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Santé connectée à Web2connect 2013

Buzz medecin était à WebDeuxConnect 2013 le jeudi 7 novembre. Le rendez-vous des « networkers » depuis 2007. Et depuis peu, de la santé connectée…
Un T-shirt à leur nom attend les inscrits à l’accueil. Le porter c’est important, rappelle Jean-François Ruiz, l’un des organisateurs de la manifestation, sinon vous allez rater des contacts. Des contacts physiques pour ces pro du virtuel. Est-ce que moneyattitude.fr a quelque chose à partager avec lesgateauxplumes ou avec doigtsdanslenet ? organisationpersonnelle.com avec motivation-au-travail ? Etc…Pour le savoir, parlez vous, vous êtes là pour ça, les geeks…

Umanlife.com et iHealth font stand commun

L’an dernier, umanlife.com avait gagné un prix et un stand pour 2013, que le site fondé il y a 18 mois par un ancien du groupe Générale de Santé, a proposé à iHealth de partager.
Entre iHealth qui fournit des instruments d’auto-mesure connectés aux smartphones et sans fil, tel que tensiomètre, balance, glucomètre et oxymètre de pouls (voir précédent article sur le blog) et Umanlife qui développe des solutions de gestions des données santé pour optimiser la prise en charge de sa santé, le partenariat est naturel. Alexandre Pié (Umanlife) et Uwe Diegel (iHealth) (sur la photo centrale) ont tenu ensemble à W2C un « Think about » sur le thème « ces objets qui vous mesurent et vous transforment ». Le quantified self, ça vous dit quelque chose ? Mesure-toi toi-même…aurait dit Socrate. L’automesure de soi-même est un nouveau marché qui affole les compteurs des analystes avec ses milliards de dollars à l’horizon de quelques années… Le marché est pour le moment à 80% américain. La santé connectée y est entrée dans les mœurs. Selon une étude menée en mars, 69% des américains déclaraient suivre un indicateur de santé comme le poids, la tension, etc.

A côté de la panoplie du parfait patient connecté déployée par iHealth qui se livrait sur le stand du W2C à de mini check-up électroniques et ludiques, l’enjeu c’est la Big data santé-forme… La CNIL s’est déjà émue de la prolifération de ces appareils (trackers, montres-connectées, etc). La bonne attitude à prendre est résumée là.
iHealth dispose de son propre serveur sécurisé selon la norme américaine et situé aux Etats-Unis mais peut aussi utiliser ceux de son partenaire Umanlife qui sont en France ceux de la société IDS certifié HADS (Hébergeur agréé de données de santé). Un serveur HADS, c’est très cher pour une start-up mais Umanlife, créé il y a dix huit mois, a préféré cette solution qui donne confiance à l’utilisateur. Ils sont déjà 12.500 à avoir ouvert un « carnet de santé » 2.0 gratuit sur cette plate-forme. 2.0 car outre les renseignements que le patient y inscrit, le site récolte les données des appareils de mesure reconnus (fonction « ajouter une périphérique »). Umanlife.com propose une boutique d’achat de ces appareils ainsi que des applications payantes ou gratuite (suivi tabac sur l’Appstore) pour lutter contre les addictions, suivre sa grossesse, etc. Mais ce sont des partenariats avec les assureurs et les mutuelles qui pourront assurer son développement. En tout cas, ils en sont tous convaincus, l’automesure de soi-même n’en est à ses débuts… Et les médecins eux mêmes devront, de plus en plus, en tenir compte dans leur pratique.
 



Diffusion des recos : la HAS mise sur le numérique

Recos, mémos (reminder comme ils disent en interne), cahier des charges, études, protocoles (et bientôt évaluation médico-économiques de certains médicaments), les 350 chefs de projets tous très qualifiés de la Haute autorité de Santé, produisent beaucoup mais encore faut-il améliorer la lisibilité de cette production et faire en sorte que les publics concernés se les approprient…

