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Agnès Buzyn chez Kolibree : la prévention peut aussi passer par des objets connectés

serval et BuzinDans la foulée de la présentation du Plan Priorité Prévention par le Premier Ministre lors du Comité interministériel de la Santé, la ministre Agnès Buzyn a visité le 26 mars l’incubateur du groupe Baracoda au 1 rue Garnier à Neuilly, en compagnie de Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat au numérique et de Delphine Gény-Stephann, secrétaire d’Etats auprès du ministre de l’économie et des finances. Le rôle des objets connectés santé dans la prévention n’est pas encore suffisamment mis en avant.

« Design, intelligence et scientifique », c’est par ces trois mots qu’Agnès Buzyn a qualifié les produits de Kolibree et de Care-OS . Qu’il s’agisse des brosses à dents connectées ou du prototype de miroir connecté qui peut surveiller votre santé (vos grains de beauté par exemple), la démarche de prévention de l’industriel « est parfaitement phasé avec la politique du gouvernement ».
Cette déclaration et l’intérêt qu’ont manifesté les trois représentants du gouvernement tout au long de leur visite, ont dû aller droit au cœur de l’équipe de Kolibree (30 personnes) qui après quatre année d’efforts et de développements, voit enfin la reconnaissance arriver. « Notre première application destinée aux enfants était si réussie qu’il fallait les empêcher de se laver les dents plus de trois fois par jour mais nous avions oublié de faire brosser les dents de devant… ».  techno brosse à dent
La nouvelle génération c’est Magik, une brosse à dent qui est toujours connectée mais sans capteur puisque c’est la caméra du smartphone qui reconnaît les mouvements de la brosse à dent glissée dans une sorte de manchon hérissé de petits plots colorés qui permet la reconnaissance. Une collaboration avec le CEA a permis à la start-up de griller les étapes et de sortir en un temps record, un produit grand public qui sera commercialisé fin 2018-début 2019. L’application est en réalité augmentée, les enfants choisissant des mondes imaginaires et devant gagner des masques quand ils se brossent les dents correctement face à la caméra. C’est magique d’où le nom de ce nouvel objet.

Des essais cliniques de prévention

Thomas Serval, CEO-cofondateur de Kolibree a depuis l’origine choisi d’ « essayer de prévenir plutôt que de soigner ». Ce qui suppose aussi des essais cliniques de prévention.
Sa rencontre avec l’UFSBD (émanation du conseil de l’Ordre des chirurgiens dentistes pour la santé bucco-dentaire) a permis une étude auprès de 330 dentistes portant sur 200 000 brossages. Le constat est éloquent : seul 32% de la population se brossent les dents deux fois par jour ou plus.
Kolibree va participer à une étude clinique dans le cadre de la chirurgie réparatrice maxillo-faciale des fentes labio-palatines pratiqué dans le service du Dr Roman Khonsari à l’hôpital Necker. Assistante spécialiste, le Dr Dominique Seblain, passe un jour par semaine chez Kolibree « Si les dents sont en mauvais état, la GengivoPeriOstéoplastie montera plus de complications ». Deux groupes d’enfants seront donc comparés avec ou sans utilisation de Kolibree avant l’opération.
« Nous avons le premier analyseur de brossage intelligent, qui capte la position de la brosse dans la bouche, indique Thomas Serval, il est capable de fournir un feedback en temps réel et de mesurer comment mener des campagnes de prévention efficace ».
Kolibree va aussi rejoindre l’application Health d’Apple pour développer des projets d’étude avec Research Kit.

Un partenariat avec Colgate

Il s’agit en effet maintenant pour Kolibree de passer à la production de masse en profitant de son avance technologique pour occuper le terrain « Plus on aura de brosses à dents installées, plus il sera difficile de nous rattraper ».
8 milliards de brosses à dent sont vendues chaque année dans le monde. En connecter 10%, c’est l’objectif. Si Kolibree reste un produit plutôt haut de gamme (même si le prix a baissé à 129 euros), le prix de Magik (autour de 20 euros) utilisant des brosses à dents classiques va constituer un nouvel argument.
D’autant plus que son partenariat avec Colgate annoncé en janvier, ouvre à Kolibree un réseau commercial de grande diffusion.
Parmi ses autres atouts : le contrôle de la production. « Nous avons nos propres usines, et un partenariat avec La brosserie française, installée à Beauvais depuis 1846, capable de fabriquer sur demande des brosses moins dure en fonction des usages ». Ainsi qu’une attention à la protection des données de plus en plus appréciée des consommateurs.
Ibuzyn attentiveInterrogée sur le remboursement des objets connectés santé, Agnès Buzyn a répondu que la discussion portait d’abord sur les objets connectés qui vont montrer un effet sur les soins. « Pour la prévention, il leur faudra prouver un vrai gain, comme on a montré les bienfaits de l’activité physique sur le fonctionnement cardio vasculaire. On peut imaginer leur prescription dans le cadre des parcours de santé prévention. »
En attendant, la démocratisation du brossage de dent connecté ludique qui permet de prendre de bonnes habitudes dès l’enfance,semble sur la bonne voie.



