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Pour un »tiers payant »independant : les syndicats lancent Paymed et veulent négocier avec les complémentaires

Sept syndicats* dont le SML et la CSMF côté medecins, ont tenu une conférence de presse interprofessionnelle pour présenter le système Paymed, alternative libérale au tiers payant généralisé. L’enjeu est double : apporter d’une part simplicité et sécurité lors de la mise en place du tiers payant au cabinet et obtenir, d’autre part, des complémentaires une convention nationale collective pour garantir l’indépendance des professionnels.

Vent debout contre le tiers payant généralisé obligatoire, les médecins ont finalement obtenu un tiers payant généralisable non obligatoire qui n’a rencontré que peu de succès.
Mais force est de constater que leurs patients sont favorables au 100% santé déjà en cours pour les prothèses dentaires, l’optique et les audioprothèses. De plus en plus d’actes font l’objet d’une prise en charge à 100% de l’Assurance maladie, comme les nouvelles consultations obligatoires de l’enfant. Pragmatiques, les syndicats s’inscrivent désormais dans la démarche, encourageant les professionnels à faciliter l’accès aux soins .

Paymed, simple, sécurisée et indépendante

Testée depuis mai et commercialisée depuis septembre, la solution Paymed, dont les 7 syndicats sont actionnaires s’est constituée autour du savoir-faire technologique de Résopharma, l’organisme concentrateur technique (OCT) qui gère le tiers payant pour quelques 10 000 officines. Il vérifie les droits des assurés pour garantir au pharmacien le remboursement par l’Assurance maladie et les complémentaires.

Au terme de tiers payant, les syndicats préfèrent d’ailleurs celui de dispense d’avance de frais pour le patient mais aussi pour le professionnel.
Paymed, adossé au Crédit Agricole, s’est en effet constitué en établissement bancaire et garantit le paiement au professionnel à J + 6.
Ce dernier envoie un flot unique AMO +AMC. L’abonnement est de 36 à 60 euros/mois en fonction du volume de télétransmissions.
Selon le président de la CSMF, Jean-Paul Ortiz, le tiers payant démarre très lentement, seuls 6,5% des médecins généralistes et 30% des radiologues ont signé avec l’Inter-AMC, le concentrateur gérant le tiers payant des complémentaires (83% de la population couverte).
Pour Paymed, il ne saurait être question d’utiliser le service de vérification des droits développé par l’Inter-AMC ( téléservice Identification des droits des bénéficiaires ou IDB analogue à l’ADRi pour l’AMO) alors que celui de Resopharma évite aux professionnels de contractualiser individuellement avec les AMC. Les syndicats soulignent le risque pour les professionnels de se retrouver dans les réseaux de soins des complémentaires.

Négocier une convention nationale avec les AMC

Paymed est opérationnelle mais pour gagner en simplicité,  la solution doit encore être intégré dans les logiciels métiers. Des partenariats sont en cours avec les principaux logiciels médicaux et Paul Henri Cheminal, directeur général de Paymad se montre confiant.
Il reste enfin la dernière étape, réclamée par les 7 syndicats, celle de l’ouverture de négociations avec les AMC ( l’UNOCAM) pour obtenir une convention nationale. L’interprofession devra peser de tout son poids.

A noter : d’autres solutions comme celle de Sephira baptiseé TipTop utilisent IDB et CLC, calcul en ligne complémentaire  De bonne source, il y aurait environ 300 MG en tiers payant intégral

* CSMF, SML, FSPF, FNI, SDB, FFMKR et UNSAF.



Weda racheté par Vidal

Vidal et Weda annoncent le 25 septembre dans un communiqué commun l’acquisition par Vidal du logiciel de dossiers patients en ligne ce qui va permettre au groupe de "renforcer son offre de services aux médecins"

