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iHealth enrichit sa gamme médicale et s’implante à l’hôpital

 Parmi les fabricants d’objets santé connectés, iHealth se veut le pionnier de la médecine connectée avec une gamme iHealth Pro et son application professionnelle aujourd’hui dispositif médical de classe I..

Lancée, il y a quelques mois, la gamme iHealth Pro va s’enrichir en 2016 deux nouveaux dispositifs médicaux de classe IIa.

 

L’électrocardiogramme connecté iHealth Rhythm et le holter tensionnel iHealth Next ont été présentés à Medica à Düsseldorf (16-19 novembre).

iHealthRhythmiHealth Rhythm est composé d’un patch (consommable) à trois électrodes qui se pose sur le sternum du patient en restant invisible sous les vêtements et permet de surveiller l’activité cardiaque pendant un à trois jours. Le médecin fournit le dispositif au patient de façon temporaire, ce qui lui permet de détecter les anomalies cardiaques pendant la période de surveillance. Le patient peut presser sur un bouton, s’il ressent une douleur. Connecté par Bluetooth l’appareil envoie ses mesures sur iHealthPro, l’application iPad développée pour les professionnels. Le médecin peut y accéder en direct ou récupérer le bilan en branchant l’appareil sur l’iPad. Il peut partager les résultats avec un spécialiste.si nécessaire.

iHealth Next propose quant à lui un suivi de la tension pendant 24h (avec une mesure de l’activité). C’est un brassard universel au plus près de la forme du bras avec une pompe interne réduite au maximum. On le porte en toute discrétion.
La promesse : des examens complets et moins onéreux.

Cet été, c’était la commercialisation en France d’iHealth Cardiolab déjà testé par Buzz Medecin (voir le test). Ce premier système de diagnostic cardiovasculaire connecté repose sur deux modules de mesure (tensiomètre) positionnés simultanément au bras et à la cheville. Ce qui permet de calculer par algorithmes, plusieurs paramètres cardiovasculaires dont l’IPS (Index de Pression Systolique) et de réaliser un bilan cardiovasculaire en quelques minutes qui s’établit sur iHealthPro. Cardiolab a été vendu à plus de 2000 exemplaires en Italie. Les différents dispositifs Pro s’utilisent avec l’application iHealth Pro sur iPad qui regroupe les résultats des mesures des tensiomètres, glucomètres, oxymètres de pouls, balances, et bientôt Holter et ECG, utilisés par les patients à domicile ou chez les médecins. Le médecin créé une fiche patiente qui lui permet d’obtenir une synthèse des différentes mesures prises par son patient. L’application permet de générer des rapports PDF pour les adresser à un confrère. Les données des patients sont accessibles sur la plate-forme web iHealth Pro sur laquelle les médecins doivent s’enregistrer. A noter, l’application est un dispositif médical de classe1 et les données sont hébergées chez IDS, hébergeur agréé pour les données de santé. Buzz Medecin l’a testée, cette inscription est encore un peu compliquée mais les améliorations arrivent. Ce ne sont encore que les débuts de la médecine connectée !

L’ Hi LAB de la clinique Pasteur de Toulouse

Il y a encore beaucoup d’évangélisation à faire auprès des médecins comme des patients. Aussi iHealth vient de signer un partenariat avec la clinique Pasteur de Toulouse pour mettre en place la plate-forme Hi-LAB (Health Innovation Laboratory) qui se veut un accélérateur d’innovations médicales au service des patients et des soignants. iHealth met, dans l’Espace patient de Hi LAB, ses dispositifs médicaux à la disposition des patients pour qu’ils puissent mesurer et transmette leurs données médicales depuis leur domicile à leur médecin sur l’espace web sécurisé développé par la clinique Pasteur. On vous le répète, nous n’en sommes qu’au début…



Antel 2015 : les médecins libéraux intéressés par la télémédecine

Sur le thème Télémédecine et territoire, le 8ème congrès européens de la SFT-ANTEL, les 30 et 31 octobre, a permis d’aborder à plusieurs reprises la place des médecins libéraux dans des projets qui ne sont plus uniquement portés par l’hôpital mais par des MSP

