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Doctors 2.0 & you 2014 : hôpitaux, médecins, patients, objets, tous connectés

Pour fuir l’ambiance hexagonale morose, les annonces ministérielles qui boguent, les agences étatiques qui n’avancent pas ou si peu…il y a le bain de jouvence de la Cité universitaire et de ses docteurs 2.0. On n’y voit pendant deux jours (les 5 et 6 juin) que des entrepreneurs qui y croient, des médecins geeks, des patients experts qui bloguent et quelques représentants officiels en liberté. On s’ébroue dans le concret du virtuel et ça fait du bien.

A Doctors 2.0, les hôpitaux sont 2.0. Et Chanfi Maoulida alias chanfimao sur twitter, chef de projet digital à l’AP-HP, vous le démontre par poster interposé : 27 sur 39 établissements sont sur Facebook et c’est Necker qui arrive en tête avec 3334 « like ». 22 sur 39 ont un compte twitter et c’est Necker encore lui qui a le plus de followers (abonnés) : 2985 !
A Doctors 2.0, le Professeur 2.0 Guy Vallencien, explique comment il a organisé la formation à distance en coeliochirurgie et mis en place à l’Institut Montsouris dans le cadre de l’école européenne de chirurgie, une e-formation pour les professionnels de santé des MSP en mode interactif à l’heure de la pause déjeuner. Un expert fait un court exposé (sur les sujets demandés par la MSP) et on discute. Le Dr Djamila Hariti souligne combien l’expérience, très simple et peu coûteuse à mettre en œuvre, est positive. Quatre MSP y participent et une demande de reconnaissance DPC a été déposée.

Le CNOM prépare un livre blanc sur la m-Santé et une "app" pour géolocaliser les médecins

A Doctors 2.0, le CNOM 2.0, représenté par le Dr Jacques Lucas, annonce que devant l’ « efflorescence » des objets connectés et des applications smartphone (50.000 voire 97.000 selon dmdSanté qendra la forme d’un livre blanc sur la m-santé. Le CNOM va également proposer une application fiable reposant sur son annuaire pour géolocaliser les médecins avec plus de fiabilité que Google !
En santé publique 2.0, le marketing viral peut faire des miracles : la modeste AMFE (association Maladies Foie Enfant) s’étant assurée du concours de l’actrice Frédérique Bel pour un message pas très sexy sur la couleur des selles (dépistage chez les bébés), a touché, de tweet en Facebook, près de 20,5 millions de personnes avec sa campagne « L’alerte jaune ». Ce qui lui a valu un prix au festival Communication Santé 2013 de Deauville.
A Doctors 2.0, l’industrie pharmaceutique investit elle aussi les réseaux sociaux. Univadis, la plate-forme services de MSD qui recense 2,5 millions d’utilisateurs dans 40 pays et en 20 langues (180.000 PS inscrits en France dont 70.000 se connectent une fois par mois) lanc

e Comuniti, une communauté des professionnels de santé actuellement en bétatest en France. Il s’agit de proposer un espace sécurisé pour échanger, collaborer, poser des questions, faire part des réunions…Pas de con tenu, ce sera aux professionnels de s’en emparer, explique Thibaud Guymard, chez MSD. Tandis que sur son stand, le Dr Vincent Varlet explique comment Novartis a organisé en interne WeCare-SMC. Equipés d’un tracker d’activité Pulse de Withings, 70 collaborateurs du groupe se sont lancés dans l’ascension d’un sommet (virtuel) de 8 000 mètres… . (En marchant et en grimpant les escaliers). L’aventure va durer six mois.

Les objets connectés (3.0) sont bien sûr présents dans les conférences et dans les allées : cigarette électronique connectée, peak flow connecté (il en faut malheureusement un par patient pour des raisons d’hygiène), i-Nside, étonnant accessoire pour iPhone qui augmente la précision de la caméra (un poster) et toute la gamme sans fil iHealth déjà présentée par Buzz Medecin : tensiomètre, Cardiolab, glucomètre, oxymètre de pouls, et les nouveautés un mini-glucomètre et un ECG sans fil. Le secret du succès selon Uwe Diegel : sortir des objets beaux, ergonomiques et utiles au patient
 

 

Gros succès pour l’atelier Google glass où l’on rencontre trois médecins utilisateurs dont le chirurgien américain Rafael Grossmann (photo), le premier à avoir opéré en les portant. Ils se prêtent volontiers aux questions et les font essayer à qui le veut : « OK glass, take a picture ». Il faut visiblement un peu d’apprentissage pour s’en servir correctement. L’objet n’est pas encore commercialisé à grande échelle. Raison de plus pour les participants de l’atelier de prendre une selfy avec les fameuses lunettes sur le nez.

