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Conférence 2017 de l’ASIP Santé : l’agence de la santé numérique se voit en co-constructeur de la e-santé

 Cadre branché s’il en est que les sous sol tagués façon « Street Art » du Palais de Tokyo choisis par l’ASIP santé pour tenir le 31 janvier sa conférence 2017 (la dernière manifestation de ce type remontait à 2012 à la maison de la Chimie).
Détail raffiné que cette bouteille d’eau remis à chacun avec le tag pour télécharger les vidéos. confasip
Plus de deux heures de débats sur le thème de la transformation de la santé et du parcours de soins par le numérique, entremêlés des résultats « inédits » mais sans surprise d’un sondage IPSOS sur les médecins à l’ère du numérique.
Et puis, tandis que les nombreux invités se pressaient au buffet, Michel Gagneux, le directeur de l’ASIP santé, tenait conférence de presse dans les spacieux fauteuils de velours rouge d’une salle de projection pour soirées privées.
Buzz medecin y était, histoire d’en savoir un peu plus sur le devenir de l’agence avec la reprise en main du DMP par la CNAM qui apporte aussi son concours au déploiement de la messagerie MSSanté chez les libéraux.
Et bien, l’ASIP qui emploie 136 collaborateurs pour un budget de 85 millions d’euros en 2016, s’est vu confier en signant un contrat d’objectifs et de performance avec l’Etat  pour la période 2016-2018, avec 26 objectifs, trois missions : réguler la transformation numérique, la promouvoir et en accélérer les usages. « Les briques existent mais rentrent difficilement en action sur le terrain avec des délais qui ne sont plus acceptables par les patients », explique Michel Gagneux. L’ASIP apporte son expertise dans la réalisation des projets de systèmes d’information, dans la gestion de l’espace de confiance (RPPS, CPS..) et dans la coordination sur le terrain (acteurs, territoire, clients). Elle pilote ainsi non plus 9 grands projets comme lors de sa création en 2009 mais plus de 30 programmes, soit une centaine de projets. Un des plus gros chantiers, d’un montant de 240-250 millions de francs, c’est SI SAMU l’unification du système d’information des SAMU vers un système stable permettant d’encaisser les crises sanitaires. La phase pilote démarre en avril avec 11 SAMU avant un déploiement général de la première version dans un an.

ASIP Sante

MSSanté : "Un volume d’usage limité malgré nos efforts"

Alors qu’un médecin sur deux déclare utiliser des technologie numériques dans la relation avec ses confrères ( voir le sondage), la messagerie sécurisée MSSanté « connaît un volume d’usage limité malgré nos efforts » , selon Michel Gagneux. Son déploiement montre que depuis mai (voir le compte rendu de la présentation lors de HIT 2016), le nombre d’établissements compatibles a bien augmenté : 1800 en cours au total dont 700 techniquement raccordés et 460 CHU.
« Depuis l’été il y a suffisamment de logiciels métier ayant intégré MSSanté pour permettre une campagne de communication auprès des médecins avec le concours des CIS (conseillers informatique service) des CPAM. Des événements régionaux sont organisés dans 9 départements des régions Nouvelle Aquitaine et Hauts de France principalement pour une généralisation en 2017. Par ailleurs, les laboratoires qui sont en train de passer de Hprim à Loink ce qui permet une unification sémantique des résultats d’analyse auront dès 2017 des logiciels compatibles MSSanté.
Quant à Apicrypt, qui continue à gagner des utilisateurs (près de 70 000 annoncés), ce qui bloque c’est l’agrément Hébergeur de données de santé, retardé selon M. Gagneux car elle a été demandée pour Apicrypt 2, version qui n’est pas encore diffusée. Et l’agrément est en train de passer entre les mains d’un organisme certificateur. Toujours à suivre donc.

confasip sondage

« Les technologies numériques et la pratique médicale" , Enquête réalisée via Internet auprès de 253 MG libéraux et 250 spécialistes hospitaliers entre le 11 et le 23 janvier.

