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données de santé

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La HAS publie ses guides de bonnes pratiques pour téléconsultation, téléexpertise et téléimagerie

Animée par la volonté de "favoriser le développement de la télémedecine en confiance",  la Haute Autorité de santé a mis en ligne le 20 juin plusieurs documents à l’usage des professionnels de santé et de leurs patients. Les praticiens y trouveront des fiches pratiques pour leurs patients et des fiches mémos pour la mise en oeuvre de la téléconsultation, de la téléexpertise et de la téléimagerie

Ces fiches et recommandations ont été élaborées à la demande du ministère de la Santé, en s’appuyant sur l’analyse de la littérature et les conclusions de plusieurs groupes de travail.

Pour les professionnels de santé (médecins, chirurgiens dentistes, sages-femmes) amenés à proposer des téléconsultations, un mode d’emploi pour la mise en oeuvre et un guide de bonnes pratiques qui sont autant de mémos avec le rappel des pré-requis, les conseils pour la sécurité, les obligations à respecter en ayant toujours en tête qu’à tout moment le professionnel doit mettre fin à la téléconsultation s’il juge que les bonnes conditions de sont déroulement ne sont pas ou plus réunies.

Pour les patients deux fiches d’information à imprimer ou à diffuserpar  mail : "Ma consultation médicale à distance" est conçu comme un outil de dialogue médecin-patient afin de permettre que le choix de cette modalité soit réellement partagé.

Enfin la HAS met l’accent sur la nécessité de l’évaluation et propose une "Méthode du patient traceur" avec des grilles d’entretien permettant de rechercher les bénéfices pour le patient de la télémedecine.
Précision qui n’était pas forcément claire pour la téléconsultation remboursée (La CNAM avait mis en avant la nécessité que le médecin ait vu le patient dans les six derniers mois)  : la primo-consultation n’est pas un motif d’exclusion mais exige d’être plus longue avec un interrogatoire plus fourni.

Consulter les fiches pratiques téléconsultation et téléexpertise

Consulter le guide pratique téléimagerie

Voir le communiqué de la HAS

 

 



Le logiciel Moovcare qui prolonge la vie des des patients atteints du cancer du poumon va être remboursé par l’Assurance maladie

C’est parait-il la première fois en France, qu’une web application, par ailleurs dispositif médical de classe 1 avec marquage CE, a reçu de la HAS un avis favorable à sa prise en charge par l’Assurance maladie. Cela valait bien l’organisation d’une conférence de presse pour présenter le 26 juin à l’Institut Curie, Moovcare, logiciel qui en assurant un meilleur suivi des patients atteints de cancer du poumon a permis,- études cliniques à l’appui-, de prolonger leur vie de 7,6 mois.

Moovcare, de la société Sivan, spécialisée dans l’analyse des données clinique (PROs Patient reported outcomes), a en effet bénéficié d’une reconnaissance scientifique internationale lors des congrès ASCO1 2016 et 2018, ainsi que de publications dans le JAMA, le JNCI et le JTO. Les résultats des essais cliniques -étude contrôlée randomisée multicentrique- ont montré que Moovcare augmentait la durée de vie globale de 7,6 mois. A 24 mois, la moitié des patients utilisateurs sont en vie contre 1/3 des patients se contentant de réaliser un scanner tous les 3 mois.

La Haute Autorité de santé (HAS) a donc rendu le 9 avril dernier un avis favorable à sa prise en charge en tant qu’outil complémentaire pour la surveillance des patients

 

Un questionnaire à remplir chaque semaine

 

Chaque semaine Moovcare en voie au patient un email avec un questionnaire d’une quinzaine de questions à remplir sur tablette, ordinateur ou smartphone ( rempli en 5 minutes selon les patients). Avec rappel, si le questionnaire n’est pas renvoyé. Un algorithme analyse les réponses et génère automatiquement des alertes en cas de risque de récidive ou de complications. Des données cliniques vie réelle sont ainsi recueillies rapidement alors que les deux tiers des patients attendent le scanner trimestriel et la consultation pour se manifester.
Le patient se sent rassuré et communique mieux avec son médecin.
Le médecin ou l’assistante médicale dispose d’un historique des symptômes de chaque patient, ce qui permet une meilleure interprétation des signes d’alerte. A chaque consultation, l’interrogatoire et l’examen clinique seront réorientés en conséquence.

