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Plate-forme de prise de rendez-vous : faut-il résister à Doctolib ?

Forte d’une récente levée de fond de 150 millions d’euros et de 800 salariés, la désormais « licorne » (start-up valorisée plus d’1 milliard d’euros) française Doctolib semble avaler tout sur son passage (et pas seulement en rachetant son concurrent MonDocteur) et se positionner très fort sur la téléconsultation. Ce qui ne va pas sans inquiéter une partie des acteurs de la e-santé pour des intérêts économiques (lorsqu’ils sont concurrents) mais aussi en evoquant le risque d’une certaine mainmise sur le système de santé français.

A la Paris Healthcare Week, du 22 au 24 mai à la Porte de Versailles le grand stand de Doctolib était à l’image de sa réussite auprès des hôpitaux et cliniques (1700 établissements annoncés). La signature en 2016 d’un partenariat pour 4 ans avec l’AP-HP après appel d’offres, a fait flores. Une 100 centaines d’hôpitaux publics ont suivi dont les CHU de Lille, Nancy, Nantes, Nice, Montpellier, Rouen. Même succès auprès des groupes de cliniques. Ce qui permet aujourd’hui à Doctolib d’afficher 80 000 professionnels dont 60% de médecins.

Mais les libéraux sont beaucoup moins nombreux, estime la concurrence aux aguets pour séduire les cabinets médicaux.  Partenariat, idée marketing inédite, prix à la baisse.. tout est bon pour resister et se différencier.
ClicRDV et KelDoc n’ont pas réussi chacun séparément à s’imposer sur le marché de la prise des rendez-vous médicaux? A l’occasion de la PHW, ils ont annoncé qu’ils s’unissaient. Solocal, 3e acteur du marketing digital en France(pages jaunes) et KelDoc, spécialiste, au sein de NEHS, de la prise de rendez-vous santé en ligne, ont signé un partenariat stratégique pour faire profiter les clients KelDoc de l’audience de Pages Jaunes (21 millions pages vues /mois) sur la recherche locale de professionnels de santé et d’établissements . NEHS, la nouvelle entreprise humaine en santé est, rappelons-le, le nouveau nom du groupe constitué ces dernières années par la mutuelle hospitalière MNH autour de l’assurance, de la banque, du digital, des médias et des services industriels. Il s’agit de mettre toutes les forces dans la bataille.
Pour contrer Doctolib qui reste un service assez coûteux (129 euros/mois), la concurrence est souvent 50% moins cher.
118218 propose aux médecins des zones de déserts médicaux un an de service gratuit sur dispo.fr.
Les éditeurs de logiciels métier ont, suivant leur taille, soit intégré Doctolib dans leurs offres, soit développé leur propre solution
C’est le cas de Docavenue sur lequel Cegedim met actuellement le paquet en mode start-up avec un important recrutement de commerciaux chargés d’étendre la téléconsultation. Et ça marche : 600 médecins en téléconsultation sur DocAvenue. Autant que chez Doctolib.
C’est aussi le cas de Clickdoc lancé par CompuGroup Medical (CGM) en France et bientôt en Allemagne (où Doctolib est également présent).
Ces plates-formes sont synchronisés avec les logiciels métier maison.
CGM qui annonce 40 000 professionnels de santé clients estime, par exemple, pouvoir rejoindre Doctolib en nombre de libéraux. Pour donner de la notoriété à Clickdoc, CGM va communiquer vers le grand public avec un service gratuit : « on appelle pour vous ». Si vous n’avez pas joint de médecin, le télésecrétariat de CGM à Soulac l’appelle et vous envoie un SMS pour vous confirmer le rendez-vous.

Et qu’en pensent les médecins ?

