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Un guide du CNOM pour soigner sa e-réputation

Fiche professionnelle sur des sites inconnus de vous, avis d’internautes sur vos « prestations médicales », le vaste web recèle toutes sortes d’informations sur vous, médecins, sans que vous en soyez toujours avertis. Le Conseil national de l’Ordre des médecins vient de sortir un guide à télécharger pour vous aider à préserver votre image numérique. 30 pages de conseils judicieux mais aussi juridiques.

Pour maitriser sa e-réputation, la première chose à faire est de mettre en place une veille en tapant son nom une fois par mois dans les moteurs de recherche et réseaux sociaux (ne pas hésitez à créer un compte pour être en mesure de répondre). Si vous constatez quelque chose de déplaisant, commencez par prendre une copie d’écran, qui vous servira de « preuve » (il faudra néanmoins un constat d’huissier lorsque l’affaire est porté devant les tribunaux).

Deuxième principe : être réactif
Lorsqu’il s’agit d’un patient mécontent, répondre de façon « empathique » . Rien ne sert de polémiquer. Vous trouverez dans le guide des réponses types adaptées à différentes situations. Il ne faut pas non plus en profiter pour "faire sa pub" et se rappeler qu’ « une réaction inappropriée ou trop tardive peut s’avérer plus préjudiciable qu’une absence de réaction ».
Pour les fiches professionnelles, qui sont souvent recopiées par les sites à partir des annuaires publics du CNOM et d’ameli.fr, il est toujours possible de demander un déréférencement ou des corrections. Le guide vous explique comment faire.

Pour les avis d’internautes, même si l’on peut déplorer l’installation d’un certain consumérisme médical, la liberté d’expression et d’opinion est un droit. Mais les plates-formes ont aussi des obligations à connaître.
Seuls les abus peuvent faire l’objet de sanction. Les spécialistes de l’Ordre vous aident à distinguer l’injure, la diffamation et l’incitation à la discrimination, à la haine ou à la violence (qui sont punis par la loi) du dénigrement et de l’atteinte à la vie privée. C’est une première approche, car si vous devez vous lancer dans une procédure, il vous faudra un avocat.
Enfin, le guide vous conseille de contacter votre assurance (certaines assurances ont des garanties e-réputation) et vous rappelle que l’Ordre pourra intervenir à vos côtés dès lors que les faits portent préjudice à l’ensemble de la profession ou contiennent des menaces violentes en raison de l’appartenance à la profession.

cnom_guide_pratique_e-reputation

Accédez aux tutoriaux interactifs



Coup d’envoi de la téléconsultation remboursée

Depuis le 15 septembre les téléconsultations sont prises en charge par l’assurance maladie et les mutuelles, au même tarif que les consultations au cabinet (avec de nouveaux codes) mais sous certaines conditions. Mais c’est plutôt à partir de janvier que des solutions pratiques destinées aux médecins vont arriver sur le marché. Elles sont actuellement utilisées par des betatesteurs.
A noter le déploiement de la télé-experise (TLE) interviendra en 2019

Le site Ameli a mis en ligne à l’intention des médecins un très bon résumé des conditions requises
Le patron de l’Assurance Maladie, Nicolas Revel, a précisé dès le 16 septembre en clôturant l’université d’été de la CSMF :
« la téléconsultation, c’est entre un patient et un médecin qui se connaissent et se voient régulièrement, sinon, c’est de la mauvaise médecine ».
Toutes les consultations à distance n’ont donc pas vocation à être remboursées et le conseil au téléphone n’est pas une téléconsultation qui exige de la vidéo.

Les conditions du remboursement

- Ecarter les cas nécessitant une présence physique du patient. Un questionnaire en ligne peut y aider. Sont ainsi exclus les consultations complexes ou très complexes ainsi que les consultations spécifiques au cabinet par un spécialiste en pathologie cardio vasculaire ou en cardiologie et médecine des affections vasculaires.

- La téléconsultation s’inscrit dans le cadre du parcours de soins. Il faut donc s’assurer que les patients se tournent d’abord vers leur médecin traitant, ou au moins un professionnel qui les aura vus physiquement dans les 12 derniers mois. Les téléconsultations doivent se faire en alternance avec la consultation en présentiel.
L’exception à cette règle du médecin traitant relève du cadre de l’organisation territoriale coordonnée de proximité

- L’obligation pour le médecin de disposer d’une liaison vidéo sécurisée (Skype n’est pas vraiment recommandé !), d’envoyer certains documents, de conserver des traces de la téléconsultation (trace du consentement du patient par exemple), d’établir un rapport pour le médecin traitant lorsqu’il ne l’est pas, rend nécessaire l’utilisation d’une plate-forme bénéficiant d’un hébergement sécurisé des données produites (hébergeur HDS). 

Rappelons que l’acte de téléconsultation est facturé 25 € avec le code TCG pour les généralistes en secteur 1 ou en secteur 2 adhérant aux dispositifs de pratique tarifaire maïtrisée.
Pour les autres spécialités médicales, le médecin téléconsultant facture l’acte avec le code TC relatif aux professionnels pratiquant des dépassement et une tarification comprise entre 23 et 58,50 € selon la spécialité concernée.
Le médecin qui assiste le patient lors d’une téléconsultation peut lui aussi facturer une consultation dans les conditions habituelles.
Il n’y a plus d’article spécifique pour la téléconsultation en EHPAD.
 

La facturation : un logiciel agréé pour l’avenant 18 de SV ou un mode dégradé

En situation de télémédecine, le médecin ne dispose pas de la Carte Vitale du patient.
Le GIE SESAM Vitale a donc élaboré pour la télémédecine dès 2017, l’avenant 18 au cahier des charges qui prévoit le recours au mode de sécurisation "SESAM sans Vitale", qui, comme son nom l’indique, permet de travailler en l’absence de la carte Vitale d’un patient, physiquement non présent auprès du praticien.
Dans ce cas l’utilisation du téléservice ADRi est donc fortement conseillée, car cela permet techniquement de pallier cette absence de carte.
Les logiciels de télétransmission sont donc en train de passer au CNDA pour l’agrément avenant 18.
Le premier à l’avoir obtenu est Pyxvital, qui équipe en marque blanche de nombreux logiciels de gestion de cabinet . CGM eVitale est également agréé.
Autre solution : lorsque le médecin connaît son patient, il peut aussi produire une FSE en mode dégradée, comme il le fait en cas d’oubli de sa carte par le patient.
Dans un second temps, la dématérialisation de la Carte Vitale offrira d’autres possibilités.

