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2019, l’année de la montée en charge de la téléconsultation ?

 Après les annonces du 15 septembre dernier, les modalités pratiques de la téléconsultation et de la télé expertise en médecine libérale, se mettent en place. Rappelons que le ministre de la santé s’est fixé comme objectif 500 000 téléconsultations d’ici la fin 2019

Début décembre lors du 11éme congrès de la télémédecine organisé par SFT (Société française de Télémédecine) Telemed (6-7 décembre), a été indiqué le chiffre de 4.000 téléconsultations remboursées par l’Assurance Maladie depuis le 15 septembre. Et l’on pouvait, en s’entretenant d’un stand à l’autre avec des médecins utilisateurs de plates-formes déjà opérationnelles, vérifier que certains avaient fait quelques téléconsultations qui, oui, avaient bien été remboursées, après télétransmission d’une feuille de soins en mode dégradé.

Donc ça marche. Mais il n’y a pas eu de ruée. Ni de la part des patients, ni de celle des médecins. Les résultats d’un sondage effectué de juillet à octobre auprès d’un échantillon représentatif de 8000 personnes*n’ayant à 99% jamais eu recours à une téléconsultation, montrent clairement qu’il fallait s’y attendre. Si 55% des Français pensent savoir de quoi il s’agit, ils ne sont que 17,7% à en avoir une connaissance précise. 3 sondés sur 4 en ont entendu parler par les médias, 8 ;7% par leur complémentaire santé et 5,2% par leur médecin ou leur pharmacien. Certes, 51, 9% se disent prêts à recourir à la télémédecine pour eux plus que pour leurs ascendants (18,6%) ou leur enfants (17,3%), comme s’ils voulaient tester d’abord avant de conseiller. 86,8% veulent bien téléconsulter pour obtenir ou renouveler une ordonnance et 89,6% pour avoir un conseil auprès de « leur » généraliste ; ces chiffres tombent à 66,1% et 57,8% s’il s’agit d’un autre médecin. Même phénomène observé avec les spécialistes. Les freins identifiés : la perte du contact humain (61,1%), l’obtention d’un diagnostic incomplet (57,6%) et l’équipement technologique (42,1%).

Cependant, une enquête de l’ARS Bourgogne France Comté (zone pilote) auprès de patients ayant utilisé la télémédecine, fait apparaitre une grande confiance (96,7%), peu de gêne ressentie dans l’absence de contact physique 79,9%) et 25% de renoncement aux soins évités. Comme quoi, c’est l’inconnu qui suscite des craintes.

Les professionnels de santé ont pour le moment peu informé leurs patients. Et pour cause.  S’il y a eu des effets d’annonce, les offres de plate forme à destination des médecins sont encore en phase de test pour des lancements fin janvier ou février.

 

Les pharmaciens impliqués dans le déploiement des téléconsultations

Pour doper la généralisation de la téléconsultation, l’UNCAM (Union nationale des caisses d’assurance maladie) a signé le 6 décembre avec deux syndicats de pharmaciens un avenant à la convention qui prévoit d’utiliser le réseau officinal et sa proximité d’accès. Les pharmaciens reçevront une aide pour s’équiper en objets connectés (1225 € la première année, puis 350€ les suivantes) ainsi qu’un forfait pour le temps passé en fonction du nombre de téléconsultations (entre 200 et 400€/an).
Le pharmacien doit disposer d’un espace de confidentialité et la prise en charge doit s’effectuer dans le respect du parcours de soins avec recours si possible au médecin traitant. A la demande du médecin, le pharmacien accompagnateur pourra transmettre certaines valeurs (tension par exemple)

La télé expertise précisée

Il manquait encore aussi les modifications de la nomenclature qui va s’appliquer à partir du 10 février 2019 et que l’UNCAM vient de faire publier au Journal Officiel du 16 décembre. La téléconsultation par un médecin généraliste, c’est TCG et par les autres médecins non généralistes TC. La télé expertise par un médecin à la demande d’un confrère, c’est TE1 (12€ niveau 1 et TE2 (20€niveau 2). Entre dans ce cadre l’ancien TDT qui permettait au médecin traitant de transmettre son dossier au médecin de l’EPHAD où entrait son patient. Désormais chaque médecin pratiquant cet entretien téléphonique cotera TE2 et touchera 20€, le requérant comme le requis. Le bilan visuel à distance dans le cadre d’un protocole de délégation entre l’ophtalmologiste et l’orthoptiste, sera codé RNO. La start-up e-ophtalmo, fondée par le Dr Chaker Nefzaoui, lui-même ophtalmologiste est, par exemple, déjà opérationnelle pour le dépistage de la rétinopathie diabétique.
Les lettres clés de la TM, c’est juste un début !

*sondage effectué par Carte blanche partenaire, la SFT, l’université de Montpellier en partenariat avec France Assos Santé et Formatic Santé .



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