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13,7 millions de PS dans la base OneKey de Cegedim

 

Lors de son 4e « Investor Summit » à Boulogne, le 16 décembre, le groupe Cegedim a mis l’accent sur sa base de données « stratégiques » OneKey qui renferme les profils de 13, 7 millions de professionnels de santé de 73 pays (dont les Etats-Unis et la Chine et plus récemment le Japon). Au service notamment de l’industrie pharmaceutique, pour ses études de marché et comme outils de CRM (la relation client), OneKey compte 200 000 utilisateurs et assure 53% du chiffre d’affaire du groupe (488 Millions d’euros sur 922). OneKey contient également 1,7 millions de dossiers patients (anonymisés) provenant des praticiens informatisés qui font partie de panels sélectionnés. Les laboratoires peuvent, par exemple, rechercher dans la base quels sont les médecins prescripteurs de leurs produits, savoir quelles sont leurs préférences en matière de visite médicale (face à face, visite interactive), etc. Répondant à une question, Esther Van Hulten, l’une des responsables de OneKey a précisé que les médecins pouvaient avoir accès à leurs données et donnent une autorisation pour la gestion et la collecte d’informations les concernant. OneKey suit également -c’est une nouveauté- l’activité des médecins sur la Toile (blogs, tweet, réseaux sociaux, etc..). Pour en savoir plus.

Un agenda en ligne ouvert aux patients début 2014

Cegedim, c’est aussi un leader européen des logiciels médicaux, de la location d’ordinateurs et des bases de données médicales. (31% du CA) : 78 000 pharmaciens et 145 000 médecins et paramédicaux équipés. Le marché est porté par le P4P présents dans plusieurs pays et rebaptisé en France ROSP, a expliqué le Dr Eric Jarousse, vice-président de CHS (Cegedim Healthcare Software), « le médecin devient un des maillons du dispositifs de soins et le pharmacien aussi ». C’est une tendance mondiale avec un patient acteur reconnu du parcours de soin. Face à ces nouveaux besoins, Cegedim s’apprête à lancer en France son portail Patient déjà opérationnel en Espagne. Un des premiers services proposés sera celui de l’agenda en ligne ouvert au patient, synchronisé avec les logiciels CLM. Autre tendance, celle des objets santé connectés (voir la BuzzLetler de novembre) utilisés par le patient en automesure, des mesures qui ne seront utilisables par le médecin que si elles sont analysées et en quelque sorte prédigérées. Avec ses serveurs sécurisés (HADS en France) et ses logiciels métiers, Cegedim s’estime bien placé sur cette nouvelle activité. « Nous avons les fondations solides nécessaires pour gérer ces écosystèmes ».
Dernier maillon de cette chaîne de services du secteur santé, les assurances et les mutuelles. Cegedim les informatise et prend en charge la gestion des flux et tiers payant (16% du CA). Dans ce contexte, la généralisation du tiers payant qui se profile en France est plutôt une bonne nouvelle pour le groupe français dont le métier est en train de changer en profondeur, au rythme des mutations de l’industrie pharmaceutique et de la pratique médicale.

 



La messagerie MSSanté mise sur les hôpitaux

 

L’ASIP Santé mise sur les hôpitaux pour le succès de sa messagerie MSSanté. Dès la fin du mois, 15 établissements volontaires vont commencer à mettre en place MSSanté au sein de leurs services. Dès janvier, l’ASIP Santé enverra un courrier aux 3.000 établissements restant les invitant à découvrir MSSanté et les bénéfices qu’ils peuvent en tirer.

Privée de tête depuis le départ de Jean-Yves Robin le 30 novembre (un recrutement est en cours), une bonne partie de l’Etat-major de l’ASIP a assisté à la présentation à la presse de son action de déploiement de MSSanté dans les établissements. Avec un DMP 2e génération que la ministre Marisol Touraine entend désormais réserver au suivi des pathologies chroniques, le projet prend 5 fois moins d’ampleur (9 millions d’ALD ) et la messagerie sécurisée est devenu « le » dossier important de l’Agence. Jeanne Bossi, secrétaire générale de l’ASIP  Santé, a introduit le sujet, rappelant que l’utilisation d’une messagerie sécurisée pour l’échange des données de santé personnelles était une obligation légale. A suivi une démo de la messagerie dont les spécifications ont été publiées en septembre (voir l’article ) et de son application mobile prévue pour avril (voir la démo ) tout comme l’intégration dans Thunderbird (une « annonce »), puis la présentation de Wladimir Vilter et Claire Lenain, chargés de mission, « redéployés » du déploiement du DMP à celui de MSSanté.