Les mémos intégrés dans les logiciels

Pour cela, La HAS mise sur l’effet de levier du développement du numérique, comme l’a expliqué le Pr Jean-Luc Harousseau, président du collège de la HAS lors d’une présentation à la presse le 25 septembrede son projet stratégique 2013-2016. Tout d’abord, c’est en interne que le développement du numérique doit commencer par favoriser la collaboration avec un langage commun au sein de la HAS, renforcer les modes de travail collaboratifs et servir enfin à organiser les données recueillies et produites pour les partager. L’utilisation du numérique doit aussi permettre de renforcer les liens de la Haute autorité avec les publics. A savoir d’une part le grand public pour lequel la HAS s’apprête à lancer un site d’information à destination des patients et d’autre part, les professionnels de santé. « Il faut que nos fiches et nos memos puissent être téléchargées par le médecin en consultation » souligne le Pr Harousseau. « Il y a plusieurs manières pour le médecin d’accéder aux informations utiles, les memos peuvent être intégrés dans les logiciels, précise le Dr Rémy Bataillon, il faut déterminer la meilleure ergonomie."
La HAS a ainsi mis en ligne des Recos2clics (voir l’article de Buzz Medecin) dont le mode d’utilisation est en cours d’analyse. Pour avoir les informations au bon moment, cela suppose que les médecins structurent et codent les informations qu’ils mettent dans leur logiciel. La HAS participe à des pilotes en collaboration avec l’ASIP Santé et des éditeurs.
Reste que l’essentiel est d’avoir au départ « des productions simples et simplement accessibles » rappelle Le Pr Harousseau qui compte aussi pour les diffuser sur le développement d’applications mobiles pour smartphones et tablettes.
Tout cela avec des moyens budgétaires qui ont baissé de 8% sur 2011-2013
 



Messageries sécurisées : MSSanté et toutes les autres

Intense activité du côté, non encore des échanges sécurisés de données de santé mais des solutions disponibles.
Tandis que l’ASIP Santé publiait le 19 septembre le dossier de spécifications qui devraient permettre à tous les opérateurs de rendre leur messagerie MSSanté compatible, Microsoft annonçait en partenariat avec l’hébergeur agréé de données de santé (HADS) Navaho, l’arrivée d’une solution d’échanges sécurisés incluse dans sa suite Office 365 en ligne. Pendant ce temps, Apicrypt trace son chemin, qui prend des allures d’autoroute avec plus de 45000 adhérents et près de 45 millions de messages par an.

Comment choisir ?

En octobre 2013, la situation est donc la suivante pour les médecins qui veulent échanger des données médicales ou recevoir les résultats d’analyse de leurs patients de manière sécurisée.

1) Que vous ayez déjà ou non une messagerie sécurisée, vous pouvez activer gratuitement votre compte MSSanté, le webmail sécurisé de l’ASIP Santé en concertation avec les Ordres. C’est très simple. Il faut se munir de sa CPS et de son code. Il y a un petit logiciel à télécharger pour Windows ou pour Mac. La messagerie est disponible en béta test depuis le 1er juin et ouverte depuis la fin juin. Elle est réservée à l’ensemble des professionnels de santé qui étaient 1200 inscrits à la mi-octobre.
Avec son annuaire en lien avec le RPPS, MS Santé fait entrer les professionnels et les établissements dans un espace de confiance, qui rend inutile la lecture de la CPS à chaque utilisation. L’enjeu est de pousser les éditeurs d’autres solutions et les messageries internes des hôpitaux à devenir interopérable avec MSSanté pour que les échanges médicaux se développe enfin
Inconvénient pour l’instant, c’est un Webmail indépendant des applications, donc les documents envoyés sont des pièces jointes à aller chercher dans les dossiers. On les envoie et on les récupère dans les dossiers par copier-coller. Le nombre d’utilisateurs limite les possibilités échanges. Mais il faut bien commencer et la montée en charge est satisfaisante, selon l’ASIP Santé.

Informations détaillées sur www.esante.gouv.fr/services/mssante

2) Votre logiciel métier dispose d’une messagerie sécurisée utilisant la CPS (type MMS, HellodocMail, DocteurNet, AxiMessage) qui vous sert déjà à recevoir les résultats de laboratoire plus ou moins bien intégrés dans vos dossiers patients et aussi parfois à envoyer des courriers à vos correspondants si vous aviez fait la démarche de demander un certificat CPS. Vous pourrez continuer à l’utiliser. Vous allez en plus bénéficier de l’espace de confiance de MSSanté (sans relecture de la CPS) dès lors que votre éditeur aura rendu sa messagerie compatible. Les spécifications de l’ASIP sont arrivées le 19 septembre. Les éditeurs ne proposant pas encore de messagerie sécurisée pourront également intégrer MSSanté. Les plates-formes régionales d’échanges (Rhône Alpes, Planet santé) sont concernées elles aussi par la compatibilité.