Sivan est née en 2014 de la rencontre, au Mans, de Daniel Israël, président fondateur de la société Sephira ( 26 000 professionnels de santé utilisent ses solutions de télétransmission type Intellio) et du Dr Fabrice Denis, cancérologue à l’Institut Jean Bernard du Mans. Son partenariat avec l’Institut Curie où sont développés de nombreux projets e-santé, a permis de valider Moovcare.
Le logiciel est actuellement utilisé dans dix hôpitaux en France par une cinquantaine de patients en attendant un lancement national en fin d’année. Moovcare devrait être bientôt déployé aux Etats-Unis et en Israël.
Une étude est en cours pour étendre le dispositif aux cancers du sein et Sivan a lancé une application grand public SmokeCheck pour la détection précoce des cancers du poumons et d’autres maladies respiratoires comme la BPCO (disponible sur les stores).
L’analyse des données cliniques vie réelle est un enjeu très important et les technologies e-santé facilitent leur recueiL.

www.sivan-innovation.com

 



Plate-forme de prise de rendez-vous : faut-il résister à Doctolib ?

Forte d’une récente levée de fond de 150 millions d’euros et de 800 salariés, la désormais « licorne » (start-up valorisée plus d’1 milliard d’euros) française Doctolib semble avaler tout sur son passage (et pas seulement en rachetant son concurrent MonDocteur) et se positionner très fort sur la téléconsultation. Ce qui ne va pas sans inquiéter une partie des acteurs de la e-santé pour des intérêts économiques (lorsqu’ils sont concurrents) mais aussi en evoquant le risque d’une certaine mainmise sur le système de santé français.

A la Paris Healthcare Week, du 22 au 24 mai à la Porte de Versailles le grand stand de Doctolib était à l’image de sa réussite auprès des hôpitaux et cliniques (1700 établissements annoncés). La signature en 2016 d’un partenariat pour 4 ans avec l’AP-HP après appel d’offres, a fait flores. Une 100 centaines d’hôpitaux publics ont suivi dont les CHU de Lille, Nancy, Nantes, Nice, Montpellier, Rouen. Même succès auprès des groupes de cliniques. Ce qui permet aujourd’hui à Doctolib d’afficher 80 000 professionnels dont 60% de médecins.

Mais les libéraux sont beaucoup moins nombreux, estime la concurrence aux aguets pour séduire les cabinets médicaux.  Partenariat, idée marketing inédite, prix à la baisse.. tout est bon pour resister et se différencier.
ClicRDV et KelDoc n’ont pas réussi chacun séparément à s’imposer sur le marché de la prise des rendez-vous médicaux? A l’occasion de la PHW, ils ont annoncé qu’ils s’unissaient. Solocal, 3e acteur du marketing digital en France(pages jaunes) et KelDoc, spécialiste, au sein de NEHS, de la prise de rendez-vous santé en ligne, ont signé un partenariat stratégique pour faire profiter les clients KelDoc de l’audience de Pages Jaunes (21 millions pages vues /mois) sur la recherche locale de professionnels de santé et d’établissements . NEHS, la nouvelle entreprise humaine en santé est, rappelons-le, le nouveau nom du groupe constitué ces dernières années par la mutuelle hospitalière MNH autour de l’assurance, de la banque, du digital, des médias et des services industriels. Il s’agit de mettre toutes les forces dans la bataille.
Pour contrer Doctolib qui reste un service assez coûteux (129 euros/mois), la concurrence est souvent 50% moins cher.
118218 propose aux médecins des zones de déserts médicaux un an de service gratuit sur dispo.fr.
Les éditeurs de logiciels métier ont, suivant leur taille, soit intégré Doctolib dans leurs offres, soit développé leur propre solution
C’est le cas de Docavenue sur lequel Cegedim met actuellement le paquet en mode start-up avec un important recrutement de commerciaux chargés d’étendre la téléconsultation. Et ça marche : 600 médecins en téléconsultation sur DocAvenue. Autant que chez Doctolib.
C’est aussi le cas de Clickdoc lancé par CompuGroup Medical (CGM) en France et bientôt en Allemagne (où Doctolib est également présent).
Ces plates-formes sont synchronisés avec les logiciels métier maison.
CGM qui annonce 40 000 professionnels de santé clients estime, par exemple, pouvoir rejoindre Doctolib en nombre de libéraux. Pour donner de la notoriété à Clickdoc, CGM va communiquer vers le grand public avec un service gratuit : « on appelle pour vous ». Si vous n’avez pas joint de médecin, le télésecrétariat de CGM à Soulac l’appelle et vous envoie un SMS pour vous confirmer le rendez-vous.

