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médecins de la e-santé

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Medadom (et Docadom) : la visite géolocalisée, une nouvelle façon d’exercer pour les médecins ?

Après Docadom, voici Medadom, une appli sur smartphone qui propose aux patients des visites médicales remboursées, en trois clics.

Ils se sont trouvés face à face sur leur stand du congrès de la médecine générale France (CMGF) qui s’est tenu du 30 mars au 1er avril au Palais des congrès de la Porte Maillot. Docadom et Medadom, deux start-up occupant pratiquement le même créneau : celui d’apporter au patient qui ne peut se déplacer la garantie d’une visite « remboursée » dans un délai court. Pour désencombrer le 15 et les urgences. Medadom lance son pilote en mai dans le 17ème arrondissement et l’ouest parisien (à peu près dans les mêmes quartiers que Docadom !). Pour 3 mois.

A sa tête un père et un fils, l’un médecin, Charles Mimouni, 30 ans d’expérience en tant qu’urgentiste puis biologiste, l’autre, Eliedan Mimouni encore interne, aidé d’un troisième associé pour le marketing et la communication. L’idée est née comme souvent d’une histoire personnelle. Une grand mère malade un dimanche avec un médecin de permanence qui n’arrivera qu’en fin de journée alors que son état s’étant aggravé, la vieille dame a été emmenée par les urgentistes du 15 à l’hôpital où elle décédera. Un enchaînement fatal qui a conduit Eliedan Mimouni à imaginer qu’une autre démarche était possible. Un service utilisant le smartphone pour la satisfaction des patients et des médecins.

Une appli mobile pour géolocaliser les médecins disponibles

Le principe : une application patient pour trouver un médecin en moins de 90 mn, 24h sur 24, 7 jours sur 7. Les médecins les plus proches sont géolocalisés et le patient lance un appel de visite. L’application sollicite alors le médecin disponible en lui donnant l’adresse de la visite. Quand il l’accepte, le patient est rappelé pour juger de la gravité des symptômes. La visite est confirmée et le médecin a 90 mn pour s’y rendre ce qui lui permet de prendre d’autres visites en chemin, en fonction de l’urgence. Lorsque le médecin arrive, il se notifie en consultation ce qui le rend « indisponible ». Le patient règle la visite sur la base du tarif conventionné et la plate-forme facture au médecin entre 1 et 5 euros par consultation. Les médecins sont équipés par Medadom d’un kit complet. Dans une deuxième version, le patient pourra indiquer ses symptômes en ligne et le médecin envoyer un compte rendu au médecin traitant. La plate-forme sera alors hébergée sur un serveur agrée HDS (Hébergeur de données de santé).

40 médecins à recruter

Medadom a commencé au CMGF sa phase de recrutement des médecins pour commencer avec une quarantaine. Une première réunion avec des médecins en mars, a convaincu la start-up que les jeunes médecins non installés mais aussi les moins jeunes pour varier leurs actes, étaient intéressés par cette nouvelle façon de pratiquer. Par la suite Medadom a vocation à s’ouvrir aux spécialistes et aux paramédicaux.
« Nous apportons une nouvelle façon d’exercer, qui va plaire à ma génération » s’enthousiasme l’interne Mimouni.

Pour participer au betatest s’inscrire sur www.medadom.com



Hellocare, le téléconseil médical vidéo sur smartphone

 

 Lancé il y a quelques mois, Hellocare, service de téléconseil médical en vidéo, vient de lever un million d’euros auprès de P. Factory accélérateur de start-up en Provence pour assurer son développement. C’est dire les ambitions de la start-up.

Pour le Dr William Benichou, généraliste entrepreneur qui n’en est pas à sa première société, l’idée est venue avec les patients qui appellent leur médecin traitant au téléphone. « La première fois que j’ai envoyé une ordonnance avec FaceTime pour une pathologie ORL, j’ai réalisé que j’avais fait un acte médical à distance via mon iPhone. J’ai compris que le smartphone était un instrument pour la télémédecine. ». A cette intuition première s’ajoutent plusieurs constats : demande des patients pour une médecine connectée, équipement massif des médecins en smartphone et tablette, désertification médicale en hausse. La rencontre avec Mathilde Le Rouzic, « Tech entrepreneur » depuis 2004, fondatrice de plusieurs sociétés et conseiller de start-up, sera décisive. Tous les deux sont convaincus que la France est en retard sur ses voisins européens et n’est que peu perçue par les éditeurs du domaine de la santé comme un pays favorable au développement des applications e-santé, loin derrière le Royaume Uni et l’Allemagne (16% contre 55% et 41%).