Verbatim du communiqué :
"WEDA, leader des logiciels de Dossiers Patients en ligne, propose une solution complète qui s’adresse aux professionnels de santé libéraux exerçant individuellement, en cabinets de groupe ou en maisons et centres de santé pluridisciplinaires.
La plateforme WEDA rassemble aujourd’hui plus de 10 000 utilisateurs dont 60 % de médecins. Avec cette acquisition, VIDAL se rapproche d’un acteur d’expérience, qui a montré sa capacité à innover, à comprendre et à répondre aux besoins de professionnels en situation de soins.
En collaboration avec l’équipe WEDA, VIDAL va accélérer le développement de sa prochaine génération de services d’aide à la décision thérapeutique, en particulier autour de la e-prescription.
« Grâce à une intégration fine avec le dossier du patient, nous allons améliorer significativement la performance de nos services d’aide à la prescription, en particulier dans le domaine de la prévention du risque évitable. Ceci bénéficiera à tous les logiciels partenaires utilisant nos services » indique Vincent Bouvier, Président de VIDAL Group. De son côté WEDA va disposer d’une nouvelle capacité d’investissement et d’expertise pour étendre ses solutions, proposer de nouveaux services autour du patient et relever les défis à venir. « VIDAL dispose d’une base de connaissances unique. Nous sommes heureux de rejoindre un groupe historique, complémentaire à notre activité avec un objectif commun d’amélioration des soins et de support à la pratique médicale pour les professionnels".

On comprend bien que pour Vidal, l’arrivée de la e-prescription change encore le contexte d’utilisation de sa base de données sur le médicament. Ce rachat sera-t-il suivi d’autres parmi les logiciels partenaires ? Les plus importants, Axisanté et Hellodoc appartiennent déjà à l’allemand CompuGroup…Et Vidal Group a lui même été racheté en 2016 par la société japonaise M3, leader dans le secteur de l’information médicale et des nouvelles technologies.
Pratique, Buzz Medecin s’est tout de suite enquis auprès de Fabrice Greenbaum, directeur général de Weda, pour savoir si l’heure de la retraite allait sonner… Réponse immédiate de l’intéressé : "Non, je continue avec toute l’équipe de Montpellier pour une nouvelle aventure au service de nos médecins avec les équipes de Vidal"

Voir la fiche de Weda sur BuzzMedecin
 



Sephira : 20 ans au service de la gestion « sans douleur » des FSE

 Sephira, entreprise pionnière de la télétransmission autonome et mobile, leader chez les médecins spécialistes et les sages-femmes avec Intellio, a fêté ses 20 ans en juin. Pour célébrer cet anniversaire ses 26 000 clients, professionnels de santé libéraux se sont vu proposer un jeu concours avec tirage au sort en septembre ! Et pour Buzz Médecin, c’est l’occasion de faire le point sur le présent et l’avenir de la télétransmission et du tiers payant.

Il y a 20 ans, Sephira s’installait au Mans (où se trouve également le GIE SESAM-Vitale) avec l’objectif de simplifier la gestion des FSE par les professionnels de santé
A l’époque, tous les médecins, loin de là, ne s’étaient pas mis à l’informatique et la télétransmission, imposée par les ordonnances de 1996, rencontrait de vives résistances.
C’est dans ce contexte qu’un jeune ingénieur, Daniel Israël conçoit une solution autonome indépendante de l’ordinateur et qui plus est mobile. En utilisant non pas un simple lecteur SESAM-Vitale branché sur l’ordinateur mais un terminal bifente doté d’une batterie, d’un logiciel de télétransmission et de mémoire (pour la cotation des actes), pouvant éditer une facture, à l’image des terminaux bancaires. Il suffit de le placer sur son socle en fin de journée pour télétransmettre les FSE en utilisant la ligne téléphonique (RTC). Sephira se charge alors de tout : pointer les lots de FSE, gérer les retours Noémie, renvoyer les FSE rejetées etc…et garantit le bon fonctionnement du lecteur avec un échange standard.