2.500 PS inscrits, courrier à 3000 établissements

Ouverte en juin en bétatest la messagerie MSSanté compte aujourd’hui 2.500 professionnels de santé inscrits et elle en vise 1, 2 millions alors qu’environ 55.000 seraient équipés d’une messagerie sécurisée (20.000 avec les applications régionales et 35 000 avec Apicrypt). Il reste encore beaucoup à faire et pour aller plus vite, l’ASIP Santé compte sur les établissements qui « sont au centre de sa stratégie de déploiement MSSanté ».
« Il y a beaucoup d’attente, estime Wladimir Vilter, après des déplacements dans douze région, mais sans avoir toutefois une idée précise du nombre d’hôpitaux en mesure de dématérialiser des éléments susceptibles d’être envoyés par courriels.
Les 15 établissements volontaires se sont réunis le 6 décembre à l’ASIP Santé : 5 CHU, 6 CH, 1 ESPIC, 2 cliniques, 1 Centre de lutte contre le cancer ) qui vont passer un contrat avec l’agence . Outre des fiches pratiques, l’ASIP Santé leur apporte son soutien pendant la phase de mise au point (les éditeurs des solutions métiers et les serveurs de l’établissement doivent intégrer les API de la messagerie) avec mise à disposition d’une hotline notamment.  Et surtout l’agence les aidera à communiquer sur les services qu’ils pourront apporter via MSSanté à leurs médecins correspondants. C’est en favorisant les usages que les professionnels de santé s’inscriront sur l’espace de confiance et que leurs éditeurs suivront. Le plan d’accompagnement démarre en janvier avec l’envoi d’un courrier aux 3000 établissements restant, accompagné d’un dépliant sur les avantages d’un espace de confiance commun pour toutes les messageries professionnelles.
En 2014, MSSanté va continuer à évoluer pour tous les professionnels de santé avec ses versions mobiles et Thunderbird en avril et le retour d’expérience en mai des 15 établissements pilotes. Des éditeurs de logiciels métiers des libéraux et des autres messagerie rejoindront -ils le mouvement ?
 



Objets santé connectés : le médecin reste la référence

Un Atelier BNP-Paribas sur les objets connectés santé

Aujourd’hui familiarisé avec le patient internaute qui lui montre les pages imprimées qu’il a trouvées sur le Web et n’hésitant plus à aller surfer sur Internet en consultation, le médecin va devoir compter demain avec des patients munis de leurs résultats de mesures de pression artérielle, de poids, de rythme cardiaque, de taux de saturation en oxygène, du nombre de pas par jour, etc.…Des courbes sur des mois de mesure… Intervenant à une table-ronde organisée le 5 décembre dernier par l’Atelier BNP Paribas, le Dr Nicolas Postel-Vinay qui a contribué à faire avancer le concept d’automesure sur le site éponyme, en est convaincu : « Ce sont les patients qui vont faire évoluer et s’adapter les médecins » à l’utilisation des objets santé connectés. Comme cela s’est produit avec Internet.

11% des Français possèdent un appareil de mesure connecté

Une enquête Atelier-IFOP (étude réalisée du 20 au 22 novembre sur un échantillon de 1001 personnes) rendue publique le même jour montre en effet la progression des appareils de mesure connectés dans l’Hexagone : 11% des Français en possèdent un (6% ont une balance, 2% une montre connectée, 2% un tensiomètre). Ils s’en servent à 50% pour surveiller et améliorer leur santé, à 26% comme un coach sportif qui soutient leurs efforts, à 22% pour mieux se connaître. 12% de ceux qui ne sont pas équipés envisagent d’en acheter un et la proportion monte à 25% chez les cadres. A noter, seuls 13% relèvent les mesures quotidiennement et 64% se contentent d’une fois par mois. 25% l’ont peu utilisé et 11% l’ont abandonné. La fiabilité des mesures et la confidentialité des données sont encore un frein. Les 2/ 3 se disent prêts à partager les données recueillies, principalement avec le corps médical. Ce sont les Professionnels de santé qui sont préférés à 63% pour être les acteurs de ce partage de données physiologiques personnelles plutôt que les patients eux (mêmes (42%). Bonne nouvelle « la crédibilité du corps médical n’est pas atteinte »