La société est créée en juillet 2016. Le 30 janvier dernier sortait l’application de téléconseil médical vidéo Hellocare. Première version. La 2ème vient de sortir.

Pour des soins de premier recours

HellocarePour le patient, l’appli est gratuite (iOS et Android). Il faut s’inscrire, renseigner un certain nombre d’indications . Un code de sécurité est envoyé. On se connectera ensuite avec son numéro de mobile et un code secret à 8 chiffres. Le télé conseil est facturé 29 euros (en utilisant la carte bancaire) mais jusqu’au 31 aout 2017, l’inscription au service donne droit à 3 appels gratuits, touche « parler à un médecin ».
Le service est conçu pour être utilisé pour des soins de premier recours. Hellocare garantit la mise en contact avec un médecin dans le quart d’heure partout dans le monde de 7H à 22H depuis son mobile ou sa tablette. Et en vidéo. « Nous avons développé notre propre application sécurisée sur le modèle de Face Time ». Le médecin utilise une tablette ou un ordinateur et reçoit les champs renseignés au fur et à mesure. L’équipe compte actuellement 8 personnes dont un médecin salarié. La levée de fonds doit permettre à Hellocare de se faire connaître auprès des patients et de se mettre en phase avec les objectifs de développement. De nouvelles fonctionnalités sont en effet prévues : un « chabot » pour checker ses symptômes, un carnet de santé en ligne (stocké chez un hébergeur agréé pour les données de santé), une prise de rendez-vous avec des médecins spécialistes, la possibilité de récupérer l’ordonnance chez le pharmacien. « Nous allons aussi constituer un comité scientifique, explique le Dr Benichou, pour évoluer progressivement vers la téléconsultation avec envoi d’ordonnance. Installée à La Ciotat, Hellocare mise sur 15 000 utilisateurs actifs pour la fin 2017 et un pool de 40 médecins. La phase de recrutement est commencée.
Une ARS est intéressée. Pour la prise en charge de telles téléconsultations plusieurs solutions sont à l’étude. « Un médecin traitant pourrait parfaitement offrir une telle option à ses patients ». souligne le Dr Benichou

https://hellocare.com



Docadom, une appli mobile pour des visites à domicile sans rendez-vous

« Médecins, Paris est votre cabinet ! » Docadom recrute des médecins urgentistes et des internes ayant leur licence de remplacement pour ouvrir dès mai à Paris (Nord Ouest parisien) un nouveau service de mise en relation médecins/patients. 

Sur Docadom, patients et médecins sont géolocalisés (comme le fait Uber avec ses chauffeurs de VTC et leurs clients, mais la comparaison s’arrête là) et l’algorithme envoie le médecin le plus proche et le plus disponible au patient qui vient en trois clics de demander un médecin sur le Web ou sur son smartphone (le site est Web responsive).
Encore une innovation qui risque de secouer un peu la pratique médicale !

Les trois jeunes fondateurs dont deux médecins, Florian Guého, médecin urgentiste et Marc Postel-Vinay, interne de médecine générale, se gardent bien de vouloir rivaliser avec les confrères installés. « Nos médecins n’ont pas vocation à devenir des médecins traitants. Le patient ne choisit pas son médecin, c’est l’algorithme qui choisit », disent-ils et ils estiment que leur solution est complémentaires  des associations médicales et  que leur projet « a vocation de service public dans le respect de la déontologie médicale ». Le « non programmé » est ce qui revient le plus cher aux finances publics. L’ARS Ile de France serait intéressée. Une consultation aux urgences c’est  200 euros, rappellent-ils et Docadom facture les visites de 33 € (V+MD) à 61,5 € (V = MDN).  L’algorithme remplace en effet la centrale d’appel ce qui rationalise la gestion et réduit les coûts.

Un mode d’exercice innovant pour les médecins

Le médecin ne paye pas de droit d’entrée et touche 90% du montant des visites. Docadom lui fournit moyennant une caution de 1000 €, un  « sac à dos » tout prêt contenant de quoi télétransmettre et accéder au (futur) DMP ( le lecteur de Sylyca, les logiciels de iCanopée et de Pyxistem pour iOS et Android.). Le médecin peut préférer l’offre « all inclusive » où on lui fournit matériel complet, moyen de transport (scooter ou voiture) et un service comptable contre une commission de 20%.
flyer DocadomLes fondateurs de Docadom sont convaincus d’apporter, en particulier à leurs jeunes confrères, une possibilité de revenus qui va les séduire : le planning n’est pas imposé et les journées ont été découpées en 4 lignes de garde 6-8h, 8h-14h, 14h-20h et 20h-minuit, ajustable en fonction des besoins. Docadom n’assure pas la nuit profonde, ni les urgences pédiatriques pour les nourrissons de moins de trois mois. "C’est moins épuisant que les gardes dans un établissement ».  Le médecin qui signe avec Docadom réserve n’importe quel créneau, deux soirs par semaine ou du plein temps. Il ne peut refuser une visite sauf impossibilité (qui est  vérifiée). « Un mode d’exercice innovant, sans engagement et en toute liberté » vante la start-up. Et pas d’argent à manipuler puisque c’est Docadom qui « encaisse » avec la carte bancaire du patient dont le numéro a été renseigné lors de l’inscription.