- La perte de confidentialité demeure le risque n°1 mis en avant par 90% des MG et 88% des spécialistes face à l’irruption dans les pratiques du numérique, considéré comme très diffusé.
- Le risque de déshumanisation est cité par 71% des médecins.
- 63% des médecins utilisent fréquemment le numérique pour accéder aux résultats d’analyse d’un patient (84%) pour transmettre les données d’un patient à un autre professionnel de santé (68%)
- 2/3 des médecins pensent que les technologies numériques n’engagent pas davantage leur responsabilité
- 1/3 s’estiment bien formés pour l’utilisation de son logiciel métier
- 16% s’estiment bien formés pour l’utilisation des échanges avec leurs confrères
- 72% attendent du numérique la diminution de la redondance de certains actes ou examens médicaux



Tiers payant : les complémentaires offrent leurs services

Alors que depuis le 1er janvier, tous les soins pris en charge à 100% (ALD et maternité) doivent être facturés en tiers payant, l’association Inter-AMC qui regroupe les complémentaires (mutuelles, société d’assurance et de prévoyance) propose trois services pour convaincre les professionnels de santé de passer facilement au tiers payant intégral (quand leurs éditeurs auront fait les développements adéquats).

La CNAMTS était la première à le souligner, fin octobre 2016, 96,8% des dépenses prises en charge au titre de l’ALD et 86,6% des dépenses liées à la prise en charge de la maternité étaient déjà facturées en tiers payant. Ainsi la pratique du tiers payant pour le 100% a progressé de manière significative en 2016 chez les professionnels de santé. La CNAMTS a fait de son côté des progrès avec un taux de rejet passé de 1,90% en janvier 2016 à 1,08% en octobre et un délai de paiement moyen de trois jours. De plus, depuis le 1er janvier, les rejets liés aux parcours de soins sont supprimés pour tous les patients et une équipe dédiée s’est mise en place * Les complémentaires comptent bien profiter de cette nouvelle pratique limitée à la part obligatoire pour encourager les professionnels de santé à passer volontairement au tiers payant général. Pour cela, l’association InterAMC propose :

  • L’impression d’un code datamatrix (à scanner) sur les attestations 1/3 payant pour éviter la saisie
  • L’ouverture d’un portail web pour contractualiser avec les mutuelles avec un contrat unique
  • L’utilisation de services en lignes IDB (identification des droits du bénéficiaire) et CLC (calcul des droits) pour récupérer les droits des patients et calculer le montant du remboursement à implémenter dans les logiciels comme le service ADR (accès aux droits) des assurances obligatoires.

    Ce qui donne le schéma suivant (vu sur le site du GIE SESAM-Vitale)

    tiers payant AMC

 

 

Les 3/4 des logiciels métier sont déjà en mesure ou en passe de proposer le service ADRi (ADR intégré, transparent pour l’utilisateur). Les complémentaires poussent maintenant les éditeurs à de nouvelles intégrations. Tout dépendra de la demande des médecins et de leurs patients.

• Les conseillers spécialisés sont joignables au 09 72 72 72 50 (prix d’un appel local) du lundi au vendredi de 8h à 17h et jusqu’à 20h les mercredis et jeudis + service pour les centres de santé depuis le 2 février



VisioCheck, le tout-en-un de la télémédecine mobile

 Visiomed a dévoilé au CES 2017 de Las Vegas, VisioCheck, « première station de télémédecine mobile ». Le Dr François Teboul, directeur médical de Visiomed en a détaillé les fonctionnalités cette semaine, à Paris, pour la presse spécialisée.

Chez Visiomed, il s’agit moins de développer une gamme complète d’objets connectés santé * que de proposer des solutions au grand public comme aux professionnels de santé. Ses services intégrés à sa plate-forme de recueil des données médicales Bewell Connect, comptent selon Eric Sebban, fondateur de Visiomed, plusieurs milliers d’abonnés principalement des personnes à l’étranger ou des femmes avec des enfants en bas âge. Check-up (4,90€/mois) permet d’analyser ses symptômes (250 primo-diagnostics et des algorithmes issus du travail du Dr Loïc Etienne) pour juger de l’urgence et MyDoc permet d’obtenir un médecin au bout du fil.
A destination du milieu professionnel, Visiomed a aussi conçu My HealthBox qui permet au patient d’être suivi chez lui à distance après une hospitalisation ou selon un plan de soins que le praticien peut facilement modifier en fonction des alertes qui lui sont transmises. Doté de son propre module avec une carte Sim, le système est autonome n’exigeant pas de Wifi à proximité.