Les réticences des médecins

Pourtant le médecin, s’il finit par devenir prescripteur de ces nouvelles technologies, s’il doit à terme partager la décision avec le patient, n’est pour le moment pas très attiré par la réception de résultats dont il n’est pas à l’origine. Le Dr Postel-Vinay rappelle que sur le site automesure, 7% seulement des 5000 médecins inscrits voulaient recevoir les mesures. Les freins sont à la fois culturels et structurels. Il n’ya pas de temps médical (et pas de rémunération) pour analyser des données même pertinentes. Ce sera au patient d’apprendre à expliquer rapidement au médecin l’analyse de ses résultats.
Les objets connectés eux-mêmes devront faire la preuve de leur utilité, même si la balance et le tensiomètre sont depuis longtemps des objets médicaux. Certains vont rentrer dans des protocoles C’est le cas de la fourchette connectée HapiFork (voir le test) qui va être testée pour rééduquer la nutrition après une chirurgie bariatrique. La réglementation va devoir évoluer ainsi que les problèmes de responsabilité. La rapidité des évolutions technologiques laisse à penser que les instances officielles auront toujours un train de retard. On rappelle que la FDA américaine s’est penchée sur 100 applications médicales mobiles alors qu’il en existe 90.000 !

 



Connaissez-vous la Silver Economie ?

La Silver Economie a tenu son premier congrès

Silver Economie. Puisque la langue française ne proposait qu’économie grise (pour les cheveux) ou argentée (pour les tempes), on lui a préféré l’anglais pour désigner l’industrie du vieillissement de la population. Le papyboom des babyboomers a commencé et va battre son plein lorsqu’ en 2050 les plus de 65 ans seront 46% par rapport au nombre de travailleurs contre 28% en 2013.
Si l’expression est toute récente (automne 2012), on peut dire qu’elle a fait florès et qu’il n’a fallu que quelques mois au ministère du Redressement productif en collaboration avec celui de la Santé pour s’en emparer et en faire une filière industrielle soutenue par le gouvernement. La Silver Economie a déjà sa Silver Valley (lancée le 1 juillet autour de la pépinière de la (future) plate-forme Charles Foix ou comment rentabiliser les compétences de la gériatrie qui devient un Pôle allongement de la vie) , son syndicat (l’Asipag) avec des entreprises qui portent le logo, son portail (silvereco.fr), son premier congrès qui s’est tenu le 6 décembre dans le cadre du Salon des services à la personne à la Porte de Versailles. La veille, Mme Michèle Delaunay, ministre déléguée chargée des personnes âgées et de l’autonomie (ministère de la santé) s’est vu remettre le rapport du Commissariat général à la stratégie et à la prospective sur « la Silver Economie, une opportunité de croissance pour la France ». Ses propositions sont très diverses : livret argenté réservé aux seniors pour orienter leur épargne vers la croissance, ciblage des 10% de seniors les plus aisés pour faire démarrer la filière avant le passage au marché de masse et au développement de l’offre médicosociale (comprendre : ne pas attendre les prises en charge pour démarrer), standardisation des échanges et dispositif générique, etc.… Le 12 décembre, c’est la signature officielle du contrat de filière Silver Economie entre l’Etat et les entreprises (6 axes 49 actions)

Dispositifs de la vie pratiques et high-tech

Présentes sur les stands, toutes sortes d’offres innovantes ou déjà existantes mais estampillées « acteur de la Silver Eco ». On y trouve aussi bien des dispositifs pour faciliter les soins ou la vie quotidienne que de la haute technologie. Ombistoking pour l’enfilage des bas de compression, Hamac-Senior, des sous vêtements anti-fuite, et Vertigo de MK Santé pour les transferts assis-debout, sont cette année les lauréats de la 10e bourse Charles-Foix. Au sein du Salon des services à la personne, la Maison du Mieux-Vivre regroupait les robots de téléprésence et d’assistance, les tablettes et ordinateurs simplifiés (Ordissimo, EasyPC…), les smartphones pour seniors (voir le test du modèle Doro), les plates-formes de services de téléassistance de plus en plus sophistiquées (BlueLinea notamment), le patch détecteur de chutes Vigi’Fall de Vigilio, les montres connectées, etc. « L’innovation d’excellence au profit des seniors ».
Il faudra bien que les médecins de tous ces seniors connecté soient aussi intégrés à ces nouveaux écosystèmes. Leur place reste encore à définir.
En attendant Buzz medecin les informera pour qu’ils puissent informer à leur tour leurs patients et leur famille.