Journée du sommeil du 16 mars : Philips met en avant sa Dream Solution pour l’apnée du sommeil

A l’occasion de la journée du sommeil, il n’est pas inutile de rappeler que 2 millions de personnes en France souffrent d’apnée du sommeil et que seuls 20% des malades sont diagnostiqués et suivis par un système de pression positive continue (PPC).

Ce traitement qui a prouvé son efficacité pour le SAOS (Syndrome d’apnée obstructive du sommeil) est pris en charge par l’Assurance maladie mais il rencontre des difficultés d’observance en raison de sa lourdeur : mauvaise acceptation psychologique de l’appareillage, intolérance au masque, bruit gênant pour le conjoint, intolérance à la pression.

Philips, déjà très implanté dans la PPC, a donc conçu une nouvelle solution qui permet de gommer au maximum ces inconvénients. 
Philips DreamStationGoDream Solution déploie une touche de modernité avec une DreamStation design et connectée, plus silencieuse en fonctionnement, qui se décline également en version nomade. La nouvelle DreamStation Go assure 13h d’autonomie et se glisse dans une pochette.
La gamme de masques DreamWear se veut plus légère à porter avec un contact minimal, assurant plus de liberté et un champ de vision dégagé. Aux modèles « minimal » (sous le nez) et « narinaire » déjà commercialisés vient de s’ajouter une version « nasobucal » (de 149 à 199 euros). L’utilisation du silicone prévient les irritations et traces rouges au réveil. Les premiers retours montrent que 78% des patients considèrent que le masque ne laisse pas de traces.
Pour réduire l’intolérance à la pression, le mode P-Flex permet une respiration et un endormissement plus naturel (la pression est plus faible pendant la phase d’endormissement).
Enfin, c’est l’application DreamMapper, dispositif médical de classe 1, validé cliniquement, qui aide les patients à intégrer ce traitement qui reste contraignant dans leur vie quotidienne. Le patient reçoit un bilan quotidien, accède à un tableau de bord de son traitement PPC qu’il peut partager avec les professionnels de santé via le site Internet.
Philips annonce également l’app Booster Tonic pour améliorer sa santé et optimiser les effets du traitement par la PPC.

La récente étude sur le sommeil réalisée par Philips auprès de 15 000 adultes dans 13 pays et publiée pour la journée du sommeil, montre 52% des répondants souffrent d’un trouble impactant leur sommeil : 25% d’insomnie, 16% de ronflements, 9% de douleurs chroniques, 6% d’apnées du sommeil, 6% de troubles liés au travail de nuit.
Améliorer le sommeil fait donc partie du positionnement de Philips qui a présenté au dernier CES de Las Vegas, SmartSleep, un dispositif connecté pour stimuler le sommeil profond chez les utilisateurs en manque chronique de sommeil.

Pour en savoir plus sur DreamWear

Voir aussi l’article de Buzz Medecin sur la sleep tech



Santé connectée, les tendances 2018 (2) : la Sleep Tech

 Sondage, après sondage, étude après étude, il apparait que la population dort mal.Les enquêtes annuelles de l’Institut national du Sommeil et de la Vigilance montrent que 54% des Français jugent leur sommeil insuffisant, qu’en semaine, 24% dorment moins de six heures. Alors toutes les pistes sont explorées par les innovations : l’environnement avec la recherche des conditions optimales (qualité de l’air, température, niveau sonore) du bien dormir, la physiologie avec la possibilité d’agir sur le sommeil profond pour en augmenter la proportion et même la génétique.
Ainsi, au CES, DNA Lifestyle Company propose Slumber type, une application qui utilise l’analyse de votre génome pour améliorer votre sommeil avec un sleepscore.
Le Smart Bed a le vent en poupe, sous forme d’oreiller comme le Somnox ou de bande truffée de capteurs à glisser sous le matelas comme le Nokia Sleep (Buzz medecin avait testé son prédécesseur, l’Aura de Withings) qui établit chaque jour votre score de sommeil (sur 100) à partir de l’analyse des cycles de sommeil, de la mesurer du rythme cardiaque et de la détection des ronflements (compatibilité IFTTT pour s’intégrer dans une maison intelligente.
La plupart de ces objets (comme d’ailleurs les montres et les bracelets qui analysent votre sommeil en se basant sur la mesure de la fréquence cardiaque) se contentent de fournir des courbes de sommeil, plus ou moins détaillées. Certains dispositifs aident au réveil ou à l’endormissement utilisant la luminothérapie comme Somneo Lumière de Philips. Ou encore Homni de Terraillon (photo ci-dessous), solution de sommeil intelligente qui analyse le sommeil mais aussi les données de l’environnement (humidité, température, bruit, luminosité)

HOMNI Dreem

Stimuler le sommeil profond

Deux solutions stimulent le cerveau de l’utilisateur. Philips a dévoilé SmartSleep conçu pour stimuler la phase de sommeil profond réputée la plus récupératrice, par l’intermédiaire de deux capteurs. Ces capteurs détectent la phase de sommeil profond et déclenchent une action spécifique : des tonalités auditives sur mesure optimise la profondeur et la durée du sommeil profond. Une technologie cliniquement prouvée souligne-t-on chez Philips : lors d’un test, des utilisateurs en manque chronique de sommeil ont essayé le Smart Sleep pendant deux semaines. 70% d’entre eux se sentaient déjà moins fatigué pendant la journée.