Et qu’en pensent les médecins ?

Passés quelques agacements de voir les naturopathes les côtoyer sur Doctolib, les praticiens jugent le service simple et efficace et se sont fait à l’idée qu’il faut être visible sur Internet. Plusieurs articles ( Le Point du 29 octobre 2018,  Alternatives économiques du 14 avril, La Croix du 14 mai, et France Inter (secret d’infos" de France Inter du 18 mai :"Doctolib : success story ou danger pour le monde de la santé ?) se sont cependant fait l’écho de quelques craintes. Uberisation de la santé, risque de stockage des données médicales, préférence donnée aux médecins Doctolib en raison de la fréquentation de la plate-forme (35 millions de visites par mois).
Si Doctolib n’a pas accès aux données de santé transitant sur ses serveurs, il conserve les motifs de rendez-vous (que le CNOM voudrait lui voir effacer) et par le nombre de  rendez-vous traités, se trouve à même de se faire une bonne idée sur les parcours de soins. Et de participer à une nouvelle structuration de l’offre…
Dans son dernier UG Zapping du 20 mai, le Dr Claude Bronner résume ainsi la situation : « Service de qualité, mais également dangers divers. Certains syndicats médicaux soutiennent fortement Doctolib. Est-ce bien leur rôle ? Pour être pratique : si vous avez besoin de patients, utilisez Doctolib car c’est un bon moyen de recrutement de patients. Mais pour votre pratique habituelle avec votre patientèle, choisissez une autre solution pour que nous ne nous retrouvions pas en état de dépendance un jour. L’URPS AURA propose par exemple la solution Medunion ) (cliquer en haut à droite "je suis professionnel"). Ce service restera aux mains des médecins et plus vous serez nombreux à vous inscrire, plus il évoluera vite ! »

Autre inquiétude : l’entrée en scène du fond d’investissement américain General Atlantic lors de la dernière levée de fonds. Ajouté au capital-risque américain Accel, actionnaire historique de Doctolib avec BpiFrance, et les français Eurazeo et Kernel, la présence des investisseurs étrangers se trouve renforcée.



La stratégie nationale de la santé numérique accélère dans le virage

Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé avait choisi l’incubateur Boucicaut pour présenter le 25 avril en présence de Cédric O, le nouveau secrétaire d’Etat au numérique et de Dominique Pon, en charge de la transformation numérique en santé, le volet stratégie e-santé du plan Ma santé 2022.

Nouvelle gouvernance pour accélérer le virage numérique : création d’une délégation ministérielle du numérique en santé (DNS) rattachée directement à la ministre avec suppression de la délégation à la stratégie des systèmes d’information (DSSIS) et transformation de l’ASIP santé en Agence du numérique en santé (ANS) qui sera dirigée par Annie Prévot, actuelle directrice des systèmes d’information de la CNAF. La DNS et l’ANS devront être installés d’ici décembre de cette année.

De nombreux chantiers à accélerer

La feuille de route récapitule les chantiers généralement en cours, pour lesquels il convient d’appuyer sur le champignon :

- intensifier la sécurité et l’interopérabilité des systèmes d’information en santé ce qui passe notamment par la généralisation de l’identification numérique des acteurs du système de santé, la mise à disposition de la e-CPS, l’accélération du déploiement de l’identifiant national de santé" (INS), l’expérimentation de l’application sur smartphone pour carte Vitale "apCV", pour l’authentification des patients (généralisation de cette future e-carte vitale à partir de 2021) ;

- accélérer le déploiement des services numériques socles à savoir le DMP, les messageries sécurisées, la e-prescription et les services numériques territoriaux de coordination des parcours ;

- déployer au niveau national des plateformes numériques de santé : espace numérique de santé pour les usagers, bouquet de services numériques pour les professionnels de santé, Health Data Hub

- soutenir l’innovation et favoriser l’engagement des acteurs avec en particulier une feuille de route pour accompagner le secteur médico-social dans le virage numérique, la création d’un guichet unique de l’innovation numérique en santé et la mise en place d’un réseau d’établissements de soins 3.0 pour tester les innovations.