 



Télémédecine (ANTEL 2013) : les libéraux s’y mettent

Le 6e congrès européen de l’Association nationale de télémédecine (ANTEL) s’est penché les 15 et 16 novembre sur la place de la télémédecine dans le parcours de soins. Mettant ainsi en lumière l’implication croissante des médecins ville, sans attendre les financements de l’acte de télémédecine qui vont faire l’objet d’une préfiguration pendant quatre ans…

Préfiguration de tarifs d’acte sur 4 ans

Intervenant en vidéo lors de l’ouverture du congrès, Marisol Touraine l’a précisé : l’expérimentation (prévue dans le cadre du PLFSS) porte sur le déploiement de solutions de télémédecine (téléconsultation, télé-expertise, télésurveillance) pour les prises en charge en ville ou dans les structures médico-sociales comme les Ehpad. Cet essai va durer 4 ans dans plusieurs régions. Cela permettra de mieux impliquer les acteurs de la ville au delà des murs de l’hôpital et de mettre en place des financements de préfiguration. Il faut lever l’obstacle que constitue, pour l’implication des libéraux, l’absence de tarifications des actes de télémédecine Les deux exigences : la qualité des soins, l’efficience dans la prise en charge et pour la collectivité. Mais s’il faudra attendre encore quatre ans…
L’implication des libéraux apparaît en effet aujourd’hui indispensable à tous.

Des libéraux formés et intéressés

Pour son monitoring de HTA avec six mesures quotidiennes, le Dr Patrick Dary du CH de Saint Yrieix a développé le protocole technique avec 5 maisons médicales. Cela permet en effet au médecin de réévaluer son traitement (Valsartan) en fonction des résultats des mesures. 90 % des patients ont adhéré au protocole et font les mesures qui sont transmises par téléphone. La télémédecine est un levier de nouvelles coopération entre médecine de ville et hôpital devait aussi expliquer le Dr Puech, du Havre, en en prenant pour exemple le projet de téléradiologie qui fait travailler ensemble radiologues du Havre et de Dieppe, médecins libéraux comme lui, hospitaliers et experts de la CGTR opérateur privé en téléradiologie. La CGTR permet en effet d’assurer les gardes et permanences nocturnes. Une fois le cadre juridique trouvé avec une convention d’exercice de téléradiologie signée par les trois parties, le plus long à résoudre, ce furent les contraintes ordinales, les confrères ne voulant pas participer au réseau ayant déposé un recours… Le cabinet de téléradiologie réunit douze radiologues qui y travaillent une fois par semaine. Avec PIMPS (plate-forme interactive médecins patients santé), le Dr Patrick Jourdain du CH de Pontoise a mis en place avec ses confrères de l’hôpital Georges Pompidou et du CHU de Nancy Brabois l’utilisation de l’automesure à domicile d’un biomarqueur (le BNP) chez des patients insuffisants cardiaques. Les patients reçoivent une balance, une box par laquelle sont envoyés les résultats et un dispositif de mesures. Pour le moment c’est une étude clinique portant sur 330 patients randomisés qui seront suivi pendant un an. Les médecins généralistes sont invités à collaborer : ils ont été formés et ont accès au dossier de leurs patients. Ils sont amenés à modifier leur traitement en fonction des événements.
Dans ces associations ville hôpital, le médecin libéral peut devenir collaborateur occasionnel du service public, ce qui transfert sa responsabilité vers l’établissement, rappelle Lina Williatte, juriste ( barreau de Lille).
Télémedinov dans le Nord ouest de la Vendée, lauréat d’un des appels à projets forme un réseau ville-hôpital avec 40 médecins libéraux, une pharmacie rurale une douzaine d’Ehpad et une La pharmacie de Commequiers s’est équipé d’une petite salle de téléconsultation et a déjà testé la télédermatologie (pour des plaies) et la téléophtalmologie. C’est la phase 1 d’un vaste projet destiné à mobiliser toute une zone géographique.
Tirant un premier bilan de l’action du GCS e-santé Picardie, le Dr Christine Boutet-Rixe explique l’évolution vers Comedi-e, la plate-forme urbanisée du service régional de télémédecine. « Pour le moment une centaine de professionnels de santé sont montés dans le train, souligne-t-elle, aujourd’hui nous avons par exemple, des infirmières qui prennent des photos chez les patients pour une expérience de télédermatologie ». La région Aquitaine équipe les Maisons de santé pluridisciplinaires en tablettes.
Le décloisonnement vers la médecine de ville a peut-être été mal compris au départ, mais ce n’est plus le cas.

