleure prévention. Des pistes pour la medecine du travail. L’objet connecté peut y aider car il facilite le recueil des données. Des chaussures équipées de capteurs peuvent ainsi permettre de mieux connaître le poids soulevé dans la journée par les ouvriers du bâtiment. Sintéressent à la fourniture de nouveaux services à valeur ajoutée pour l’enseignement et la prévention. Les risques : le profilage des patients assurés et un renforcement des inégalités sociales de santé entre les connectés et les autres.
Reste beaucoup de validation à faire, comme le rappelait le Pr Pierre Simon : "Le médecin s’appuie sur le SMR (service médical rendu) et pour le moment on n’a aucune preuve d’impact de ces objets sur la santé" . Le feed back des données n’est pas encore très fiable reconnait le Pr Thierry Dantoine (CHU de Limoges) mais la représentation que les patients ont de ces objets, c’est qu’ils sont motivants.

 



La Consul Station : une offre de soins par télémédecine démarre dans le Var

Le week-end des 13-14 juin, si la date d’inauguration est maintenue par le Conseil général, la permanence des soins sera, hors urgence vitale, assurée pour les 13 000 habitants du bassin de vie d’Aups (Var) par une Consult Station, cabine de télémédecine intégrée pour la première fois à la permanence des soins.
Le Dr Aurélie Spanjaard du Samu 83 et le Dr Nicolas Riant de la maison médicale de Garde Cœur du Var au Luc (à 27 km d’Aups), circonspects au début sont aujourd’hui convaincus par la Consult Station. « A la régulation, on a de moins en moins d’offre de soins à proposer en consultation », souligne le Dr Spanjaard. « Le projet VAR télésanté, en préparation depuis juin 2011, permet d’augmenter le rayon d’activité du médecin en formant un réseau autour de la cabine Consult Station. » Il n’y a plus que 3 médecins à Aups (2149 habitants et une EPHAD de 70 lits) pour un bassin de 13.000 personnes avec une saisonnalité estivale alors qu’ils étaient 5 en 2011. Un seul médecin assurait 70% des gardes. Lorsqu’il a cessé son activité suite à un accident, la permanence des soins s’est trouvée en difficulté. D’où l’idée d’installer une Consult Station, cabine de téléconsultation autonome de la société H4D qui va trouver place à la caserne des pompiers d’Aups.

Le patient acteur de son examen

D’un poids total de 200 kilos, cette cabine prête à l’emploi dès lors que l’on dispose d’une prise électrique et d’une prise Internet fonctionne comme un écosystème. C’est un dispositif médical certifié CE. Elle dispose d’un lecteur de Carte Vitale qui sert à l’authentification du patient Ses dispositifs médicaux (thermomètre, tensiomètre, oxymètre de pouls, balance, stéthoscope et même otoscope, dermatoscope et ECG) sont prévus pour l’automesure avec un écran tactile d’instructions Les mesures sont recueillis dans un serveur sécurisé (HADS d’Orange) et transmise à l’un des intervenants du réseau (ici, l’un des médecins de la maison de garde du Luc), visible sur l’ écran de visioconférence. « Une fois la liaison établie, l’interrogatoire médical est le même, explique le Dr Riant, le stéthoscope à distance fonctionne très bien l’examen du pouls est un peu plus compliqué. Il faut juste guider les patients pour qu’ils remettent les capteurs au bon endroit. Les tests montrent que ça devient très vite un jeu. Le patient devient acteur de son examen »En fin de téléconsultation, le patient peut imprimer l’ordonnance qui sera tamponnée par le pompier médiateur. Il est toujours conseillé au patient de retourner voir son médecin traitant dans les 48 heures.

Une offre de soins supplémentaire

Pas question de laisser le patient se rendre dans la cabine de sa propre initiative. Celle ci fait partie du parcours de soins et elle est réservée à des patients qui ont appelé le 15 et pour lesquels il n’y a pas de médecin de garde proche, ni d’urgence vitale (douleur thoracique, etc.). Respectant aussi quelques critères de taille et de poids pour pouvoir entrer dans la cabine !
Il faut également des patients « éveillés » capables de se prendre en charge, avec l’aide du pompier de garde, mais qui n’est pas présent dans la cabine. « C’est une offre de soins en plus pour la régulation ».
La Consult Station a trouvé d’autres usages dans plusieurs hôpitaux et résidences seniors où elle est utilisée pour la surveillance épidémiologique, le dépistage, les bilans de santé et l’automatisation de certaines mesures (consultations d’anesthésie, par exemple). Elle est commercialisée en location (environ 1000 euros par mois maintenance comprise). Dans le cadre du projet varois, d’une durée de 18 mois reconductible, il va s’agir aussi d’évaluer  le modèle économique et le temps passé par les médecins de la maison de garde, sachant qu’il n’existe toujours pas d’acte spécifique.

( La présentation de ce projet a eu lieu le jeudi 21 mai dans le cadre du salon Santé Autonomie )