 

 

Est-ce vraiment la révolution qui arrive ? A son échelle, le Dr Marie-Thérèse Giorgio, webmaster du site atousante.com et médecin du travail, voit déjà quel parti tirer des objets connectés pour suivre les salariés sur des postes exposés. Pour une mesure en continu avec l’accord du salarié bien entendu… C’est le développement des usages qui fera ou non la révolution atte ndue.

 



Salon Health-IT : La messagerie MS Santé va-t-elle s’envoler ?

MS Santé, la messagerie sécurisée proposée par l’ASIP Santé en webmail et dans le cadre d’un espace de confiance, était présente dans plusieurs stands au salon Health-IT qui s’est tenu du 20 au 22 mai à Paris-Porte de Versailles (Salons de la santé et de l’autonomie) et sous forme d’un ballon. Prêt à s’envoler ? L’ASIP Santé espère que son expérimentation en cours avec une quinzaine d’établissements* pour intégrer la messagerie dans leur système informatique hospitalier (SIH) ** va bientôt pouvoir passer de la période actuelle de test fonctionnel à la phase de déploiement. Les noms de domaine des hôpitaux sont respectés avec ajout de la mention mssante.fr. Des boites ont été ouvertes pour les médecins (la DSI peut aussi créer les comptes pour tous les professionnels de santé), l’annuaire est régulièrement interrogé et mis à jour, les utilisateurs potentiels ont été sensibilisés à l’utilisation de la messagerie.
En outre, côté hospitalier, trois opérateurs se sont déclarés : Inovelan, MIPIH (Midi Picardie Informatique Hospitalière) et S2IH (Syndicat interhospitalier d’informatique hospitalière de Nord Pas de Calais) ainsi que trois éditeurs : Inovelan, Enovacom et Wraptor.
Lorsque MIPIH dont la messagerie Medimail équipe déjà 50 établissements et 4.000 médecins libéraux (2.700 actifs) aura terminé ses tests d’interopérabilité avec l’espace de confiance MS Santé, tous ses utilisateurs pourront basculer (de manière transparente) vers des adresses medimail.mssante.fr. Ils feront partie de l’annuaire MS Santé pour échanger avec un nombre élargi de correspondants. Le démarrage du CHU de Toulouse qui envoie 300 comptes rendus /jour permettra d’alimenter très vite les flux compatibles MS Santé.
De même, Enovacom, spécialiste de solutions sécurisées, a rendu MS Santé compatibles ses deux offres : son Proxy pour les établissements (150 établissements équipés) et son webmail Easycrypt.net. Il n’y a plus qu’à basculer.
La conviction de tous ces acteurs donne à penser que la « mayonnaise » cette fois, va prendre.

Les éditeurs de logiciels métier aussi

L’ASIP Santé a également organisé plusieurs réunions à l’intention des éditeurs de logiciels métier qui ont été une soixantaine à y participer. Plusieurs éditeurs nous ont confirmé être en train de rendre leur messagerie compatible ou d’intégrer MS Santé.
Enfin, à l’intention des libéraux, le webmail MS Santé (3.000 professionnels de santé inscrits) accueille trois nouveaux domaines pour les masseur-kinésithérapeutes, les pédicures-podologues et les infirmiers qui vont pouvoir créer des comptes à partir de juin. La version mobile (voir la démo) annoncée initialement pour le printemps, devrait sortir à l’été. Elle était en démonstration à Health-IT.
* Trois CHU (Lille, Clermont-Ferrand et Montpellier), deux cliniques (Pasteur à Evreux et Le Cèdre à Rouen) et une dizaine de CH.
**Agfa, McKesson, Medasys font partie des SIH concernés

 



Maisons et Pôles de Santé : 6% ont un SI partagé entre PS

Les 3èmes journées nationales de la FFMPS (Fédération française des maisons et pôles de santé) ont fait salle comble au centre des congrès de Tours les 21 et 22 mars avec plus de 500 inscrits, preuve du dynamisme des « équipes de soins primaires exerçant de manière cooordonnée ».

L’intérêt de ce marché n’a pas échappé aux éditeurs de logiciels qui étaient présents (CLM, CGM, Prokov, ICT, Weda) ou avaient glissé un dépliant dans le sac remis aux participants (Silk Informatique, Aatlantide).
 