L’aide forfaitaire

Une aide à l’équipement des médecins sera effective à compter de 2019 (paiment 2020) via deux nouveaux indicateurs dans le volet 2 du forfait structure:
- 50 points (350 €) pour s’équiper en video transmission, mettre à jour les équipements informatiques et s’abonner à des plateformes de télémédecine
- 25 points (175 €) pour s’équiper en appareils médicaux connectés

Le choix d’une plate-forme

Les offres de solution sont assez nombreuses mais pas encore toutes finalisés. Certaines émanent d’éditeurs de logiciels ou de gestion de la prise de RV en ligne, d’autres de start-up de mises en relation médecins patients.
Buzz Medecin ouvrira bientôt une rubrique à ce sujet.

 Ainsi Docavenue, start-up du groupe Cegedim pour la prise de rendez-vous, a annoncé le 20 septembre le lancement national de sa solution de téléconsultation déjà testée en Espagne et dans la région Centre Val de Loire. La solution proposée par Doc avenue intègre toutes les étapes de la consultation : prise de rendez vous en ligne ou téléconsultation immédiate, vidéo sécurisée, paiement, salle d’attente virtuelle ; accès aux documents patient, transfert sécurisé de l’ordonnance. Cette offre est ouverte à tous mais sera par la suite intégrée aux logiciels de Cegedim tels que MLM ou Crossway, facilitant l’accès pour leurs utilisateurs avec récupération des données dans leurs dossiers.

Le rachat de la société La-Well Systems en avril 2018 a permis à CompuGroup Medical de développer une solution de télémédecine adaptée au marché français, CGM ELVI. Ce service de téléconsultation, intégré aux logiciels AxiSanté et Hellodoc, va utiliser la solution de facturation mobile CGM eVitale, qui a été agréé le 20 septembre par le CNDA pour la téléconsultation (Sesam sans Vitale). La solution est donc complète.

Doctolib, leader de la prise de rendez-vous en ligne, (qui vient de racheter MonDocteur) a présenté, comme un prolongement naturel, l’accès à la téléconsultation pour ses 60 000 professionnels de santé utilisateurs. 500 d’entre eux sont en train de le tester et le service sera disponible au 1er janvier prochain. La téléconsultation ne sera proposée qu’aux patients déjà connus des praticiens et passera par le médecin traitant et si le patient n’en a pas, Doctolib l’orientera vers la structure de soins coordonnés la plus proche.

De leurs côtés, les plates-formes de téléconseil et visioconférences, jusqu’ici payés par les patients, leurs entreprises ou leurs mutuelles sont en train de s’enrichir d’offre de téléconsultations qu’elles espèrent remboursables

Medicitus
Fondée il y a trois ans par un médecin et un manager, cette plate-forme pratique le téléconseil mais coche toutes les cases pour la téléconsultation médicale : prescription sécurisée (stockée sur le serveur securisé par le patient ou le pharmacien), dossier médical personnel partagé et télé chargeable (PDF) avec compte rendu de chaque téléconsultation, hébergement HADS chez IDS, authentification forte par CPS ou O TP (code à usage unique). Medicitus assure la prise de rendez-vous avec un agenda en ligne. Des médecins font actuellement des tests pour vérifier que les téléconsultations sont bien remboursées (Medicitus avait obtenu un agrément ARS). Gratuit jusqu’en décembre pour les médecins qui veulent tester.

Ainsi Medaviz lance Medaviz.io, qui permettra aux médecins d’organiser leurs RV de téléconsultation, de les effectuer par visioconférence, d’envoyer en un clic comptes rendus et ordonnances, de gérer la facturation et le remboursement, d’accéder au réseau de médecin remplaçants Medaviz (de 10 à 40€/mois) .

MesDocteurs, lance AvecMonDoc son offre ouverte au grand public, permettant aux patients de voir l’agenda d’un praticien en fonction de sa spécialité mais aussi de prendre rendez-vous pour une téléconsultation. À la fin de la consultation, il y retrouvera dans son dossier l’ordonnance délivrée par le médecin et pourra la télécharger pour la transmettre à sa CPAM qui le remboursera.

Lancé par la startup Feelae, spécialiste de la téléconsultation médicale par visioconférence, Leah est une nouvelle solution de mise en relation entre patients et praticiens, à distance. Leah est une solution SaaS, qui se synchronise avec le logiciel de gestion de cabinet et le site de prise de rendez-vous habituels du médecin.

Hellocare, vient de dévoiler un cabinet virtuel médical. Celui-ci, qui se présente comme un logiciel en ligne accessible depuis les navigateurs, permettra à terme aux médecins d’offrir à leurs patients une salle d’attente virtuelle avec chatbot et questionnaires préliminaires à la consultation mais aussi un dossier patient permettant le partage des documents dans les deux sens. Grâce à cette nouvelle solution, les médecins de la plateforme ont depuis le 13 septembre accès à une offre « Starter » à 39,90€/mois

MedVu , lancé à l’initiative d’une soixantaine de professionnels, médecins, juristes, pharmaciens ou encore ingénieurs, cette plateforme de télémédecine offre à ses patients un agenda en ligne pour prendre rendez-vous chez un médecin, quelle que soit sa spécialité, pour une consultation cabinet ou pour une visioconsultation. Lors de chaque consultation, le patient pourra envoyer une photo à son médecin de manière totalement sécurisée, avant de recevoir son ordonnance et sa feuille de remboursement dans son espace personnalisé. L’ordonnance peut également être directement envoyée au pharmacien du patient, si celui-ci le notifie.

Lancée en 2017 à Londres pour répondre aux problématiques des expatriés français (barrière de la langue dans un autre pays, notamment), Qare  rassemble à ce jour 120 médecins exerçant en France, formés spécialement pour la pratique de la vidéo consultation. Qare a fait sa publicité  le 16 septembre dans le Journal du Dimanche et l’Ordre des médecins vient de mettre en demeure la société de faire cesser cette campagne, rappelant que la médecine ne s’exerce pas comme un commerce..