Pour le patient, c’est l’assurance d’avoir un médecin dans le délai qui lui est indiqué au cours des prochaines 24h. Avec une Carte Vitale et une mutuelle, le prix de la visite est pris en charge avec tiers payant intégral. Le patient peut annuler le rendez-vous jusqu’au moment où on lui précise par SMS que le médecin est en route. Après cette limite, 50% du montant est facturé.

Docadom propose aussi gratuitement des consultations sans rendez-vous au cabinet des médecins les plus proches et va passer des partenariats avec des services de rendez-vous en ligne pour diriger ses clients vers les plages de consultation sans rendez-vous.  Des partenariats avec des services de télémédecine (spécialistes) sont également prévus.

La start-up qui a bénéficié de subvention de la BPI et du soutien de la région Loir et Cher où elle est implantée, compte monter en charge progressivement et réaliser 3200 consultations la première année avec 35 à 45 médecins puis 9700 l’année suivante avec 80 à 100 médecins. En attendant d’ouvrir le service dans d’autres grandes villes.
« Le modèle pourrait faire tâche d’encre en milieu rural, avec des médecins mobiles qui passeraient un jour par semaine en région », espèrent les jeunes entrepreneurs. Au congrès de la médecine générale à la Porte Maillot fin mars, ils ont rencontré beaucoup de médecins. "Notre démarche soulève des interrogations et parfois des inquiétudes chez les confrères mais quand on explique que le médecin traitant est inclus dans le parcours, cela rassure et les retours sont très positifs"

www.docadom.fr    contact : medecin@docadom.fr

(mis à jour en avril 2017)

 



Trophées de la santé mobile et attentes des médecins (et de leur Ordre)

 La santé mobile a depuis trois ans en France ses Trophées*, organisés par dmdSanté mais pénètre encore difficilement les cabinets médicaux. Au risque de laisser les médecins sur le bord de la route, derrière leurs patients. Pour guider ces médecins qui se trouvent à la croisée des chemins, à reprendre la main, le CNOM avait organisé le 16 février un débat sur « la santé dans la société de l’information et de la communication ». Essai de synthèse de diverses réflexions entendues ici et là.

Aux trophées de la Santé Mobile, le 8 février, il y avait aussi des ateliers et on a parlé économie de la santé connectée en constatant que les politiques avaient pris la mesure des enjeux et qu’il existait de nombreuses sources de financement des start-up. Restaient entière les questions de l’adoption de ces technologies et de leur usage au quotidien par les professionnels de santé et les patients. La validation et la mise en place des pilotes est trop lente comparé au temps de l’évolution technologique. On a ainsi appris incidemment lors du débat du CNOM qu’en région Rhône Alpes, 150 médecins allaient équiper leurs patients ayant des problèmes cardiaques avec balance, bracelet d’activité et tensiomètres connectés (projet Pascaline, Parcours de santé coordonné et accès à l’innovation numérique). Ceci dans le cadre des Territoire de Santé Numérique. Mais les appels d’offre sont encore en cours.

Les jeunes médecins confiants

Pourtant la prescription et la dispensation seraient en passe de devenir une réalité chez une partie des jeunes médecins et pharmaciens. Selon une enquête réalisée par le Lab eSanté en partenariat avec MedPics (site de partage de photos médicales), Le Moniteur des Pharmacies et Stagium*, 25% des jeunes médecins et dévoilée aux trophées, 29% des jeunes pharmaciens déclarent avoir déjà conseillé une application mobile ou un objet connecté de santé. Et surtout ils considèrent à 78% pour les médecins et à 84% pour les pharmaciens qu’à l’horizon 2020, ce sera monnaie courante. Eux mêmes équipés à 98-99% en smartphone et aussi en tablettes (77% des jeunes médecins et 59% des jeunes pharmaciens), ils sont utilisateurs d’application mobile de santé (à 94% chez les médecins et à 77% chez les pharmaciens). Toutefois les jeunes médecins utilisent plus leur mobile pour cherches de informations sur le web que les pharmaciens (86% contre 66%) et ceux ci sont en revanche plus utilisateurs de réseaux sociaux (63% contre 45%). Les jeunes médecins ont une vision plutôt positive de la santé connectée quant à l’amélioration de la relation avec les patients (44%).