 

 

 

 

 
600 MSP ouvertes fin 2014

Combien y en a-t-il ? Les promoteurs, ceux qui ont depuis longtemps une vision d’avenir de l’exercice coordonné en voient déjà 1000 pour la fin de l’année…Les statistiques de l’observatoire mis en place à la DGOS (direction générale de l’offre de soins) en mars 2012, établies à partir des données des ARS, recensent 436 MSP ouvertes et 493 en projet au 14 mars 2014. A comparer avec les chiffres du 14 mars 2013 : 240 et 309. Soit 70% d’augmentation en un an. Et plus 62% pour le nombre de maisons à caractère multidisciplinaire ouvertes : 394 en 2014 contre 149 en 2013. D’ici fin 2014, Isabelle Manzi, à la DGOS, estime qu’il y aura 600 maisons ouvertes et 480 en projets.
Une chose est sûre, l’exercice coordonné a le vent en poupe. Ce n’est pas une mode passagère mais bien une tendance de fond. Qui va dans le sens de la volonté des pouvoirs publics (et de la stratégie nationale de santé) et des souhaits des professionnels de santé eux même. « Les jeunes ont envie de faire de la médecine générale si c’est dans ce type de structure, a souligné le Pr Dominique Perrotin, président de la conférence des doyens qui observe « une remontée des soins primaires qui étaient en train de se déliter »

5% des médecins, 10% des PS

1900 médecins travaillent en exercice coordonnée selon le chiffre de l’observatoire. Le président de la FFMPS, le Dr Pierre de Haas, estime que le regroupement touche 5% des médecins et 10% des professionnels de santé. De fait, toutes les équipes de soins primaires exerçant de manière coordonnée sont concernées, qu’elles se situent dans une maison, travaillent en pôle ou encore en centres de santé. Le président de la fédération nationale des centres de santé, le Dr Richard Lopez ne voit pas la différence de pratique avec les professionnels des 450 centres de santé médicaux et polyvalents, fussent-ils salariés et prédit que dans 5 ans, les deux fédérations auront fusionné pour donner naissance à la fédération des soins primaires. La différence se situe surtout dans la facturation avec un agrément SESAM-Vitale spécifique pour les centres de santé.
Pour le Dr de Haas, le mouvement est parti, l’avenir est dans les équipes. Il y aura des unités de deux médecins comme de 18…

6% de partage d’information entre PS

 

 

 

 

 

 

 

 

Le partage de l’information fait partie du cahier des charges établi par l’ASIP Santé en collaboration avec la FFMPS pour la labellisation des logiciels. Mais selon l’enquête de la DGOS (251 réponses sur sur 436 MSP) si 50% des maisons ouvertes projettent de se doter d’un Système d’information partagée entre PS, seules 6% l’ont fait. Même si entre médecins, la proportion est bien supérieure. Il y a donc encore beaucoup de travail pour les six logiciels labellisés. Cinq labels ont été validés lors d’une visite de conformité ( ActeurCS.fr, Chorus en niveau 2 , Hellodoc, Monlogicielmedical.com , Weda). Le 6ème, celui d’éO vient d’être délivré. Axisanté 5 va entreprendre le processus. Son logiciel de télétransmission Axiam est déjà agréé pour les paramédicaux. Présentant leur solution à Tours, plusieurs éditeurs ont mis l’accent sur la messagerie instantanée interne qui facilite la communication entre professionnels. C’est le cas d’ICT et de Weda (qui utilise son module d’échange). Les groupes comme CGM et CLM insistent sur l’importance de leur réseau d’agences ou de représentants en région. CLM a engagé 4 chefs de projets pour accompagner les phases préparatoires. Quant à Medistory, très apprécié de ses clients, il n’est pas labellisé et pense qu’un fonctionnement en réseau suffit à la coordination et que le partage de données avec les paramédicaux n’est pas encore souhaité par tous. Dans l’attente du prochain label.


 

 

Il faut savoir que la HAS (Haute autorité de santé) a mis en place un centre de ressources en soins primaires pour plus d’efficience et de qualité dans les MSP. L’objectif est d’aboutir à des « data set » de bonnes pratiques du parcours de soins qui pourraient s’insérer dans les logiciels et servir à évaluer l’activité (indicateurs). La labellisation est en train d’évoluer avec la réalisation d’un nouveau cahier des charges où la qualité (du service notamment) sera prise en compte.

 

 

 

 Un modèle économique encore fragile

Les projets de MSP doivent beaucoup aux professionnels eux-mêmes quand ils sont promoteurs mais aussi aux efforts financiers de l’Etat, des régions voir de l’Europe qui apportent la moitié du budget. Mais il faut éviter de penser à l’immobilier au départ. Il faut penser au projet médical et coordonné. « Nous avons besoin de bouger des frontières pour que l’équipe puisse facturer » Ce type de nouveaux actes n’est pas encore répandu. Le Dr Luc Duquesnel de l’UNOF s’est désolé que n’aient été prévues que 150 enveloppes pour les nouveaux modes de rémunération (NMR) alors que 230 demandes ont été déposées. 147 MSP en bénéficient. « En laisser un tiers sur le carreau, ce n’est pas possible. »

 



Le Dr Dupagne relance « mesconfreres », les médecins recommandés par les médecins.