Il arrive aussi de nouveaux entrants de l’étranger comme Livi de la start-up suédoise Kry qui a levé 53 millions d’euros pour s’étendre en France et au Royaume Uni.
Et ce n’est pas fini !

Voir le précedent article sur les plates-formes en préparation

(mis à jour le 11 octobre)
 



Diabeloop prix « start-up 2018 » : traitement automatisé pour le diabète de type 1

Diabeloop 1L’entreprise grenobloise Diabeloop a reçu, à l’occasion de la 4ème journée Startup innovantes du DM organisée le 6 juin par le  SNITEM *, le prix du jury « start-up 2018 », assorti d’une dotation de 5000 euros et parrainé par Urgo Médical. Co-fondée par le Dr Charpentier, Diabeloop développe un dispositif pour les diabétiques de type 1 visant à automatiser leur traitement.Diabeloop a également été choisie comme start up de l’année 2018 par le Born Global de la région Auvergne Rhône Alpes

C’est une forte demande des diabétiques : ne plus avoir à se préoccuper de mesurer leur glycémie en se piquant le doigt et de s’injecter une dose d’insuline. Des lecteurs de glycémie en continu utilisant un capteur sont déjà commercialisés depuis peu ; poussée par les associations de patients, l’Assurance maladie commence à prendre des décisions de remboursement tout en limitant leur prescription.
Le Freestyle Libre d’Abbott a été le premier à en bénéficier en juin 2017. Et depuis mars dernier, le Minimed 640 G de Medtronic (le capteur Enlite couplé à la pompe à insuline 640G) fait lui aussi l’objet d’une prise en charge sous certaines conditions.

Le système DBLG1 de Diabeloop est lui aussi composé de trois parties afin de reproduire les fonctions du pancréas, d’où le terme parfois utilisé de pancréas artificiel.

Diabeloop_ALT
Un capteur de glucose envoie par Bluetooth les données à un terminal qui héberge de l’intelligence artificielle afin de déterminer la meilleure dose d’insuline qui sera délivrée par la pompe connectée. Le capteur choisi est celui de la société Dexcom qui avait été apprécié par ses utilisateurs lors de tests effectués par le Diabet Lab de la Fédération des diabétiques. Pour la pompe à insuline, deux modèles des sociétés Cellnovo et ViCentra ont été utilisés lors de l’essai clinique qui a débuté il y a un an et touche à sa fin. L’algorithme prédictif intégré au terminal a été développé par Diabeloop, il permet de déterminer les doses d’insuline optimales pour le patient et de donner l’ordre à la pompe de les injecter automatiquement. Le système maximise les temps passés en normo glycémie et limite les hypo- et hyperglycémies du patient en fournissant des alertes et en les prenant en charge. Pour l’heure, la prise de nourriture et l’activité physique sont déclaratives. A terme, ces données pourraient être automatisées. L’adaptation pour les enfants diabétiques est en cours.

De la recherche à l’entreprise

Diabeloop est issu d’un projet de recherche médicale initié en 2011 par le Dr Guillaume Charpentier, président et fondateur du CERITD (association loi 1901 consacrée à la recherche et au traitement du diabète) qui a mené l’étude clinique Télédiab avec le système Diabeo en collaboration avec Sanofi.
En 2015 le Dr Charpentier et Erik Huneker co-fondent Diabeloop pour développer et commercialiser la solution issue de ces recherches. Un réseau de partenaires participe au projet dont le CEA – Leti et 12 CHU.
Diabeloop compte aujourd’hui 27 personnes pour assurer le développement et la mise sur le marché du dispositif.

Oublier son diabète

Le marquage CE du DBLG1 devrait suivre prochainement. Ce qui permettra sa commercialisation en Europe courant 2019. En attendant, pour la France, un futur remboursement.
Pour les diabétiques et leur famille, ces technologies connectées en rupture avec le système piqûre/bandelettes sont très séduisantes et améliorent leur qualité de vie. Elles permettent d’oublier son diabète (« la machine réfléchit à ma place ») et de délivrer les parents d’enfants diabétiques de la charge mentale d’une surveillance quasi continue.
Quant aux médecins traitants, ils ont accès à toutes les données de leurs patients avec des synthèses. En temps réel, s’ils le souhaitent.
www.diabeloop.fr
*Syndicat National de l’Industrie des Technologies Médicales



Dégel du tiers payant intégral : un nouveau calendrier pour une généralisation progressive 2018-2021

C’est un rapport de l’IGAS remis le 23 avril au ministère de la Santé et à destination du parlement qui a relancé la perspective de la mise en oeuvre du tiers payant généralisable (Assurance obligatoire + complémentaires) avec un nouveau calendrier de déploiement.

En octobre 2017, l’IGAS a rendu, rappelons-le, un premier rapport soulignant les obstacles techniques et psychologiques s’opposant à la généralisation du tiers-payant jugée « irréaliste » à la date du 30 novembre fixée par le précédent. Ce qui a conduit la ministre Agnès Buzyn à reporter le processus. Mais pas à l’abandonner puisqu’elle a confié à l’IGAS en décembre un nouveau rapport sur les conditions de sa mise en œuvre.
Premier constat des rapporteurs, le tiers payant progresse, notamment dans les pharmacies mais reste limité à 28% des consultations et actes médicaux. Hors cas d’obligation légale (CMUC, ALD, accidents du travail, maternité) où il atteint 85%.
Ce qui a pêché jusqu’ici, ce sont les retards techniques. Le ministère se veut rassurant :
- les outils développés par l’Assurance maladie obligatoire sont disponibles et en cours de diffusion (téléservice d’accès aux droits intégré ADRi, permettant de vérifier les droits à jour du patient). Ouvert en 2016, le téléservice ADRi équipe 157 000 PS (au 1er mars) et a reçu au mois de janvier 4,7 millions d’appels en ligne.
- les outils des complémentaires (téléservice de droits complémentaires et de calculs IDB-CLC) sont en partie disponible et en cours de développement. Ils doivent couvrir 75% des assurés dès mi-2018 et la quasi totalité en septembre 2019.
De leur coté, les représentants des éditeurs de logiciels via la FEIMA (Fédération des éditeurs d’informatique médicale ambulatoire) se sont engagés à intégrer ses outils pour la mi-2019 au plus tard.
Ensuite, précise l’IGAS, « Si l’année 2018 est mobilisée par les développements, test et agréments des premiers éditeurs, l’expérience des évolutions récentes montre qu’il faudra un à deux ans après commercialisation pour que la démonstration d’une pratique simple et fiable du tiers payant convainque progressivement les médecins », il faut viser une montée en charge « prévisible sur quatre ans, de 2018 à 2021 ».
Le ministère a retenu ce calendrier pour un « déploiement effectif du tiers payant intégral sur la base d’outils simples et robustes » à partir de fin 2019.
Quatre activités ou populations ont été identifiées comme prioritaires : tous les actes pris en charge à 100 % par la Sécu (actes de dépistage du cancer) ; ceux réalisés pendant la permanence des soins ; l’activité en centre de santé ; les jeunes et étudiants (18/25 ans). Pour les centres de santé, cela suppose d’ajouter la prise en compte du critère intégration des services ADRi et IDB dans le label ASIP Santé.
Le comité de pilotage du tiers payant va poursuivre ses travaux pour préconiser les modalités de mise en œuvre opérationnelle pour ces publics à la rentrée de septembre. L’IGAS préconisait aussi de poursuivre en 2018 les groupes de travail profession par profession. Le but : assurer une « communication pédagogique » auprès des soignants et des patients, mais aussi « engager à terme une rénovation des bases conventionnelles »