Premier constat rapidement établi en lisant les « posters » affichés dans les couloirs du congrès, les médecins généralistes sont « preneurs » de la télé expertise de spécialiste avec réponse dans la journée. Avant le lancement d’un projet de télé expertise en dermatologie, l’union régionale des professionnels de santé et médecins libéraux de Picardie a envoyé en septembre dernier des questionnaires aux généralistes picards et reçu 216 réponses, soit un taux de retour de 14,9%. Près des ¾ des médecins sont d’accord pour utiliser la télé expertise en dermatologie dans leur pratique. Ils y voient une facilité, une aide à la décision, une actualisation de leur connaissance et une amélioration du confort du patient. Pour eux, la télédermatologie serait surtout utile en dermatologie générale et pour les suspicions de tumeurs. Les plaies qui font actuellement l’objet d’expérimentation sont plus rarement citées. Une autre étude mené par le SNJM et Union généraliste, début 2015 sur 896 questionnaires reçus (pour 34 172 envois) révèle l’intérêt des médecins pour une télé expertise avec réponse dans la journée et pour la télédermatologie dans les situations d’urgence. Le problème sera sans doute celui de la disponibilité des dermatologistes et des spécialistes en général. L’expérience du Réseau Arpèges Tele-med en région Centre Val de Loire , financée par l’URCAM puis par l’ARS, pour lutter contre la désertification médicale a permis de réaliser 2000 télé expertises demandées par les médecins traitant avec une réponse en moins de 72 h dans 96% des cas. Dans le cas d’Arpèges, c’est clairement la télé expertise en cardiologie qui est plébiscitée ». Et non pas le suivi des plaies. Se fondant sur le succès de Domoplaies (2000 téléconsultations par an), ce sont pourtant les projets de télédermatologie pour le suivi des plaies qui sont actuellement déployés dans le cadre des expérimentations de l’article 36 associant les libéraux. « Cette thématique imposée nous limite, reconnaît le Dr Michel Serin venu témoigner au nom de la FFMPS (Fédération française des maison et pôles de santé). Dans la « vraie vie des PS », cela fait longtemps que l’appareil photo numérique sert à la « télémédecine corsaire ». L’article 36 apporte des avantages comme la mise à disposition de matériel, l’évaluation, la rémunération du requis (le spécialiste sollicité).

Des besoins en télégérontologie

La MSP, point de rencontre de différents PS avec des bureaux partagés semble le terrain idéal pour la télémédecine.
Principalement en direction des EHPAD où de nombreux libéraux assurent des vacations. C’est là que se situent les besoins en télégérontologie et téléconsultations spécialisées (cardiologie, endocrinologie, rhumatologie, orthopédie). Les spécialistes peuvent se trouver à l’hôpital ou en ville. « La télémédecine est une opportunité pour les EHPAD, explique le Dr Nathalie Salles, gériatre au CHU de Bordeaux, car le recours aux urgences est très fréquent et l’on sait que la moitié des hospitalisations sont évitables.
Si les plaies chroniques représentent 30,9% des besoins, c’est la télépsychiatrie ainsi que divers consultations spécialisés qui sont les plus intéressantes ; les troubles de comportements sont présents chez 41,8% des pensionnaires et il est impossible de les déplacer. 14 EHPAD d’Aquitaine sont équipés et il y en aura bientôt 100.
Plusieurs exemples présentés au congrès de la SFT-ANTEL ou ailleurs témoignent de la réussite des téléconsultations auprès des patients âgés dès lors qu’ils sont accompagnés d’un soignant.
Lors d’une réunion à Lyon en juin, organisée par Telemedinov sur la télémédecine en ambulatoire, le Dr Frédéric Mignen, chef de Pôle Télégériatrie au CH Loire Vendée Océan a souligné que les téléconsultations permettait de diviser par deux les journées d’hospitalisation. Cinq EHPAD sont opérationnels et 100 téléconsultations ont été réalisées avec le concours d’une quinzaine de médecins hospitaliers et libéraux. Voir l’article sur le site de DSIH.

Oui aux projets co-construits avec l’hôpital

Les professionnels de santé libéraux pour lesquels une rémunération est désormais prévue à titre expérimentale dans le cadre de l’article 37 de la loi de financement du 23 decembre 2013, sont donc prêts et intéressés mais pas à n’importe quel prix.
« Les professionnels de santé ne veulent pas être une variable d’ajustement de la politique hospitalière » prévient le Dr Jacques Lucas, vice-président en charge des systèmes d’information au Conseil national de l ‘Ordre des médecins. Ils ont prêts à intégrer un projet de télémédecine si celui-ci est co-construit. Il souligne aussi qu’il n’existe plus de risque déontologique aux échanges entre professionnels de santé dans le cadre de l’équipe de soins mais aussi avec l’équipe médico-social. Car il n’est pas possible d’évacuer les EHPAD des projets. D’autant plus que pour le moment, c’est en télégérontologie que se trouvent les projets les plus prometteurs.

A noter, le Pr Pierre Simon, président de la SFT-ANTEL de 2010 à 2015, vient de publier "Télémedecine, Enjeux et pratiques" aux éditions Le Coudrier. Un livre pour tout savoir sur les pratiques de la télémédecine et leur apport dans la prise en charge des malades.