Développer la télémédecine en libéral

Teboul et visiocheckDévoilée au dernier CES (où Visiomed avait décroché un Innovation Award en 2016 pour son électrocardiogramme de poche MyECG), VisioCheck veut être la première station de télémédecine mobile. La « station » se présente comme un smartphone dédié (poids 300g) doté d’une riche connectique et d’une carte SIM. Communication par Wi-Fi, 2G,3G, 4G. Le capteur infra-rouge du thermomètre est inclus et tous les équipements ont été miniaturisés : l’ECG sept têtes, l’oxymètre de pouls, le tensiomètre brassard et le « dongle » MyGluco qui se connecte sur la prise jack (microphone) du VisioCheck. Une caméra pour une éventuelle visioconférence et une LED pour éclairer l’examen médical complètent le dispositif.
Les applications embarquées permettent de gérer les différents paramètres vitaux sur un seul visiocheckécran. Dans ce tout en un, le professionnel a également accès à la liste des dossiers patients avec historique et données patients. Les données seront transférées automatiquement au dossier médical électronique.
Visiomed a prévu un chariot ambulatoire pour l’utilisation en établissement. Mobilité au sein de l’établissement et mobilité en visite. Un équipement à partager par un cabinet groupé ou une maison de santé pluridisciplinaire et des urgentistes. Ou encore à installer dans l’espace confidentialité d’une pharmacie pour lutter contre la désertification médicale.
VisioCheck est en train de passer ses derniers tests métrologiques pour l’obtention de la certification CE comme dispositif médical de classe IIA. Il devrait être proposé autour de 2.500 euros à l’achat ou en location avec des services de 149 à 249 euros/mois.
« Avec VisioCheck, nous allons contribuer au développement de la télémédecine notamment via les professionnels libéraux, souligne le Dr FrançoisTeboul, qui n’hésite pas évoquer "un nouveau standard médical".

*MyGluco, lecteurs de glycémie, MyScale, gamme de balances et d’impédancemètres, MyOxy, l’oxymètre de pouls, MyTensio la gamme de tensiomètres, MyCoach, les trackers de sommeil et d’activité, MyTens, électrostimulateur, MyECG, électrocardiogramme de poche sans fil



Trophées de la santé mobile 2017 : 7 trophées pour 43 applications en compétition

Un label « mHealth Quality » attribué à 9 applications, plusieurs rapports officiels sur la santé connectée, il n’en faut pas plus au Dr Guillaume Marchand, président de dmd santé pour proclamer 2017, année du passage à l’âge adulte de la santé mobile et connectée. Les 4 e trophées de la santé mobile organisés le 28 janvier à la Cité de sciences dans le cadre de la journée nationale de l’innovation en santé ont récompensé des applications « matures » parmi les 43 en compétition.

Rappelant que l’iPhone a fêté ses dix ans le 9 janvier dernier, le Dr Guillaume Marchand, président co-fondateur de dmd santé, estime que le marché de la santé connectée a bien progressé vers la maturité. Il en veut pour preuve l’utilisation croissante des applis par les médecins (65% s’en servent, 18% les conseillent à leurs patients), le déploiement d’applis, voir même leur prise en charge, par des institutionnels (en Angleterre, en Belgique, en Andalousie) et en France la parution du référentiel de bonnes pratiques se la HAS et la publication d’un rapport parlementaire sur la santé connecté préconisant la prise en charge des objets connectés participant à la prévention. De son côté , dmd Santé qui a lancé son propre label mHealth Quality se réjouit d’un partenariat avec les ARS Nouvelle Aquitaine et Centre Val de Loire pour la validation d’applications et l’évaluation d’objets connectés.

Au cours de l’année écoulée, 134 applis ont rempli l’auto-questionnaire en ligne sur le site. 40% ont passé cette première étape avec succès, 18% ont eu besoin d’un accompagnement, 19% ont été rejetés. 23% sont en cours de labellisation (9 labellisés).
logoTsmC’est donc parmi les 43 applications qui ont franchi la première étape avec une note supérieure à 105 /150 pour les critères médicaux et 70/100 pour les aspects réglementaires et juridiques qu’ont été choisis les 4 lauréats des trophées dévoilés le 28 janvier   : Novi-chek de Roche Diabetes Care France, Grand trophée de l’application mobile de santé; Medpics, Trophée de l’application destinée aux professionnels de santé; Doctisia, pour préparer ses rendez-vous santé Trophée de l’application destinée aux patients; Qalyo, Trophée de l’application de suivi, conçue comme un assistant de santé connecté. Le Trophée coup de cœur des internautes est allé a Brosse toi les dents avec Ben le Koala.
Profitant de la présence de grand public, une autre compétition l’Aréna santé mobile a vu s’affronter 5 applications mobiles de santé (Mon coach douleur de Takeda qui a reçu le Trophée, Sympto check de Santé assistance, Qalyo de Qalyo, Gluci-Check de Roche Diabetes, e-thyroïde de Vivre sans thyroïde et 5 objets connectés : le thermomètre Tucky de e-takesCare,  la balance de cuisine Nutrismart de Terraillon, le verre Swaf, la station de télémédecine miniature VisioCheck de Visiomed Group et la e-cigarette d’Enovap qui a remporté le Trophée,. C’est le public présent à la journée nationale de l’innovation qui votait pour son appli et son objet préférés sur le stand de dmd Santé.
Car le public, notamment celui des patients, est de plus en plus invité à co-construire les applis qui lui sont destinés. Partenaire depuis l’origine des Trophées, Sanofi, suit cette tendance avec sa direction de l’innovation « ouverte », Le grand groupe a appris à travailler avec les patients et les professionnels de santé pour mieux "coller" à leurs problématiques à travers ses sites et ses applis. En développement, une application pour aider le médecin généraliste à envisager un diagnostic de maladie rare en présence de certains signaux faibles