Intégration dans les logiciels en 2018-2019

Les éditeurs attendaient ce nouveau calendrier. Pour certain, il y a une opportunité pour créer un nouveau service à valeur ajouté avec vérification des factures.
Parmi les premiers à monter au créneau, Sephira avec le service TiPToP qui a été présenté en janvier dernier (voir l’article)
Chez Aatlantide, qui gère de nombreux centres de santé, le Tiers payant intégral est déjà opérationnel via le service de gestion Acteur FSE, avec suivi des remboursements et rapprochement bancaires. Les téléservices de vérification des droits ne peuvent qu’améliorer le recouvrement.
Au 1er mars, 41 éditeurs avaient reçu l’autorisation de diffuser ADRi (pour 66 logiciels), dans le cadre du tiers payant pour les patients à 100%. Cette vérification des droits en ligne diminue les risques d’impayés ce qui est apprécié des professionnels devant pratiquer le 1/3 payant.
La FEIMA a toutefois recommandé d’attendre une plus grande couverture des téléservices des complémentaires, dépassant les 75% de la population, avant de se lancer.
Chez CompuGroupMedical (Axisante, Hellodoc), le Tiers Payant intégral c’est dans la « RoadMap (feuille de route) d’ici à la fin de l’année.
Chez Cegedim Logiciel Medicaux (Crossway, Mediclick, MLM), on suivra le calendrier FEIMA.
Il est vrai qu’il n’y a pas encore une forte demande de leurs clients médecins…D’autant que ces services ne seront pas gratuits. Il faudra expliquer qu’ils sont rentables car ils font gagner du temps. Et sont appréciés des patients

Voir la présentation et le rapport



Journées FFMPS à Nantes (2) : quelle télémédecine pour les MSP ?

En cette année 2018, où les pouvoirs publics veulent faire passer les actes de télémédecine dans le droit commun, les maisons de santé pluridisciplinaire ne pouvaient être en reste et la fédération a bine sûr organisé plusieurs ateliers sur le sujet avec la participation du terrain

Où en sont les MSP ? Pour beaucoup d’équipes de soins primaires, participants à l’atelier ", Télémédecine en MSP : ça marche ?", l’expérience de la télémédecine se résume à l’envoi d’images à un spécialiste ce qui correspond à une « téléexpertise ».
Soit en service rendu gratuitement dans le cadre des bonnes relations soit en s’abonnant à des services de société privées qui donne un avis sur un ECG ou une photo suspecte… Une MSP de six médecins témoigne de son expérience en liaison avec deux cabinets de dermatologues, pour la détection des cancers. La maison est equipée d’un appareil photo et d’un dermatoscope installé au niveau de l’accueil pour une utilisation facilitée. Les médecins prennent le cliché, les donnent au secrétariat, l’infirmière remplit la fiche patient et envoie au cabinet distant. « Nous traitons ainsi 200 dossiers par an et chaque année des tumeurs sont détectées ce qui permet au patient d’obtenir un RV rapidement. Nous allons aussi utiliser un smartphone sécurisé par le GCS régional, pour les visites.
D’autres ont participé à des expérimentations et ont été dotés dans ce cadre d’un magnifique matériel avec caméra vidéo et grand écran permettant des téléconsultations …qui se révèle très peu utilisé. « C’est souvent dans l’urgence qu’il nous faudrait un avis or le confrère spécialiste n’est pas toujours disponible, ce qui réduit l’intérêt ».
Des infirmières Azalée participent la télésurveillance de patients en insuffisance cardiaque avec une balance connectée installée au domicile de leurs patients. Plusieurs MSP citent la venue d’orthoptistes pour la détection des rétinopathies
Il résulte au total de ces témoignages contrastés, l’impression générale d’une activité chronophage dont on craint qu’elle ne soit en plus gênée par des problèmes de connexion. Beaucoup reste à faire notamment en matière d’informations concrètes.