Le GIE SESAM Vitale n’avait pas prévu ça

Intellio 2001Un an après son lancement en mai 2000, la solution baptisée Intellio a conquis 3000 clients. « Et Intello créa la simplicité » dit sa publicité… Un de ses principaux concurrents « sans ordinateur » propose de télétransmettre avec… un minitel alors très répandu ! Le GIE SESAM Vitale n’avait sûrement pas prévu ces solutions alternatives ! Mais ne peut que se réjouir de voir augmenter le nombre de médecins télétransmetteurs !
Sephira va aussi profiter de l’arrivée d’Internet dans les cabinets (plus de communication téléphonique en sus), des progrès technologiques des terminaux et s’adapter à toutes les nouvelles exigences de la CNAM et du cahier des charges SESAM-Vitale. Dernière en date, la facturation des actes de téléconsultation et de téléexpertise.
Pour les médecins désormais informatisés en masse ( la ROSP va contribuer à vaincre les récalcitrants), Sephira créé web Intellio sur ordinateur et rachète le logiciel de gestion de cabinet Medicawin pour pouvoir proposer un dossier patient à son important parc de clients et l’accès au fameux DMP dont on commence à parler. Le succès est relatif.
Le cœur de métier de Sephira c’est la gestion des flux de télétransmission, comme le souligne Daniel Israël à Buzz Médecin en évoquant le lancement de TipTop, le nouveau service pour le tiers payant obligatoire  « Nous sommes à la fois éditeur et concentrateur et occupons donc une place de choix nous avons la main sur l’émission du flux. Notre expertise, c’est la facturation. Et nous proposons une qualité de services qui n’a rien à voir avec la soumission aux exigences de l’Assurance Maladie". Mettre en avant les avantages du tiers payant en gain de temps et de gestion comme hier ceux de la télétransmission, c’est le nouvel objectif de Sephira.  TipTop interroge les droits du patient (ADRi et IDB  pour les mutuelles) et le paiement du médecin est garanti. «  Cela supprime le rapport à l’argent et évite la rupture de soins »

Demain plus Cloud


Et demain ? Le cloud bien sûr. Sephira a acquis le logiciel web Ubinet pour les paramédicaux et va sortir en septembre à leur intention une application tous supports pour une facturation en mobilité total
. Puis ce sera en décembre, le tour des médecins de se voir proposer un logiciel de facturation en mode cloud tous supports, toutes plates-formes.
« Savez vous que nombre de plates-formes de téléconsultation nous ont consulté pour la facturation ? » indique Daniel Israël pas du tout inquiet par l’arrivée de la e-Carte Vitale, l’appli carte Vitale dont les expérimentations vont commencer. Intellio qui a obtenu la conformité logicielle avec l’appli carte Vitale (sur le smartphone du patient) va y participer. Le patient positionne le smartphone et son application sur le Tag NFC fourni au professionnel et Intellio récupère les informations.
Confiant dans l’avenir, même si beaucoup de médecins clients vont partir à la retraite, le président fondateur de Sephira observe : « On ne s’est pas démodé. Intellio reste plus vendu que web Intellio. Nous offrons toujours une réponse à la télétransmission sans équivalent et une vraie liberté pour les jeunes médecins. L’option tiers payant ajoute à ce côté sécurisant. »

 

En chiffres : Sephira compte une centaine de personnes au Mans et en Israël (recherche développement) et un chiffre d’affaires de 14 millions d’euros . 65 millions de FSE sont émises par ses 26 000 clients professionnels de santé pour un montant de l’ordre de 2 milliards d’euros de prestations facturées.



La HAS publie ses guides de bonnes pratiques pour téléconsultation, téléexpertise et téléimagerie

Animée par la volonté de "favoriser le développement de la télémedecine en confiance",  la Haute Autorité de santé a mis en ligne le 20 juin plusieurs documents à l’usage des professionnels de santé et de leurs patients. Les praticiens y trouveront des fiches pratiques pour leurs patients et des fiches mémos pour la mise en oeuvre de la téléconsultation, de la téléexpertise et de la téléimagerie

Ces fiches et recommandations ont été élaborées à la demande du ministère de la Santé, en s’appuyant sur l’analyse de la littérature et les conclusions de plusieurs groupes de travail.

Pour les professionnels de santé (médecins, chirurgiens dentistes, sages-femmes) amenés à proposer des téléconsultations, un mode d’emploi pour la mise en oeuvre et un guide de bonnes pratiques qui sont autant de mémos avec le rappel des pré-requis, les conseils pour la sécurité, les obligations à respecter en ayant toujours en tête qu’à tout moment le professionnel doit mettre fin à la téléconsultation s’il juge que les bonnes conditions de sont déroulement ne sont pas ou plus réunies.

Pour les patients deux fiches d’information à imprimer ou à diffuserpar  mail : "Ma consultation médicale à distance" est conçu comme un outil de dialogue médecin-patient afin de permettre que le choix de cette modalité soit réellement partagé.

Enfin la HAS met l’accent sur la nécessité de l’évaluation et propose une "Méthode du patient traceur" avec des grilles d’entretien permettant de rechercher les bénéfices pour le patient de la télémedecine.
Précision qui n’était pas forcément claire pour la téléconsultation remboursée (La CNAM avait mis en avant la nécessité que le médecin ait vu le patient dans les six derniers mois)  : la primo-consultation n’est pas un motif d’exclusion mais exige d’être plus longue avec un interrogatoire plus fourni.