3) Vous faites partie des 45 218 utilisateurs de la messagerie associative Apicrypt parmi lesquels 33 293 médecins libéraux et 8888 médecins hospitaliers. Vous êtes les plus nombreux et quelques hôpitaux vous envoient même les courriers de sortie par mail. Depuis le début de l’année, vous pouvez consulter les courriers et analyses reçus sur votre iPhone ou votre smartphone Android. Avec les analyses, les résultats ne sont pas toujours bien récupérés dans les dossiers pour des raisons de formats. Sachez qu’Apicem, l’association éditrice d’Apicrypt prépare un serveur de normalisation de la biologie qui est en phase de bétatest. Le biologiste devra valider un dictionnaire et une convention de preuve sera établie entre les biologistes et les médecins pour éviter tout envoi de duplicata papier. Les échanges seront tracés.
Comme la plupart des utilisateurs, vous n’utilisez pas ApiMail, la version avec CPS d’Apicrypt parce que vous trouvez que ça ralentit l’opération et que vous n’avez pas toujours de lecteur de cartes sous la main. Lorsque l’Apicem, -c’est envisagé- sera compatible avec MSSanté, vos messages seront conformes à la législation et vous aurez accès à un annuaire plus large encore.
Inconvénient d’Apicrypt : il faut s’abonner (3C par an pour un médecin) et il n’y a pas encore d’interopérabilité avec les autres messageries.

4) Vous utilisez la suite Office 365 (en ligne) de Microsoft. La solution Posts@fer de Navaho permet d’envoyer d’un simple clic n’importe quel document produit avec la suite : Word, Excel, Powerpoint, Outlook dans le respect des normes de confidentialité en vigueur. Les messages sont archivés six mois dans un des centres de  données français agréés hébergeurs de données de santé de Navaho. Les destinataires reçoivent un message les invitant à se connecter via leur CPS à l’espace sécurisé pour prendre connaissance du message.
Cette solution semble particulièrement bien adaptée à l’envoi de dossiers médicaux complets et d’images assorties de leur compte-rendu puisqu’elle autorise des pièces jointes jusqu’à 500 Mo. En rejoignant l’espace de confiance de MSSanté, Posts@fer gagnera en rapidité d’utilisation.
La solution est commercialisée via un réseau de revendeurs partenaires de la société Trust2cloud. Voir la liste.
Le mode de facturation envisagé repose sur le nombre de messages : 25 cts par message.
Gageons que les opérateurs comme Orange ou SFR qui sont aussi HADS ne vont pas tarder à sortir également leur solution pour sécuriser les échanges médicaux…

Révisé le 25 octobre 2013

 

 

 

 



Doctors 2.0 : les epatients de plus en plus consultés

Doctors 2.0 &you, la conférence internationale de la santé digitale, qui s’est tenue pour la troisième fois les 6 et 7 juin à la cité universitaire de Paris a mis les epatients au centre, comme l’a constaté Buzz Medecin pendant ces deux jours.
C’est bien à eux, les patients que doivent s’adresser les médecins quand ils mettent en ligne un site Internet personnel comme les y a invités le Dr Jeannot, un généraliste suisse, assurant à ses confères qu’inciter un patient à se rendre sur Internet est bien plus « performant » que de lui remettre une fiche papier. « Moi + Internet, c’est encore mieux » dit le webmaster de www.cabinet12.ch. Des patients mieux informés sont aussi des patients plus engagés qui suivent mieux leur traitement.

