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ResearchKit : Apple propose la norme iPhone à la recherche médicale

La présentation de la plate-forme ResearchKit le 9 mars à San Francisco, à l’occasion du lancement de l’Apple Watch, suscite autant d’enthousiasme que de questions.

L’enthousiasme, c’est le Big Data au service de la recherche médicale.

La plate-forme disponible depuis le 14 avril aux Etats-Unis (puis dans d’autres pays), est open source et les kits de développement sont déjà disponibles sur l’App Store américain. Ce cadre logiciel conçu pour la recherche, doit aider médecins et chercheurs à rassembler plus facilement et qui plus est, mondialement, des données venant des personnes utilisant des applications iPhone. C’est la suite logique d’ HealthKit introduit avec l’arrivée d’iOS8 pour rendre compatible les Apps avec l’app Santé (Health) de l’iPhone (900 apps sont déjà compatibles) afin de permettre aux, différentes apps (forme aussi bien que santé) de communiquer entre elles. ResearchKit permet de solliciter, à la demande, les différents capteurs de l’iPhone : accéléromètre, micro, gyroscope, GPS, pour compléter les informations recueillies par d’autres apps comme celles d’objets santé connectés. Les chercheurs biomédicaux n’auront plus qu’à créer leurs propres apps en fonction de leurs objectifs de recherche et celle-ci pourront avoir accès aux données rassemblées par Health. Elles seront téléchargées sur l’appStore par les utilisateurs volontaires.

Des partenaires prestigieux

L’enthousiasme est partagé par la quinzaine de partenaires d’Apple  où l’on reconnaît les noms d’universités américaines parmi les plus prestigieuses (Standford, Cornell, Rochester, Penn, UCLA …) et d’Oxford. Les premiers exemples d’applications touchent l’asthme, le diabète, le cancer du sein, le risque cardio-vasculaire (voir plus loin)
L’enthousiasme est partagé de ce côté de l’Atlantique par les promoteurs des objets connectés. « Apple est en train de créer le monde de la santé connectée en jouant un rôle normatif, et pour Withings, c’est un clin d’œil, de voir que bon nombre de nos clients figurent parmi les universités partenaires de ResearchKit, souligne Alexis Normand, responsable du développement santé, cela va encore faciliter l’usage de nos objets dans les études cliniques dont le coût va baisser. Bien sûr, il faut que les données soient fiables. Apple y apporte une grande attention dans HealthKit. » Chez Bewell Connect (groupe Visiomed), le Dr François Teboul, directeur médical, ne peut que le constater : « Ce sont les premiers à mettre en place ce que tout le monde veut faire et ils sont bien placés pour le faire : une plate-forme de données anonymes avec des données sur le sujet sain auxquels aucun chercheur n’avait accès. On va rentrer dans une pratique de recherche différente qui pourra s’adapter en fonction des premiers résultats, ajouter facilement un nouvel indicateur. La vraie question est celle de la validité, si le patient est complètement en autogestion. Il restera aux chercheurs à requalifier l’information

Recrutement de patients à l’échelle mondiale

 

ResearchKit facilite évidemment le recrutement de participants sur une grande échelle puisque l’iPhone compte des centaines de millions d’utilisateurs (74,5 millions d’exemplaires écoulés pour le seul dernier trimestre de 2014). Un processus de consentement éclairé est intégré avec une signature électronique (voir illustration). Les utilisateurs choisissent les études auxquelles ils participent et les données qu’ils souhaitent fournir. Si ResearchKit transforme de fait l’iPhone en un outil de recherche médicale, Jeff Williams, Senior Vice President of Operations d’Apple, a bien insisté sur le fait que la firme à la Pomme ne verra pas les données de l’utilisateur et que c’est celui-ci qui décide seul de les partager ou non et avec qui.  Le succès est déjà au rendez vous puisque, selon le site français  iGénération,  les chercheurs de Stanford ont enregistré 11.000 personnes inscrites en moins d’une semaine sur leur app MyHearth Counts contre 5.589 à Parkinson mPower de l’université Rochester. Le public américain est en tout cas prêt à participer à la iMedicalResearch. Selon Apple, le 14 avril, lors de l’annonce de la disponibilité du Kit aux US, 60.000 possesseurs d’iPhone s’étaient inscrits. Des précisions sur le fonctionnement de l’écosystème ont été donnés par Apple en avril :