Consulter les fiches pratiques téléconsultation et téléexpertise

Consulter le guide pratique téléimagerie

Voir le communiqué de la HAS

 

 



Plate-forme de prise de rendez-vous : faut-il résister à Doctolib ?

Forte d’une récente levée de fond de 150 millions d’euros et de 800 salariés, la désormais « licorne » (start-up valorisée plus d’1 milliard d’euros) française Doctolib semble avaler tout sur son passage (et pas seulement en rachetant son concurrent MonDocteur) et se positionner très fort sur la téléconsultation. Ce qui ne va pas sans inquiéter une partie des acteurs de la e-santé pour des intérêts économiques (lorsqu’ils sont concurrents) mais aussi en evoquant le risque d’une certaine mainmise sur le système de santé français.

A la Paris Healthcare Week, du 22 au 24 mai à la Porte de Versailles le grand stand de Doctolib était à l’image de sa réussite auprès des hôpitaux et cliniques (1700 établissements annoncés). La signature en 2016 d’un partenariat pour 4 ans avec l’AP-HP après appel d’offres, a fait flores. Une 100 centaines d’hôpitaux publics ont suivi dont les CHU de Lille, Nancy, Nantes, Nice, Montpellier, Rouen. Même succès auprès des groupes de cliniques. Ce qui permet aujourd’hui à Doctolib d’afficher 80 000 professionnels dont 60% de médecins.

Mais les libéraux sont beaucoup moins nombreux, estime la concurrence aux aguets pour séduire les cabinets médicaux.  Partenariat, idée marketing inédite, prix à la baisse.. tout est bon pour resister et se différencier.
ClicRDV et KelDoc n’ont pas réussi chacun séparément à s’imposer sur le marché de la prise des rendez-vous médicaux? A l’occasion de la PHW, ils ont annoncé qu’ils s’unissaient. Solocal, 3e acteur du marketing digital en France(pages jaunes) et KelDoc, spécialiste, au sein de NEHS, de la prise de rendez-vous santé en ligne, ont signé un partenariat stratégique pour faire profiter les clients KelDoc de l’audience de Pages Jaunes (21 millions pages vues /mois) sur la recherche locale de professionnels de santé et d’établissements . NEHS, la nouvelle entreprise humaine en santé est, rappelons-le, le nouveau nom du groupe constitué ces dernières années par la mutuelle hospitalière MNH autour de l’assurance, de la banque, du digital, des médias et des services industriels. Il s’agit de mettre toutes les forces dans la bataille.
Pour contrer Doctolib qui reste un service assez coûteux (129 euros/mois), la concurrence est souvent 50% moins cher.
118218 propose aux médecins des zones de déserts médicaux un an de service gratuit sur dispo.fr.
Les éditeurs de logiciels métier ont, suivant leur taille, soit intégré Doctolib dans leurs offres, soit développé leur propre solution
C’est le cas de Docavenue sur lequel Cegedim met actuellement le paquet en mode start-up avec un important recrutement de commerciaux chargés d’étendre la téléconsultation. Et ça marche : 600 médecins en téléconsultation sur DocAvenue. Autant que chez Doctolib.
C’est aussi le cas de Clickdoc lancé par CompuGroup Medical (CGM) en France et bientôt en Allemagne (où Doctolib est également présent).
Ces plates-formes sont synchronisés avec les logiciels métier maison.
CGM qui annonce 40 000 professionnels de santé clients estime, par exemple, pouvoir rejoindre Doctolib en nombre de libéraux. Pour donner de la notoriété à Clickdoc, CGM va communiquer vers le grand public avec un service gratuit : « on appelle pour vous ». Si vous n’avez pas joint de médecin, le télésecrétariat de CGM à Soulac l’appelle et vous envoie un SMS pour vous confirmer le rendez-vous.

Et qu’en pensent les médecins ?