Profiter des opportunités pour se lancer

C’est ce à quoi se sont employés les organisateurs de l’atelier qui ont invité les participants à se lancer et à profiter des opportunités
« Il y a des avancées, il faut s’en emparer » soulignant que si les acteurs de soins primaires ne se mobilisaient pas, les mutuelles qui sont déjà en train de mettre la main sur la téléconsultation au profit de leurs adhérents, vont occuper le terrain. Alors que c’est au médecin traitant d’être à la base de l’activité de télémédecine.
La télémédecine en EHPAD avec les généralistes d’une MSP, c’est déjà pris en charge, il suffit qu’ils soient sollicités par le médecin coordinateur. L’équipement se limite à une ligne sécurisée SDSL connectée (2Mega de débit) à la plate-forme eSanté régionale, un ordinateur avec caméra et micro et un grand écran permettant de voir le patient en taille réelle ainsi qu’un logiciel de transmission de recueil de données et de transmission du résultat de l’expertise. Ne pas oublier d’informer son assurance professionnelle et le conseil départemental. Les RV peuvent être pris à l’avance. Le MG reçoit par messagerie sécurisé le document SAED (Situation Antécédents, Evaluation Demande). Il se connecte lorsque le patient est prêt avec l’IDE à ses côtés. L’EPHAD est équipé comme la MSP avec en outre des dispositifs connectés comme un stéthoscope et un ECG.
Pour la télésurveillance des maladies chroniques, les six cahiers des charges du programme ETAPES qui assurent jusqu’à 28 000 euros de financement sont sortis.
Concrètement, les équipes de soins primaires ne peuvent se lancer que dans la télésurveillance des diabétiques et les infirmières Azalée être en vigilance pour certains malades chroniques.
Signe de cette opportunité pour les MSP, était d’ailleurs présent à Nantes, Air Liquide Healthcare et son offre Chronic Care Connect développée pour la prise en charge à distance des patients à risque de complications et ré-hospitalisations dans trois pathologies chroniques dont le diabète mal-équilibré sous insuline.
Tandis que plusieurs éditeurs de logiciels pour MSP commencent à se positionner. « Vous souhaitez vous lancer dans la téléconsultation ? Nos experts sont à votre disposition pour répondre à vos questions » pouvait –on lire sur un dépliant de Cegedim logiciels médicaux. CLM en partenariat avec Healphi propose d’installer des cabinets de téléconsultation tenus par des infirmières avec des médecins distants dans le cadre des financements ETAPES (rémunération de 25€ pour les actes dérogatoires). Une offre qui peut intéresser les CPTS. En attendant d’intégrer la consultation dans les logiciels CLM.
Chez CompuGroup Medical, on laisse juste entendre que l’on dispose déjà d’une partie des briques nécessaires à de telles évolutions avec CGM life & eservices : gestion des RV en ligne et services aux patients



Journée du sommeil du 16 mars : Philips met en avant sa Dream Solution pour l’apnée du sommeil

A l’occasion de la journée du sommeil, il n’est pas inutile de rappeler que 2 millions de personnes en France souffrent d’apnée du sommeil et que seuls 20% des malades sont diagnostiqués et suivis par un système de pression positive continue (PPC).

Ce traitement qui a prouvé son efficacité pour le SAOS (Syndrome d’apnée obstructive du sommeil) est pris en charge par l’Assurance maladie mais il rencontre des difficultés d’observance en raison de sa lourdeur : mauvaise acceptation psychologique de l’appareillage, intolérance au masque, bruit gênant pour le conjoint, intolérance à la pression.

Philips, déjà très implanté dans la PPC, a donc conçu une nouvelle solution qui permet de gommer au maximum ces inconvénients. 
Philips DreamStationGoDream Solution déploie une touche de modernité avec une DreamStation design et connectée, plus silencieuse en fonctionnement, qui se décline également en version nomade. La nouvelle DreamStation Go assure 13h d’autonomie et se glisse dans une pochette.
La gamme de masques DreamWear se veut plus légère à porter avec un contact minimal, assurant plus de liberté et un champ de vision dégagé. Aux modèles « minimal » (sous le nez) et « narinaire » déjà commercialisés vient de s’ajouter une version « nasobucal » (de 149 à 199 euros). L’utilisation du silicone prévient les irritations et traces rouges au réveil. Les premiers retours montrent que 78% des patients considèrent que le masque ne laisse pas de traces.
Pour réduire l’intolérance à la pression, le mode P-Flex permet une respiration et un endormissement plus naturel (la pression est plus faible pendant la phase d’endormissement).
Enfin, c’est l’application DreamMapper, dispositif médical de classe 1, validé cliniquement, qui aide les patients à intégrer ce traitement qui reste contraignant dans leur vie quotidienne. Le patient reçoit un bilan quotidien, accède à un tableau de bord de son traitement PPC qu’il peut partager avec les professionnels de santé via le site Internet.
Philips annonce également l’app Booster Tonic pour améliorer sa santé et optimiser les effets du traitement par la PPC.

La récente étude sur le sommeil réalisée par Philips auprès de 15 000 adultes dans 13 pays et publiée pour la journée du sommeil, montre 52% des répondants souffrent d’un trouble impactant leur sommeil : 25% d’insomnie, 16% de ronflements, 9% de douleurs chroniques, 6% d’apnées du sommeil, 6% de troubles liés au travail de nuit.
Améliorer le sommeil fait donc partie du positionnement de Philips qui a présenté au dernier CES de Las Vegas, SmartSleep, un dispositif connecté pour stimuler le sommeil profond chez les utilisateurs en manque chronique de sommeil.

Pour en savoir plus sur DreamWear

Voir aussi l’article de Buzz Medecin sur la sleep tech



Une charte URPS médecin pour les platesformes de prise de RV médicaux en ligne

Pour aider les confrères dans leur recherche d’une solution, l’URPS médecins libéraux d’Ile de France a présenté le 15 février sa charte de confiance e-RDV qui a déjà été signée par dix plateformes de prise de rendez-vous médicaux.

charte URPSAprès la publication l’an dernier d’une étude détaillée sur une quinzaine de plateformes proposées aux médecins pour assurer la gestion de leur rendez vous sur Internet, avec ou sans l’intervention d’un secrétariat téléphonique couplé, l’Union régionale des professionnels de santé d’ile de France "Médecins libéraux" a voulu établir une liste des bonnes pratiques à respecter. Ce qui a conduit à l’élaboration avec l’aide d’un avocat, d’une charte de confiance.
"Cette charte qui est signée volontairement par les plateformes est gratuite, explique le Dr Luc Refabert, l’un des responsables du Lab URPS, structure de réflexion et de test sur la eSanté et l’informatisation,il s’agit de contribuer à la mise en place d’un contexte de confiance entre les plateformes, les médecins et les patient; les sociétés éditrices s’engagent dans la démarche. C’est une première étape. Comme nous allons actualiser notre étude, nous vérifierons si les plateformes suivent les bonnes pratiques ou sont en train de le faire.  L’an prochain, nous envisageons un  label.".
Les bonnes pratiques touchent à :

- ce qui concerne le code de déontologie médicale comme une présentation du médecin et de ses titres et spécialités conformes aux données du CNOM et facilement réactualisables, l’absence de contenus publicitaires associés à un médecin, l’interdiction de mettre en avant un médecin contre rémunération dans un outil de recherche