r www.trophees-sante-mobile.com 

(mis à jour le 30/1/2017 après l’annonce des Trophées)



CES 2017 : la santé connectée au service des diabétiques, du brossage des dents, du soulagement de la douleur

Le Consumer electronic show (CES) qui s’est tenu du 5 au 8 janvier à Las Vegas a une nouvelle fois montré la vitalité des start-up françaises (233 étaient présentes) notamment dans le domaine de la santé. C’est d’ailleurs un dispositif français pour les diabétiques qui a obtenu un prix de la meilleure innovation. Buzz Médecin a retenu quelques innovations (pas toutes françaises).

Diabète mieux géré

glucosepng2Lorsqu’elle sera commercialisée, la montre connectée K’Track Glucose de la société PK Vitality  pourrait bien changer la vie quotidienne de nombreux diabétiques. Il s’agit du premier dispositif de contrôle de la glycémie par simple pression sur la peau. La K’apsul Glucose qui s’insère au dos du cadran comporte un système de microaiguilles qui examinent le liquide interstitiel (technologie Skin Taste). L’utilisateur ressent un léger effet de fourmillement mais pas de douleur. Pour Luc Piérart, président de la société, l’idée c’est de reproduire le processus de la langue et de goûter la peau. Le capteur peut changer pour d’autres analyses (l’acide lactique par exemple). Avec une levée de fond en cours (entre 3 et 5 millions d’euros) qui sera facilitée par le « Best of innovation » reçu, l’objectif est de commercialiser la montre en 2018 pour un prix de 149 €. La recharge K’apsul Glucose d’une durée d’un mois serait vendue 99 €. Voir le site
C’est encore une avancée pour les diabétiques qui a reçu un Award dans la catégorie Biotech. Clipsulin met, selon Diabnext son concepteur américain, l’Intelligence artificielle au service de la gestion des doses d’insuline. Compatible avec différents stylo injecteur (Sanofi Novonordisk, Lilly notamment) l’enregistreur mémorise le nombre d’unités, l’heure etc..
L’application Diabnext, partagée avec le médecin, permet de gérer son diabète plus efficacement.

Brossage de dents connecté

ARA et appOnt également reçu un Award dans la catégorie Biotech, l’Oral Care System de Kolibree, qui avait lancé une brosse à dents connectée pour apprendre aux enfants à se laver les dents ; Il s’agit cette fois d’accompagner le brossage des patients à risque ou en traitement orthodontique avec ARA. Cette brosse à dent est en précommande sur le site à 79 € (livraison prévue en mars). Award aussi pour Philips Sonicare et son coaching personnalisé en 3D avec feedback en temps réel pour améliorer son brossage.

Télémédecine portable

Autre innovation intéressante, le groupe Visiomed a présenté Visiocheck, la première station de télémédecine mobile et connectée au monde d’un poids de 500 g, ayant la marque CE de dispositif médical de classe IIA (lancement mi 2017). Visiomed a profité du salon pour annoncer le partenariat avec la société de domotique Vity pour qu’elle intègre les services de santé Bewell Connect dans son bouquet TV pour le maintien à domicile.
Le CES est en effet une bonne occasion d’annoncer les partenariats. Startup ayant pour vocation de penser & développer des technologies médicales innovantes de diagnostics et de les rendre accessibles au plus grand nombre, Neogia a officialisé son partenariat stratégique avec Kyomed, ayant une expertise reconnue dans l’accompagnement clinique de dispositifs médicaux innovants. Ce rapprochement devrait se traduire par la mise sur le marché en 2018 d’une première technologie validée cliniquement, le bracelet connecté Motio HealthWear, permettant le diagnostic et le suivi de l’apnée du sommeil en mesurant actimétrie, fréquence cardiaque, oxymétrie et rythme respiratoire.