Des epatients invités

Pour représenter ces patients engagés, Doctors 2.0 avait invité quatre femmes qui siègent souvent dans les tables rondes au côté des représentants officiels, quatre epatientes. Catherine Cerisey (sur la photo à gauche) est l’une d’elle, une patiente experte à force de fréquenter Internet et les médias sociaux. C’est à la suite d’un cancer du sein, qu’elle a eu envie de faire partager son expérience. Son blog apres mon cancer du sein (http://catherinecerisey.wordpress.com/) connaît un grand succès avec 20 000 visites par mois. Catherine Cerisey  a également investi Twitter où elle a 1 933 suiveurs. Volontiers incisive sur Twitter, elle alimente son blog avec des comptes-rendus d’études et de publications. Liza Bernstein, qui a eu son premier cancer à 28 ans, est une autre twitto convaincue. Sur le net elle n’a trouvé pour discuter que des forums où chacun racontait ses misères. Sur Twitter, elle a trouvé beaucoup de gens pour discuter ; les cancérologues lui répondent en direct et elle donne rendez-vous à ses abonnés pour des « tweet chat », le lundi soir (chacun est en ligne et les échanges sont en direct). Pour Kathi Apostolidis, « médecins et epatients doivent travailler ensemble, c’est un effort mais lorsqu’on soigne ou que l’on subit une maladie chronique qui dure des années, il faut développer et entretenir des relations de confiance. « Les médecins ne proposent pas toujours toutes les alternatives aux patients, ils ne connaissent pas ses préférences
Les epatients réclament une médecine plus participative. Elles ont bien conscience de représenter les patients les plus avancés. Leur figure de proue : Yvanie Caillé (sur la photo à droite), fondatrice de renaloo.com. Lorsqu’elle a commencé à subir une dialyse à l’automne 2001, celle-ci s’est précipitée sur Internet. Mais à l’époque elle n’a trouvé qu’un site américain, celui d’un patient journaliste lui même greffé. Aussi a –t-elle décidé après sa greffe en mai 2002 de consacrer sa convalescence à l’élaboration du site renaloo.com ouvert le 30 septembre 2002, avec des infos, des conseils pratiques, un forum etc. Un site qui depuis n’en finit pas de grandir et attire de plus en plus de partenaires et de rédacteurs.

L’exemple du NHS

Le NHS (National Helath Service) britannique encourage depuis longtemps la communication vers les patients et l’usage des SoMe (social media). Et l’on trouve sur son site une liste de communautés auxquelles peuvent adhérer les patients. Mais aucune pour la maladie de Crohn dont souffre Michael Seres. Cet epatient tient donc un blog. Lors de sa greffe des intestins à l’hôpital Universitaire d’Oxford, les soignants s’étonnent de cet étrange patient qui déambule dans les couloirs avec son ordinateur pour envoyer ses posts. Lui même a souvent l’impression que les patients viennent de Mars et les professionnels de santé de Venus… Le Dr Marion O’Connor, de l’équipe de transplantation correspond avec Michael. Elle a aussi son blog et retrouve ses epatients sur la ligne Twitter récemment ouverte pour les greffés du rein. Pour elle, les epatients et les cliniciens doivent travailler tous ensemble. C’est une évidence. Même si les professionnels se retrouveront plutôt sur le web professionnel pour les soins et la lecture des revues et les patients plutôt sur les réseaux sociaux pour discuter et s’informer. « L’utilisation d’un media social en santé fait gagner du temps au soignant et augmente la satisfaction de tous. » conclut le Dr O’Connor.

Toujours respecter ses patients sur les blogs et surtout sur Twitter

Quand on est en confiance, on s’exprime sur les medias sociaux. Mais les médecins qui s’y expriment doivent y respecter leurs patients. La première parole de consultation, le hashtag #PPCS, sou vent sujet de plaisanterie entre les médecins qui viennent aussi se détendre sur les réseaux comme Twitter (on y recence moins de 400 médecins français identifiés). Le Dr Jacqueline Rossant, conseiller ordinal, a rappelé à ce propos que même sous pseudonyme un médecin restait tenu par le secret professionnel et le respect de ses patients. Si un blog est la maison du médecin où il raconte ses histoires de médecins, il n’en est pas de même sur Twitter où les échanges sont « Je ne dois pas parler de mes patients et surtout ne pas en parler d’une manière qui puisse les faire se sentir humiliés ou méprisés.
Reste que le sujet préféré des médecins sur les réseaux (sécurisés) c’est leur patient. Plusieurs orateurs ont souligné que l’aide au diagnostic et la discussion sur des cas était le service phare des réseaux sociaux en santé, qu’il s’agisse d’une communauté anglophone (Sermo où 10.000 cas ont été résolus), des médecins chinois (Dxy.com) ou même du site d’un laboratoire pharmaceutique (Dermaweb).
Ces epatients prendront de plus en plus en charge leur santé avec des applications smartphone et des appareils de mesure connectés comme le glucomètre iBG Star. Les nouveaux sites patients comme peoplewho qui cherche à créer des communautés développe d’ailleurs pour chaque pathologie des apps smartphone reliées à un data center. Plus besoin d’être malade puisqu’il est question de rester en forme dans une démarche préventive. C’est le « quantified self » où l’on porte sur soi  des capteurs (et des appareils connectés) qui prennent toutes sortes de mesure.
A Doctors 2.0, on testait une fourchette qui veut apprendre à mieux manger (voir le test).
(11 juin 2013)