Dreem (photo du bandeau) mis au point par la start-up française Rythm est en vente depuis peu. Equipé de deux capteurs ECG (et aussi d’un oxymètre de pouls et d’un accéléromètre), Dreem intègre un émetteur qui diffuse par conduction osseuse des sons rythmiques visant à agir sur le sommeil de l’utilisateur : aide à l’endormissement amélioration du sommeil profond et réveil intelligent. Un test sur 30 000 nuits de 500 actifs de 28 à 35 ans montre une amélioration de 32% en moyenne de la qualité du sommeil profond. Rythm a d‘ailleurs lancé en collaboration avec l’Ecole Polytechnique et l’université Paris Descartes, Morpheo, une plate-forme d’IA (Intelligence artificielle qui veut rassembler les données anonymisées provenant d’instituts du sommeil du monde entier et des porteurs de Dreem. Son but : aider les médecins à identifier les profits critiques caractérisant certaines pathologies du sommeil et certains types d’insomnie.

Oura-RingRien d’étonnant si les Trophées de la santé mobile (TSM) organisés par DMD Santé ont décidé en 2018 de décerner un Trophée de l’objet connecté dédié au sommeil avec un jury spécifique coordonné par Maxime Elbaz, docteur en neurosciences, qui a monté l’iSleepLap au centre du sommeil et de la vigilance de l’Hôtel-Dieu à Paris. Des examens comparatifs comme la polysomnographie, enregistrement complet du sommeil au domicile des sujets, ont été pratiqués pour l’évaluation. Parmi les six objets présélectionnés, c’est l’anneau OuraRing, de la start-up finlandaise Oura qui a été couronné. Le porteur de la bague peut consulter et analyser les données liées à son sommeil sur une application mobile. Lors des test, elle s’est révélée la plus fiable des applications et devices sur le sommeil,avec un taux d’erreur de seulement 17% pour la durée du temps de sommeil. La fonction analyse du sommeil doit encore faire l’objet d’une étude complémentaire.



Santé connectée : les tendances 2018 (1)

« Le CES, c’est l’effet Wahoo ! » Avec 4000 stands, 300 journalistes et une délégation française de 346 start-up et sociétés (la 2e derrière les Etats-Unis), le Consumer Electronic Show de Las Vegas (9-12 janvier) reste « the place to be » l’endroit où il faut être dès lors que l’on travaille dans la « eTech ». Les Trophées de la Santé connectée remis le 9 février ont confirmé ces tendances 2018 sur le marché français en présence de quelque 600 participants.

Au CES, la Santé connectée, sujet transversale s’il en est, se déploie à différents endroits, comme l’explique Lionel Reichardt, expert du secteur avec son blog et son compte twitter Pharmargeek*.
La marketplace « Health and Wellness », accueille les innovations dans le domaine santé-bien-être, l’Eureka Park concentre 900 start up, dont une cinquantaine dédiée à la e-santé (dont les sociétés e-santé de la French Tech). Enfin le Digital Health Summit a abordé des sujets comme la Digital Therapeutic avec forte personnalisation des soins, la certification des technologies par la FDA, les Brain Technologies. La Poste qui héberge déjà  33 millions de DP (Dossier pharmaceutique) a présenté une sorte de carnet de santé  via l’application "La Poste e-santé" dejà disponible sur les stores. Celle-ci permet de gérer les données personnelles recueillies par les appareils connectés.  Ces données centralisées peuvent être partagées avec les médecins .

Les assistants vocaux , cheval de Troie des GAFA, pour les soins de santé

D’une façon générale, au CES, le nec plus ultra de la technologie trouve des applications dans la santé qu’il s’agisse de l’impression 3D pour les prothèses , des casques et des applications de réalité virtuelle pour la rééducation, la prise en charge de la douleur (casque Kinequantum), la médecine d’urgence et la télémédecine. Ou encore de l’haptique qui donne la sensation du toucher en réalité virtuelle (GoTouchVR). Et permettra demain aux chirurgiens d’enfiler des gants pour sentir « les tissus humains » des opérations « virtuelles ».
On attend aussi la 5G qui en permettant des débits 100 fois plus importants que la 4G tout en consommant peu d’énergie va permettre des interactions avec des solutions IA (Intelligence artificielle). Les visiteurs ont été impressionnés par l’omniprésence de la voix qui couplée avec l’Intelligence artificielle, va jouer un rôle de plus en plus important dans le diagnostic des patients.
A voir ou plutôt à entendre, les animations à base de technologie « Hey Google » ont envahi les couloirs du salon. La compétition est féroce entre Google Home et Amazon Alexa (Echo), assistants pour la maison. Mais nombre de spécialistes estiment que les assistants vocaux sont « un cheval de Troie » pour les soins de santé car demain, ils guideront les patients avec des informations accessibles et intelligibles. Le grand public n’y est pas insensible puisqu’Amazon a vendu à Noël 10 millions d’Echo…