Pour une application "souple" de la déontologie en matière d’information du public

Au CNOM, le Dr Jacques Lucas, rappelle que 70% des médecins pensent qu’il faut intégrer le numérique dans l’organisation des soins, et tout à son « devoir de pédagogie » il invite ses confrères à prescrire des apps. Pour le délégué général aux systèmes d’information en santé du CNOM, une partie du problème vient du fait que déontologiquement, le médecin est toujours sur le fil du rasoir dès lors qu’il fait de l’information au public car cela peut être envisagé comme de la pub indirecte. Or c’est bien le médecin qui est considéré par la société comme la première source fiable d’information santé. « Si les médecins ne prennent pas leur place légitime, elle sera prise par d’autres », renchérit Catherine Lenain, chargée de la déontologie à l’autorité de la régulation professionnelle de la publicité qui a plaidé pour un « droit souple » dans ce domaine.
Concrètement, l’Ordre s’est positionné auprès du ministre de la santé pour être co-constructeur, avec les patients d’ailleurs, du futur service public d’information en santé inscrit dans la loi de santé. Le CNOM avait organisé ce débat pour nourrir sa prochaine publication (avril) sur « les repères déontologiques concernant le médecin dans la société de l’information et de la communication ». Y intégrera –t-il aussi la parole du Dr Alain de Broca, auteur de « soigner au rythme des patients », venu jouer les philosophes et rappeler que les patients réclament d’abord de la relation humaine et qu’il faut éviter que « le numérique ne constitue un hygiaphone délétère ».

*Les Trophées ont récompensé My eReport, une manière très simple et très rapide de déclarer des effets indésirables, Novi-Chek de Roche Diabetes Care, Mon Coach Douleur de Takeda qui permet au patient cancéreux de communiquer à son médecin une synthèse de ses épisodes douloureux, e-pansement, réalisation d’un infirmier déjà récompensée mais qui continue à bien évoluer et fait l’unanimité. La balance Web Coach Pop de Terraillon et le tensiomètre iHealth Feel (BP 5) ont obtenu les Trophées objets connectés. Des valeurs sûres.

**Enquête auto-administré sur le web auprès de 545 jeunes médecins et pharmaciens de moins de 35 ans. Des médecins de la 4e année aux jeunes médecins remplaçants ou installés depuis moins de 5 ans, les pharmaciens titulaires depuis moins de 5 ans.



Santé mobile et connectée : Health Shapr donne vie aux projets des professionnels de santé

Vous êtes médecin (ou professionnel de santé en général) et vous pensez avoir l’idée de l’application géniale que vous n’avez trouvée nulle part ou de l’objet connecté que tous vos confrères attendent ? Vous avez déjà un début de développement que vous voulez rendre professionnel ? Vous ne savez pas comment trouver des conseils, un financement, un développeur ?

Rendez-vous sur HealthShapr. Ce « programme de portage des innovations en santé mobile et connectée », premier du genre repose sur le partenariat de Wellfundr, un site de financement participatif (ou crowdfunding) dédié à la santé, d’IBM et de sa plate-forme d’outils Bluemix (dont des outils d’analyse cognitive issus de Watson), de Mauna Innovation (accompagnement global), d’Ova Design, de DMD Santé. Dès que votre projet est en ligne (sous forme d’un Powerpoint par exemple), tous ces experts se donnent 72 heures pour l’examiner et vous répondre. Un projet retenu sera ensuite budgétisé et accompagné jusqu’au prototype. HealthShapr se rémunère sur la campagne de financement de Wellfundr (à hauteur de 6%) mais ne conserve aucune propriété intellectuelle sur les projets. C’est en faisant le constat que les PS ne manquaient pas d’idées mais de temps pour les « industrialiser » que s’est lancé Health Shapr. Le programme est aussi ouvert aux patients mais le projet sera toujours examiné par un médecin.

Startupers médecins à vous de jouer !

http://healthshapr.com/



JICC Lighter, un briquet connecté pour arrêter de fumer en surveillant sa consommation

C’est bien entendu dans la prise en charge de la dépendance tabagique que s’inscrivent les fondateurs de la société JICC (voir l’article du blog) en présentant le JICC Lighter, le premier briquet connecté qui permet de mesurer les habitudes d’un fumeur de façon quantitative et qualitative. Pour Jérôme Iglesias et Cédric Chataignoux, fondateurs de JICC, l’objet connecté n’est qu’un moyen d’obtenir des données à analyser. Des données qui permettront des prises en charge personnalisées.