 



Symptosite : le suivi clinique en ligne des patients

Psychiatre à Nancy et passionné de nouvelles technologies, Marc Ounnoughoune a eu l’idée de Symptosite en se demandant avec d’autres confrères comment alléger le travail des praticiens et leur faire gagner du temps. L’arrivée du « cloud » permet en effet de développer de nouveaux services en ligne utiles aux médecins et à leurs patients. En développement depuis 2012, le site est ouvert depuis mars 2013.

Le suivi clinique avant et après la consultation

« Les logiciels de suivi clinique que nous avons développés servent en pré-consultation dans les disciplines où les patients doivent répondre à des questionnaires et en suivi clinique lorsque les patient doivent remplir des notes sur leur comportement ou leurs symptômes ». Plusieurs modules ont donc été conçus dans des domaines comme les troubles alimentaires (cahier alimentaire), la pathologie du sommeil (agenda du sommeil), les troubles de l’humeur, la douleur chronique, l’asthme et l’insuffisance respiratoire chronique, etc. Les modules rassemblent des outils de notation, des questionnaires anamnestiques spécifiques ainsi que des échelles validées de pratique courante. Le médecin créé un compte patient sur la plate-forme et prescrit une notation au patient qui se connecte de chez lui (une fonction de rappel par mail est prévue pour soutenir la notation). Il peut aussi proposer un questionnaire sur tablette à remplir dans la salle d’attente pour gagner du temps de consultation. Le Dr Laurence Gérard, expert en troubles des conduites alimentaires a ainsi réalisé 284 expertises entre septembre 2012 et septembre 2013 en utilisant Symptosite. 92,6% des patients ont accepté de réaliser des pré-bilans par Internet. La durée de la première consultation a ainsi été réduite à 30 minutes au lieu d’une heure en évitant les répétitions fastidieuses. Le médecin récupère des fiches de synthèse en PDF qu’il peut ajouter dans ses dossiers patients. Ce test a fait l’objet d’un poster lors du dernier congrès de l’ANTEL car le suivi en ligne, ce n’est rien d’autre que de la télémédecine au quotidien. Symptosite est par exemple utilisé par des praticiens du réseau Morphée.
Le Dr Ounnoughene est bien sûr l’un des premiers utilisateurs de sa plate-forme pour son activité de psychiatre. Ce module comporte un protocole d’évaluation en trois séances (Une consultation d’une heure et deux de 30 minutes) et offre toutes les échelles (Chalvin, Young, etc..) « Le psychiatre peut voir la fiche de son patient avant la consultation ».

Pilotée par les professionnels de santé

Son objectif est faire de Symptosite une plate-forme sur Internet pilotée par les professionnels de santé eux-mêmes et dont le panel de modules couvre tout le champ de la médecine clinique. Il lui faudra alors migrer sur un hébergeur de données de santé agréé (HADS) encore « trop cher pour une start-up », précise–t-il. La sécurité des données est déjà assurée par l’utilisation du protocole sécurisé HTTPS pour le transfert, par un accès login-mot de passe crypté et par des droits d’accès définis par un profil de connexion.
www.symptosite.com, création de la société Actiset. Les services de Symptosite sont proposés en abonnement annuel sous trois formes Modules (Pack de base) Evolution, Clinipass (questionnaire sur mesure en fonction des besoins). A partir de 40 euros/an

 



Withings et iHealth connectés au Medica 2013

La santé connectée s’installe au Medica de Düsseldorf

Dans le pavillon "Santé sans fil" de Medica qui se tient à Düsseldorf du 20 au 23 novembre, on retrouve tous les acteurs de la santé connectée, constructeurs de dispositifs connectés aux smartphones et opérateurs de plates-formes comme Qualcomm…

Withings, le champion français de la santé-forme connectée, va ainsi pour la première fois au salon-congrès Medica
Toujours orienté vers la forme et la santé grand public, Withings qui a levé 23,5 millions d’euros en juillet dernier pour assurer ses développements, réserve ses annonces de nouveautés pour le grand show de l’électronique mondiale, le CES de Las Vegas en janvier. Cette participation à la « messe » (c’est ainsi que les Allemands appelle le forum mondial de Düsseldorf) du matériel médical montre à l’évidence un intérêt croissant pour la médecine et les médecins. De fait, les appareils de Withings comme la balance et le tensiomètre connectés se trouvent parfois commandés par des médecins ou des services hospitaliers dans le cadre de protocole et d’expérimentations. Autre signe de cette évolution, la société était présente pour la première fois, au congrès européen de télémédecine de l’Antel (15 et 16 novembre) et y présentait ses dispositifs connectés. Les matériels se sont adaptés : les mesures de la balance utilisée chez un praticien ou dans un établissement, sont ainsi récupérées par le patient sur son compte Withings où il suit l’ensemble de ses « niveaux de bien-être » en se fixant des objectifs (éventuellement avec son médecin). Le tensiomètre s’est débarrassé de son fil et fonctionne en Wi-Fi (Bluetooth en cours). Pulse, le smart tracker, à la fois podomètre, tensiomètre de doigt (mesure indicative) et analyseur de sommeil doit également pouvoir trouver des applications médicales. Pour le moment, les données enregistrées dans les applications sont stockées dans des serveurs sous forme anonymisée (pas d’agrément HADS). Withings en tire des analyses qui sont parfois rendus publiques mais assure ne pas les vendre. Même si Eric Carreel, son co-fondateur et président, déclarait lors de la levée de fond : « La Big Data est en train d’ouvrir des possibilités auxquelles l’on pouvait seulement rêver il y a quelques années ».