- ce qui respecte le secret médical : les motifs de consultation doivent être chiffrés lors de l’envoi au médecin, ne doivent pas être conservés après la date de rendez-vous et ne peuvent faire l’objet de traitement statistiques ou commerciaux;  mesures de protection des données des patients et des données de rendez-vous et consentement préalable des utilisateurs en cas d’utilisation même pour des statistiques sur les pratiques des médecins

-aux aspects pratiques :  ligne téléphonique non surtaxée, transparence des sources de financement de la plate-forme

- la contractualisation et les garanties pour le médecin : durée d’engagement bien précisée, délais de 30 jours pour la résiliation, réversibilité des données pour choisir un autre prestataire, pas d’avis de patients concernant la pratique médicale et l’assurance qu’à la requête médecin n’apparaissent que des médecins inscrits à l’Ordre ,

URPS-medecins-IDF-charte-e-rdv-medicaux-2018

Au 15 février 10 plateformes ont signé la charte :  Alaxione, AlloDocteur, Calendovia, DocAvenue, Doctolib, Docteur rendez-vous, Keldoc, LogicRDV, MadeforMed, Mon Docteur

En cours : 3333 et Pages Jaunes

 

 



Santé connectée : les tendances 2018 (1)

« Le CES, c’est l’effet Wahoo ! » Avec 4000 stands, 300 journalistes et une délégation française de 346 start-up et sociétés (la 2e derrière les Etats-Unis), le Consumer Electronic Show de Las Vegas (9-12 janvier) reste « the place to be » l’endroit où il faut être dès lors que l’on travaille dans la « eTech ». Les Trophées de la Santé connectée remis le 9 février ont confirmé ces tendances 2018 sur le marché français en présence de quelque 600 participants.

Au CES, la Santé connectée, sujet transversale s’il en est, se déploie à différents endroits, comme l’explique Lionel Reichardt, expert du secteur avec son blog et son compte twitter Pharmargeek*.
La marketplace « Health and Wellness », accueille les innovations dans le domaine santé-bien-être, l’Eureka Park concentre 900 start up, dont une cinquantaine dédiée à la e-santé (dont les sociétés e-santé de la French Tech). Enfin le Digital Health Summit a abordé des sujets comme la Digital Therapeutic avec forte personnalisation des soins, la certification des technologies par la FDA, les Brain Technologies. La Poste qui héberge déjà  33 millions de DP (Dossier pharmaceutique) a présenté une sorte de carnet de santé  via l’application "La Poste e-santé" dejà disponible sur les stores. Celle-ci permet de gérer les données personnelles recueillies par les appareils connectés.  Ces données centralisées peuvent être partagées avec les médecins .

Les assistants vocaux , cheval de Troie des GAFA, pour les soins de santé

D’une façon générale, au CES, le nec plus ultra de la technologie trouve des applications dans la santé qu’il s’agisse de l’impression 3D pour les prothèses , des casques et des applications de réalité virtuelle pour la rééducation, la prise en charge de la douleur (casque Kinequantum), la médecine d’urgence et la télémédecine. Ou encore de l’haptique qui donne la sensation du toucher en réalité virtuelle (GoTouchVR). Et permettra demain aux chirurgiens d’enfiler des gants pour sentir « les tissus humains » des opérations « virtuelles ».
On attend aussi la 5G qui en permettant des débits 100 fois plus importants que la 4G tout en consommant peu d’énergie va permettre des interactions avec des solutions IA (Intelligence artificielle). Les visiteurs ont été impressionnés par l’omniprésence de la voix qui couplée avec l’Intelligence artificielle, va jouer un rôle de plus en plus important dans le diagnostic des patients.
A voir ou plutôt à entendre, les animations à base de technologie « Hey Google » ont envahi les couloirs du salon. La compétition est féroce entre Google Home et Amazon Alexa (Echo), assistants pour la maison. Mais nombre de spécialistes estiment que les assistants vocaux sont « un cheval de Troie » pour les soins de santé car demain, ils guideront les patients avec des informations accessibles et intelligibles. Le grand public n’y est pas insensible puisqu’Amazon a vendu à Noël 10 millions d’Echo…

Davantage de médical et de clinique

Autre tendance le développement du médical connecté et l’arrivée de la clinique.
Plusieurs innovations très médicales ont reçu un Award : pour les diabétiques, des chaussettes pour prévenir les ulcères (Siren Diabetics Socks, « best of innovation ») ainsi qu’un dispositif pour détecter une perte de sensibilité des mains ou des pieds (Neurostylus). La start-up française MirambeauAppCare, installée en Gironde a également reçu un prix pour son application Diabilive qui indique au diabétique le taux d’insuline exact à s’injecter en fonction de leur activité, de leur alimentation et de leur glycémie. C’est le médecin traitant qui a préalablement inscrit le protocole de dosage d’insuline dans l’application. Les algorithmes calculent la dose d’insuline. La société girondine a déjà conclu un accord avec iHealth qui fabrique des glucomètres connectés.
Vagizen de Gyno couple un caméra et une application pour surveiller la santé du vagin avec une interprétation intelligente des images cervicales obtenues. Nombre d’applications se réclament de l’Intelligence artificielle.
A noter, une société comme Omron Healthcare, plus habituée des salons de matériel médical que du CES, a présenté une gamme connectée étendue. On connaissait déjà ses balances et ses tensiomètres, voici un tensiomètre intégrant un ECG en cours de validation à la FDA et grande nouveauté, Omron Hearth Guide, une montre qui prend la tension (miniaturisation de la technique classique d’oscillométrie) et pourrait par exemple prévenir les risques d’AVC pendant son sommeil. Bewell Connect était également présent avec MyPeriTens dispositif médical de classe II A qui utilise le principe de la stimulation électrique, principalement pour exercer une stimulation neuromusculaire du périnée, en complément du travail du kinésithérapeute.