Semelles connectées, TENS et réalité virtuelle

Parmi les autres start-up sélectionnées pour représenter la French Tech, Rcup, Sublimed et SimForHealth.

Les semelles morphologiques connectées Rcup veillent sur la santé et la sécurité des personnes en remontant des informations (pression plantaire, posture…) avec alerte en cas d’urgence. L’assistant digital sert aussi à apprendre le bon geste pour limiter les douleurs actuelles et futures (troubles musculo-squelettiques) et peut servir à éviter la fatigue de certains postes de travail. Une fonction de commande permet même de donner un ordre à un équipement d’un mouvement de pied.

Sublimed et ActiTENS, son dispositif connecté « wearable » (à porter sur soi) de neurostimulation électrique cutanée pour soulager la douleur. Voir l’article du blog à ce sujet

Sur le stand de SimforHealth, les visiteurs ont pu tester sur le casque HTC Vive, le premier cas clinique d’urgence virtuel développé par la société française en partenariat avec le centre de simulation de la faculté médicale de Nice. Bel exemple de l’apport de la réalité virtuelle dans la formation en santé. SimForHealth présentait également la plate-forme MedicActiV de consultation et de diffusion de cas cliniques virtuels qu’elle souhaite internationaliser.

D’un CES à l’autre, il apparaît bien que tout ce qui peut être connecté va l’être. Et que l’intelligence des apps installées dans le smartphone permet des développements qu’on ne pouvait imaginer jusqu’ici.



ActiTENS, dispositif antidouleur connecté au CES 2017

La neurostimulation électrique transcutanée (TENS) se vulgarise avec l’apparition des appareils TENS connectés, légers et aux applications variées : fitness, récupération après effort sportif et traitement non-médicamenteux de la douleur. Buzz Medecin en a déjà testé plusieurs : BlueTens et MyTens de Bewell Connect. ActiTENS de Sublimed se veut à usage essentiellement médical. Il sera présenté au prochain CES (Consumer electronic show ) de Las Vegas (5-8 janvier) au milieu de la French Tech.

La startup Sublimed a été crée en octobre 2015 dans l’incubateur du CEA. Ingénieur chercheur au Leti de Grenoble, Nicolas Karst s’est lancé avec Simon Perraud, également ingénieur, dans l’aventure du développement d’un TENS connecté, en collaboration avec Dr Jean Pierre Alibeu qui a dirigé le centre antidouleur de Grenoble.
L’appareil fait l’objet de cinq brevets. « Notre dispositif est le premier vraiment « wearable », insiste le chercheur. Car un générateur d’impulsion flexible que l’on place sur la peau (comme un patch) remplace le boitier. Ce générateur est relié aux électrodes par de tout petits câbles courts et fins. Le patient peut porter le dispositif jusqu’à 12 heures/jour de manière confortable et toutes les zones du corps sont couvertes. ActiTENS est donc un dispositif anti-douleur universel.
Pour améliorer le taux de succès de la thérapie, l’application smartphone actiTENS collecte, analyse et synthétise les données du patient (historique d’utilisation, évolution du niveau de douleur ressentie et de l’activité physique, etc). Le médecin dispose lors de chaque consultation d’un outil simple et efficace pour l’aider dans son diagnostic.
Sublimed a levé 700 000 euros en juin dernier pour industrialiser son produit qui devrait être bientôt commercialisé.
actiTENS espère obtenir son marquage CE comme dispositif médical au premier trimestre de 2017, ce qui lui permettra de bénéficier de la prise en charge (112 euros) dans le cadre des TENS prescrit dans les centres antidouleur.
Environ 15 000 personnes achètent un appareil chaque année parmi lesquelles en 2014, 11.000 avec une prise en charge de l’assurance maladie .

En savoir plus www.subli-med.com



Deuxiemeavis.fr veut trouver sa place dans le parcours de soins

Un stand au dernier congrès de la Société française de télémédecine avec un bon accueil des praticiens présents…Un an après la polémique déclenché par son lancement, le site deuxiemeavis.fr qui s’est donné pour objectif de rendre plus accessible l’obtention d’un deuxième avis médical dans les situations délicates, estime avoir sa place dans le parcours de soins.