Ces annonces ont été dans l’ensemble plutôt bien accueillies par les industriels du secteur. Ceux de la Fédération LESISS (Les Entreprises des Systèmes d’Informations Sanitaires et Sociaux) se sont dits « extrêmement satisfaits de l’annonce de la feuille de route » proposant une vision à long terme. Et se félicitent de voir adopter le concept d’Etat-plateforme qui se contente de fournir le socle et laisse les entreprises privées développer des offres à valeur ajoutée dans un contexte concurrentiel. Le SNITEM (syndicat national de l’industrie des technologies médicales) s’est également felicité des engagements du gouvernement. Il souhaite que la meta-plateforme de l’Etat permette d’intégrer les dispositifs medicaux connectés ainsi que les données produites.

Reste que cette feuille de route manque encore de précisions quant à sa mise en œuvre et ne fait pas état des moyens budgétaires nécessaires.

  Telecharger le dossier de presse du ministère

 



Cinq millions de DMP ouverts avec un peu plus d’un document chacun

La CNAM vient d’annoncer (le 16 avril) avoir franchi le cap des 5 millions de DMP ouverts. La campagne d’information reprend pour pousser les médecins et les pharmaciens à s’impliquer davantage.

L’ile de France est en tête avec 739 000 DMP ouverts, suivie des Hauts de France (587.000) du Grand-Est (538.000) de l’Occitanie (485.000) et d’Auvergne Rhône-Alpes (465.000). Ces DMP ont été ouverts avec l’aide d’un agent des CPAM (32%), dans une pharmacie (31%), sur le site web dmp.fr (19%) et plus rarement lors d’une consultation (19%). Outre les historiques de parcours de soins importés par l’Assurance Maladie, ces dossiers n’ont collectés que 6,5 millions de documents dont plus de la moitié (54%) ont été fournis par les établissements. 19 CHU sur 32 sont en effet en mesure d’alimenter automatiquement le DMP avec comptes-rendus, lettres etc. Dans 30% des cas, ce sont les patients qui ont renseigné eux-mêmes leur DMP. Enfin 14% des documents sont le fait de professionnels de santé.

Des PS pas assez impliqués

C’est peu. Les DMP sont encore relativement vides.
La CNAM qui vise, rappelons-le l’objectif de 40 millions de DMP ouvert en 2022, renforce donc dès ce mois-ci sa campagne de mobilisation des professionnels de santé. Ce sont d’abord les pharmaciens qui seront visités. Les pharmaciens qui sont 17.000 à être équipés de logiciels compatibles et reçoivent 1€/DMP créé pourraient mieux faire estime en effet le patron de la CNAM, Nicolas Revel, dans une interview au Quotidien du Pharmacien. Certes ils ne peuvent pousser actuellement aucune information dans le DMP mais lors de la généralisation de la e-prescription annoncée pour 2020, c’est sur la plate-forme DMP qu’ils iront récupérer l’ordonnance du médecin avec son QR code qui permettra la délivrance des médicaments.

Puis ce sera le tour des médecins de recevoir délégués et CIS de leur CPAM avec proposition de formation à la rédaction du Volet de synthèse médical, qui renferme les informations clé du DMP. Dont la rédaction est heureusement automatisée dans les logiciels de gestion cabinet bien structurés.
Soucieux d’apporter sa pierre à l’édifice, le CNOM consacre la Une de son bulletin de mars-avril au DMP.  "Pourquoi adopter le DMP" : un dossier de six pages pour vous convaincre que c’est utile pour vous comme pour vos patients et bien sécurisé.
Pour la CNAM, il faut que le rythme s’accélère. 100 000 DMP ouverts par semaine, cela ne fait guère que 5 millions par an.
Les infirmiers seront aussi associés au challenge DMP à partir de l’an prochain à raison d’un euros/DMP. 

 



Comment la téléconsultation veut transformer le système de santé

Importantes levées de fond, déploiement d’équipes commerciales sur le terrain, encouragement des CPAM, plusieurs forces concourent au développement de la téléconsultation en France en nette accélération depuis la mi-février (plus de 700 TC remboursées/semaine selon la CNAM). Pour quels changements dans la pratique médicale? Buzz Médecin a essayé de dégager quelques points clés.

L’annonce le 20 mars par Doctolib d’une levée de fond de 150 millions d’euros a entraîné un important déferlement médiatique. Tant dans les milieux économiques (aujourd’hui valorisée plus d’1 milliard d’euros, Doctolib est devenue une licorne, c’est-à-dire une start-up qui réussit) que dans ceux de la e-santé qui annoncent déjà la transformation du système de santé.

