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Santé connectée : la France à la traîne selon un indice IPSOS-Philips

Selon le nouvel indice Futur Health Index concocté par le groupe Philips en lien avec une enquête IPSOS dans 13 pays*, la France est à la traine en ce qui concerne les perceptions, les comportements et les attitudes des patients et des professionnels de santé vis à vis de l’adoption des technologies connectées et de l’intégration du système de santé.

Les prévisions mondiales d’équipement en objets connectés sont mirifiques, particulièrement dans le domaine de la santé. A la suite des start-up, les groupes mondiaux s’y engouffrent les uns après les autres. Avant de se lancer dans l’aventure à son tour (sa gamme santé connectée devrait sortir en 2017), le néerlandais Royal Philips a enfilé les sabots de bois du folklore national, ceux qui permettent de bien coller au sol et à la réalité du terrain. Il a demandé à l’IPSOS de mesurer les perceptions, comportements et attitudes vis à vis de l’e-santé, des patients (25 000) et des professionnels de santé (2 600) dans 13 pays : Australie, Brésil, Chine, France, Allemagne, Japon, Pays-Bas, Singapour, Afrique du Sud, Suède, Emirats arabes unis, Etats-Unis.

Un indice FHI pour comparer les pays

De cette étude, qui sera menée chaque année, est né un nouvel indice, le Future Health Index, qui permet de comparer les appétences des pays en la matière. Avec un FHI global à 54.4, la France sort de l’étude 10e sur 13, devant l’Allemagne (52.8), le Brésil (50.6) et le Japon (49.0). Alors que la Suède, les Emirats arabes unis et les Pays Bas sont en tête avec des indices respectifs de 60.9, 60 et 58.8.
Coup dur pour le pays qui a eu, selon l’OMS, le meilleur système de santé au monde. C’était en 2000. Depuis, les choses ont bien changé ; la confiance dans l’accès au continuum des soins, s’est effritée. Avec un indice spécifique à 66.9, la France occupe la huitième place. Les PS ne sont plus en effet que 53% à penser que leurs patients ont accès aux soins nécessaires alors que 67% des patients se disent satisfaits. 79% des PS français considèrent cependant positivement la qualité des soins délivrés en France mais seulement 68% des patients.
Autre enseignement : le vieillissement de la population est perçu comme un problème davantage par les PS (37%) que par les patients (11%).
Le partage de l’information est une réalité : 83% des PS partagent souvent ou systématiquement des informations sur la santé de leurs patients avec des confrères et 57% le fait en ligne.

La santé connectée, anxiogène ou utile ? : Les médecins n’ont pas encore tranché

Pour la faculté d’adoption des dispositifs de santé connectée, la France avec un indice à 42.6 est en queue de peloton avec l’Allemagne et le Japon. Ce résultat contraste avec une effervescence de start-up nationales encensées par le gouvernement français. La French Tech n’est pas prophète en son pays. Le grand public considère à 48% le coût comme un obstacle. 49% des PS et 42% des patients pensent d’ailleurs que ces dispositifs entraineraient une augmentation globale des coûts des soins de santé. Les PS continuent à penser à 66% que les technologies connectées alourdiront leur charge de travail et estiment à 60% que la surabondance d’information pourrait être anxiogène pour les patients. Lors des entretiens, ils soulignent que ces technos doivent venir en renfort et non en remplacement de consultations. Mais ils reconnaissent aussi à 49% que cela peut améliorer les connaissances des patients. Plus de la moitié des PS (59%) a eu l’occasion de recevoir des patients qui leur ont partagé des données provenant de dispositifs. Ce partage a incité les patients à bien suivre leur traitement (65%) et a permis de leur fixer des objectifs raisonnables (53%). On peut en conclure qu’il reste un important effort d’information et de validation avant de convaincre le grand public médical…
A noter, dans tous les pays, PS et patients sont partagés sur la capacité de chacun à gérer sa santé : 56% des patients (63% en France) s’en estiment capables contre 46% des PS (48% en France).
Quant au concept de système de santé intégré, continuum qui va de la prévention à la prise en charge au domicile, les patients et les médecins s’accordent dans tous les pays (sauf au Japon) à le valider. Mais la bureaucratie est perçue comme un frein ainsi que la nécessité de sécuriser les données personnelles de santé ce qui augmente les coûts. Dans ce domaine, la France est 10ème sur 13.
Ces chiffres, un peu compliqués à expliquer pour les profanes, sont à prendre pour ce qu’ils sont, des statistiques. Mais tels que, ils révèlent quelque chose de la difficulté d’évolution des systèmes de santé, notamment en France, face aux défis des années à venir, comme le vieillissement de la population.
Pour les objets santé connectés, le marché semble plus ouvert aux Emirats arabes unis, en Chine ou en Afrique du Sud, puis aux Etats-Unis et au Brésil que partout ailleurs.

* Entretiens en ligne et par téléphone menés entre le 24 février et le 8 avril 2016 auprès de 200 PS et 2000 patients dans chaque pays (1000 dans les EAU)

voir le PDF en français



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