Passés quelques agacements de voir les naturopathes les côtoyer sur Doctolib, les praticiens jugent le service simple et efficace et se sont fait à l’idée qu’il faut être visible sur Internet. Plusieurs articles ( Le Point du 29 octobre 2018,  Alternatives économiques du 14 avril, La Croix du 14 mai, et France Inter (secret d’infos" de France Inter du 18 mai :"Doctolib : success story ou danger pour le monde de la santé ?) se sont cependant fait l’écho de quelques craintes. Uberisation de la santé, risque de stockage des données médicales, préférence donnée aux médecins Doctolib en raison de la fréquentation de la plate-forme (35 millions de visites par mois).
Si Doctolib n’a pas accès aux données de santé transitant sur ses serveurs, il conserve les motifs de rendez-vous (que le CNOM voudrait lui voir effacer) et par le nombre de  rendez-vous traités, se trouve à même de se faire une bonne idée sur les parcours de soins. Et de participer à une nouvelle structuration de l’offre…
Dans son dernier UG Zapping du 20 mai, le Dr Claude Bronner résume ainsi la situation : « Service de qualité, mais également dangers divers. Certains syndicats médicaux soutiennent fortement Doctolib. Est-ce bien leur rôle ? Pour être pratique : si vous avez besoin de patients, utilisez Doctolib car c’est un bon moyen de recrutement de patients. Mais pour votre pratique habituelle avec votre patientèle, choisissez une autre solution pour que nous ne nous retrouvions pas en état de dépendance un jour. L’URPS AURA propose par exemple la solution Medunion ) (cliquer en haut à droite "je suis professionnel"). Ce service restera aux mains des médecins et plus vous serez nombreux à vous inscrire, plus il évoluera vite ! »

Autre inquiétude : l’entrée en scène du fond d’investissement américain General Atlantic lors de la dernière levée de fonds. Ajouté au capital-risque américain Accel, actionnaire historique de Doctolib avec BpiFrance, et les français Eurazeo et Kernel, la présence des investisseurs étrangers se trouve renforcée.



Dispo.fr, l’agenda de RV en ligne de 118 218 gratuit pour les médecins dans les déserts médicaux

dispoArrivant parmi les derniers sur le marché des plates-formes de RV en ligne, 118 218 a choisi de se différencier en proposant son service gratuitement, pendant un an, aux médecins installés dans des déserts médicaux.

Ils ont toujours leur bandeau et leur short rouge d’adeptes de la gym tonic mais ils ont revêtu T-shirt adapté et blouse blanche. Après deux ans de réflexion et de tests, 118 218 vient d’ouvrir dispo.fr, sa plate-forme de prise de RV medicaux en ligne. 20% des demandes reçues par ce leader français des services de renseignements téléphoniques concernent en effet la recherche d’un médecin.

Le rendez-vous en ligne encore peu répandu en milieu rural

Très présent dans les grandes villes (62 % des patients et 66% des médecins utilisent les plates-formes de RDV en ligne selon une étude IFOP réalisée pour l’URPS médecins Ile de France à Paris), le service de rendez vous médicaux en ligne l’est beaucoup moins en zones rurales ( 9%). C’est donc ce terrain que dispo.fr a choisi de cibler en priorité avec une offre gratuite pendant un an pour ses praticiens. Si donc, vous êtes médecin dans un désert médical (33 départements concernés selon la cartographie médicale dressée par l’Ordre nationale des médecins), vous pourrez bénéficier d’un abonnement gratuit d’un an, limité à 3 mois gratuits pour les praticiens du reste de la France.

L’agenda offre toutes les fonctionnalités des autres plates-formes et se distingue selon ses concepteurs par sa simplicité et une formation de 40 minutes offerte. Hebergement sur serveur securisé HADS
Spécialisé dans la mise en relation, 118-218 a passé des partenariats avec CallMed pour un secrétariat téléphonique de qualité (chaque médecin et ses patients ont « leur » secrétaire) et Medaviz pour proposer sa nouvelle offre téléconsultation qui sera également gratuite dans les déserts médicaux.
Objectif : avoir séduit 2000 clients professionnels de santé d’ici fin 2019

Dispo.fr, 29,90 €/mois sans engagement, 3 mois offerts et un an dans les déserts médicaux
CallMed, optionnel, forfait ajustable de 275 à 475 €/mois
www.medaviz.io



Comment la téléconsultation veut transformer le système de santé

Importantes levées de fond, déploiement d’équipes commerciales sur le terrain, encouragement des CPAM, plusieurs forces concourent au développement de la téléconsultation en France en nette accélération depuis la mi-février (plus de 700 TC remboursées/semaine selon la CNAM). Pour quels changements dans la pratique médicale? Buzz Médecin a essayé de dégager quelques points clés.