Salons santé et autonomie : reco vocale, smartphones, messagerie et gros sous

Mardi 28 mai, journée d’ouverture des salons de la santé et de l’autonomie, premiers du nom qui regroupent Hôpital Expo, Geront-Handicap expo et HIT toujours sous l’égide de la FHF et à la Porte de Versailles et où l’on attendait 20 000 visiteurs. Les trois salons s’entremêlent en effet de plus en plus car les TIC envahissent jusqu’aux lits d’hôpitaux devenus intelligents qui s’intégrent dans le système d’information hospitalier (pour indiquer s’ils sont occupés ou non et si le ménage a été fait) . Ce sont évidemment les stands de HIT que Buzz Medecin a parcouru tout au long de la journée.

Grosse appétence pour la reconnaissance vocale

10h30 rendez-vous avec Nuance sur le stand de Softway, dont la dernière version d’Hopital Manager est le premier SIH à intégrer la reconnaissance vocale en mode hébergée. Démonstration avec la saisie à la voix d’une fiche d’observation patient structurée : description des soins, « aller à poids, aller à taille, aller à température et ainsi de suite jusqu’à objectif des soins pour finir par sauvegarder formulaire. A nos coté, le responsable d’un SI hospitalier confirme la forte attente des médecins pour ce type d’application. Mais il y a toujours le problème budgétaire… Même si à la même heure, Marisol Touraine tentait de rassurer les directeurs d’hôpitaux, rappelant que la santé est une des filières d’avenir privilégiée par le plan d’investissement gouvernementaux. Le stand d’Orange Healthcare résume la panoplie de l’hôpital numérique et sans fil : offre triple play pour les chambres des patients, tag RFID (pour retrouver un appareil ou un patient !), stockage dans le Cloud des données numériques (imagerie en particulier dans ses data centers agréés HDS. Orange a aussi développé une solution alternative à la CPS en mobilité. L’utilisateur se connecte à un portail avec sa CPS et indique son numéro de mobile. Un code est attribué à cette identification. Code qui sera ressaisi pour accéder à un service à partir du mobile. Une expérimentation est prévue avec le CHU de Clermont Ferrand pour l’accès aux résultats d’analyse de laboratoire.

MS Santé pour fin 2013

Cela doit aussi intéresser l’ASIP Santé qui a choisi de s’exprimer cette année sur la nouvelle messagerie MS Santé (voir article précédant) qui sera proposée dans un premier temps sous forme de webmail accessible par CPS en liaison avec les Ordres. Il n’est plus question de chiffrer les messages mais d’ouvrir un espace de confiance avec un annuaire des PS. Les opérateurs et les éditeurs pourront faire homologuer leurs services de messagerie compatibles. Les proxy des hôpitaux, les webmails régionaux, les messageries comme Apircrypt sont concernées. Première homologation en novembre 2013. Généralisation en 2014. Mais il n’y aura pas d’obligation. L’ASIP estime à 60.000 le nombre d’adresses mail sécurisés ouvertes à ce jour par des professionnels de santé. 60 000 sur un potentiel d’1 million c’est peu mais combien de temps faudra-t-il à MS Santé pour avoir autant d’utilisateurs ? L’ASIP recrute des médecins testeurs.
En tout cas, il est déjà prévu d’utiliser MS Santé en mobilité via un smartphone. Plus besoin de CPS mais un système de code d’accès à usage unique (comme on en reçoit parfois de sa banque pour un paiement). Les smartphones parlons-en, une conférence était consacrée à la M-Santé. Il y a été question des smartphones comme élément de la chaîne Télémédecine et des SMS pour les messages de santé publique mais aussi pour le rappel automatique (et ciblé selon les services) d’un rendez-vous avec des informations sur les documents à apporter. Avec ce système, l’hôpital de Villefranche sur Saône estime récupérer 93% des rendez-vous autrefois ratés en IRM, soit 10 000 euros d’économie…
 