Davantage de médical et de clinique

Autre tendance le développement du médical connecté et l’arrivée de la clinique.
Plusieurs innovations très médicales ont reçu un Award : pour les diabétiques, des chaussettes pour prévenir les ulcères (Siren Diabetics Socks, « best of innovation ») ainsi qu’un dispositif pour détecter une perte de sensibilité des mains ou des pieds (Neurostylus). La start-up française MirambeauAppCare, installée en Gironde a également reçu un prix pour son application Diabilive qui indique au diabétique le taux d’insuline exact à s’injecter en fonction de leur activité, de leur alimentation et de leur glycémie. C’est le médecin traitant qui a préalablement inscrit le protocole de dosage d’insuline dans l’application. Les algorithmes calculent la dose d’insuline. La société girondine a déjà conclu un accord avec iHealth qui fabrique des glucomètres connectés.
Vagizen de Gyno couple un caméra et une application pour surveiller la santé du vagin avec une interprétation intelligente des images cervicales obtenues. Nombre d’applications se réclament de l’Intelligence artificielle.
A noter, une société comme Omron Healthcare, plus habituée des salons de matériel médical que du CES, a présenté une gamme connectée étendue. On connaissait déjà ses balances et ses tensiomètres, voici un tensiomètre intégrant un ECG en cours de validation à la FDA et grande nouveauté, Omron Hearth Guide, une montre qui prend la tension (miniaturisation de la technique classique d’oscillométrie) et pourrait par exemple prévenir les risques d’AVC pendant son sommeil. Bewell Connect était également présent avec MyPeriTens dispositif médical de classe II A qui utilise le principe de la stimulation électrique, principalement pour exercer une stimulation neuromusculaire du périnée, en complément du travail du kinésithérapeute.

Coté hygiène bucco dentaire, Kolibree a mis en avant Magik, sa brosse à dent connectée pour enfant distribuée dans les Apple Store (et bénéficiant d’un partenariat avec Colgate) et récompensé d’un Award dans la catégorie « Sport Fitness Biotech » tandis que Philips présentait sa brosse à dents Sonicar DiamondClean Smart avec une plateforme virtuelle pour les soins bucco dentaires personnels (conseils et partage des données avec son dentiste). La salle de bain connectée a fait sensation avec un miroir connecté, aujourd’hui pour se maquiller mais demain pour analyser votre « mauvaise » mine  (son système d’exploitation ne se nomme -t-il pas Care OS ?). Et dans la chambre à coucher, le Smart Sleep est de rigueur (voir article suivant).

Encore de l’évaluation à prévoir

Lors de la remise des Trophées de la santé connectée, le Dr Guillaume Marchand, co-fondateur de DMD santé qui s’est lancé dans la certification d’applications et d’objets connectés avec le label mHealth Quality (en cours, plusieurs dispositifs de Bewell Connect) estime que « l’aspect geek tend à s’effacer au prix d’une approche clinique », tout en regrettant que « l’évaluation des usages » n’ait pas encore « pris sa place ».
A l’appui de son analyse, on peut citer la récente initiative de l’AP-HP qui met en place DMH (Digital medical hub), une structure piloté par le Pr Marie-Pia d’Ortho pour l’évaluation des objets connectés et leurs applications. La première étude clinique menée concerne 25 patients transplantés pulmonaires suivis à l’aide de trois objets : le thermomètre patch Tucky, le spiromètre SmartOne de Mir et le dispositif d’oxymétrie de pouls de la société israélienne Oxitone.
Autre exemple, pour sélectionner des objets analysant le sommeil, DMD santé a fait appel à Maxime Elbaz, docteur en neurosciences au sein du iSleepLab du Centre du sommeil de l’Hôtel Dieu (AP-HP) : « Il y a un réel besoin de développer des dispositifs médicaux connectés qui puissent être utilisés comme outils médicaux à domicile pour une meilleure prise en charge du patient. C’est ainsi que je vois l’évolution à court terme ».

*Interaction Healthcare a organisé le 31 janvier une conférence sur "les grandes tendances de la e-santé présentées au CES 2018"

(dernière mise à jour le 15 février 2018)



Congrès de la Société française de télémédecine : place à l’ambulatoire

Scan SFTMême si le thème du 10ème congrès européen de la société française de télémédecine (SFT) était cette année « ambulatoire et domicile », les conférences étaient encore assez hospitalo-centrées. Mais dans les stands du salon, à la maison internationale de la Cité universitaire, on pouvait découvrir une floraison d’initiatives et de start-up plutôt à destination des libéraux. Un secteur en pleine effervescence.