Parce que le service a un coût – 295 euros par avis pour ceux qui n’ont aucune prise en charge (notamment les patients à l’étranger)-, les trois fondatrices de fondateursdeuxième avis s’étaient vu taxer il y a un an de vouloir tirer du profit de la détresse des malades… Pour les trois fondatrices, la création de ce site, avec le soutien financier d’un fond à impact social, s’inscrit au contraire dans la suite logique de leur engagement pour l’accès aux soins de tous. N’ont-elles pas créé en 2010 l’association CoActis Santé et été à l’initiative de santé BD pour sensibiliser à l’accès aux soins des personnes handicapées ? Comme souvent le cas, c’est une difficulté personnelle, la nécessité de trouver un deuxième avis avant l’opération d’un enfant pour une scoliose, qui a été le déclencheur de leur nouvelle initiative. « Notre ambition, explique Pauline d’Orgeval, l’une des co-fondatrices, c’est d’être un complément et de travailler en lien avec l’équipe de soins ». Dès l’origine, le site s’est doté d’un conseil scientifique de six professeurs et médecins de différentes disciplines ayant tous exercé des responsabilités dans les hôpitaux publics et présidé par le Pr Laurent Degos, professeur d’hématologie. « C’est le conseil scientifiques qui nous a aidé à définir les questionnaires et les résultats d’examens que doivent fournir les patients qui désirent un deuxième avis. Ce sont des dossiers médicaux complets qui sont fournis aux experts consultés. » Les dossiers sont archivés chez Grita, hébergeur de données de santé agréé. C’est également le Conseil scientifique qui a examiné les candidatures des médecins experts qui se sont proposés pour travailler avec deuxième avis. « Ils sont aujourd’hui 90 experts couvrant 240 pathologies. Nous avons eu beaucoup de candidats et même à notre surprise, des « grands pontes » qui pratiquent déjà cette activité de deuxième avis et se trouvent assaillis de mails de patients auxquels ils ne répondent pas face à des dossiers incomplets. Ils voient aussi des patients qui viennent de très loin pour les consulter. » Les experts ont bien sûr signé une convention avec le site, tenant compte des remarques de la Commission nationale des contrats du Conseil national de l’Ordre à qui le projet avait été soumis en 2015.

Un processus validé depuis un an et en cours d’évaluation

2avis pathoSur le site, il est possible de consulter en accès libre les fiches par pathologie. La création d’un compte sur deuxième avis se fait dans un espace sécurisé. Les patients ont accès à toutes les fiches des médecins experts. « Nous avons beaucoup de visites mais seuls 10% des visiteurs soumettent un dossier. » Le patient est incité à mettre dans la boucle le nom du médecin qui a donné le premier avis. Ainsi en cas de divergence, les médecins pourront prendre contact. L’expert s’engage à rendre un compte rendu écrit et signé dans les sept jours. « Dans plus de la moitié des cas, nous constatons que l’équipe soignante le reçoit également. C’est notre souhait de travailler en transparence, en complément du parcours de soins. » Dans 80 des cas, les avis convergent, le patient a obtenu une réassurance et peut commencer son traitement en toute confiance. Dans les 20% restants, nous incitons le médecin expert  à échanger avec l’équipe médicale traitante. Jusqu’à présent, nous n’avons eu que des patients satisfaits et nous travaillons à une évaluation du service par une équipe de recherche extérieur qui pourra donner lieu à une publication. »
Et de souligner que cette démarche sur le web, qui a fait polémique en France est courante à l’étranger. En Allemagne, où le 2ème avis est obligatoire, le site Medexo existe depuis plusieurs années ; parti de Barcelone en 1999, Advance Medical a des bureaux dans le monde entier ; aux Etats-Unis, les établissements et2avis les mutuelles proposent des services, pour des raisons souvent juridiques. «Au cours de cette première année, nous avons eu 20% de demandes provenant de l’étranger. En France, l’activité est restée modeste mais nous avions besoin de valider notre process. Notre objectif est de faire prendre en charge cette expertise par les mutuelles que nous sollicitons, puisque le remboursement de l’acte de télémédecine en est encore au stade expérimental. Nous commençons à être reconnus. Outre notre présence au congrès de télémédecine, nous avons notamment été invités à l’université de la CSMF dans la presqu’ile de Giens, à la journée e-santé organisée par Les Echos. Notre sérieux joue pour nous. Et les médecins commencent à parler de nous! »

www.deuxiemeavis.fr



Le « DSC-BT » de Sylyca, un lecteur PC/SC de cartes CPS et Vitale pour des applications sur smartphone et tablette

La nouvelle stratégie de standardisation des composants du GIE SESAM-Vitale porte déjà ses fruits avec l’arrivée d’un modèle bi-fente utilisant la technologie PC/SC pour la lecture des cartes Vitale et CPS. Alors que jusqu’à présent, nous n’avions vu que quelques applications pour les transports sanitaires par exemple. 