L’annonce le 20 mars par Doctolib d’une levée de fond de 150 millions d’euros a entraîné un important déferlement médiatique. Tant dans les milieux économiques (aujourd’hui valorisée plus d’1 milliard d’euros, Doctolib est devenue une licorne, c’est-à-dire une start-up qui réussit) que dans ceux de la e-santé qui annoncent déjà la transformation du système de santé.

Les acteurs se renforcent

TC URPS 1TC URPS 2En toile de fond, la bataille est engagée pour « prendre des parts » de ces nouveaux marchés. Les plus gros éditeurs de logiciels, forts de leurs parcs de médecins clients, veulent percer avec des initiatives comme Docavenue (Cegedim) ou ClickDoc (CompuGroup) reposant sur leur plate-forme de RV en ligne.
La prise de rendez-vous à distance a constitué une étape de cette (r)évolution dans les cabinets et de plus en plus dans les hôpitaux. Pour la plus grande satisfaction des patients comme le révèlent les enquêtes.
Les assureurs sont de la partie. Ils ont noué des partenariats avec des plates-formes depuis déjà quelques années quand ils ne les ont pas financées eux-mêmes comme le groupe Axa avec Qare ou le groupe d’assurances santé VYV dont avecmondoc est devenu la filiale à 100%
Le pionnier du téléconseil et de la téléconsultation, MedecinDirect vient de rejoindre le groupe international Teladoc Health (siège à Barcelone), l’un des leaders mondiaux de prestations de santé virtuelles présent dans 130 pays.
De nouveaux acteurs comme la start- sup suédoise Kry et sa plate-forme Livi qui a déjà fait ses preuves dans d’autres pays d’Europe, s’installent en France avec de gros moyens.
Plus modestement, les starts up- françaises dédiées à la téléconsultation se montrent inventives et lèvent des fonds (Hellocare a obtenu 2 millions d’euros supplémentaires pour le développement d’Hellocare Connect) dans l’optique de trouver leur place…Quitte à se faire racheter quand les plus gros feront leur marché

Centres de santé et cliniques virtuels

Certes, les médecins généralistes ou spécialistes qui vont s’abonner à ces services, voient sans doute d’abord l’intérêt de programmer des téléconsultations avec leurs patients pour le suivi plutôt que de les faire se redéplacer ou de répondre au téléphone sans compensation financière.
Mais les plates-formes voient plus loin.
Pour celles qui pratiquaient déjà des téléconsultation prises en charges par des mutuelles et assureurs, la publicité assurée par le gouvernement autour du remboursement de la TC constitue une aubaine. Le grand public, hier encore peu familier de cette forme d’exercice de la médecine, l’a découverte à travers de nombreux reportages. Les appréhensions tombent.
Les plates-formes disposant d’un contingent de médecins partenaires assurant une disponibilité 7/7 sinon 24/24 se considèrent comme des centres de santé virtuels, acceptant des patients qui n’ont pas de médecins traitants ou des MT indisponibles ou ayant besoin de consulter rapidement un spécialiste.
La présence de Livi aux journées des Maisons et pôles de santé à Dijon fin mars ne tient pas tant à la nécessité de recruter de nouveaux médecins pour sa plate-forme que de se faire connaitre en tant qu’acteur de santé public.
A l’heure où les médecins ont souvent bien du mal à se faire remplacer pourquoi ne pas renvoyer leurs patients vers un centre de santé virtuel…où des médecins formés pourront prendre en charge tout ce qui relève de la téléconsultation. C’est-à-dire la plus grosse partie de la demande médicale.
Parallèlement, on assiste à la naissance de cliniques ou cabinet de consultations médicales à distance avec présence d’une infirmière (non encore prise en charge) et de dispositifs médicaux connectés, ce qui élargit le périmètre de la téléconsultation.
Cegedim a ouvert un de ces cabinets en juillet 2018 dans le Loiret. La société Hopimedia, qui en a déjà quatre à son actif en milieu rural, préfère parler de clinique de consultations médicales à distance. Et vient d’en installer une au centre-ville de Nancy avec trois postes de téléconsultation. A titre de test, les patients n’auront rien à débourser.

Des services d’intelligence artificielle.

En accumulant les consultations à distance et des diagnostics structurés par la CIM 10, certaines plates formes disposent déjà d’un savoir-faire important en matière de « colloque singulier » par chat interposé.
Médecin direct va ainsi d’ici la fin de l’année proposer aux praticiens un service d’aide au diagnostic sur abonnement. Ce n’est qu’un début. Dans l’exploitation des données.