"Qualifier" chaque cigarette

Leur premier dispositif est un briquet connecté qui va permettre d’obtenir des données inédites sur la consommation et le comportement d’un fumeur. « Chaque cigarette allumée est comptabilisée mais aussi la date et l’heure où elle est fumée. Elle est qualifiée».

JICC LIghterLe JICC Lighter fonctionne en lien avec l’application JICC Now L’utilisation du briquet sert d’abord à la prise de conscience des habitudes tabagiques. Dans une deuxième étape, si le fumeur décide de s’arrêter, le programme de coaching, tenant compte de ses habitudes, va l’entrainer à réduire progressivement : supprimer la cigarette en sortant du bureau par exemple. L’utilisateur peut se fixer une limite : 10 cigarettes par jour et verrouiller son briquet lorsque l’objectif est atteint. L’application lui donnera des conseils personnalisés tout au long de la journée.
Les fondateurs de JICC se sont adjoints l’expertise du Dr Philippe Beaulieu, médecin spécialisé dans les thérapies cognitives et comportementales (TCC) devenu directeur médical de la société. La combinaison d’un programme de TCC on line et d’un objet connecté apparaissent, selon lui, comme « la meilleur promesse » pour lutter contre l’addiction au tabac. A terme, le JICC Lighter s’intégrera dans un écosystème autour de l’utilisateur. On pourra mettre en évidence le rôle des habitudes alimentaires et de l’activité physique sur le comportement tabagique. Les données seront hebergés sur un serveur agréé HDS.

L’appareil, plutôt élégant, se recharge via une prise USB (5 jours d’autonomie), il est muni d’un écran et fabriqué en Europe de l’Est. Sa sortie est prévue pour le 1er avril 2016 au prix de 99 euros. Il est en prévente sur le site à 59 euros jusqu’au 31 mars . JICC Now sera à cette date disponible sur iOS puis sur Android au deuxième semestre 2016.

 



mHealth Quality : dmd Santé lance un label pour créer la confiance dans la santé mobile

 

La société dmd Santé  lance le label européen mHealth Quality pour certifier la qualité des apps santé ainsi que des objets et dispositifs médicaux connectés. Un store regroupera les apps labellisées. Rencontre avec  son président fondateur,  le Dr Guillaume Marchand,  « homme de confiance » de la santé mobile.

 

Comment créer la confiance au milieu de la jungle des 17 000 apps santé et de la floraison des objets santé connectés ?  Lors de la présentation officielle le 11 septembre, du label mHealth Quality, c’était le leitmotiv.  Dmd santé se veut « créateur de confiance ».  Et espère bien imposer, à terme, son label au niveau européen.  C’est en tout cas l’ambition affichée  par Guillaume Marchand qui a provisoirement abandonné l’exercice de la psychiatrie pour se consacrer à son entreprise.  Il y a trois ans, c’était encore une aventure de copains internes en médecine  qui, après quelques tests d’apps, avaient compris qu’il  fallait aider le grand public et les confrères à faire le bon tri . Condition sine qua non pour un sain développement de la santé mobile et connectée.