Christophe FerrandoChristophe Ferrando, fondateur de la société Sylyca, après 17 ans chez CBA (éditeur de la solution de télétransmission In’DI et du logiciel Agathe pour les infirmières) est venu présenter son innovation à Buzz Medecin, juste après son homologation.
« Informaticien et développeur passionné » comme il aime à se décrire, il a travaillé deux ans avant de trouver les composants suffisamment puissants pour supporter les exigences de SESAM-Vitale (en matière de sécurité notamment). Le nouveau référentiel accès aux cartes (RAC) est sorti le 3 août dernier. Et un nouvel outil est né.

Un lecteur format smartphone sans écran et Bluetooth

Format smartphone, le « DSC-BT » lit les carte Vitale (dans la fente supérieure) et CPS (réceptacle au verso). Il n’a pas d’écran puisqu’il fonctionne avec une DSC-BTapplication téléchargée sur le smartphone ou la tablette. iOS et Android, il est compatible avec les deux univers et pourrait l’être aussi pour le monde Windows. Comme pour tout objet connecté, on effectue un appairage à la première utilisation (on peut appairer autant de smartphones que de PS utilisateurs).
« DSC-BT, pour Dual Smart Card BlueTooth, explique Christophe Ferrando, ce sont les éditeurs qui trouveront un nom plus attractif pour leurs applications. »
Au départ de chez Sylyca, le DSC-BT ne peut en effet servir qu’à la lecture de la carte Vitale. C’est le kit de développement fourni aux éditeurs par la société qui devrait permettre l’éclosion d’applications : pour la création des FSE (l’approche est différente de celle d’un TLA, les FSE créés sont stockées dans l’application pas dans le lecteur) mais aussi pour la consultation des téléservices et du DMP. « Nous avons un partenariat avec la société iCanopée pour la connexion au DMP. », précise Christophe Ferrando.
On voit déjà le parti que pourront tirer de ce lecteur élégant et léger les médecins possesseurs d’iPad pour peu que les éditeurs développent les solutions adaptées.
Bienvenue à l’imagination pour adapter les nouveaux outils aux situations  de mobilité des professionnels de santé.

* Conçu et fabriqué en France (avec des composants asiatiques…), le DSC-BT fonctionne sur un processeur double cœur avec 1 Go de RAM et 4Go de stockage. Batterie standard rechargeable et remplaçable (cordon standard micro USB) offrant une journée d’autonomie (100 lectures de carte). Bluetooth smart low energy (compatible smartphones et tablettes récents). Connexion à un ordinateur via le port USB. Il n’est pas encore commercialisé.

 



DMP et téléservices au menu de la Rencontre Industriels du GIE SESAM-Vitale

Buzz medecin n’était pas invité à la Rencontre Industriels qui s’est tenue ce 22 novembre dans les locaux de la MGEN à Paris mais a suivi le fil twitter créé pour l’occasion par le GIE SESAM-Vitale qui organisait cette matinée. (#RencontreIndus2016).

Tandis que l’Assurance Maladie a présenté aux industriels le nouveau forfait structure, différents responsables du GIE SESAM-Vitale ont présenté tout au long de la matinée la feuille de route 2017 qui se décompose de la façon suivante :
- présérie du DMP repris par la CNAMTS dans 9 caisses (Amiens, Créteil, Saint-Brieuc, Strasbourg, Tours, Besançon, Clermont-Ferrand, Toulouse, Bayonne)

-Un nouveau service à venir des le premier trimestre, le Protocole de soins électronique PSEi

– le déploiement au premier janvier de nouveaux services par les Assurances Maladie Complémentaires dans le cadre de l’étape du tiers payant obligatoire pour ALD/Maternité : l’annuaire AMC, le service IDB (identification des droits des bénéficiaires) et CLC (CaLCul des droits)

Le GIE a également présenté la nouvelle stratégie de standardisation des composants d’accès aux cartes, dont les lecteurs PC/SC autorisés dorénavant pour tous les professionnels tandis que le CNDA a présenté la procédure d’homologation de DMP compatibilité. Au 1er décembre, c’est en effet le GIE SESAM-Vitale qui prend la suite de l’ASIP santé pour les relations avec les industriels concernant le DMP.