Qu’est-ce que la télémédecine change pour l’exercice médical ?
Lydie Canipel, secrétaire générale de la SFT, rappelle les conditions d’un diagnostic.
En consultation le médecin dispose de l’examen clinique, de l’interrogatoire du patient et des résultats d’examen. En téléconsultation, il aura toujours les résultats d’examen et l’interrogatoire mais il est privé d’examen clinique. Il doit donc développer d’avantage l’audition et la vue et porter un regard plus attentif sur le patient.
Quant à la téléexpertise, elle remplace le téléphone et apporte même des éléments supplémentaires tels que transmission d’images et de dossiers.
Enfin, la télésurveillance suppose de faire confiance aux algorithmes qui vont déclencher les alertes (et qui doivent faire l’objet d’études cliniques pour traquer les faux négatifs) …
C’est l’ensemble du parcours de soins qui est à repenser. Demain, le patient lui même choisira l’option télémédecine en fonction de sa situation. Le Dr Marion Lagneau, à la tête de l’équipe médicale de Médecin Direct (30 médecins) qui pratique le téléconseil depuis une dizaine d’années (1.500 à 2.000 patients/mois pris en charge par leur mutuelle), témoigne du remplacement de l’examen clinique par « l’hypertrophie de l’interrogatoire ». Le dialogue se fait à 80% à l’écrit : les patients ont de plus en plus l’habitude de communiquer sous cette forme. « L’alliance thérapeutique avec le patient se fait même à distance » assure-t-elle. Depuis septembre 2016, le service a reçu l’agrément des ARS et de la CNIL. Chaque échange produit une pièce jointe que le médecin peut intégrer dans son logiciel métier. Et Médecin Direct va expérimenter la téléconsultation en vidéoconférence dès février-mars prochains

Les libéraux sont globalement déjà équipés

Avec l’évolution des technologies, plus besoin d’un dispositif de visioconférence. La caméra de l’ordinateur, de la tablette ou du smartphone fait très bien l’affaire (96% des médecins sont déjà équipés en smartphone et 76% d’un ordinateur avec une webcam selon une étude de la start-up Feelae). Seule condition : passer par une plate-forme sécurisée et disposer d’un dossier patient (qui pourrait être à terme le DMP ???). La perspective de l’élargissement de l’acte de télémédecine, avec une volonté politique très forte, donne en tout cas des ailes tant aux acteurs déjà présents comme les plates-formes régionales qu’aux nouveaux venus.

D’autant plus que les lettres clés des actes ont été créées par l’Assurance Maladie et sont en cours d’implémentation dans les logiciels métiers (cf. l’article sur Cegedim et la télémédecine), comme l’a indiqué Myriam Burdin de la DGOS lors du congrès.

Les EHPADs, cibles privilégiées

Ainsi Schiller, le fabricant bien connu d’ECG, s’est associé à Banook Group (à Nancy) pour développer la téléexpertise d’un réseau de cardiologues à destination notamment des EHPAD. Qui devront s’équiper de l’ECG connecté Schiller (2900 €TTC).

Installé à Strasbourg, TokTokDoc veut opérer dans le cadre des téléconsultations en EHPAD prise en charge par l’Assurance Maladie. L’enthousiasme de ses jeunes fondateurs n’a d’égal que leur activité. Une trentaine d’établissements ont déjà signé et 125 sont en cours, assure Alexandre Cornu, ancien (déjà) de chez Doctolib. Des accords sont en train d’être passés avec des éditeurs de logiciels pour EHPAD. Le principe : l’EHPAD s’abonne au service (199 euros + 3 euros/lit pour un mois et sans engagement, formation incluse).TokTokDoc fournit un iPad, un abonnement 4G et des objets connectés (pour le moment un stéthoscope connecté Eko). L’infirmière assiste le patient et peut envoyer des photos avec sa tablette. A l’autre bout du « cloud », le médecin ouvre sa plate-forme nominative sur son ordinateur. Il récupère dans son dossier tout ce qui aura été généré pendant la consultation (TokTokDoc ne conserve rien). A la fin, le praticien envoie une ordonnance et une feuille de soins qu’il faudra…imprimer !

« Jusqu’à 28.000 € remboursés par l’Assurance Maladie » dans le cadre du programme ETAPES a inscrit Avis2 sante sur son dépliant. Il s’agit d’une plate-forme en web service de télémédecine pour des téléconsultations et des téléexpertises, actuellement en bétatest en région PACA qui devrait être en ligne en janvier. Disponible sur smartphone, tablette et ordinateur. Les médecins s’y abonnent, disposent d’un agenda pour proposer des plages de téléconsultation (116€HT/mois, un mois gratuit, sans engagement). Un service assez similaire à celui de Doc Consulte (non présent au salon).

Déjà installées, les plates-formes régionales de télémédecine, ne sont pas en reste. ORTIF, porté par le GIS SESAN a permis d’équiper 180 établissement en Ile de France depuis 2014. ORTIF s’est décliné en téléradiologie, télésurveillance des insuffisants cardiaques, en téléexpertise en oncodermatologie avec une application sur smartphone (ORTIF’App), télé suivi post-opératoire en relation avec le site Bepatient. Des avis et du suivi Installée à Clermont Ferrand,

Feelae est une application de conseil par visioconférence. Elle promet « un vrai médecin à portée de main » et une discussion avec un généraliste sans limite de temps pour 19 euros (non pris en charge). Selon une étude auprès de 160 médecins généralistes et spécialistes, 67% des médecins interrogés seraient prêts à proposer un service de téléconsultation.

deuxième avis poursuit son développement en téléexpertise. Dans 80% des cas, les avis convergent. Le frein : récupérer le dossier médical. "Quand nous avons commencé, le patient avait l’impression de trahir son médecin mais la mentalité est en train de changer".