Forte progression des tablettes et d’Android chez les médecins

94% des médecins utilisent leur smartphone à des fins professionnelles ou mixte. C’est le premier constat du 2ème baromètre  de l’Observatoire des usages numériques en santé Vidal-CNOM (avril 2013)*.  Cette proportion n’a pas bougé depuis la précédente enquête de février 2012.
66% des médecins équipés d’un smartphone ont un iPhone (contre 70% en 2012), 27% un Android (contre 18% en 2012), BlackBerry et  Windowsphone perdent encore du terrain avec 2,6 et 2,1% d’utilisateurs.
Les tablettes ont le vent en poupe : 56% des utilisateurs de smartphones en ont une (contre 37% en 2012)  et 20% de ceux qui n’en ont pas, comptent s’équiper dans l’année. Apple domine avec 81% d’iPad, laissant 16,6% à Android (en progrès).
 

Des apps médicales dans un smartphone sur deux

Plus d’un médecin sur deux  équipés d’un smartphone utilisent des applications médicales. A 89%, il s’agit d’une base de données de médicaments (+ 20% sur un an) dont 75,5% se servent pour les interactions médicamenteuses (+ 10% en un an). 35% des participants font de leur smartphone un outil d’accompagnement à la prescription. (voir les différentes bases disponibles). 61% ont payé cette application. A noter par les éditeurs : 57% des médecins souhaiteraient pouvoir accéder à leur logiciel métier via leur mobile !

Enfin, le mobile fait desorrmais partie de la relation médecin -malade :  86% des médecins laissent leur smartphone allumé en consultation et 81% n’hésitent pas à répondre. Plus de la moitié des praticiens communique d’ailleurs son numéro de mobile à ses patients.  Le Dr Jacques Lucas, vice-président du CNOM, délegué général aux systèmes d’information en santé, souligne que "l’uitilisation du smartphone est ancrée désormais au coeur de la pratique quotidienne des médecins" . Elle renforce le lien de confiance entre médecin et patient. 8% des médecins recommandent des applications santé à leur patient; ils seraient sans doute davantage si l’ offre n’apparaissait pas trop large et pas toujours fiable. C’est en tout cas un début.

*enquête par mail en avril  2013 auprès de 3138 médecins (généralistes et spoécialiste, exerçant en ville et à l’hôpital)équipés d’un smartphone, l’enquête de février 2012 concernait 2.131 médecins équipés de smartphones)



Messagerie Sécurisée de Santé : bétatest à partir du 1er juin

,  c’est parti…

Quelques médecins privilégiés en ont eu la primeur : l’ASIP santé recrute des bétatesteurs pour MSSanté, la messagerie sécurisée de santé qui sera en test à partir du 1er juin prochain.
Ce service web de messagerie interopérable avec les autres messageries existantes  ( Apicrypt ou les messageries homologuées CPS), sous réserve d’un développement, sera donc disponible avant fin 2013 pour les professionnels de santé. Buzz medecin l’avait annoncé dès le 19 décembre dans son blog (voir l’article)

Le 7 mai, l’ASIP a publié sur son site les spécifications du système MSSanté et notamment de ses interfaces d’accès (voir la publication) afin d’engager la concertation jusqu’au 16 juin 2013 avec les professionnels et les industriels.
Il est promis que les échanges se feront en quelques clics.
MSSanté sera réservée aux professionnels de santé, qui auront par ailleurs à leur disposition l’annuaire national de tous les professionnels de santé. L’ASIP Santé travaille à la mise au point de ce service en liaison avec les sept ordres nationaux (médecins, sage-femme, chirurgiens dentistes, pharmaciens, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes et pédicures-podologues)