C’est à un grand partage de vos carnets d’adresse que vous êtes invités par le site professionnel mesconfreres, pour le plus grand bien de la communauté médicale (et par suite, de vos patients). Le bétatest est ouvert, dans un premier temps aux médecins de Paris et de la petite couronne

Emoi dans la sphère du web santé 2.0. Dominique Dupagne livre un long billet (de près de 1000 mots !) qu’il assure être sans doute son dernier sur Atoute, le forum à succès (1 million de visiteurs par mois) fondé il y a 14 ans. « Bye Bye le Buzz » s’exclame t-il désireux d’abandonner ses activités médiatiques croqueuses de temps. Moins de tweet pour ses 7018 followers. Fini les participations à des colloques. Outre des activités professionnelles de généraliste et de conseiller au Vidal, « je vais me contenter de gérer mon forum, ma chronique sur France-Inter et le Club des médecins blogueurs ». Assez de débat, place à l’action et au lancement effectif du site professionnel « mesconfreres », projet qui le taraude depuis pas mal d’années et qui est arrivé à maturité. Sur l’idée que « le meilleur moyen de décrire les caractéristiques et les compétences d’un professionnel repose sur l’agrégation de l’opinion de ses pairs. » La société Desbons créée avec deux ingénieurs, Philippe Ameline et Dominique Sauquet, du nom du tout premier projet (voir la vidéo sur You tube ) va porter mesconfreres.

Remplacer les critères réducteurs par du subjectif "agrégé" par un algorithme

Convaincu que les critères retenus pour les classements d’hôpitaux, de cliniques, de services cliniques, etc, par les magazines et les instances de santé sont réducteurs, le Dr Dupagne mise sur le jugement des pairs. Les informations fournies par les médecins sont agrégées par un algorithme à la manière dont use Google pour constituer ses bases de connaissances. Les critères ne sont pas des notes mais des compétences reconnues qui apparaissent sous forme d’un nuage de tag pour une offre de soins. « Il n’y a pas d’opinion négative et il y aura une pondération pour que les jeunes confrères ne soient pas défavorisés », a précisé le Dr Dupagne à Buzz Medecin. « Ce sont des recos de médecin à médecin, comme lorsqu’on partage son carnet d’adresse ». Inutile de dire que cet outil deviendra indispensable à ceux qui s’installent. Le site est réservé aux professionnels et l’accès est sécurisé. Les informations seront accessibles aux patients via leur médecin qui reste le prescripteur des soins. Et cela n’empêche en rien les relations de médecin à médecin qui facilitent la prise en charge rapide des patients.
Pour lancer un site qui marche dès son lancement, un bétatest en deux temps est organisé. Si vous travaillez sur Paris et la Petite Couronne vous pouvez vous inscrire pour le béta test (cliquez ici). Si vous êtes installé en province, il faudra attendre encore un peu…

Le Dr Dupagne est-il dans votre carnet d’adresse ?

 

 



Spam sécurisé et crypté : Apicrypt se fâche

Les messageries médicales sécurisées doivent être réservées aux courriers médicaux concernant les patients. L’association Apicem éditrice de la messagerie sécurisée Apicrypt s’est fendu le 12 janvier d’un communiqué pour rappeler ce principe de base à ses 50.000 utilisateurs et s’excuser auprès d’eux de la réception la veille d’un spam sécurisé (le comble) qui avait en outre bloqué la messagerie de certains d’entre eux. Pensez donc le message crypté contenait un questionnaire d’un format tout à fait inhabituel. Un praticien d’un des plus grands groupes hospitaliers de France s’il vous plait, utilisateur d’Apicrypt, a trouvé malin de se servir de la messagerie pour envoyer un questionnaire de thèse à près de 11 000 abonnés Apicrypt. Pratique, n’est-ce pas, l’annuaire quand on veut solliciter des confrères en grand nombre. Il faut croire qu’il n’avait pas bien lu la charte déontologique signée par chaque professionnel de santé à son inscription.

Manquement à la Charte = messagerie bloquée

Alors Apicrypt s’est fâché et a bloqué la messagerie de l’utilisateur indélicat, précisant qu’il en serait de même pour tout manquement à la charte et cela sans dédommagement ni remboursement. Et a alerté l’hôpital dont la direction a aussitôt adopté une stratégie de réaction visant à rendre sinon impossible du moins peu probable le renouvellement de ce genre d’incident (on peut supposer que le flux de la messagerie interne a été quelque peu ralenti par cet envoi massif). Apicrypt a réagi d’autant plus vigoureusement que plusieurs alertes aux « spams internes » se sont déclenchées ces dernières semaines : « même s’ils peuvent à certains sembler légitimes, ces messages envoyés en masse, style invitation à des conférences et à des réunions, dont l’objet ne concerne pas le suivi patient, n’ont pas leur place dans la messagerie Apicrypt ». Et les filtres anti-spam ne peuvent tout prévoir. Le mauvais usage d’Apicrypt peut tuer la messagerie en Santé et la confiance que le professionnel de santé lui porte. Alors n’oubliez pas : avant tout envoi, demandez-vous si ce message a besoin d’être crypté. C’est cela aussi la déontologie médicale.