Les acteurs se renforcent

TC URPS 1TC URPS 2En toile de fond, la bataille est engagée pour « prendre des parts » de ces nouveaux marchés. Les plus gros éditeurs de logiciels, forts de leurs parcs de médecins clients, veulent percer avec des initiatives comme Docavenue (Cegedim) ou ClickDoc (CompuGroup) reposant sur leur plate-forme de RV en ligne.
La prise de rendez-vous à distance a constitué une étape de cette (r)évolution dans les cabinets et de plus en plus dans les hôpitaux. Pour la plus grande satisfaction des patients comme le révèlent les enquêtes.
Les assureurs sont de la partie. Ils ont noué des partenariats avec des plates-formes depuis déjà quelques années quand ils ne les ont pas financées eux-mêmes comme le groupe Axa avec Qare ou le groupe d’assurances santé VYV dont avecmondoc est devenu la filiale à 100%
Le pionnier du téléconseil et de la téléconsultation, MedecinDirect vient de rejoindre le groupe international Teladoc Health (siège à Barcelone), l’un des leaders mondiaux de prestations de santé virtuelles présent dans 130 pays.
De nouveaux acteurs comme la start- sup suédoise Kry et sa plate-forme Livi qui a déjà fait ses preuves dans d’autres pays d’Europe, s’installent en France avec de gros moyens.
Plus modestement, les starts up- françaises dédiées à la téléconsultation se montrent inventives et lèvent des fonds (Hellocare a obtenu 2 millions d’euros supplémentaires pour le développement d’Hellocare Connect) dans l’optique de trouver leur place…Quitte à se faire racheter quand les plus gros feront leur marché

Centres de santé et cliniques virtuels

Certes, les médecins généralistes ou spécialistes qui vont s’abonner à ces services, voient sans doute d’abord l’intérêt de programmer des téléconsultations avec leurs patients pour le suivi plutôt que de les faire se redéplacer ou de répondre au téléphone sans compensation financière.
Mais les plates-formes voient plus loin.
Pour celles qui pratiquaient déjà des téléconsultation prises en charges par des mutuelles et assureurs, la publicité assurée par le gouvernement autour du remboursement de la TC constitue une aubaine. Le grand public, hier encore peu familier de cette forme d’exercice de la médecine, l’a découverte à travers de nombreux reportages. Les appréhensions tombent.
Les plates-formes disposant d’un contingent de médecins partenaires assurant une disponibilité 7/7 sinon 24/24 se considèrent comme des centres de santé virtuels, acceptant des patients qui n’ont pas de médecins traitants ou des MT indisponibles ou ayant besoin de consulter rapidement un spécialiste.
La présence de Livi aux journées des Maisons et pôles de santé à Dijon fin mars ne tient pas tant à la nécessité de recruter de nouveaux médecins pour sa plate-forme que de se faire connaitre en tant qu’acteur de santé public.
A l’heure où les médecins ont souvent bien du mal à se faire remplacer pourquoi ne pas renvoyer leurs patients vers un centre de santé virtuel…où des médecins formés pourront prendre en charge tout ce qui relève de la téléconsultation. C’est-à-dire la plus grosse partie de la demande médicale.
Parallèlement, on assiste à la naissance de cliniques ou cabinet de consultations médicales à distance avec présence d’une infirmière (non encore prise en charge) et de dispositifs médicaux connectés, ce qui élargit le périmètre de la téléconsultation.
Cegedim a ouvert un de ces cabinets en juillet 2018 dans le Loiret. La société Hopimedia, qui en a déjà quatre à son actif en milieu rural, préfère parler de clinique de consultations médicales à distance. Et vient d’en installer une au centre-ville de Nancy avec trois postes de téléconsultation. A titre de test, les patients n’auront rien à débourser.

Des services d’intelligence artificielle.

En accumulant les consultations à distance et des diagnostics structurés par la CIM 10, certaines plates formes disposent déjà d’un savoir-faire important en matière de « colloque singulier » par chat interposé.
Médecin direct va ainsi d’ici la fin de l’année proposer aux praticiens un service d’aide au diagnostic sur abonnement. Ce n’est qu’un début. Dans l’exploitation des données.

