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Objets connectés de santé : les patients plus convaincus que les médecins

Dévoilés lors de la 11e université d’été de l’e-santé à Castres (4-6 juillet), les premiers résultats d’une étude lancée par le Lab e-santé dénotent un écart important entre la vision des patients et celle des professionnels de santé quant aux effets positifs des dispositifs connectés de santé.

Le Lab e-santé, groupe de réflexion associant entreprises de santé, patients, accompagnants, professionnels de santé, prestataires de services et institutionnels a pris l’initiative de tester en vrai grandeur l’ « utilisabilité » d’un certain nombre de dispositifs connectés. C’est ainsi qu’a été lancée en septembre 2016 l’étude Updocs (Usage et partage des données issues des objets connectés de santé). Les professionnels de santé (40 engagés sur 50 prévus) travaillant dans une maison de santé, une pharmacie ou des centres de soins, ont remis aux patients éligibles une solution de suivi des données de santé sur iPad (ou smartphone) Virtual Santé du groupe Tactio ainsi que des objets connecté de marque Terraillon (balance, tracker d’activité, auto-tensiomètre).
Les PS peuvent créer un compte sur Virtual santé pour consulter les données des patients (13 comptes ont été ouverts utilisés par plusieurs PS) qui sont hebergées chez Claranet. Etaient éligibles des personnes présentant un excès pondéral (indice de masse corporelle supérieur à 28), une hypertension artérielle ou une grossesse à risque, et disposant d’un smartphone ou d’une tablette. 112 patients ont été inclus sur les 250 attendus. « La mise en place de l’étude est une question d’organisation. Au début, c’était brouillon et un peu au hasard de mes consultations. A l’usage, j’ai acquis un certain savoir-faire et j’ai mieux appris à poser mon discours et sélectionner les candidats, témoigne le Dr Joël Valendoff, médecin généraliste à la Maison de Santé Faidherbe à Paris. Je sélectionne les patients qui ont un emploi du temps chargé et qui peinent à venir consulter par manque de temps. Une fois le malade ciblé, je n’ai jamais eu de refus patient. Je les sensibilise sur l’importance de se faire suivre. Une fois qu’ils saisissent l’intérêt, ils sont pour la plupart, assez enthousiastes. »

Des regards croisées qui diffèrent

Un des objectifs de l’étude est en effet de déterminer "les freins et les moteurs à l’adoption de la santé connectée par les professionnels de santé", d’évaluer "les usages réels de ces technologies" et les profils des professionnels qui y trouvent un bénéfice.  Les maisons de santé pluridisciplinaires sont-elles le "terrain favorable" à l’adoption de ces nouveaux dispositifs ?
Les résultats intermédiaires présentés à Castres se basent sur les réponses à un questionnaire "SUS" (System Usability Scale) qui sert à recueillir un point de vue subjectif sur un dispositif ou un système. Note allant de 0 à 100 (de pas du tout d’accord à tout à fait d’accord). Ce questionnaire a été soumis aux patients et professionnels sept jours après leur inclusion dans l’étude et la découverte du dispositif proposé. N’y ont répondu que 12 PS et 47 patients. Le score moyen d’utilisabilité chez les patients est supérieur de plus de 11 points à celui des professionnels de santé (67,4 contre 56,3). La différence de ces regards croisés est tout à fait patente quant à l’aide à l’échange avec les PS noté 8 par les patients et 5,5 par les PS, l’optimisation du temps ( 7,4 contre 5,1) et la remise en question de l’expertise du PS ( 6,5 contre 4,3). Autre enseignement : la disparité des scores enregistrés par les patients se révèle forte, variant de 35 à 100/100. Ce qui suggère la nécessité d’un accompagnement personnalisé.
Si l’étude a suscité une grande satisfaction, le temps de démarrage est long des deux cotés, tant pour les PS qui doivent changer leurs habitudes que pour les patients qui ont besoin de quelques réglages pour devenir plus rapide.
« Cette étude me permet d’avoir un angle de prise en charge très original. Et elle permet de suivre de manière ludique certains patients, les jeunes tout comme les seniors»
, conclut le Dr Joël Valendoff .L’étude se poursuit jusqu’à la fin de l’été, pour une présentation des résultats complets à l’automne.

