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Santé mobile et connectée : Health Shapr donne vie aux projets des professionnels de santé

Vous êtes médecin (ou professionnel de santé en général) et vous pensez avoir l’idée de l’application géniale que vous n’avez trouvée nulle part ou de l’objet connecté que tous vos confrères attendent ? Vous avez déjà un début de développement que vous voulez rendre professionnel ? Vous ne savez pas comment trouver des conseils, un financement, un développeur ?

Rendez-vous sur HealthShapr. Ce « programme de portage des innovations en santé mobile et connectée », premier du genre repose sur le partenariat de Wellfundr, un site de financement participatif (ou crowdfunding) dédié à la santé, d’IBM et de sa plate-forme d’outils Bluemix (dont des outils d’analyse cognitive issus de Watson), de Mauna Innovation (accompagnement global), d’Ova Design, de DMD Santé. Dès que votre projet est en ligne (sous forme d’un Powerpoint par exemple), tous ces experts se donnent 72 heures pour l’examiner et vous répondre. Un projet retenu sera ensuite budgétisé et accompagné jusqu’au prototype. HealthShapr se rémunère sur la campagne de financement de Wellfundr (à hauteur de 6%) mais ne conserve aucune propriété intellectuelle sur les projets. C’est en faisant le constat que les PS ne manquaient pas d’idées mais de temps pour les « industrialiser » que s’est lancé Health Shapr. Le programme est aussi ouvert aux patients mais le projet sera toujours examiné par un médecin.

Startupers médecins à vous de jouer !

http://healthshapr.com/



La cardiologie connectée à l’heure des tests

Balance, tensiomètre, ECG, tracker d’activité… Le cardiologue dispose d’une panoplie de dispositifs médicaux connectés. Les patients ont commencé à s’équiper. Quel bénéfice peut en tirer le cardiologue, pour lui et ses patientS ? Telle était la question qui sous tendait la session commune « e-santé et cardiologie » réunissant la HAS (Haute autorité de santé), le Collège national professionnel de cardiologie (CNPF) et la SFC (société française de cardiologie) lors des 26e journées européennes de la SFC (13-16 janvier).

Premier constat : beaucoup d’applications et une foule d’objets connectés. Beaucoup de sociétés entrent dans le domaine de la santé, sans médecin, constatent les cardiologues. « Nous avons changé de monde dans la médecine » renchérit Yves Juillière (Nancy). 93% des objets achetés n’ont pas été conseillés par un médecin mais choisis par les personnes . « Quelle est notre place par rapport à cette vague » se demande Eric Perchicot (Cavaillon, CNPC). Parmi tous ces appareils et applications qui prétendent mesurer la fréquence cardiaque, souligne le Dr Gregory Perrard, il convient déjà de faire un tri. Les appareils les plus sophistiqués s’adressant aux sportifs et qui se placent sur le thorax, ceux qui sont au contact de la peau sont corrects mais que dire de l’Apple Watch qui utilise un signal infrarouge : dès qu’on bouge un peu la fréquence change. Que vaut le tracker d’activité d’Apple installé par défaut sur les iPhone 6 et ses données de pas parcourus qu’il enregistre quasiment à votre insu ? La santé connectée est-elle vraiment un domaine commercial comme un autre ?

Bientôt un référentiel HAS objets connectés et applications

La HAS s’est emparé du sujet qui fait partie de ses missions d’information des professionnels de santé mais ne veut surtout pas certifier. « La durée de vie d’une application est trop courte, elle risque de disparaître avant d’avoir été évaluée » s’exclame Jean-François Thébaut de la HAS et lui même cardiologue. L’idée est plutôt celle de proposer un référentiel assez large de bonnes pratiques sur les appli cations et les objets connectés en santé mobile. Pierre Trudelle (HAS) mène le groupe de travail d’une dizaine de personnes qui s’est attelé à cette réflexion en envisageant quatre champs de la santé connectée. L’ appel à experts (PS, universitaires impliqués dans la réalisation d’objets ou d’app) a été lancé en décembre sur le site de la HAS est clos. La sortie du document est prévue pour fin mars. Cela permettra notamment aux sociétés savantes d’extraire les critères pour valider les dispositifs.