7939 actes de téléconsultations remboursés depuis six mois

En attendant le volume des TC reste encore modeste. Le dernier bilan livré par la CNAMTS fait état de 7939 TC remboursées au 7 mars 2019. Mais l’assurance maladie note une tendance à l’accélération puisqu’on est passé de 200 à 700 TC remboursées par semaine. Ce sont les médecins généralistes qui les pratiquent le plus avec 40,2% des actes facturés, suivis par les autres spécialistes (32,2%). Les centres de santé ont généré près d’un cinquième des actes facturés (19,9%) et les établissements de santé le restant (7,7%) en les facturant dans le cadre de consultations externes.

 



Solution gratuite pour la téléconsultation en Auvergne Rhône Alpes

En région Auvergne Rhône Alpes (Aura), une solution gratuite permet déjà aux médecins faire des téléconsultations (TC), c’est celle du GCS SARA, groupement de coopération sanitaire Santé Auvergne Rhône Alpes. L’URPS médecins et l’ARS ont en effet souhaité mettre à disposition des professionnels de santé de la région des solutions interopérables et accessibles à partir d’un portail unique le portail SISRA qui réunit déjà de nombreuses fonctionnalités tant pour les professionnels que pour les patients. Le Dr Marcel Garrigou-Grandchamp, de l’URPS, en détaille les modalités.

Les prérequis : un PC ou MAC équipé d’un navigateur Firefox ou Chrome et d’une connexion internet avec un débit suffisant et prochainement à partir d’un Smartphone ou d’une tablette.

râce à la plateforme de télé consultation le médecin adresse un lien HTTPS à son patient qui n’a plus qu’à se connecter en direct ou à l’heure précisée pour rejoindre l’espace de télé consultation dans le cadre du parcours de soins et des conditions normales de l’avenant n°6. Nous conseillons aux médecins d’utiliser la TC pour des patients connus, dont ils sont le médecin traitant et en ALD pour permettre un règlement simple en tiers payant intégral par l’assurance maladie. La plateforme proposera bientôt le règlement en ligne par CB.

Le médecin peut adresser une ordonnance en mode sécurisé conforme au RGPD :
- Directement de son logiciel métier au pharmacien désigné par le patient en utilisant l’imprimante virtuelle RSPS (développée par l’URPS médecins AuRA) ou celle de MonSisra (application de messagerie et d’échange de documents développée par le GCS SARA).
- Ou via l’espace sécurisé patient de MyHop accessible par MonSisra La plateforme permet également la télé conférence pour plusieurs professionnels de santé (RCP synchrone non présentielle) et le partage de documents à l’écran.
M.G.G.
https://www.sante-ra.fr/

Voir le PDF complet avec les écrans



Tensiomètre-ECG-stéthoscope : Withings présente le BMP Core couronné d’un award au CES 2019

 Alors que le Consumer Electronic Show de Las Vegas ouvre ses portes au public ce mardi 8, le 6, jour de l’Epiphanie, c’était déjà les Innovation Award, Withings racheté à Nokia par son ex-dirigeant fondateur en …dernier reçoit un Award pour son BMP Core, un tensiomètre connecté qui fait aussi office d’ECG et de stéthoscope pour écouter le son du coeur. Un appareil sophistiqué, le premier à réunir ces trois fonctions, mais simple à utiliser qui se veut un outil de prévention. Dans la foulée Withings a également présenté  Move ECG, une montre analogique (avec aiguille et cadran) capable d’enregistrer un ECG. Avec toujours le même objectif pour ces dispositifs médicaux : la prévention.


Les personnes souffrant d’hypertension artérielle (un Français sur trois) sont souvent invitées à surveiller leur tension régulièrement et font partie des utilisateurs potentiels de tensiomètre connecté. Or, explique Withings dans son communiqué, les études cliniques montrent qu’elles présentent des risques plus élevés de valvulopathie(5% des plus de 65 ans) et de fibrillation auriculaire (1% de la population), pathologies qui peuvent être silencieuses et donc difficilement repérables sans un suivi médical régulier.

Pour Eric Carreel, Président de Withings, « Avec Withings BPM Core nous élargissons la fenêtre temporelle de détection de maladies du cœur fréquentes, pouvant être graves et qui sont malheureusement sous diagnostiquées. Ceci avec un appareil qui peut être utilisé facilement au quotidien chez soi ».