Télécharger la présentation des premiers résultats sur le site du lab e-santé



APICEM obtient l’agrément hébergeur de données de santé pour Apicrypt 2

L’agrément HADS obtenu pour Apicrypt 2 marque-t-il la fin du feuilleton à rebondissement que nous jouent la SARL APICEM (ce n’est plus une association) et l’ASIP Santé, depuis deux ans, sur le thème de l’intégration d’Apicrypt, la messagerie sécurisée leader avec 70 000 utilisateurs revendiqués, dans l’espace de confiance MSSanté?

Le « scoop » a été dévoilé dès vendredi 29 par Michel Gagneux, directeur de l’ASIP Santé dans une dépêche en ligne de TIC Santé et repris ce mardi 4 juillet dans un communiqué d’APICEM : APICEM SARL devient hébergeur agréé de données de santé à caractère personnel (HADS) pour la version 2 de sa messagerie Apicrypt.
L’agrément a été délivré le 29 juin 2017 par le Ministère de la Santé en accord avec l’ASIP Santé et la CNIL.
Evolution logique de la messagerie sécurisée, Apicrypt 2 propose la signature systématique et obligatoire de tous les messages et la traçabilité de chaque étape de la transmission.
Dès 2015, le Dr Alain Caron, gérant d’APICEM SARL, annonçait la compatibilité d’Apicrypt 2 avec MS Santé (voir l’article de Buzz Medecin).
Mais l’entrée dans l’espace de confiance de MS Santé nécessitait l’agrément HADS du serveur APICEM.
Pendant deux ans, les deux partis, si l’on peut dire, ASIP Santé et APICEM, se sont renvoyé la balle. L’ASIP Santé et le Comité d’agrément des hébergeurs s’opposaient aux choix techniques de l’APICEM, réclamant un certificat de sécurité supplémentaire. Tandis que l’APICEM attaquait l’ASIP Santé pour distorsion de concurrence.
A tel point que lors du dernier congrès de la FMF, Nicolas Revel , directeur de la CNAM a assuré aux médecins Apicrypteurs qu’ils pourraient toucher le forfait structure 2017 même si leur messagerie n’était pas encore dans l’espace de confiance.

Apicrypt 2 pas interopérable MS Santé avant  3 à 6 mois

De fait, l’APICEM qui s’était fendu d’une lettre au nouveau ministre de la santé, Agnès Buzyn, le 21 mai dernier pour se plaindre du blocage de son dossier d’agrément déposé en février 2015, estime dans son communiqué qu’il lui faut « trois à six mois hors période estivale pour finaliser les développements de la version 2 d’Apicrypt et la rendre interopérable avec l’espace de confiance ».
Et encore, si l’ASIP Santé l’aide dans le franchissement de cette dernière étape. Le Dr Caron juge également que l’annuaire MSSanté très peu fiable aujourd’hui devra être consolidé et déplore une nouvelle fois la concurrence de ce webmail gratuit. Il prévient qu’il n’hésitera pas à dénoncer à nouveau les retards qui ne seraient pas justifiés ». Estimant que c’est la lettre au ministre qui a permis de débloquer le dossier. Ce que réfute évidemment l’ ASIP Santé en expliquant que l’agrément a suivi le processus normal.
Michel Gagneux assure toutefois que l’intégration d’Apicrypt (76 millions de messages échangés l’an dernier alors que le déploiement de MSSanté progresse ) est un « sujet d’intérêt général » et que l’aide de l’ASIP Santé lui est acquise pour cette démarche.
La migration des médecins Apicrypteurs vers Apicrypt 2  n’est donc pas encore pour tout de suite et Nicolas Revel a bien fait de le prendre en compte!