Système de monitorage sans fil et glucomètres

iHealth, société à capitaux essentiellement chinois mais avec un pied aux Etats-Unis et un autre en France pour sa gamme iHealthPro à visée médicale, est présente à Düsseldorf sur deux stands. Outre son tensiomètre BP5, iHealth présente un oxymètre de pouls sans fil (voir le test),
des glucomètres (non encore sur le marché)
dont un modèle qui se connecte sur la prise mini-jack (casque) de l’iPhone (photo).

 

 

 

 

Et enfin, le premier appareil de sa gamme Pro qui est un système de monitorage de Tension artérielle, doté de deux tensiomètres sans fil, qui permet de suivre tension artérielle, index de pression systolique, pression pulsée, pression artérielle moyenne, volume systolique et débit cardiaque. Ce dispositif médical qui sera commercialisé prochainement fonctionne avec l’application iHealthPro pour iPad (iOS 5.1 et supérieur). Un test sera bientôt publié sur Buzz Medecin (rubrique matériel santé connecté). Les données des applications iHealth (iHealth My Vitals, iHealthPro) sont pour le moment stockées sur un serveur américain (sécurisé selon la norme américaine). Et bien sûr pour iHealth Pro dans l’iPad du praticien qui pratique les examens.
 



Santé connectée à Web2connect 2013

Buzz medecin était à WebDeuxConnect 2013 le jeudi 7 novembre. Le rendez-vous des « networkers » depuis 2007. Et depuis peu, de la santé connectée…
Un T-shirt à leur nom attend les inscrits à l’accueil. Le porter c’est important, rappelle Jean-François Ruiz, l’un des organisateurs de la manifestation, sinon vous allez rater des contacts. Des contacts physiques pour ces pro du virtuel. Est-ce que moneyattitude.fr a quelque chose à partager avec lesgateauxplumes ou avec doigtsdanslenet ? organisationpersonnelle.com avec motivation-au-travail ? Etc…Pour le savoir, parlez vous, vous êtes là pour ça, les geeks…

Umanlife.com et iHealth font stand commun

L’an dernier, umanlife.com avait gagné un prix et un stand pour 2013, que le site fondé il y a 18 mois par un ancien du groupe Générale de Santé, a proposé à iHealth de partager.
Entre iHealth qui fournit des instruments d’auto-mesure connectés aux smartphones et sans fil, tel que tensiomètre, balance, glucomètre et oxymètre de pouls (voir précédent article sur le blog) et Umanlife qui développe des solutions de gestions des données santé pour optimiser la prise en charge de sa santé, le partenariat est naturel. Alexandre Pié (Umanlife) et Uwe Diegel (iHealth) (sur la photo centrale) ont tenu ensemble à W2C un « Think about » sur le thème « ces objets qui vous mesurent et vous transforment ». Le quantified self, ça vous dit quelque chose ? Mesure-toi toi-même…aurait dit Socrate. L’automesure de soi-même est un nouveau marché qui affole les compteurs des analystes avec ses milliards de dollars à l’horizon de quelques années… Le marché est pour le moment à 80% américain. La santé connectée y est entrée dans les mœurs. Selon une étude menée en mars, 69% des américains déclaraient suivre un indicateur de santé comme le poids, la tension, etc.