Un test de suivi observationnel avec un  tracker et une balance connectés

Les instances professionnelles ne sont pas inactives. Constatant que ces objets sont faciles voir agréables à utiliser par les patients, un groupe de travail s’est monté sous la houlette de Gregory Perrard et Elisabeth Pouchelon, cardiologues libéraux. « Nous sommes en train de démarrer un suivi observationnel des patients hypertendus grâce aux objets connectés. 50 patients seront équipés d’un tracker et d’un tensiomètre (partenariat avec Withings) lors d’une consultation chez leur cardiologue qui téléchargera l’application sur leur smartphone et leur expliquera le fonctionnement. Ils auront deux rendez-vous avec leur cardiologue à 6 mois et à 12 mois. Nous voulons mesurer sur cette cohorte l’acceptabilité des objets connectés et les effets sur le suivi chez des patients jusqu’ici mal contrôlés. » Les premiers résultats en juillet permettront de juger de la faisabilité de la méthode et de l’efficacité sur la prise en charge.

Le télésuivi de l’insuffisance cardiaque fait partie, on le sait, des domaines retenus pour la deuxième vague expérimentations d’actes de télémédecine avec un tarif préfigurateur. Les études PIMPS ( 314 patients équipés d’une balance et d’un lecteur autotest de BNP connectés) et Osicat (837 patients avec un programme automatisé d’éducation thérapeutique et une balance ) ont joué les pionniers. On en attend encore les résultats complets mais on sait déjà qu’un télésuivi (étude allemande) peut diminuer les hospitalisations de 40% et la mortalité de 30%.
Les objets connectés achetés par le patient cardiaque ont sûrement un rôle à jouer avec un programme défini par le cardiologue ou le médecin traitant. Il va aussi falloir compter avec  l’arrivée des ECG "wearable" au dernier CES…



CES 2016 : des objets connectés santé de plus en plus médicaux

 Le CES de Las Vegas qui vient de fermer ses portes (6-9 janvier), vous n’y étiez pas ? Et bien, Buzz Medecin non plus. Mais avec tout ce qu’on a pu lire dans la presse, sur les blogs et les communiqués de presse reçus, je vais tout de même tenter une synthèse en trois points.

Une vitrine pour la French Tech (y compris santé)

Premier point, si en France, on s’intéresse tant au Consumer Electronic Show, c’est que nous avons eu, avec 190 entreprises françaises présentes, la plus grosse délégation non américaine. Comme l’an dernier, Emmanuel Macron s’est déplacé. En moins d’une semaine, les start-up françaises ont levé des dizaines de millions d’euros et enregistré beaucoup de précommandes. Dans le secteur de la santé, une dizaine de membres de la nouvelle association e Health Tech avaient fait le voyage. Pour un certain nombre de jeunes pousses, Las Vegas, c’est leur première visibilité mondiale. Si elles décrochent un prix, c’est la promesse de voir s’ouvrir le marché américain qui reste le premier marché mondial des objets connectés. Ainsi Kolibree, après son Innovation Award, a vendu l’an dernier plus de 10 000 brosses à dent connectée via les dentistes américains ce qui lui permet  aujourd’hui de se rapprocher du jeu video pour apprendre aux enfants à se brosser les dents. Las Vegas n’est qu’un tremplin. La moitié des jeunes pousses de 2015 ne sont plus là en 2016, soit qu’elles aient été rachetés, soit qu’elles aient disparus.