Coté hygiène bucco dentaire, Kolibree a mis en avant Magik, sa brosse à dent connectée pour enfant distribuée dans les Apple Store (et bénéficiant d’un partenariat avec Colgate) et récompensé d’un Award dans la catégorie « Sport Fitness Biotech » tandis que Philips présentait sa brosse à dents Sonicar DiamondClean Smart avec une plateforme virtuelle pour les soins bucco dentaires personnels (conseils et partage des données avec son dentiste). La salle de bain connectée a fait sensation avec un miroir connecté, aujourd’hui pour se maquiller mais demain pour analyser votre « mauvaise » mine  (son système d’exploitation ne se nomme -t-il pas Care OS ?). Et dans la chambre à coucher, le Smart Sleep est de rigueur (voir article suivant).

Encore de l’évaluation à prévoir

Lors de la remise des Trophées de la santé connectée, le Dr Guillaume Marchand, co-fondateur de DMD santé qui s’est lancé dans la certification d’applications et d’objets connectés avec le label mHealth Quality (en cours, plusieurs dispositifs de Bewell Connect) estime que « l’aspect geek tend à s’effacer au prix d’une approche clinique », tout en regrettant que « l’évaluation des usages » n’ait pas encore « pris sa place ».
A l’appui de son analyse, on peut citer la récente initiative de l’AP-HP qui met en place DMH (Digital medical hub), une structure piloté par le Pr Marie-Pia d’Ortho pour l’évaluation des objets connectés et leurs applications. La première étude clinique menée concerne 25 patients transplantés pulmonaires suivis à l’aide de trois objets : le thermomètre patch Tucky, le spiromètre SmartOne de Mir et le dispositif d’oxymétrie de pouls de la société israélienne Oxitone.
Autre exemple, pour sélectionner des objets analysant le sommeil, DMD santé a fait appel à Maxime Elbaz, docteur en neurosciences au sein du iSleepLab du Centre du sommeil de l’Hôtel Dieu (AP-HP) : « Il y a un réel besoin de développer des dispositifs médicaux connectés qui puissent être utilisés comme outils médicaux à domicile pour une meilleure prise en charge du patient. C’est ainsi que je vois l’évolution à court terme ».

*Interaction Healthcare a organisé le 31 janvier une conférence sur "les grandes tendances de la e-santé présentées au CES 2018"

(dernière mise à jour le 15 février 2018)



Télémédecine : les cardiologues se lancent dans la télésurveillance par ETAPES

La télésurveillance des patients insuffisants cardiaque chroniques était l’un des thèmes des Journées européennes de la Société française de cardiologie qui se sont tenues au Palais des congrès à Paris du 17 au 20 janvier. Avec un appel pressant aux cardiologues : lancez-vous. Même si la télésurveillance, contrairement à la téléconsultation et la télé-expertise n’entre pas dans le droit commun, deux solutions intégrées sont déjà prêtes à fonctionner dans le cadre du programme ETAPES, avec rémunération à la clé.

Il y a un an déjà, aux JESFC 2017, avec la publication du cahier des charges sur la télésurveillance, le Pr Michel Galinier (Toulouse), promoteur de l’étude OSICAT , proposait à ses confrères de se lancer. Il a réitéré son appel cette année car c’était sans compter avec les lenteurs administratives. Ce n’est qu’en février 2018, après les dernières autorisations CNIL que deux sociétés proposeront des services clés en main permettant aux cardiologues libéraux ou hospitaliers de faire entrer des patients dans un programme de télésurveillance de l’insuffisance cardiaque chronique.
La télésurveillance du programme ETAPES (Expérimentation de télémédecine pour l’amélioration des parcours en santé) n’apporte pas une réponse thérapeutique mais oblige à une prise en charge globale.

Le principe

Le médecin traitant, médecin généraliste ou cardiologue, identifie les patients éligibles à une prescription de télésurveillance :
- patients hospitalisés depuis moins de 30 jours
- patients hospitalisés depuis moins de deux ans et NYHA supérieure à 2 avec un taux de peptides natriurétiques élevé.
Il choisit un service de télésurveillance proposé par un intervenant industriel qui a mis en place une plate-forme et qui le guide dans les démarches administrativesTS cardio (convention entre professionnels, déclaration à l’ARS et au CNOM, identification des patients dans le SNIIRAM).
Le patient donne son consentement, reçoit les objets connectés nécessaires (une balance au minimum pour les insuffisants cardiaques et un tensiomètre avec un boitier de transmission) que l’on vient installer à son domicile et reçoit une formation.
Les critères de surveillance d’alerte sont définis avec le médecin référent. L’objectif principal est de détecter précocement les décompensations pour réduire les risques d’hospitalisation.
Les données envoyées sont lues quotidiennement mais pas en permanence.
Le patient est suivi personnellement par une infirmière qualifiée (au moins un contact téléphonique hebdomadaire) qui assure un accompagnement thérapeutique (non financé actuellement). Dans un établissement, on peut cependant faire appel au forfait d’éducation thérapeutique (250 euros)
Les alertes sont gérées par l’opérateur de la plate-forme (algorithme pour le niveau d’alerte) qui élimine les faux positifs (60% environ, le patient a oublié de prendre un médicament par exemple ou a fait un écart de régime). Le médecin référent reçoit les alertes significatives. Selon le PrGalinier, OSICAT montre (les résultats complet sont en cours d’analyse) qu’il y a trois au quatre « vraies » alertes par an pour un patient. Au médecin d’apporter la bonne réponse et de voir à nouveau le patient si nécessaire.
Si c’est toujours un cardiologue qui surveille, le médecin généraliste est aussi dans la boucle et peut avoir accès aux données de son patient, ce qui lui permet d’avoir une vision globale lorsque celui-ci vient en consultation.

Rémunération : jusqu’à 330 €/an/patient pour le cardiologue

Le cardiologue qui assure le suivi est rémunéré 110 euros/patient et par semestre. Avec une prime annuelle de 110 euros si les objectifs sont atteints ou dépassés (réduction de 20% des hospitalisations).
L’infirmière reçoit 60 €/patient/semestre et le fournisseur de la solution de télémédecine, 300 €/patient/semestre. Avec une prime de 300 € par an pour objectif atteint.