 



RV en ligne et rappels électronique plébiscités par les seniors

Une nouvelle étude d’Accenture*, rendue publique le 6 février, révèle qu’un nombre croissant de seniors français de plus de 65 ans (70 %), désormais à l’aise avec les nouvelles technologies, sont demandeurs de services de santé numériques, comme des systèmes de rappel électronique (67 %) ou de prise de rendez-vous en ligne (73 %). Les professionnels de santé sont cependant peu nombreux (7 %) à proposer ce type de services pour le moment.
On constate que les plus de 60 ans sont deux fois plus nombreux qu’en 2007 à surfer sur Internet ce qui change la donne. Les plus de 65 ans rejoignent les moins de 65 ans dans leur demande de RV en ligne, le service préféré (73% contre 80%) et ce phénomène s’observe dans la plupart des pays, le plus grand écart se situant aux Etats- Unis (62% contre 81%). Les seniors sont plus friands de rappels, bien sûr…
L’étude d’Accenture révèle que 27 % des plus de 65 ans interrogés effectuent personnellement le suivi de leurs indicateurs de santé (courbe de poids ou tension artérielle, par exemple) et 20 % assurent le suivi de leurs antécédents médicaux. L’automesure entre dans les moeurs des patients.
« Après s’être convertis à Internet pour leurs services bancaires, achats, loisirs et communications, les seniors entendent désormais pouvoir gérer en ligne certains de leurs services de santé », constate Kiryakos Chebel, directeur des activités Santé d’Accenture en France. « Les systèmes de santé doivent donc proposer davantage de services de santé numérique pour attirer les patients âgés et les aider à suivre et gérer leur parcours de soins. »
Pour la grande majorité des seniors interrogés (86 %), avoir accès à des informations sur leur santé est important, mais à peine 6 % déclarent être en mesure de pouvoir consulter leur dossier médical électronique. De même, le renouvellement d’ordonnance en ligne intéresse 63 % d’entre eux, mais ils sont très peu (2 %) à bénéficier de cette fonctionnalité. Enfin, 61 % souhaitent pouvoir contacter les professionnels de santé par email, mais 5 % seulement en ont la possibilité.
Cela laisse présager l’essor de messageries sécurisées pour les échanges professionnels de santé-patient.

 

 * enquête réalisée par Harris Interactive du 25 au 31 juillet 2013, auprès de 9 015 adultes dans neuf pays (Allemagne, Australie, Brésil, Canada, Espagne, États-Unis, France, Royaume-Uni et Singapour).
En France, 2 003 personnes, dont 215 seniors (âgés de 65 ans et plus), ont participé à cette étude visant à évaluer la perception des patients vis-à-vis des services de santé numériques. Le cas échéant, les résultats ont été comparés à ceux du Rapport sur les consommateurs de soins de santé et de l’enquête auprès des médecins réalisés par Accenture en 2013.

 



Calmedica, une start-up qui cible le suivi médical

C’est l’histoire d’une rencontre entre un ingénieur entrepreneur et une toute jeune retraitée de l’industrie pharmaceutique.

Avec un  père médecin et quelques années en recherche développement (côté logiciel) dans l’industrie pharmaceutique et le conseil, Alexis Hernot, 47 ans, a aussi créé un carnet de vaccination  le Memovax. Voilà ce qui arrive quand un X-INSEAD ne trouve pas ce dont il rêve pour ses enfants ! Brevet en poche, il en fait un site sécurisé suivivaccin.fr (ou memovax.com) qui permet de partager le carnet avec son médecin et de recevoir des alertes pour les rappels.  Vous l’aurez compris, Alexis est un spécialiste des nouvelles technologies, passionné par le développement.

 

 

Médecin allergologue, Corinne Segalen, 61 ans, a fait toute sa carrière dans l’industrie (du diagnostic et du médicament). Son dernier poste : la présidence de la filiale française d’IMS Health France, leader mondial des données de santé et du conseil dans le domaine de la santé (IMS est connu des médecins informatisés qui participent à ses panels), qu’elle a quittée fin  2011.  Elle pensait consacrer sa « retraite » à l’associatif. Mais sa rencontre avec Alexis la fait replonger dans le monde de l’entreprise.  Petite cette fois. Les deux associés-fondateurs lancent en juin 2013, Calmedica qui fusionne avec Memovax. La start –up est incubée à Paris Biotech. La plate-forme multi canal de Memovax (rebaptisée Calmedica) qui sait suivre un protocole et envoyer des rappels, est en effet apte à accueillir de nouveaux services. 