  • Consentement des participants : c’est un élément essentiel à toute étude. Avec ResearchKit, les chercheurs ont accès à un modèle d e consentement électronique visuel qu’ils peuvent personnaliser pour donner des explications détaillées et obtenir la signature des participants. Dans ce module, il est très facile d’ajouter de nouveaux éléments, notamment des vidéos pour décrire l’étude, et d’inclure un questionnaire interactif pour s’assurer de la bonne compréhension du participant.
  • Enquêtes : ce module fournit une interface utilisateur précompilée qu’il est facile de personnaliser. Les participants répondent simplement aux questions personnalisées et transmettent immédiatement leurs réponses aux chercheurs.
  • Tâches actives : ce module permet aux chercheurs de collecter des données parfaitement ciblées en invitant les participants à réaliser des activités que les capteurs sophistiqués de l’iPhone traduisent en données. Les premiers modules incluent des tâches mesurant des activités motrices, la condition physique, des processus cognitifs et la voix. Et grâce au cadre disponible en Open Source, la communauté des chercheurs peut ajouter encore bien d’autres modules de tâches actives à ResearchKit.

 

Expansion du domaine de l’iPhone

 

La question, c’est la puissance financière de l’entreprise devenue telle au fil des années de succès de l’iPhone (1 milliard d’unités vendus au total) que ses réserves de cash représente 178 milliards de dollars. Des chiffres qui donnent le tournis aux analystes financiers obligés de constater qu’aujourd’hui, Apple peut tout s’offrir. Mais, le colosse reste fragile, car il lui faut sans cesse réinventer une nouvelle machine à cash.
Apple n’ayant pas une réputation marquée de philanthropie, cette aide à la recherche médicale apparaît aussi comme une nouvelle expansion de l’écosystème iPhone. 
La société Apple va-t-elle réussir à imposer sa norme à la Santé mobile comme le fit Microsoft en son temps pour les PC ?  Qui refuserait de croquer une pomme si alléchante, alors que la disette de moyens gagne les laboratoires ?
Du temps du vieux débat entre recherche fondamentale et appliquée, les chercheurs craignaient le pilotage par l’aval, de l’industrie…On avait jamais imaginé le pilotage par le cash de l’électronique !

 

Les premières applications


- L’asthme avec le suivi l’évolution des symptômes chez un individu avec les facteurs déclenchant comme la pollution atmosphérique ("Asthma Health", Icahn School of Medicine de l’hôpital Mount Sinai à New York et LifeMap Solutions), ce qui doit permettre de personnaliser le traitement
- Le cancer du sein pour comprendre pourquoi certaines patientes se rétablissent plus rapidement que d’autres et comment réduire les symptômes (questionnaire + capteurs de l’iPhone (« Share the Journey »Dana-Farber Cancer Institute à Boston, Penn Medicine, Sage Bionetworks et le Jonsson Comprehensive Cancer Center de l’UCLA en Californie),
- Le risque cardio-vasculaire en étudiant à une vaste échelle en quoi l’activité et le mode de vie des participants sont reliés à leurs maladies cardiovasculaires (MyHearthCounts », Stanford Medicine)
- Le diabète pour savoir en quoi les différents aspects de la vie d’une personne –régime alimentaire, activité physique et traitements médicaux- affectent sa glycémie (« GlucoSuccess », Massachusetts General Hospital)
- La maladie de Parkinson avec enregistrement des activités ((jeu de mémoire, toucher du doigt, parole, marche) au moyen des capteurs de l’iPhone pour suivre l’évolution des symptômes. L’idée est de mener « l’étude mondiale la plus vaste et la plus exhaustive sur le sujet » (« Parkinson mPower », Sage Bionetworks et l’université de Rochester dans l’Etat de New York).
La galerie d’écrans montre l’unité de présentation de ces différentes apps

 

(mise à jour le 28 avril 2015)

 ATTENTION : Les apps ResearchKit ne sont prises en charge que par les iPhone 5,5 S, 6, 6 Plus et l’iPod Touch dernière génération. (Pas par les iPad sur lesquels on ne peut télécharger l’app Health)

En savoir plus : Voir le communiqué de presse en français sur le site d’Apple
Découvrir ResearchKit :
http://www.apple.com/researchkit/

www.researchkit.org.

 

 



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