7939 actes de téléconsultations remboursés depuis six mois

En attendant le volume des TC reste encore modeste. Le dernier bilan livré par la CNAMTS fait état de 7939 TC remboursées au 7 mars 2019. Mais l’assurance maladie note une tendance à l’accélération puisqu’on est passé de 200 à 700 TC remboursées par semaine. Ce sont les médecins généralistes qui les pratiquent le plus avec 40,2% des actes facturés, suivis par les autres spécialistes (32,2%). Les centres de santé ont généré près d’un cinquième des actes facturés (19,9%) et les établissements de santé le restant (7,7%) en les facturant dans le cadre de consultations externes.

 



Téléconsultation et téléexpertise : les médecins en première ligne

Le LAB’URPS de l’URPS Médecins Ile de France, toujours en pointe sur les nouveautés technologiques a organisé le 14 février une demi-journée de colloque sur « la pratique de la télémédecine en libéral ».

Lydie Canipel, secrétaire générale de la Société Française de Télémédecine (SFT) a detaillé le cadre fixé par l’Assurance Maladie pour les nouveaux actes TC (téléconsultation) et TE (téléexpertise) qui viennent s’ajouter depuis peu aux prises en charge déjà existantes pour la Télésurveillance en équipe de certaines pathologies ainsi que pour la téléassistance. Elle a rappelé quelques grands principes pratiques, avant de se lancer, comme le fait de bénéficier d’un bon réseau, de prévenir son assureur et d’obtenir de son patient qu’il se trouve dans un lieu confidentiel. Une petite documentation pour le patient ne sera pas inutile. L’éligibilité du patient relève de la responsabilité du médecin, qui doit refuser un TC lorsqu’un examen physique est obligatoire et ne doit pas hésiter à l’interrompre, si un besoin présentiel se fait sentir. La HAS s’apprête à sortir un guide complet.
Lydie Canipel a insisté sur la nécessité d’une formation* pour les asêcts législatifs et techniques, mais aussi pour apprendre à s’assurer de la compréhension du patient et, si besoin, à améliorer son écoute. Le médecin s’apercevra très vite que l’on voit mieux les détails à l’écran (on peut zoomer) et que les conditions d’écoute sont meilleures. « Les freins sont dans nos têtes ».

ça va faire bouger les pratiques

Les témoignages de plusieurs médecins qui ont déjà fait des téléconsultations sont plutôt convaincants en termes de gain de temps et de satisfaction des patients. Quand il est difficile de trouver un médecin qui viendra en visite, cela évite les urgences.
« L’examen clinique manque, c’est une limite, souligne le Dr Adrien Naegelen, MG remplaçant à Paris 11ème, mais d’autres informations passent par la vue et le langage ».
Le Dr Julien Carricaburu, de la DDGOS, a clos ce petit colloque par l’histoire de l’avenant 6, suscitant des réactions indignées dans la salle à l’énoncé du montant de la téléexpertise entre médecins qui débute à 12 € !
De toute façon l’accord est évolutif et déjà « ça va faire bouger les pratiques ».

Les quelques 200 participants n’avaient plus qu’à se rendre dans les différents stands des plates-formes de téléconsultation présentes : Consulib, docavenue, doctoconsult, Doctolib, idomed, medvu.fr, Avecmondoc, Safesanté, Psylib
Buzz Médecin ne les a même pas encore toutes rencontrées…

*Ça tombe bien, la SFT en partenariat avec Formatic Santé  organise des formations les 19-20 mars et 16 avril prochains
Renseignements sur https://www.sf-telemed.org



Alliance de 3 start-up pour le parcours de soins en cancérologie

 A l’occasion des Rencontres Françaises de la Cancérologie 2018 du 27 au 28 novembre à Paris, Cureety, Doctoconsult et libheros, trois startups complémentaires de l’écosystème eSanté ont annoncé leur alliance pour faciliter le parcours de soins en cancérologie pour le patient mais aussi pour ses proches.