Rappels de rendez- vous intelligents et prise en charge interactive

Au carnet MemoVax s’ajoutent MemoMedica, un système de rappel de rendez-vous et d’échéances médicales et MemoQuest, un système de gestion par un centre de soins d’un patient ambulatoire. MemoMedica innove car non seulement il envoie des SMS mais il accepte et traite les réponses du patient (propose une nouvelle date de RV par exemple). Il s’interface avec n’importe quel agenda pourvu que celui ci puisse s’exporter sur un standard comme Google Agenda (50 euros/mois SMS illimités et 87 euros/mois SMS avec réponse).
Quant à MemoQuest, il facilite par exemple la prise en charge du retour à domicile après une hospitalisation ou prépare une consultation selon les protocoles définis par un centre de soins ou un cabinet de spécialistes. Il s’appuie sur les deux atouts de la plate-forme Calmedica : le suivi de protocole et l’interactivité.
Un bel exemple de nouveaux services "pratiques" pour le monde médical (et les patients). A rapprocher de l’initiative d’un autre médecin, Symptosite, qui a fait l’objet d’un article sur ce blog.

www.memomedica.com
contact@calmedica.com

 



Un conseil numérique pour l’Académie de Médecine

 

L’Académie de médecine annonce dans un communiqué en date du 13 janvier qu’elle vient de se doter officiellement d’une instance de conseil numérique.

Il s’agit d’un groupe (voir sa composition en fin d’article), ouvert et pluridisciplinaire, rassemble à la fois des académiciens et des professionnels de l’ensemble des domaines du numérique santé (internet, smartphones, télémédecine, logiciels médicaux…). Il y a même un représentant du monde du logiciel médical et de la communication professionnelle en la personne de Régis Sénégou (Sephira).

Le Conseil "a pour mission d’alerter l’Académie sur les questions, notamment éthiques, que pose l’expansion aujourd’hui difficilement contrôlable de l’innovation numérique, aussi bien à l’intention des professionnels de santé que du public. L’Académie attend de ce groupe qu’il apporte aux commissions et aux groupes de travail la dimension numérique indispensable aujourd’hui dans tous les domaines de la médecine et de la santé publique. Ce groupe lui proposera aussi des pistes de réflexion afin que l’Académie de médecine puisse jouer dans cette nouvelle approche de la santé publique le rôle pédagogique qui lui incombe pour pallier les risques liés à l’absence de toute réglementation institutionnelle en la matière." lit-on dans le communiqué.

Comme elle s’était émue en son temps de l’arrivée de l’Internet Médicale avec la mise à la disposition des patients d’informations de plus ou moins bonne qualité, l’Académie s’empare du sujet des objets médicaux connectés et des applis sur smartphone. Mais le temps a passé et cette fois, les académiciens font dans la prospective : il s’agit d’anticiper sur l’essor du numérique santé et de "participer à l’évolution nécessaire de la médecine vers un nouveau modèle connecté plus près du patient" .
Le conseil numérique et santé va d’ailleurs apporter sa contribution au colloque "Développer l’éducation thérapeutique du patient" organisé demain à l’Académie de Medecine.

Par cette initiative, l’Académie entend bien participer à la nouvelle stratégie nationale de santé.

Composition du  Conseil « NUMÉRIQUE ET SANTÉ » (au 12 janvier)
 

Prs André AURENGO, Michel COSSON, Fabien KOSKAS
membres de l’Académie nationale de médecine
Pr Françoise BRION, Paris-Descartes, membre de l’Académie nationale de Pharmacie,
Pr Joel BELMIN, chef du service de gériatrie Hôpital Charles Foix (Ivry-sur-Seine) ;
Pr Isaac AZANCOT, cardiologue Unité de Traitement de l’Information Médicale – Hôpital Lariboisière ;
Monique ROMON, présidente de la Société Française de nutrition ;
Bernard d’ORIANO, Marianne CIMINO, Yannick MOTEL / Fédération LESISS (regroupant plus d’une centaine d’entreprises du numérique santé) ;
Paul VERDIEL / H2AD ( télésanté) ;
Régis SENEGOU / GROUPE SEPHIRA ( télétransmission médicale)
Frédéric FAURENNES / IDS santé (Conception et développement de solutions innovantes pour stimuler le dialogue médecin-patients)
Jean-Philippe RIVIERE / VIDAL.fr (recherche et développement en informatique de santé)
Dominique GOUGEROT / Berger-Levrault
Jean-François GOGLIN / Conseiller SIS FEHAP
Jean-Luc TREILLOU / Association pour la prévention du cardiométabolisme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



La messagerie MSSanté mise sur les hôpitaux

 

L’ASIP Santé mise sur les hôpitaux pour le succès de sa messagerie MSSanté. Dès la fin du mois, 15 établissements volontaires vont commencer à mettre en place MSSanté au sein de leurs services. Dès janvier, l’ASIP Santé enverra un courrier aux 3.000 établissements restant les invitant à découvrir MSSanté et les bénéfices qu’ils peuvent en tirer.