Détection des fibrillations et des valvulopathies
 

withings BMP Core Le Withings BPM Core se présente comme un brassard classique mais doté de capteurs médicaux discrètement intégrés. Il inclut deux électrodes en acier inoxydable situées à l’intérieur du brassard et une sur le tube, ainsi qu’une membrane en silicone abritant le stéthoscope électronique. L’utilisateur n’a qu’à appuyer sur le bouton et effectuer les trois différentes mesures en moins de 90 secondes.
- la tension artérielle est visible sur l’écran LED et les données sont envoyées à l’application Health Mate via Bluetooth ou WiFi
- l’électrocardiogramme sert à détecter la fibrillation auriculaire. Il est réalisé en gardant le brassard dans la partie supérieur du bras et en plaçant l’autre mains sur la bague en acier inoxydable pendant 20 secondes. La détection d’une éventuelle fibrillation auriculaire apparait sur l’écran. Les enregistrements ECG sont conservés dans l’application pour partage avec les médecins.
-  La fonction stéthoscope sert à détecter les valvulopathies.  Ce stéthoscope électronique et son algorithme qui permet d’interpréter le son du coeur ont été développés en partenariat avec l’hôpital Georges Pompidou de Paris (HEGP).
En gardant l’appareil sur la partie supérieure du bras, les utilisateurs placent le capteur sur leur poitrine et la mesure dure environ 20 secondes. La détection ou non d’une valvulopathie est ensuite affichée sur l’écran de l’appareil et dans l’application Health Mate dans laquelle il est également possible d’accéder à ses enregistrements.
Un multifonction tourné vers la prévention et le contrôle.

Montre ECG pour détecter les fibrillations auriculaires


ces-moveecgReprenant le même type de capteur (2 électrodes sous le cadran et une sur le cadre acier), la montre Move ECG va permettre d’enregistrer un  ECG en 30 secondes en exerçant une pression sur les deux côtés du cadran. Le but est de détecter facilement et à tout moment
les fibrillations auriculaires qui peuvent survenir lors de symptômes comme les palpitations.  L’ECG est enregistré dans l’application avec historique, partage etc. La montre assure bien évidemment toutes les fonctions de suivi d’activités et de sommeil…

 

Rechargeable par connexion micro-USB, Withings BPM Core peut tenir jusqu’à six mois, à raison d’une prise de mesure par jour, avec une seule charge. S’il peut effectuer les trois mesures de suivi en une seule fois, il est également possible de ne programmer qu’une seule des mesures souhaitées.  BPM Core fonctionne en WIFI et Bluetooth avec l’application Health Mate (iOS et Android). Prix 249,95 €. commercialisation au 2ème semestre 2019.

Withings Move ECG, 12 mois d’autonomie, Prix 129,95 € commercialisation au 2e trimestre 2019

Les deux objets ont le statut de Dispositif medical en cours d’examen pour le marquage  CE et FDA (US)


 


 

 

 

 




Le recours à la télémédecine peut dégager des économies pour l’Assurance Maladie

356 millions d’euros d’économie par an sur trois pathologies…ce qui couvrent amplement les frais de télésurveillance, de téléconsultation ou de télé expertise. Tels sont les résultats d’une étude IQVIA presentée dans les locaux du LEEM, le syndicat de l’industrie pharmaceutique

Il fallait en avoir le cœur net. Et c’est l’Association des laboratoires japonais présents en France (LaJaPF) qui a décidé de confier à la société IQVIA (nouveau nom du regroupement d’IMS Health et de Quintiles) une étude scientifique sur l’impact de la télémédecine sur les parcours de soins à travers trois exemples : l’HTA, le diabète et le cancer de la prostate.
Pourquoi des laboratoires japonais? Parce qu’explique Patrick Errard président de l’association, d’une part la télémédecine est déjà assez répandue au Japon, d’autre part les laboratoires ne peuvent se désintéresser de cette innovation qui figure en bonne place dans le plan Ma santé 2022 .

Supervisée par l’économiste de la santé Claude Le Pen, conseiller scientifique, cette étude inédite s’est déroulée en deux temps : une synthèse de la littérature (recherche bibliographique) qui a permis de dégager les impacts déjà constatés et un travail épidémiologique en partenariat avec l’université de Lyon à partir de la base EGB (échantillon généraliste des bénéficiaires) de l’Assurance maladie portant sur 727 972 personnes. Pour chacune des pathologies, les investigateurs ont donc identifié la population ciblée, le dispositif de télémédecine à mettre en place , et les impacts attendus.