A côté de la panoplie du parfait patient connecté déployée par iHealth qui se livrait sur le stand du W2C à de mini check-up électroniques et ludiques, l’enjeu c’est la Big data santé-forme… La CNIL s’est déjà émue de la prolifération de ces appareils (trackers, montres-connectées, etc). La bonne attitude à prendre est résumée là.
iHealth dispose de son propre serveur sécurisé selon la norme américaine et situé aux Etats-Unis mais peut aussi utiliser ceux de son partenaire Umanlife qui sont en France ceux de la société IDS certifié HADS (Hébergeur agréé de données de santé). Un serveur HADS, c’est très cher pour une start-up mais Umanlife, créé il y a dix huit mois, a préféré cette solution qui donne confiance à l’utilisateur. Ils sont déjà 12.500 à avoir ouvert un « carnet de santé » 2.0 gratuit sur cette plate-forme. 2.0 car outre les renseignements que le patient y inscrit, le site récolte les données des appareils de mesure reconnus (fonction « ajouter une périphérique »). Umanlife.com propose une boutique d’achat de ces appareils ainsi que des applications payantes ou gratuite (suivi tabac sur l’Appstore) pour lutter contre les addictions, suivre sa grossesse, etc. Mais ce sont des partenariats avec les assureurs et les mutuelles qui pourront assurer son développement. En tout cas, ils en sont tous convaincus, l’automesure de soi-même n’en est à ses débuts… Et les médecins eux mêmes devront, de plus en plus, en tenir compte dans leur pratique.
 



Diffusion des recos : la HAS mise sur le numérique

Recos, mémos (reminder comme ils disent en interne), cahier des charges, études, protocoles (et bientôt évaluation médico-économiques de certains médicaments), les 350 chefs de projets tous très qualifiés de la Haute autorité de Santé, produisent beaucoup mais encore faut-il améliorer la lisibilité de cette production et faire en sorte que les publics concernés se les approprient…

Les mémos intégrés dans les logiciels

Pour cela, La HAS mise sur l’effet de levier du développement du numérique, comme l’a expliqué le Pr Jean-Luc Harousseau, président du collège de la HAS lors d’une présentation à la presse le 25 septembrede son projet stratégique 2013-2016. Tout d’abord, c’est en interne que le développement du numérique doit commencer par favoriser la collaboration avec un langage commun au sein de la HAS, renforcer les modes de travail collaboratifs et servir enfin à organiser les données recueillies et produites pour les partager. L’utilisation du numérique doit aussi permettre de renforcer les liens de la Haute autorité avec les publics. A savoir d’une part le grand public pour lequel la HAS s’apprête à lancer un site d’information à destination des patients et d’autre part, les professionnels de santé. « Il faut que nos fiches et nos memos puissent être téléchargées par le médecin en consultation » souligne le Pr Harousseau. « Il y a plusieurs manières pour le médecin d’accéder aux informations utiles, les memos peuvent être intégrés dans les logiciels, précise le Dr Rémy Bataillon, il faut déterminer la meilleure ergonomie."
La HAS a ainsi mis en ligne des Recos2clics (voir l’article de Buzz Medecin) dont le mode d’utilisation est en cours d’analyse. Pour avoir les informations au bon moment, cela suppose que les médecins structurent et codent les informations qu’ils mettent dans leur logiciel. La HAS participe à des pilotes en collaboration avec l’ASIP Santé et des éditeurs.
Reste que l’essentiel est d’avoir au départ « des productions simples et simplement accessibles » rappelle Le Pr Harousseau qui compte aussi pour les diffuser sur le développement d’applications mobiles pour smartphones et tablettes.
Tout cela avec des moyens budgétaires qui ont baissé de 8% sur 2011-2013
 



Messageries sécurisées : MSSanté et toutes les autres

Intense activité du côté, non encore des échanges sécurisés de données de santé mais des solutions disponibles.
Tandis que l’ASIP Santé publiait le 19 septembre le dossier de spécifications qui devraient permettre à tous les opérateurs de rendre leur messagerie MSSanté compatible, Microsoft annonçait en partenariat avec l’hébergeur agréé de données de santé (HADS) Navaho, l’arrivée d’une solution d’échanges sécurisés incluse dans sa suite Office 365 en ligne. Pendant ce temps, Apicrypt trace son chemin, qui prend des allures d’autoroute avec plus de 45000 adhérents et près de 45 millions de messages par an.

Comment choisir ?

En octobre 2013, la situation est donc la suivante pour les médecins qui veulent échanger des données médicales ou recevoir les résultats d’analyse de leurs patients de manière sécurisée.