Privée de tête depuis le départ de Jean-Yves Robin le 30 novembre (un recrutement est en cours), une bonne partie de l’Etat-major de l’ASIP a assisté à la présentation à la presse de son action de déploiement de MSSanté dans les établissements. Avec un DMP 2e génération que la ministre Marisol Touraine entend désormais réserver au suivi des pathologies chroniques, le projet prend 5 fois moins d’ampleur (9 millions d’ALD ) et la messagerie sécurisée est devenu « le » dossier important de l’Agence. Jeanne Bossi, secrétaire générale de l’ASIP  Santé, a introduit le sujet, rappelant que l’utilisation d’une messagerie sécurisée pour l’échange des données de santé personnelles était une obligation légale. A suivi une démo de la messagerie dont les spécifications ont été publiées en septembre (voir l’article ) et de son application mobile prévue pour avril (voir la démo ) tout comme l’intégration dans Thunderbird (une « annonce »), puis la présentation de Wladimir Vilter et Claire Lenain, chargés de mission, « redéployés » du déploiement du DMP à celui de MSSanté.

2.500 PS inscrits, courrier à 3000 établissements

Ouverte en juin en bétatest la messagerie MSSanté compte aujourd’hui 2.500 professionnels de santé inscrits et elle en vise 1, 2 millions alors qu’environ 55.000 seraient équipés d’une messagerie sécurisée (20.000 avec les applications régionales et 35 000 avec Apicrypt). Il reste encore beaucoup à faire et pour aller plus vite, l’ASIP Santé compte sur les établissements qui « sont au centre de sa stratégie de déploiement MSSanté ».
« Il y a beaucoup d’attente, estime Wladimir Vilter, après des déplacements dans douze région, mais sans avoir toutefois une idée précise du nombre d’hôpitaux en mesure de dématérialiser des éléments susceptibles d’être envoyés par courriels.
Les 15 établissements volontaires se sont réunis le 6 décembre à l’ASIP Santé : 5 CHU, 6 CH, 1 ESPIC, 2 cliniques, 1 Centre de lutte contre le cancer ) qui vont passer un contrat avec l’agence . Outre des fiches pratiques, l’ASIP Santé leur apporte son soutien pendant la phase de mise au point (les éditeurs des solutions métiers et les serveurs de l’établissement doivent intégrer les API de la messagerie) avec mise à disposition d’une hotline notamment.  Et surtout l’agence les aidera à communiquer sur les services qu’ils pourront apporter via MSSanté à leurs médecins correspondants. C’est en favorisant les usages que les professionnels de santé s’inscriront sur l’espace de confiance et que leurs éditeurs suivront. Le plan d’accompagnement démarre en janvier avec l’envoi d’un courrier aux 3000 établissements restant, accompagné d’un dépliant sur les avantages d’un espace de confiance commun pour toutes les messageries professionnelles.
En 2014, MSSanté va continuer à évoluer pour tous les professionnels de santé avec ses versions mobiles et Thunderbird en avril et le retour d’expérience en mai des 15 établissements pilotes. Des éditeurs de logiciels métiers des libéraux et des autres messagerie rejoindront -ils le mouvement ?
 



Messageries sécurisées : MSSanté et toutes les autres

Intense activité du côté, non encore des échanges sécurisés de données de santé mais des solutions disponibles.
Tandis que l’ASIP Santé publiait le 19 septembre le dossier de spécifications qui devraient permettre à tous les opérateurs de rendre leur messagerie MSSanté compatible, Microsoft annonçait en partenariat avec l’hébergeur agréé de données de santé (HADS) Navaho, l’arrivée d’une solution d’échanges sécurisés incluse dans sa suite Office 365 en ligne. Pendant ce temps, Apicrypt trace son chemin, qui prend des allures d’autoroute avec plus de 45000 adhérents et près de 45 millions de messages par an.

Comment choisir ?

En octobre 2013, la situation est donc la suivante pour les médecins qui veulent échanger des données médicales ou recevoir les résultats d’analyse de leurs patients de manière sécurisée.