Pour le suivi médical connecté des patients, les solutions ne manquent pas. La plate-forme Maela offre technologie et télésuivi infirmier 24h/7j tandis que l’application Libheros simplifie l’accès aux soins à domicile (recherche d’une infirmière ou d’un kiné). Pour le suivi post-opératoire, l’intelligence artificielle arrive avec des chatbots qui permettent aux établissements de communiquer avec lke patient avant et après l’intervention. « Le chabot peut se personnaliser très rapidement et le machine learning atteint 95% de bons résultats, souligne Alexis Hernot, associé fondateur de Calmedica.

Et toujours notre article actualisé sur la télémédecine chez les libéraux.http://comparatif-logiciels-medicaux.fr/actualite/la-telemedecine-prend-actes-pour-les-medecins-liberaux-et-certains-de-leurs-patients



Médiveille : trouver les médecins disponibles pour des rendez-vous non programmés

La digitalisation des pratiques médicales continue…Après Docadom et Medadom centrés sur la visite à domicile en un clic, voici Médiveille, une plate-forme et une application pour mieux gérer les rendez-vous non programmés qui aboutissent trop souvent aux urgences. Une solution universelle, simple à utiliser auxquelles les médecins s’abonnent. Et qui arrive en temps utile dans le cadre de la nouvelle cotation MRT.

mediveille  Pour le Dr Cyrille Charbonnier, médecin généraliste au Puy en Velay « en soins non programmées», ancien du SAMU et de la régulation d’un centre 15 (Hôpital Henri Mondor de Créteil), Médiveille est né d’un double constat : la croissance du nombre de passages aux urgences (+ 4% par an) et l’intérêt soutenu des patients pour des rendez-vous non programmés à proximité (pour des raisons de déplacement, vacances, absence de médecin traitant..). Après quatre ans de réflexion et de contacts, la start-up a été lancée fin août sur l’incubateur Busi à Clermont Ferrand. L’application est en ligne (téléchargeable sur les stores Apple et Google) et le service doit démarrer en janvier.

C’est tout simple. L’application géolocalise le patient, qui n’a pas besoin de s’inscrire et lui présente la carte des médecins généralistes les plus proches. Tous sont répertoriés (répertoire de l’ASIP Santé) mais seuls ceux qui sont disponibles sont en vert mediveille2mediveille1(au 15 décembre, il n’y en avait aucun…). Le patient affiche le téléphone et annonce son arrivée au médecin. Les médecins intéressés par ce type de rendez vous de dernière minute téléchargent l’application renseignent leur numéro RPPS et s’abonnent au service (paiement en ligne en cours d’intégration) au tarif mensuel de 19,90 € (avec engagement d’un an la première année, puis résiliation à tout moment). Un agenda leur permet d’inscrire leur créneau de disponibilité à l’avance ou en instantané. La disponibilité s’ouvre et se ferme d’un clic. En temps réel.

Heures creuses des médecins remplaçants et carotte de la cotation MRT

Ce type d’exercice devrait intéresser la nouvelle génération de médecins, estime le Dr Charbonnier qui en a convaincu plusieurs conseils de l’Ordre. Médiveille est en contact avec plusieurs ARS (Ile de France, Nouvelle Aquitaine, Auvergne Rhône Alpes) pour démarrer avec des territoires pilotes.
Ses arguments : les médecins remplaçants (ils sont 8.800) se trouvent souvent moins débordés que les médecins qu’ils remplacent, les patients non urgents préférant attendre que leur médecin de famille soit de retour. Ils ont donc des créneaux disponibles.

Par ailleurs, les maisons médicales de garde, et tous les médecins de garde sont des abonnés potentiels du service. Ainsi que les organismes de visites à domicile.

Enfin, le Dr Charbonnier mise surtout sur la coopération avec les SAMU qui ont tout intérêt à connaître les médecins disponibles dans leur secteur, dans le cadre de la nouvelle majoration MRT applicable le 1er janvier. Lorsque le centre 15 enverra un patient sans urgence vitale mais qui a besoin de voir rapidement un médecin, ce dernier pourra appliquer à son patient la nouvelle cotation MRT (Majoration Régulée Traitant) de 15€ soit un acte à 40 €.
« Dans le cadre d’une expérimentation locale, la majoration pourra être appliquée par tous les médecins », assure l’ancien médecin régulateur qui pense ce nouveau tarif très motivant.
Médiveille est en train de passer une convention avec le SAMU du Val de Marne pour un accès Internet sécurisé indiquant les médecins disponibles.
Dans un deuxième temps, Médiveille pourra inclure les spécialistes et d’autres professionnels de santé comme les dentistes ou les infirmières. Et envisage déjà un partenariat avec une start-up pour proposer du téléconseil à ceux qui ne trouveraient pas de médecin disponible.
Mieux répartir l’offre et la demande de soins en médecine de ville est un beau projet. Encore faut-il qu’il arrive à fédérer les acteurs.
C’est tout le pari de Médiveille