Dans l’hypertension artérielle (1 633 442 patients), un télé monitoring (2 mesures/jour) en lien avec une plateforme qui relaie les informations, permet d’espérer moins de consultations de médecins et d’infirmières (-63%) et une diminution de la consommation de médicaments (-25%) par un meilleur ajustement du traitement, soit une économie de 197 €/an/patient. L’enveloppe disponible à 50% de cette somme serait de 99 € soit 8€/mois pour le dispositif.

Pour le cancer de la prostate, l’impact est constitué par la suppression des frais de transports et des arrêts de travail qui sont substitués par des consultations paramédicales (+3%) et deux actes de téléconsultation urologue. Qu’il s’agisse de patients ayant subi une prostatectomie de moins de trois mois (6765 patients), ou de patients traités par hormono ou chimiothérapie (41 570 patients), l’enveloppe annuelle dégagée (toujours évaluée à 50% de l’économie potentielle) représente 320 ou 265 € pour financer les deux actes de téléconsultation d’urologue.

Enfin, concernant le diabète de type 2, seule la télé expertise avec un ophtalmologue pour suspicion de rétinopathie diabétique a été retenue (14 955 patients). L’acte de télédiagnostic se substitue à des consultations ophtalmologiques inutiles occasionnant des examens et des transports. D’où une économie de 539 €/an/patient et une enveloppe à 50% de 270 € pour financer le télédiagnostic.

Malgré les limites de cette modélisation, qui ne prend pas en compte le coût de la télémédecine ni ses éventuels bénéfices médicaux et sociaux, Claude Le Pen conclut à son "réel potentiel de contribution à l’efficience du système de soins"
. Les résultats de l’étude ont été adressés à la CNAM et au Ministère de la Santé.

Voir le dossier de presse sur le site du LEEM



Alliance de 3 start-up pour le parcours de soins en cancérologie

 A l’occasion des Rencontres Françaises de la Cancérologie 2018 du 27 au 28 novembre à Paris, Cureety, Doctoconsult et libheros, trois startups complémentaires de l’écosystème eSanté ont annoncé leur alliance pour faciliter le parcours de soins en cancérologie pour le patient mais aussi pour ses proches.

Les solutions développées par ces trois startups sont inter-opérées pour proposer une expertise de pointe gratuite à chaque étape du parcours de soins en oncologie pour le patient,
A partir de la plateforme de Cureety, se trouvent accessibles tous les services connexes de prise en charge des patients atteints de cancer (lien quotidien avec l’hôpital, prise de rendez-vous avec une infirmière à domicile, téléconsultation avec un oncologue). 
Le business model de Cureety repose sur la collecte des données de vie réelles anonymisées qui permettent de réaliser des études en vie réelle complémentaires des études cliniques.  D’où une gratuité totale y compris pour les établissements de soins. Cureety a développé une solution “Digital Therapeutics” qui aide les médecins à optimiser le parcours de soins des patients atteints de cancer. Cette application gratuite de suivi médical à distance s’intègre dans le quotidien des patients et des établissements de santé et permet un suivi affiné des effets secondaires liés aux traitements antitumoraux. Grâce à une classification des patients par ordre de sévérité de leur état de santé, les équipes médicales concentrent leurs efforts sur les patients en ayant le plus besoin, et modulent leurs traitements pro-activement, ce qui permet de limiter les hospitalisations d’urgence.
Précurseur de télémédecine libérale spécialisé dans les consultations médicales en psychiatrie, pédopsychiatrie, addictologie et nutrition, Doctoconsult a été créé par la psychiatre Fanny Jacq, et a été lauréat d’un concours organisé par l’AFSOS pour le lancement de son service de soins oncologiques de support. La pratique de la télémédecine étant désormais ouverte au remboursement par la Sécurité sociale ,le service est aujourd’hui ouvert à tous les médecins libéraux. Doctoconsult vient de lever 2 millions d’euros pour developper des outils de thérapie numérique.
Quant à libheros, c’est le spécialiste de la prise de rendez-vous pour les soins infirmiers et la commande en ligne de matériel médical utile aux soins. Pour les établissements de santé, le service payant « libheros coordinateur » permet d’organiser et de coordonner le retour à domicile du patient en sortie d’hôpital.

Cette approche d’un service gratuit pour les établissements et reposant sur une alliance a suscité l’intérêt d’une trentaine d’établissements publics et de trois groupements de cliniques privées.A suivre.

Trois start up pour l'oncologie



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