1) Que vous ayez déjà ou non une messagerie sécurisée, vous pouvez activer gratuitement votre compte MSSanté, le webmail sécurisé de l’ASIP Santé en concertation avec les Ordres. C’est très simple. Il faut se munir de sa CPS et de son code. Il y a un petit logiciel à télécharger pour Windows ou pour Mac. La messagerie est disponible en béta test depuis le 1er juin et ouverte depuis la fin juin. Elle est réservée à l’ensemble des professionnels de santé qui étaient 1200 inscrits à la mi-octobre.
Avec son annuaire en lien avec le RPPS, MS Santé fait entrer les professionnels et les établissements dans un espace de confiance, qui rend inutile la lecture de la CPS à chaque utilisation. L’enjeu est de pousser les éditeurs d’autres solutions et les messageries internes des hôpitaux à devenir interopérable avec MSSanté pour que les échanges médicaux se développe enfin
Inconvénient pour l’instant, c’est un Webmail indépendant des applications, donc les documents envoyés sont des pièces jointes à aller chercher dans les dossiers. On les envoie et on les récupère dans les dossiers par copier-coller. Le nombre d’utilisateurs limite les possibilités échanges. Mais il faut bien commencer et la montée en charge est satisfaisante, selon l’ASIP Santé.

Informations détaillées sur www.esante.gouv.fr/services/mssante

2) Votre logiciel métier dispose d’une messagerie sécurisée utilisant la CPS (type MMS, HellodocMail, DocteurNet, AxiMessage) qui vous sert déjà à recevoir les résultats de laboratoire plus ou moins bien intégrés dans vos dossiers patients et aussi parfois à envoyer des courriers à vos correspondants si vous aviez fait la démarche de demander un certificat CPS. Vous pourrez continuer à l’utiliser. Vous allez en plus bénéficier de l’espace de confiance de MSSanté (sans relecture de la CPS) dès lors que votre éditeur aura rendu sa messagerie compatible. Les spécifications de l’ASIP sont arrivées le 19 septembre. Les éditeurs ne proposant pas encore de messagerie sécurisée pourront également intégrer MSSanté. Les plates-formes régionales d’échanges (Rhône Alpes, Planet santé) sont concernées elles aussi par la compatibilité.

3) Vous faites partie des 45 218 utilisateurs de la messagerie associative Apicrypt parmi lesquels 33 293 médecins libéraux et 8888 médecins hospitaliers. Vous êtes les plus nombreux et quelques hôpitaux vous envoient même les courriers de sortie par mail. Depuis le début de l’année, vous pouvez consulter les courriers et analyses reçus sur votre iPhone ou votre smartphone Android. Avec les analyses, les résultats ne sont pas toujours bien récupérés dans les dossiers pour des raisons de formats. Sachez qu’Apicem, l’association éditrice d’Apicrypt prépare un serveur de normalisation de la biologie qui est en phase de bétatest. Le biologiste devra valider un dictionnaire et une convention de preuve sera établie entre les biologistes et les médecins pour éviter tout envoi de duplicata papier. Les échanges seront tracés.
Comme la plupart des utilisateurs, vous n’utilisez pas ApiMail, la version avec CPS d’Apicrypt parce que vous trouvez que ça ralentit l’opération et que vous n’avez pas toujours de lecteur de cartes sous la main. Lorsque l’Apicem, -c’est envisagé- sera compatible avec MSSanté, vos messages seront conformes à la législation et vous aurez accès à un annuaire plus large encore.
Inconvénient d’Apicrypt : il faut s’abonner (3C par an pour un médecin) et il n’y a pas encore d’interopérabilité avec les autres messageries.

4) Vous utilisez la suite Office 365 (en ligne) de Microsoft. La solution Posts@fer de Navaho permet d’envoyer d’un simple clic n’importe quel document produit avec la suite : Word, Excel, Powerpoint, Outlook dans le respect des normes de confidentialité en vigueur. Les messages sont archivés six mois dans un des centres de  données français agréés hébergeurs de données de santé de Navaho. Les destinataires reçoivent un message les invitant à se connecter via leur CPS à l’espace sécurisé pour prendre connaissance du message.
Cette solution semble particulièrement bien adaptée à l’envoi de dossiers médicaux complets et d’images assorties de leur compte-rendu puisqu’elle autorise des pièces jointes jusqu’à 500 Mo. En rejoignant l’espace de confiance de MSSanté, Posts@fer gagnera en rapidité d’utilisation.
La solution est commercialisée via un réseau de revendeurs partenaires de la société Trust2cloud. Voir la liste.
Le mode de facturation envisagé repose sur le nombre de messages : 25 cts par message.
Gageons que les opérateurs comme Orange ou SFR qui sont aussi HADS ne vont pas tarder à sortir également leur solution pour sécuriser les échanges médicaux…

Révisé le 25 octobre 2013

 

 

 

 



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