www.mediveille.fr



Hackathon Diabète de la CNAM : cinq projets sélectionnés

Pendant un mois, du 23 mars au 23 avril, le Hackathon Diabète lancé par l’Assurance Maladie en partenariat avec le Diabète LAB de la Fédération Française des Diabétiques, living lab consacré au diabète, a enregistré 40 candidats.
Le 10 mai 2017, 15 pré-selectionnés ont défendu leur projet pour « Mieux vivre son diabète » devant le jury de représentants de la CNAMTS, de la FFD, de professionnels de santé et de patients du Diabète LAB qui en ont retenu cinq.
Accces, Diabnext, Healsy, La Cantine et Stimul Activité Physique participeront donc à la finale du Hackathon Diabète qui se déroulera le 16 octobre 2017. Au cours des prochains mois, les cinq équipes finalistes bénéficieront d’un accompagnement personnalisé pour finaliser leur projet et recevront une dotation selon leur classement final. Les projets sont très divers.
Acces de la société CEMKA est un outil d’information pour trouver le contrat d’assurance complémentaire assurant la meilleure couverture, en fonction de sa situation.
La société Diabnext a conçu une plate-forme d’enregistrement automatique des mesures de suivi recueillies par les dispositifs d’automesure : taux de glycémie, unités d’insuline injectées, estimation des glucides dans les plats et boissons absorbées. Ces données sont partagées avec le médecin, analysées par une plate-forme d’intelligence artificielle afin de proposer les informations utiles et adaptées à l’état du patient.
Healsy, également sur smartphone, prédit les variations de glycémie grâce à un modèle mathématique adapté au patient en fonction des résultats des outils de suivi utilisés (CGM, pompe à insuline, smartwatch.)
La Cantine est une application mobile a destination des parents d’enfants diabétiques de type I, des professeurs et des animateurs pour les aider à adapter les repas de l’enfant à l’école.
Enfin, l’entreprise Stimul propose un programme d’éducation thérapeutique à distance, dédié aux patients atteints de diabète de type 2, qui vise à favoriser la mise en œuvre autonome et durable des recommandations d’activité physique et de suivi nutritionnel adaptés à leur situation. Le programme prévoit l’intervention personnalisée à distance (par téléphone et via une application) d’un éducateur thérapeutique pendant plusieurs semaines.



Medadom (et Docadom) : la visite géolocalisée, une nouvelle façon d’exercer pour les médecins ?

Après Docadom, voici Medadom, une appli sur smartphone qui propose aux patients des visites médicales remboursées, en trois clics.

Ils se sont trouvés face à face sur leur stand du congrès de la médecine générale France (CMGF) qui s’est tenu du 30 mars au 1er avril au Palais des congrès de la Porte Maillot. Docadom et Medadom, deux start-up occupant pratiquement le même créneau : celui d’apporter au patient qui ne peut se déplacer la garantie d’une visite « remboursée » dans un délai court. Pour désencombrer le 15 et les urgences. Medadom lance son pilote en mai dans le 17ème arrondissement et l’ouest parisien (à peu près dans les mêmes quartiers que Docadom !). Pour 3 mois.

A sa tête un père et un fils, l’un médecin, Charles Mimouni, 30 ans d’expérience en tant qu’urgentiste puis biologiste, l’autre, Eliedan Mimouni encore interne, aidé d’un troisième associé pour le marketing et la communication. L’idée est née comme souvent d’une histoire personnelle. Une grand mère malade un dimanche avec un médecin de permanence qui n’arrivera qu’en fin de journée alors que son état s’étant aggravé, la vieille dame a été emmenée par les urgentistes du 15 à l’hôpital où elle décédera. Un enchaînement fatal qui a conduit Eliedan Mimouni à imaginer qu’une autre démarche était possible. Un service utilisant le smartphone pour la satisfaction des patients et des médecins.

Une appli mobile pour géolocaliser les médecins disponibles

Le principe : une application patient pour trouver un médecin en moins de 90 mn, 24h sur 24, 7 jours sur 7. Les médecins les plus proches sont géolocalisés et le patient lance un appel de visite. L’application sollicite alors le médecin disponible en lui donnant l’adresse de la visite. Quand il l’accepte, le patient est rappelé pour juger de la gravité des symptômes. La visite est confirmée et le médecin a 90 mn pour s’y rendre ce qui lui permet de prendre d’autres visites en chemin, en fonction de l’urgence. Lorsque le médecin arrive, il se notifie en consultation ce qui le rend « indisponible ». Le patient règle la visite sur la base du tarif conventionné et la plate-forme facture au médecin entre 1 et 5 euros par consultation. Les médecins sont équipés par Medadom d’un kit complet. Dans une deuxième version, le patient pourra indiquer ses symptômes en ligne et le médecin envoyer un compte rendu au médecin traitant. La plate-forme sera alors hébergée sur un serveur agrée HDS (Hébergeur de données de santé).

40 médecins à recruter

Medadom a commencé au CMGF sa phase de recrutement des médecins pour commencer avec une quarantaine. Une première réunion avec des médecins en mars, a convaincu la start-up que les jeunes médecins non installés mais aussi les moins jeunes pour varier leurs actes, étaient intéressés par cette nouvelle façon de pratiquer. Par la suite Medadom a vocation à s’ouvrir aux spécialistes et aux paramédicaux.
« Nous apportons une nouvelle façon d’exercer, qui va plaire à ma génération » s’enthousiasme l’interne Mimouni.

Pour participer au betatest s’inscrire sur www.medadom.com



Hellocare, le téléconseil médical vidéo sur smartphone

 

 Lancé il y a quelques mois, Hellocare, service de téléconseil médical en vidéo, vient de lever un million d’euros auprès de P. Factory accélérateur de start-up en Provence pour assurer son développement. C’est dire les ambitions de la start-up.