Réinventer l’ECG et le thermomètre

Deuxième point. Certes, l’on voit encore surgir à l’Eureka Park du CES, quelques réalisations en quête d’originalité comme le bracelet Motio de Fabulasy qui veut qualifier votre profil émotionnel et par là votre qualité de vie, Sensorwake, le réveil olfactif,  Levl, le tracker de fitness qui repère les calories brûlées en mesurant l’acétone de votre haleine, Spire qui détecte le stress ou encore Rythm, un casque qui aide à mieux dormir…
Mais la plupart des nouveautés sont des instruments de mesure médicaux réinventés, ce qui ne les empêche pas d’être innovants et de recevoir des prix.
Sur leurs communiqués, Bewell Connect (groupe Visomed) et iHealth se disputent le leadership, l’un de la santé connectée en France, l’autre des objets connectés au niveau mondial, tandis que Withings se présente comme le leader de la santé connectée.
BW-HR1_MYECG_BdefRévolution dans la pratique de l’ECG ? Bewell a reçu un Innovation Awards catégorie biotechnologie pour MyECG, un dispositif CE sans fil et sans électrode, léger (100g) facile à utiliser qui permet un suivi cardiologique à distance par le médecin via le smartphone ou la tablette de son patient. Il sera vendu 249 euros TTC (en ligne, en pharmacie et magasins de matériel médical).
Autre électrocardiogramme, l’iHealth Rhythm dejà annoncé par Buzz Medecin, a remporté l’innovation Award catégorie fitness, Sport et Biotechnologies. Il est composé d’un unique patch (consommable) de 20g et 10cm à trois électrodes placé sur le sternum et permet un suivi pendant une période de 24 à 48h. Ainsi placé sous surveillance, l’activité cardiaque dévoile toute éventuelle anomalie. En cas de douleur, le patient presse un bouton, pour l’indiquer sur le bilan de l’examen reçu par le médecin via bluetooth et l’application iHealth Pro.
A noter, parti de dispositifs très design, iHealth aborde aussi aujourd’hui le marché avec des produits plus "classiques", disposant d’écrans bien lisibles, comme son nouveau tensiomètre grand public iHealth View. Ce tensiomètre de poignet sauvegarde jusqu’à 100 mesures et s’affranchit du smartphone qui ne sert plus que pour les courbes. Ce retour de l’écran s’explique par l’utilisation de ces appareils par une population majoritairement âgée. Les industriel du biomédical qui ont connecté leur gamme ne s’y sont pas trompé et ont toujours conservé l’écran, comme les allemands Beurer et Medisana ou encore A&D Medical et Terraillon. thermo-application-cWithings continue à miser sur le design, sa marque de fabrique, quand il revisite la prise de température. Son Thermo, couronné par 2CES Innovation Awards est précis et rapide. La prise de température connectée s’effectue en plaçant le Thermo sur la tempe. Une batterie de 16 capteurs (Hot Spot Sensor technology) effectue 4000 mesures en 2 secondes. La lecture s’effectue sur l’appareil et sur le smartphone en wi-fi. Autre innovation Withings, le capteur d’activité Go avec écran E-Ink pour voir ses efforts en direct. Les ambitions santé de cette entreprise restent très fortes si l’on en croit le credo d’Eric Carreel, son co-fondateur (« le Monde » du mardi 5 janvier) : « on va passer d’un monde où l’on est soigné quand on est malade à un monde où l’on détecte en avance les maladies qui peuvent potentiellement nous toucher ». Un credo partagé par tout le secteur de l’e-santé

Partenariats et services

Le troisième point, c’est le développement des partenariats et des services. C’est ainsi que sur le stand de La Poste étaient rassemblés les membres de French IoT, l’Internet des objets français. Le groupe Malakoff Mederic, assureur santé et prévoyance de 200 000 entreprise en Franc,e a présenté une expérimentation illustrant son programme de prévention utilisant des objets connectés. Menant depuis 2008, des études sur le bien-être et la santé en entreprise, Malakoff dispose d’une base de données intelligente qui vient enrichir le Hub de La Poste. Autre exemple, le pilulier connecté imedipac de Medissimo, Innovation Award en 2014, une fois intégré au Hub de la Poste, va servir à des essais cliniques : décrire et analyser ce qui conduit un patient à prendre ou ne pas prendre ses médicaments. En décembre, iHealth annonçait un partenariat pour intégrer son glucomètre iHealth Gluco à l’application mySugr, carnet de suivi pour les diabétiques qui est déjà reconnu comme un dispositif médical de classe I (marquage CE en Europe et enregistré à la FDA aux USA). On note aussi que Bewell connect est partenaire de Smoke watchers, programme de coaching d’aide à la dépendance tabagique qui peut utiliser une cigarette électronique connectée, pour offrir un service plus complet sur sa plate-forme . Ces partenariats semblent appeler à se multiplier. Jusqu’à l’intégration dans le logiciel métier des médecins. CLM présente déjà sur son site l’intégration d’une balance et d’un tensiomètre connectés dans son logiciel  Crossway. Mais ce n’était presenté pas au CES !