Dmd Santé: des trophées au label

 En 2012, Guillaume Marchand créé donc avec Nicolas Laffere, futur généraliste, et un ingénieur, la société dmd santé  et son site collaboratif dmdpost, plate-forme d’évaluation  des applications selon un  cahier des charges de 14 critères.  Le plus entreprenant, c’est Guillaume, mélange de passionné obsédé par le devenir  high tech de la médecine et de bon vivant sympathique qui trouve toujours le temps pour une dégustation de vins ou de champagne (il est rémois) .
Guillaume ne ménage pas sa peine. Ces dernières années, on l’a vu partout, le plus souvent invité à la tribune mais aussi sur son stand ou  dans les couloirs de tous les colloques, réunions, salons, programmes et projets qui traitent de esanté, msanté, santé connectée et j’en passe.  Il devient incontournable.
Pour s’asseoir un peu plus dans le paysage, Dmd Santé fonde les Trophées de la santé mobile dont la 3e édition aura lieu le 8 février prochain. On y rencontre,  au grand complet, le petit monde de la santé mobile et connectée.
La start-up dmd Santé installée au Village by CA, rue de la Boëtie, avec le statut  « Jeune Entreprise Innovante » justifiant de travaux de RD*, a réussi  ses levées de fond. Elle est soutenue par BPI France (Banque publique d’investissement), le fonds européen dédié à l’ « innovation disruptive ». Elle fait partie de la Fondation Internet nouvelle génération (FING).  Elle compte une dizaine de salariés et met le savoir faire acquis dans l’évaluation de plus de 1100 apps (avec l’aide de centaines de bénévoles médecins et patients) au service de la réalisation du label mHealth Quality.  La valeur d’usage reste primordiale et continuera à être analysée par dix personnes dont deux médecins tous rémunérés (de 5 à 50 euros). « Sinon on certifie des process, pas des outils offrant un vrai service ». Mais auparavant l’éditeur de l’app aura rempli un auto-questionnaire en ligne de 100 à 200 questions (selon les spécificités de l’application) dont le traitement est automatisé et passé un  audit de sécurité (assuré par le partenaire Prodéo)**. Si tout est conforme, l’app  labellisée est mise en ligne sur le store de référencement  mHealthQuality, une app à télécharger. « Nous avons choisi dans nos critères d’audit, les critères européens lorsqu’ils étaient plus forts que les critères français. » D’où la vocation européenne du label.  Qui concernera aussi dans un 2e temps les objets santé et dispositifs médicaux connectés.
La procédure de labellisation coûtera de 2500 à 8000 euros pour un label valable un an (version majeure).  « Des mutuelles pourront offrir une labellisation » suggère Guillaume Marchand.
Sera-t-il soutenu par les pouvoirs publics ?  Guillaume Marchand y croit. Il a de bons rapports avec le CNOM . « Je nous vois comme un  guichet unique pour la HAS, la CNIL, l’ANAP… » Une chose est sûre, il va y mettre toute son énergie : «  je n’ai pas un boulot, je vis une passion » dit-il.  S’il met entre parenthèse son activité de psy, choisie un peu par référence maternelle et parce que « c’est très humain », c’est pour mieux se consacrer à la santé mobile sans négliger Stagium, la plate-forme d’évaluation des terrains de stage hospitaliers à l’intention des externes et internes  qui marche très fort : « nous avons 6000 inscrits ».
A 31 ans, il n’a pas tout perdu du visage poupin de guiloo, son surnom « branché » depuis la classe de 6ème, du temps où il montait des associations et qui l’a poursuivi pendant ses études médicales, du temps où il organisait le CRIT  Médecine (ski + champagne). Sur  twitter, le  tweeto @drguiloo (659 abonnés), c’est toujours lui, même s’il vous conseille le compte pro @dmdsante  (3492 abonnés), animé par Pauline.  
Il n’a pas oublié non plus Amore, l’association médicale d’œnologie de Rouen et de ses environs, fondée pendant son internat, et ses soirées dégustation.  Il caresse l’idée de la relancer sur Paris.
 
« J’ai une tendance hyperactive, moi ?  Si je vous dis que je ne le suis pas, vous allez penser que je vous mens, non ? »

 

*Guillaume Marchand et Mombin Yasini, directeur de la RD de dmd Santé, ont, par exemple démontré, publications à l’appui, que les étoiles des stores ne prenaient pas en compte la fiabilité médicale.  Sur le top 150 des mApps en France, seuls 24% ont fait appel à un professionnel de santé, 20% des contenus médicaux citent leurs sources ou encore 40% des apps qui recueillent des données n’indiquent pas ce qu’ils vont en faire. 
** Pour son label, dmd Santé constitue des comités d’experts avec  un juriste, un  chercheur spécialiste de l’éthique, des experts en sécurité et des patients experts.

 

 



Post-Hop, un projet d’ app récompensé par le Hackathon santé avec l’AP-HP

Ils étaient quatre médecins et un étudiant en médecine parmi les 150 participants du Hackathon Santé organisé du 12 au 14 juin par What Health en partenariat avec l’AP-HP à la Salpêtrière Ils étaient quatre chirurgiens, deux orthopédistes, un ORL et un neurochirurgien, tous convaincus de l’intérêt des nouvelles technologies mobiles pour leur pratique. Ils se sont retrouvés au Hackathon avec trois développeurs et un designer pour faire avancer leur projet, Post Hop. Résultat : Post Hop a figuré au palmarès au titre de meilleur projet « Traitement » .