Pour participer au bétatest à partir du 1er juin
http://www.mssante.fr/index.php
 



iHealth Pro : des appareils médicaux professionnels connectés et sans fil

iHealth qui vient d’ouvrir sa filiale française en mars, lance, à partir de mai, sa gamme iHealth Pro, une série d’appareils médicaux sans fil Bluetooth en connection avec une tablette ou un smartphone qui devraient permettre aux médecins de faire d’avantage de prévention en leur donnant notamment la possibilité de mesurer facilement l’IPS. L’interface professionnelle optimisée pour iOS devrait être disponible à la mi-mai. La version Android sortira ensuite.
A l’origine de la conception de ces appareils, Uwe (prononcer uvé) Diegel, allemand d’origine né en Nouvelle Zélande, ayant vécu en Afrique du Sud où il a rencontré sa femme, d’origine taïwanaise. Il vit aujourd’hui entre la Chine, la Californie et Paris où il est installé avec ses deux enfants. On l’imagine ingénieur et on apprend qu’il a mené une carrière de pianiste de concert jusqu’à ce qu’un accident, à l’âge de 27 ans, le prive partiellement de l’usage de son bras droit.
Après une première expérience, fructueuse, dans la fabrication de lait sans lactose, c’est la rencontre, lors d’une réunion familiale à Taiwan, d’un inventeur de thermomètre digital, Ky Lin, qui le fait plonger dans l’univers du biomédical. Il importe d’abord des produits de Taiwan puis créé sa propre marque, Microlife, avec un siège en Suisse. C’est l’heure des campagnes de récupération des thermomètres à mercure. Les ventes de Microlife explosent et la société est cotée en bourse en 2002 et rachetée en 2003. « Une erreur stratégique, reconnait-il aujourd’hui, car il en perd les commandes et donc, la capacité d’innover en fonction de ses intuitions. N’importe, il rachète la marque Spengler, vénérable maison strasbourgeoise, spécialiste du tensiomètre depuis qu’en 1907, elle s’était associée aux Pr Vaquez et Laubry pour inventer cet appareil. Il noue des relations avec des partenaires chinois et rencontre au salon Medica de Düsseldorf, le fabricant chinois Andon qui vient d’être privatisé. En 2007, Spengler fête ces 100 ans et Uwe Diegel, trouve la solution aux problèmes des tensiomètres numériques : « l’instrument magique » l’iPhone est devoilé le 9 janvier 2007. Uwe Diegel peut enfin concevoir un appareil médical connecté, selon ses vœux : pratique et élégant. Désormais adossé à Andon*, il co-créé iHealth en 2009 dans la Silicon Valley (en face de chez Apple). Le BP3 arrive en France début 2011; c’est un tensiomètre électronique présenté comme un instrument d’automesure. Mais il est encore connecté par un fil.

Les appareils anciens revisités par le numérique

La nouvelle gamme de dispositif médicaux lancée en France par iHealth est sans fil, communiquant avec le smartphone ou la tablette via Bluetooth : deux nouveaux tensiomètres brassard ou poignet, des balances qui mesurent le poids mais aussi l’IMC, la masse graisseuse, la masse osseuse, etc., des glucomètres. Tous ces produits sont déjà disponibles sur le site www.ihealthlabs.fr.
Président de iHealthLabs Europe, Uwe lance également en 2013 la gamme professionnelle, iHealth Pro sans fil, destinée cette fois aux médecins avec une interface professionnelle. Le tensiomètre brassard BP 5 (voir le test) en fait partie ainsi qu’un oxymétre de pouls (99€), un ECG (à deux électrodes) et innovation importante, le Wireless CardiovascularLab qui permettra de mesurer et enregistrer simplement et rapidement l’Index de Pression Systolique (IPS) dans le cadre de la prévention des artériopathies (AOMI). « C’est le meilleur prédicteur de morbidité cardiovasculaire, souligne Uwe Diegel, mais il est très peu pratiqué faute de temps ». Le CadiovascularLab sera commercialisé à partir de fin mai autour de 500 €. Test dans la prochaine Buzz Letter nous l’espérons.
Uwe Diegel promet pour bientôt un glucomètre sans bandelette, un tensiomètre sans brassard et un tensiomètre en continu. Il dit puiser une partie de ses idées dans sa collection d’instruments médicaux (collection 0′Brien/HealthWorks) pour laquelle il a ouvert en 2011 une vitrine sur Internet (bloodpressurehistory.com).
« Le CardiovascularLab, assure-t-il, est basé sur l’oscillomètre de Pachon ».