Deux fournisseurs présentaient leurs solutions aux Journées européennes de la SFC
:

- CDM e-Health, filiale d’Air Liquide, avec Chronic Care Connect et son logiciel Nomhad Chronic, issu de l’expérience Cordiva qui a fait ses preuves en Allemagne chez 30 000 patients depuis 2006. La plate-forme a été développée pour la prise en charge non seulement de l’insuffisance cardiaque mais aussi de l’insuffisance respiratoire chronique et du diabète mal équilibré sous insuline.
Contact 09 70 25 44 44 www.chroniccareconnect.com
- Newcard, impulsée par des cardiologues libéraux, propose le service « 1 minute pour mon cœur » davantage destiné aux libéraux. Le patient Newcard collabore avec les structures locales d’accompagnement thérapeutique. Le médecin généraliste et l’IDE sont invités à participer au suivi.
contact@newcard.io, 07 79 44 12 25 www.newcard.fr

Téléconsultation avec les patients en EPHAD

Les cardiologues peuvent être également appelé à réaliser des téléconsultations avec des patients en EPHAD à la demande d’un médecin généraliste. Dans la limite de 3 consultations /an/patient et de 100 patients pour un cardiologue. Ces consultations sont au tarif du CS, soit 28 euros.

Voir l’état d’avancement des mesures en faveur de la télémédecine



TiPToP, la solution de Sephira pour simplifier le tiers payant intégral

 

 

L’éditeur Sephira, fort de 18 ans d’expertise en télétransmission des feuilles de soins, lance TiPToP, une solution qui permet de pratiquer dès aujourd’hui, le tiers payant intégral en toute facilité et sécurité, avec un taux de rejet de 0,2%. Pour déjà un patient sur deux et pour 90% à la fin 2018.

senegou TipToPPuisqu’il n’y a plus d’obligation pour le moment, mais qu’il redevient d’actualité, l’objectif est de le rendre attractif !  L’éditeur Sephira, spécialiste de la facturation avec notamment son système autonome Intellio, estime que le tiers payant intégral (intégrant donc les complémentaires) représente un atout pour les médecins dès lors que la saisie est simplifiée et le paiement garanti.
C’est en effet un service pour les patients qui n’ont plus d’avance de frais à faire et un gain de temps pour les médecins qui n’ont plus de chèques, ni d’espèces à gérer. En outre, « c’est un moyen d’offrir un accès aux soins à tous », souligne Régis Sénégou, directeur général de Sephira, lors de la conférence de presse de présentation de TiPToP. Une enquête de l’observatoire des pratiques médicales mis en place par Sephira auprès d’un panel d’utilisateurs* montre en effet que le tiers payant est d’autant plus déployé que les conditions sociales locales sont compliquées. A noter, 51% des professionnels de santé utilisateurs de solution Sephira pratiquait déjà le tiers payant (1ère et 2e génération) avant le 1er janvier 2017. Leur plus forte motivation : prendre en compte la situation sociale de leurs patients. Cette enquête a également révélé les principaux freins à la non-adoption du tiers payant : le risque de pertes financières trop élevées et la crainte d’un système chronophage, le refus de l’obligation n’étant cité qu’en 3ème position…

Les cinq clés de TiPToP

D’où la solution TiPToP développée par Sephira comme un service qui prend en charge toutes les étapes du tiers payant :
- le conventionnement du professionnel de santé avec les 650 AMC,
- l’utilisation du datamatrix des cartes de mutuelles comme aide à la saisie,
- l’interrogation automatisée des droits du patient ( téléservice ADR de l’Assurance maladie et teléservice IDB, Interrogation des Droits du Bénéficiaire de l’association InterAMC) ,
- un site Internet sécurisé pour le suivi des paiements,
- le traitement des rejets résiduels.
« On se positionne comme un tiers de confiance » insiste Patricia Launay, chargée du marketing. Sephira a même prévu une option + avec garanti de paiement à sephira TiPToPJ+1, où c’est l’entreprise qui fait l’avance…
Pour développer TiPToP, Sephira s’est appuyé sur Intellio AMC, service de tiers payant avec les complémentaires (120 mutuelles) disponible depuis 2012 qui équipe plus de 3000 utilisateurs d’Intellio. Des partenariats ont été noués avec les opérateurs de tiers payant comme Almerys et ViaMedis.
Avec TiPToP qui intègre le nouveau téléservice IDB/CLC (calcul du reste à charge) créé par les complémentaires pour vérifier les droits en ligne, le taux de rejet passe de 4 à 0,2%. Le temps de saisie est de 25 secondes

Accès au tiers payant intégral pour 90% de la population fin 2018

La limite du système est liée à l’engagement technique des AMC. L’association InterAMC a établi des normes. Actuellement, l’interrogation en ligne des droits AMC est disponible pour 30 millions de bénéficiaires, soit la moitié de la population.Et  la plupart des mutuelles et assurances non encore en ligne se sont engagées à faire les développements nécessaires en 2018. D’ici la fin de l’année, 90% de la population devrait donc être en mesure de bénéficier du tiers payant intégral.
Sans attendre les conclusion du rapport sur l’état d’avancement du tiers payant demandé par la ministre Agnès Buzyn, Sephira s’est fait sa politique : « il faut laisser le professionnel de santé choisir ». Et découvrir que tiers payant intégral peut lui faire gagner du temps et de l’argent. Un abonnement rentable malgré un coût qui, de prime abord, peut sembler élevé.
Prochaine étape de l’opération séduction : une solution de tiers payant sur smartphone avec deux lecteurs de carte PCMC..

A noter : Le 21 juin, le CNDA (Centre National de Dépôt et d’Agrément) a délivré la première autorisation IDB CLC sur le périmètre médecin à Sephira pour sa solution Intellio. IDB (Identification des Droits du Bénéficiaire) et CLC (Calcul en Ligne Complémentaire) composent les Téléservices AMC, qui vont permettre la mise en place du Tiers Payant Complémentaire.
 

 

Le coût : TiPToP est facturé 44€TTC/mois sans engagement quelque soit l’activité du professionnel de santé. Mais il faut aussi compter l’abonnement au service de facturation Intellio (32€TTC/mois) et la location du terminal (27 €TTC/mois avec engagement de deux ans pour ce matériel). Soit un total de 103 €TTC/mois. L’option TiPToP + de paiement à J+1 revient à 39€/mois. Ajouter 13€/mois pour le logiciel de gestion de cabinet Medicawin.

A tester sur https://tiptop.sephira.fr/

En savoir plus sur Sephira avec Buzz Medecin

*Réponses d’un panel de 520 PS, médecins à 76,5%, juillet 2017



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