Passés quelques agacements de voir les naturopathes les côtoyer sur Doctolib, les praticiens jugent le service simple et efficace et se sont fait à l’idée qu’il faut être visible sur Internet. Plusieurs articles ( Le Point du 29 octobre 2018,  Alternatives économiques du 14 avril, La Croix du 14 mai, et France Inter (secret d’infos" de France Inter du 18 mai :"Doctolib : success story ou danger pour le monde de la santé ?) se sont cependant fait l’écho de quelques craintes. Uberisation de la santé, risque de stockage des données médicales, préférence donnée aux médecins Doctolib en raison de la fréquentation de la plate-forme (35 millions de visites par mois).
Si Doctolib n’a pas accès aux données de santé transitant sur ses serveurs, il conserve les motifs de rendez-vous (que le CNOM voudrait lui voir effacer) et par le nombre de  rendez-vous traités, se trouve à même de se faire une bonne idée sur les parcours de soins. Et de participer à une nouvelle structuration de l’offre…
Dans son dernier UG Zapping du 20 mai, le Dr Claude Bronner résume ainsi la situation : « Service de qualité, mais également dangers divers. Certains syndicats médicaux soutiennent fortement Doctolib. Est-ce bien leur rôle ? Pour être pratique : si vous avez besoin de patients, utilisez Doctolib car c’est un bon moyen de recrutement de patients. Mais pour votre pratique habituelle avec votre patientèle, choisissez une autre solution pour que nous ne nous retrouvions pas en état de dépendance un jour. L’URPS AURA propose par exemple la solution Medunion ) (cliquer en haut à droite "je suis professionnel"). Ce service restera aux mains des médecins et plus vous serez nombreux à vous inscrire, plus il évoluera vite ! »

Autre inquiétude : l’entrée en scène du fond d’investissement américain General Atlantic lors de la dernière levée de fonds. Ajouté au capital-risque américain Accel, actionnaire historique de Doctolib avec BpiFrance, et les français Eurazeo et Kernel, la présence des investisseurs étrangers se trouve renforcée.



Lecteurs Smart Vitale : une nouvelle gamme pour la mobilité

Forte de l’expérience acquise depuis 25 ans avec les taxis pour la prise en charge de leurs trajets sanitaires, la société AF Care, société sœur de la société Soraya qui équipe 2000 taxi avec sa solution Smart Vitale (voir l’article du blog), se lance dans une nouvelle gamme de petits lecteurs de carte vitale et CPS adapté aux situations de mobilité

Lancer sur le marché un nouveau lecteur de cartes bifente alors que la CNAM communique sur la dématérialisation de la Carte Vitale, n’est-ce pas un pari risqué et dépassé?
Cela va prendre du temps, beaucoup de temps, alors que de nouveaux besoins apparaissent qui ne sont pas bien pris en compte, estime Alexis Gandubert, fondateur et actionnaire d’AF Care dont le produit Smart Vitale Mobile s’efforce de répondre aux exigences d’une utilisation nomade.

Pour donner plus d’autonomie et de réactivité au lecteur tout en diminuant son coût, AF Care a choisi de mettre toute l’intelligence dans le smartphone ou la tablette (iOS lecteur smart vitale mobileet Android, Windows en cours) dont il utilise l’écran et avec lesquels il communique par Bluetooth (comme un objet connecté).
Fabriqué en France (sauf les composants) Smart Vitale mobile n’a donc rien d’un terminal. De technologie PC/SC, il est léger et peu fragile. Il se contente de lire la carte Vitale à glisser dans la fente tandis que la carte CPS reste à l’abri dans son logement. Résultat, le Smart Vitale Mobile gagne en autonomie ( il assure jusqu’à 300 lectures sans avoir besoin d’être rechargé contre une centaine pour les terminaux lecteurs) . Peu gourmand en énergie, il peut rester en veille, d’où un démarrage quasi instantané. De même, il sera un excellent support pour l’accès rapide au DMP ou aux téléservices avec un accès Wi-Fi dans les parages pour la tablette ou le smartphone. 
Reste à obtenir l’homologation du GIE SESAM Vitale attendue pour la fin 2019 et qui satisfait à toutes les exigences de sécurité.
Ce lecteur ne sera pas vendu directement mais proposé par les éditeurs qui l’intégreront dans leurs solutions. Les infirmières sont les premières ciblées mais aussi les médecins urgentistes. Le développement de la télémédecine ouvre également la voie à des solutions simples et moins coûteuse de lecture de la carte Vitale dans les EHPAD par exemple.
Sans compter les besoins d’accès au DMP. Si  celui ci prend son envol.  AF Care est en discussion avec plusieurs partenaires pour une commercialisation en 2020.
www.afcare.fr