*Andon a cinq divisions de produits connectés : iBaby (surveillance des bébés y compris in utero avec un échographe doppler pour enregistrer les battements du cœur !), iCar (voitures télécommandées par iPhone), iSmartHome (capteurs pour la maison), iHealth (grand-public) et iHealthPro.
 



Au CH de Compiègne, le patient créé son DMP sur une borne interactive

Depuis quelques semaines, au CH de Compiègne, les patients peuvent créer eux mêmes leur DMP sur une borne interactive équipée d’un lecteur de carte vitale installée dans le hall d’accueil. C’est la société ULTIMedia, spécialiste des bornes interactives depuis 20 ans, qui a conçu ce produit spécifique pour la santé. Jusqu’à présent, la création du DMP était réalisée lors de l’admission, par le personnel d’accueil ou lors d’une consultation, après avoir reçu le consentement du patient. L’utilisation de la borne représente un précieux gain de temps pour le personnel hospitalier. Une fois la Carte Vitale insérée dans le lecteur de la borne, l’usager n’a plus qu’à se laisser guider par l’interface conviviale et à utiliser l’écran tactile pour renseigner les informations requises. Cela prend 1 à 2 minutes seulement. « Avec cette borne interactive placée stratégiquement dans l’entrée du Centre Hospitalier, explique Brigitte Duval, directrice du Centre Hospitalier Compiègne‐Noyon, le patient est lui-même impliqué et acteur de la création de son dossier médical personnel. Il peut aussi disposer de toutes ses données médicales et de façon sécurisée sur la borne interactive.” Pas moins de 50.000 DMP ont déjà été créés au total en Picardie, région pilote sur ce projet. Tant que le DMP ne dépasse pas les bornes…
(Source : communiqué de presse ULTIMedia)

 



Applications smartphones : comment elles vous suivent à la trace

 

Qu’est ce qui se cache dans les boites noires des 24 millions de smartphones utilisés en France ? La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) et l’INRIA ont mené l’enquête en construisant l’outil Mobilitis. Un programme capable de détecter et d’enregistrer les accès à des données personnelles par des applications du téléphone. Mobilitis a été installé sur six iPhones appartenant au laboratoire de la CNIL et mis à la disposition de volontaires pendant 3 mois pour les utiliser comme s’il s’agissait de leur téléphone personnel. Résultats : 9 Go de données récoltées, 189 applications utilisées. Premiers constats : 9 application sur 10 accèdent à Internet ce qui n’est pas toujours justifié, 46% accèdent à l’identifiant unique Apple (UDID), 31% détiennent les données de géolocalisation, la donnée la plus consommée, 16% recueillent le nom de l’appareil sans qu’on puisse savoir très bien à quoi ça sert, 8% accèdent au carnet d’adresse, 2% au compte Apple et 2% au calendrier…

Des traceurs envahissants

Ce qui apparaît le plus clairement, c’est que les outils d’identification et de traçage envahissent les smartphones. Sur les 87 applications qui ont accédé à l’UDID, 33 l’ont transmise en clair plusieurs fois à l’éditeur de l’application. 
Apple a déjà annoncé que, prochainement, il ne permettrait plus aux développeurs d’accéder à cette information mais a introduit de nouveaux identifiants dédiés, eux, au ciblage publicitaire dont on ne sait si on pourra les effacer (comme on  le fait avec les cookies des ordinateurs). Il apparaît aussi que les développeurs ne sont pas toujours conscients qu’en prenant certains systèmes, ils se lient à des analyseurs de données… L’INRIA et la CNIL, qui doivent rencontrer Apple, vont suggérer des réglages aux fournisseurs du système d’exploitation et vont poursuivre leurs investigations avec des smartphones Android, cette fois. 
Des applications à surveiller d’autant plus près qu’elles se multiplient dans le domaine de la santé connectée avec des appareils de mesures physiologiques.

 



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