Les solutions développées par ces trois startups sont inter-opérées pour proposer une expertise de pointe gratuite à chaque étape du parcours de soins en oncologie pour le patient,
A partir de la plateforme de Cureety, se trouvent accessibles tous les services connexes de prise en charge des patients atteints de cancer (lien quotidien avec l’hôpital, prise de rendez-vous avec une infirmière à domicile, téléconsultation avec un oncologue). 
Le business model de Cureety repose sur la collecte des données de vie réelles anonymisées qui permettent de réaliser des études en vie réelle complémentaires des études cliniques.  D’où une gratuité totale y compris pour les établissements de soins. Cureety a développé une solution “Digital Therapeutics” qui aide les médecins à optimiser le parcours de soins des patients atteints de cancer. Cette application gratuite de suivi médical à distance s’intègre dans le quotidien des patients et des établissements de santé et permet un suivi affiné des effets secondaires liés aux traitements antitumoraux. Grâce à une classification des patients par ordre de sévérité de leur état de santé, les équipes médicales concentrent leurs efforts sur les patients en ayant le plus besoin, et modulent leurs traitements pro-activement, ce qui permet de limiter les hospitalisations d’urgence.
Précurseur de télémédecine libérale spécialisé dans les consultations médicales en psychiatrie, pédopsychiatrie, addictologie et nutrition, Doctoconsult a été créé par la psychiatre Fanny Jacq, et a été lauréat d’un concours organisé par l’AFSOS pour le lancement de son service de soins oncologiques de support. La pratique de la télémédecine étant désormais ouverte au remboursement par la Sécurité sociale ,le service est aujourd’hui ouvert à tous les médecins libéraux. Doctoconsult vient de lever 2 millions d’euros pour developper des outils de thérapie numérique.
Quant à libheros, c’est le spécialiste de la prise de rendez-vous pour les soins infirmiers et la commande en ligne de matériel médical utile aux soins. Pour les établissements de santé, le service payant « libheros coordinateur » permet d’organiser et de coordonner le retour à domicile du patient en sortie d’hôpital.

Cette approche d’un service gratuit pour les établissements et reposant sur une alliance a suscité l’intérêt d’une trentaine d’établissements publics et de trois groupements de cliniques privées.A suivre.

Trois start up pour l'oncologie



Un guide du CNOM pour soigner sa e-réputation

Fiche professionnelle sur des sites inconnus de vous, avis d’internautes sur vos « prestations médicales », le vaste web recèle toutes sortes d’informations sur vous, médecins, sans que vous en soyez toujours avertis. Le Conseil national de l’Ordre des médecins vient de sortir un guide à télécharger pour vous aider à préserver votre image numérique. 30 pages de conseils judicieux mais aussi juridiques.

Pour maitriser sa e-réputation, la première chose à faire est de mettre en place une veille en tapant son nom une fois par mois dans les moteurs de recherche et réseaux sociaux (ne pas hésitez à créer un compte pour être en mesure de répondre). Si vous constatez quelque chose de déplaisant, commencez par prendre une copie d’écran, qui vous servira de « preuve » (il faudra néanmoins un constat d’huissier lorsque l’affaire est porté devant les tribunaux).

Deuxième principe : être réactif
Lorsqu’il s’agit d’un patient mécontent, répondre de façon « empathique » . Rien ne sert de polémiquer. Vous trouverez dans le guide des réponses types adaptées à différentes situations. Il ne faut pas non plus en profiter pour "faire sa pub" et se rappeler qu’ « une réaction inappropriée ou trop tardive peut s’avérer plus préjudiciable qu’une absence de réaction ».
Pour les fiches professionnelles, qui sont souvent recopiées par les sites à partir des annuaires publics du CNOM et d’ameli.fr, il est toujours possible de demander un déréférencement ou des corrections. Le guide vous explique comment faire.

Pour les avis d’internautes, même si l’on peut déplorer l’installation d’un certain consumérisme médical, la liberté d’expression et d’opinion est un droit. Mais les plates-formes ont aussi des obligations à connaître.
Seuls les abus peuvent faire l’objet de sanction. Les spécialistes de l’Ordre vous aident à distinguer l’injure, la diffamation et l’incitation à la discrimination, à la haine ou à la violence (qui sont punis par la loi) du dénigrement et de l’atteinte à la vie privée. C’est une première approche, car si vous devez vous lancer dans une procédure, il vous faudra un avocat.
Enfin, le guide vous conseille de contacter votre assurance (certaines assurances ont des garanties e-réputation) et vous rappelle que l’Ordre pourra intervenir à vos côtés dès lors que les faits portent préjudice à l’ensemble de la profession ou contiennent des menaces violentes en raison de l’appartenance à la profession.

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