Ce fut aussi l’occasion de faire le point sur les télé services les plus récents. Le service ALDi affection de longue durée en intégré est déjà intégré par trois industriels, le service électronique de facturation pour les transports sanitaires compte plus de 120 000 utilisateurs, 44300 PS sont équipés d’une offre ADRi le service d’acquisition des droits. Et surtout le GIE se félicite du succès du service IMTi (Information sur le médecin traitant) qui a doublé son nombre d’utilisateurs en moins de six mois, pour atteindre 10 000 médecins et 2 millions de connexions mensuelles.



Santé connectée : les 101 bonnes pratiques de la HAS

La Haute Autorité de Santé a publié le 7 novembre un référentiel de 101 règles de bonne  pratique pour aider développeurs et évaluateurs à diffuser des applications et objets connectés sûrs, fiables et de qualité.

La HAS voit au moins trois avantages à la santé connectée : le patient y est plus actif dans sa prise en charge, elle pourrait contribuer au développement de la médecine préventive et enfin l’exploitation du Big Data renferme des promesses de progrès médical. Dans ce contexte, il relève des compétences de la HAS de promouvoir son usage en inspirant la confiance, plutôt que d’édicter des règles restrictives ou de proposer un quelconque label.
La HAS prend bien soin de préciser que ce référentiel, fruit d’un groupe de travail de 25 personnes qui a réfléchi et rédigé pendant toute une année (novembre 2015-septembre 2016) sous la conduite de Pierre Trudelle (HAS), ne se substitue pas à la loi ou à la réglementation. Il ne concerne d’ailleurs pas les objets connectés soumis au régime du marquage CE en tant que dispositifs médicaux (tensiomètre, glucomètre, thermomètre..) mais la zone grise de la forme-santé. Pour les sujets traitant de la protection des données personnelles et de la cybersécurité, la CNIL et l’ANSSI (agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) ont apporté leur contribution.

Des niveaux d’exigence adaptés aux fonctions des apps

N’étant pas le premier à se pencher sur le sujet, le document de 60 pages passe tout d’abord en revue les classifications existantes ainsi que les sites d’évaluation des applications au niveau international (cinq sites en France comme GPM e-sante de groupe Pasteur Mutualité, Medappcare ou DMD Santé et son label mHealthQuality). Pierre Trudelle qui s’est chargé de la sélection et de l’analyse de la littérature a fait un beau travail. Les annexes sont également très intéressantes.
Le référentiel proprement dit, que l’on ne va pas détailler ici mais qui est téléchargeable, porte sur cinq domaines (information, contenu santé, contenu technique, sécurité/fiabilité, utilisation/usage) subdivisés en une vingtaine de sous domaines. Les règles proposées doivent permettre aux utilisateurs, grand public ou professionnels de santé de trouver des produits simples à utiliser et ergonomiques, avec des garanties de sécurité et de fiabilité et dont ils ne sont pas prisonniers (consentement révisable et accessible à tout moment, résultats communicables). En gros, quand vous téléchargez une app, vous devez savoir où vous mettez les pieds…
La HAS a défini des niveaux d’exigence différents selon qu’il s’agit d’une app d’information grand public ou de la gestion de la prise de médicaments. D’une façon générale, les apps destinées aux professionnels de santé relèvent des exigences élevées. Tout cela est consigné dans de grands tableaux assez clairs.
 

Une base pour de futurs labels ou évaluations

En publiant ce référentiel, l’ambition de la HAS est de le voir servir de base pour des registres, label, score, bancs d’essai, évaluation dont elle laisse l’initiative à d’autres. C’est un travail utile. Il s’inscrit dans la ligne du guide de bonnes pratiques européen attendu pour 2017.
Il serait dommage que les développeurs ne tirent pas toute la substantifique moelle de ce référentiel et s’en servent surtout pour rallonger les Conditions Générales d’Utilisation, les fameuses et souvent interminables CGU que l’on accepte sans les lire, avec résignation.

Voir l’article de présentation de la HAS

 Télécharger le référentiel



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