Accompagner la période postopératoire

« C’était une idée que le Pr Nizard caresse depuis longtemps, explique le Dr Arthur André, actuellement interne en neurochirurgie, trouver un moyen simple de créer du lien entre le patient et le chirurgien pendant la période postopératoire. » Le Pr Rémy Nizard, chef du service d’orthopédie et de traumatologie à la Salpêtrière, n’en est pas à sa première app puisqu’il est l’auteur d’iTrauma, application pratique professionnelle (éditée par Lavoisier) pour identifier rapidement des traumatismes du squelette et des articulations.
Le Hackathon a fourni l’occasion de concrétiser le projet sous forme des premières captures d’écran. Il y a une forte demande de la part des patients en soins postopératoires d’autant plus que la durée des séjours se raccourcit. En proposant des questionnaires qu’un algorithme sera capable d’analyser, Post Hop fera un premier tri entre ce qui ne nécessite que des conseils apportés par les FAQ et ce qui mérite d’appeler le service pour obtenir une consultation. Dans un premier temps ne seront concernées que l’orthopédie, l’ORL et la neurochirurgie mais cela pourra s’étendre à d’autres spécialités. L’app sera téléchargée lors de la consultation préopératoire Pour le Dr André qui vient de créer en avril la start up Citizen Doc autour d’une première app d’aide à l’automédication (sortie prévue en juillet), « c’est vraiment l’avenir des applications mobiles de répondre aux besoins réels des praticiens et à la demande des patients. Il faut cibler les problématiques qui peuvent être résolus par des algorithmes. C’est un changement des pratiques que tous les médecins ne comprennent pas encore. Mais cela leur donnera les moyens de mieux se consacrer à ce qui relève de la compétence médicale. » Un credo partagé par les quatre chirurgiens.
 

www.what-health.org

Voir aussi l’article sur Smoke-Watchers, meilleur projet "Santé publique"



Bewell Connect : naissance d’une nouvelle plate-forme d’e-santé

Dès son lancement par le groupe Visiomed, Bewell Connect a récolté un prix pour son thermomètre sans contact connecté, MyThermo, lauréat de la 1ère édition du Trophée des Objets Connectés 2014. D’ici janvier, Bewell Connect disposera d’une gamme santé complète autour d’une plate-forme d’e-santé. Un groupe aux ambitions santé et médicale très fortes.

Du ThermoFlash à MyThermo

Tout a commencé par un thermomètre, le ThermoFlash, le premier thermomètre médical sans contact conçu par Eric Sebban pour répondre à un manque du marché et utilisant la technologie infrarouge.
2007, c’est le lancement du ThermoFlash et la création du groupe Visiomed, côté en bourse depuis 2011. Visiomed Group est reconnu entreprise innovante par Oséo Innovation. Si la fabrication est en Chine avec un partenaire exclusif, la conception, le design et la recherche-développement sont effectués en France.
2014, avec 92 produits innovants en portefeuille, Visiomed fait son entrée sur le marché des objets santé connectés avec sa division Bewell Connect, dont s’occupe particulièrement le Dr François Teboul, formé à la médecine générale d’urgence, directeur médical de Visiomed.

 

MyThermo n’est que le premier d’une série qui compte déjà des caméras de surveillance pour bébé (MyiVision) et pour personnes fragiles, un tracker d’activité (à porter en montre ou à la ceinture) et va s’enrichir d’une balance (fin octobre) , d’un tensiomètre qui sera présentée en décembre au congrès de la SFHTA. Thermomètre et tensiomètre sont des dispositifs médicaux vendus en pharmacie. (Voir le test de MyThermo)

 

 

 

Des mesures médicalement validées

L’objectif de Bewell Connect est de dépasser la notion de bien-être pour s’occuper de la santé de l’utilisateur et participer à la prévention. Les données sont d’ailleurs hébergées dans le Cloud sécurisé agréé « hébergeur de données de santé » d’Orange. L’objectif est d’obtenir des mesures médicalement validées. « Pour bien mesurer l’activité, les capteurs doivent être portés à la ceinture (ne pas enregistrer les mouvements du bras) et les mesures correlées à la fréquence cardiaque, explique le Dr Teboul, de même, notre tensiomètre prévoit trois prises de tension sur trois jours pour avoir des moyennes et précise les conditions de prise de mesure ». A la première app grand public (pour iPhone ou Android) qui regroupe tous les appareils (caméra, thermomètre, coach sportif) pour offrir des tableaux de bord de suivi va s’ajouter en 2015 l’app Bewell Check-up Un assistant pour accompagner et motiver l’utilisateur dans ses mesures. Au centre une sorte de carnet de santé (on pourra ajouter ses vaccins en partenariat avec mes-vaccins). Cette plate-forme analyse et interprète les résultats pour aider la personne en cas d’anomalies des résultats, en utilisant des algorithmes médicaux. Cela peut certes aider la motivation en cas d’objectif comme l’entrainement pour un défi sportif ou quelques kilos à perdre. Mais surtout des questionnaires inspirés de la régulation (utilisant la classification SNOMED) vont contribuer à identifier les signes de gravité. Les conseils délivrés se basent sur les recommandations de l’OMS Pour mettre au point de tels outils, Visiomed a developpé un pôle de recherche en collaboration avec le CEA (LETI). « Nous pensons que la santé connectée pourra participer à la prévention du risque cardiovasculaire ». Une app destinée aux professionnels de la santé sortira dans un deuxième temps.

voir le site

 



e-Santé : les recommandations du « livre-rapport » Robin

Depuis son départ de l’ASIP Santé le 30 novembre 2013, le Dr Jean-Yves Robin s’est donné le temps de la réflexion. Et en publie le fruit sous le titre « Santé, l’urgence numérique ».