1) Que vous ayez déjà ou non une messagerie sécurisée, vous pouvez activer gratuitement votre compte MSSanté, le webmail sécurisé de l’ASIP Santé en concertation avec les Ordres. C’est très simple. Il faut se munir de sa CPS et de son code. Il y a un petit logiciel à télécharger pour Windows ou pour Mac. La messagerie est disponible en béta test depuis le 1er juin et ouverte depuis la fin juin. Elle est réservée à l’ensemble des professionnels de santé qui étaient 1200 inscrits à la mi-octobre.
Avec son annuaire en lien avec le RPPS, MS Santé fait entrer les professionnels et les établissements dans un espace de confiance, qui rend inutile la lecture de la CPS à chaque utilisation. L’enjeu est de pousser les éditeurs d’autres solutions et les messageries internes des hôpitaux à devenir interopérable avec MSSanté pour que les échanges médicaux se développe enfin
Inconvénient pour l’instant, c’est un Webmail indépendant des applications, donc les documents envoyés sont des pièces jointes à aller chercher dans les dossiers. On les envoie et on les récupère dans les dossiers par copier-coller. Le nombre d’utilisateurs limite les possibilités échanges. Mais il faut bien commencer et la montée en charge est satisfaisante, selon l’ASIP Santé.

Informations détaillées sur www.esante.gouv.fr/services/mssante

2) Votre logiciel métier dispose d’une messagerie sécurisée utilisant la CPS (type MMS, HellodocMail, DocteurNet, AxiMessage) qui vous sert déjà à recevoir les résultats de laboratoire plus ou moins bien intégrés dans vos dossiers patients et aussi parfois à envoyer des courriers à vos correspondants si vous aviez fait la démarche de demander un certificat CPS. Vous pourrez continuer à l’utiliser. Vous allez en plus bénéficier de l’espace de confiance de MSSanté (sans relecture de la CPS) dès lors que votre éditeur aura rendu sa messagerie compatible. Les spécifications de l’ASIP sont arrivées le 19 septembre. Les éditeurs ne proposant pas encore de messagerie sécurisée pourront également intégrer MSSanté. Les plates-formes régionales d’échanges (Rhône Alpes, Planet santé) sont concernées elles aussi par la compatibilité.

3) Vous faites partie des 45 218 utilisateurs de la messagerie associative Apicrypt parmi lesquels 33 293 médecins libéraux et 8888 médecins hospitaliers. Vous êtes les plus nombreux et quelques hôpitaux vous envoient même les courriers de sortie par mail. Depuis le début de l’année, vous pouvez consulter les courriers et analyses reçus sur votre iPhone ou votre smartphone Android. Avec les analyses, les résultats ne sont pas toujours bien récupérés dans les dossiers pour des raisons de formats. Sachez qu’Apicem, l’association éditrice d’Apicrypt prépare un serveur de normalisation de la biologie qui est en phase de bétatest. Le biologiste devra valider un dictionnaire et une convention de preuve sera établie entre les biologistes et les médecins pour éviter tout envoi de duplicata papier. Les échanges seront tracés.
Comme la plupart des utilisateurs, vous n’utilisez pas ApiMail, la version avec CPS d’Apicrypt parce que vous trouvez que ça ralentit l’opération et que vous n’avez pas toujours de lecteur de cartes sous la main. Lorsque l’Apicem, -c’est envisagé- sera compatible avec MSSanté, vos messages seront conformes à la législation et vous aurez accès à un annuaire plus large encore.
Inconvénient d’Apicrypt : il faut s’abonner (3C par an pour un médecin) et il n’y a pas encore d’interopérabilité avec les autres messageries.

4) Vous utilisez la suite Office 365 (en ligne) de Microsoft. La solution Posts@fer de Navaho permet d’envoyer d’un simple clic n’importe quel document produit avec la suite : Word, Excel, Powerpoint, Outlook dans le respect des normes de confidentialité en vigueur. Les messages sont archivés six mois dans un des centres de  données français agréés hébergeurs de données de santé de Navaho. Les destinataires reçoivent un message les invitant à se connecter via leur CPS à l’espace sécurisé pour prendre connaissance du message.
Cette solution semble particulièrement bien adaptée à l’envoi de dossiers médicaux complets et d’images assorties de leur compte-rendu puisqu’elle autorise des pièces jointes jusqu’à 500 Mo. En rejoignant l’espace de confiance de MSSanté, Posts@fer gagnera en rapidité d’utilisation.
La solution est commercialisée via un réseau de revendeurs partenaires de la société Trust2cloud. Voir la liste.
Le mode de facturation envisagé repose sur le nombre de messages : 25 cts par message.
Gageons que les opérateurs comme Orange ou SFR qui sont aussi HADS ne vont pas tarder à sortir également leur solution pour sécuriser les échanges médicaux…

Révisé le 25 octobre 2013

 

 

 

 



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