« La France n’est pas inactive mais elle court sans cap ». Cette phrase à l’avant dernière page donne le ton du livre de Jean-Yves Robin, directeur de l’ASIP Santé pendant 5 ans (2008-2013) sur l’urgence des mesures à prendre pour faire de la France un leader de l’e-santé. Un livre ? Plutôt rédigé comme un rapport, celui qu’on ne lui a pas demandé et qu’il a voulu écrire même s’il relève que sur le sujet, le nombre d’écrits est « inversement proportionnel aux avancées observées ». La France a 20 ans de retard dans le développement de services numériques dans le domaine de la santé. A quelques mois de la discussion sur la loi de santé préparée par Marisol Touraine qui prétend donner ce cap par une Stratégie nationale de santé, le Dr Robin pense avoir repéré les leviers à actionner d’urgence. Les parlementaires feraient bien de le lire. Ce n’est pas le roman de l’été, on n’y trouve pas de révélations et pour tout dire, il donne parfois une impression de redites car la pensée de l’auteur revient sans cesse sur les mêmes failles du système, communes à la télémédecine, aux systèmes hospitaliers, à l’accès et à la production des données de santé et demain, si l’on n’y prend garde, à l’industrie des objets médicaux connectés. De fait, le sujet, complexe , de la e-santé est mal appréhendé par les politiques surfant sur les effets d’annonce et les traitements d’urgence des crises sanitaires.

Eparpillement des moyens et des initiatives

On imagine que le Dr Robin, passé par la médecine humanitaire, fondateur d’une entreprise spécialisée dans les réseaux de soins, habitué à l’action, pensait avoir les manettes quand il a pris la direction de l’ASIP Santé, avant de s’apercevoir que la CNAM (qui était aussi son bailleur de fond) ne trouvait d’intérêt qu’au développement de ses téléservices et pas du DMP*. On comprend qu’il s’est heurté très vite aux incohérences de la politique publique, aux rivalités des structures et au « millefeuille législatif illisible » tant pour les citoyens que pour les professionnels. L’éparpillement des moyens et des initiatives (surtout en région) est dénoncée d’un chapitre à l’autre : la DGS, 25 ARS et 5 agences sanitaires pour les alertes en santé publique ; les Finances + les Affaires sociales –Santé pour l’économie Santé Numérique et la Silver Economie ; la DGOS, les régions, les ARS, la DSS (direction de la Sécurité sociale) pour la télémédecine, 300 structures de HAD, etc.
Que faire ? Sachant que l’interventionnisme de l’Etat (il est pourtant nécessaire de réguler un système conçu avec un idéal de solidarité et d’égalité) convient mal au numérique qui se nourrit d’innovation et d’agilité. Les leviers identifiés se comptent par demi-douzaine à la fin de chaque chapitre. Nombre d’entre eux figurent déjà dans de précédents rapports. Mais c’est vrai qu’il serait plus efficace d’ adopter le NIR comme identifiant pour tous les patients du secteur sanitaire et médico-social, qu’un retour d’information vers les professionnels de santé (ainsi qu’une association économique) les inciteraient à produire des données médicales de qualité , qu’il serait temps de disposer d’annuaires fiables (Jean-Yves Robin égratigne au passage le RPPS) permettant un service public de renseignements fiables…

Sans attendre que la richesse de nos données soit exploitée ailleurs et nos politiques sanitaires dictées par les moteurs de recherche sur le Web…
Santé, l’urgence numérique. Faire de la France un leader de l’e-santé. L’Harmattan, 200 p, 21,50 €

*Quant au DMP, loin de le considérer comme un échec, il rappelle que la CNAM a supprimé son budget de déploiement en juin 2011 alors qu’il était techniquement prêt. Pour des raisons de pragmatisme, Jean-Yves Robin, ne voit comme seule solution, « nouvelle démission de l’Etat », de passer le DMP dans le champ de la CNAM (NDLR c’est ce qui a été décidé pour le DMP2) en espérant qu’elle ne laissera pas orpheline la messagerie MSSanté en cours de déploiement. Les deux projets devraient être, selon lui, impérativement intégrés dans les contrats d’objectifs des établissements de soins et dans le ROSP des médecins libéraux ainsi que dans les politiques régionales de santé.
 



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