Pour le Dr William Benichou, généraliste entrepreneur qui n’en est pas à sa première société, l’idée est venue avec les patients qui appellent leur médecin traitant au téléphone. « La première fois que j’ai envoyé une ordonnance avec FaceTime pour une pathologie ORL, j’ai réalisé que j’avais fait un acte médical à distance via mon iPhone. J’ai compris que le smartphone était un instrument pour la télémédecine. ». A cette intuition première s’ajoutent plusieurs constats : demande des patients pour une médecine connectée, équipement massif des médecins en smartphone et tablette, désertification médicale en hausse. La rencontre avec Mathilde Le Rouzic, « Tech entrepreneur » depuis 2004, fondatrice de plusieurs sociétés et conseiller de start-up, sera décisive. Tous les deux sont convaincus que la France est en retard sur ses voisins européens et n’est que peu perçue par les éditeurs du domaine de la santé comme un pays favorable au développement des applications e-santé, loin derrière le Royaume Uni et l’Allemagne (16% contre 55% et 41%).

La société est créée en juillet 2016. Le 30 janvier dernier sortait l’application de téléconseil médical vidéo Hellocare. Première version. La 2ème vient de sortir.

Pour des soins de premier recours

HellocarePour le patient, l’appli est gratuite (iOS et Android). Il faut s’inscrire, renseigner un certain nombre d’indications . Un code de sécurité est envoyé. On se connectera ensuite avec son numéro de mobile et un code secret à 8 chiffres. Le télé conseil est facturé 29 euros (en utilisant la carte bancaire) mais jusqu’au 31 aout 2017, l’inscription au service donne droit à 3 appels gratuits, touche « parler à un médecin ».
Le service est conçu pour être utilisé pour des soins de premier recours. Hellocare garantit la mise en contact avec un médecin dans le quart d’heure partout dans le monde de 7H à 22H depuis son mobile ou sa tablette. Et en vidéo. « Nous avons développé notre propre application sécurisée sur le modèle de Face Time ». Le médecin utilise une tablette ou un ordinateur et reçoit les champs renseignés au fur et à mesure. L’équipe compte actuellement 8 personnes dont un médecin salarié. La levée de fonds doit permettre à Hellocare de se faire connaître auprès des patients et de se mettre en phase avec les objectifs de développement. De nouvelles fonctionnalités sont en effet prévues : un « chabot » pour checker ses symptômes, un carnet de santé en ligne (stocké chez un hébergeur agréé pour les données de santé), une prise de rendez-vous avec des médecins spécialistes, la possibilité de récupérer l’ordonnance chez le pharmacien. « Nous allons aussi constituer un comité scientifique, explique le Dr Benichou, pour évoluer progressivement vers la téléconsultation avec envoi d’ordonnance. Installée à La Ciotat, Hellocare mise sur 15 000 utilisateurs actifs pour la fin 2017 et un pool de 40 médecins. La phase de recrutement est commencée.
Une ARS est intéressée. Pour la prise en charge de telles téléconsultations plusieurs solutions sont à l’étude. « Un médecin traitant pourrait parfaitement offrir une telle option à ses patients ». souligne le Dr Benichou

https://hellocare.com



Médecins et objets connectés de santé : beaucoup de sondages et encore peu de faits ; donnez votre avis

S’il y a un sujet qui a été sondé et re-sondé, c’est bien celui des objets connectés en particulier dans la santé. Les médecins et leurs patients sont interrogés régulièrement. Tous ces chiffres donnent un peu le tournis. A la mesure des projections de ce marché jugé très porteur. Et vous qu’en pensez-vous ?

La dernière enquête Opinion Way auprès de 1070 Français (8-12 mars 2017) atteste que 45% (contre 35% en 2016) de la population voit les objets connectés comme une révolution, à l’image d’Internet il y a quelques années… Si la santé est citée comme un secteur prioritaire (73%), les objets qui viennent spontanément à l’esprit sont les montres connectés (53%) et les smartphones (37%), pas les tensiomètres ! Parmi les bénéfices reconnus (choix dans une liste), c’est la possibilité d’être alerté en temps réel encas d’urgence qui est en tête (94%), « nous permettre de mieux suivre notre état de santé » arrive en 5ème position à 83%. Côté inconvénients, 74% des sondés estiment que les données de santé peuvent être anxiogènes et les objets connectés eux même nocifs pour la santé (62%). Alors, que doit-on en conclure ? Visiblement, le sondage réalisé par l’IPSOS pour AG2R La Mondiale présentait de façon plus optimiste la santé connectée avec 43% des Français utilisant une appli mobile de santé.

Et les médecins ? Il semble que la menace sur le secret médical et le flou sur la responsabilité soient encore les principaux freins pour conseiller des objets connectés à leurs patients. La perte de confidentialité est le premier risque évoqué (90% des MG et 88% des spécialistes) par le sondage Ipsos-Asip Santé présenté en janvier 2017. Les deux facteurs (secret médical et responsabilité) sont mentionnés respectivement par 40 et 34% des médecins selon l’étude réalisée par Withings et la MACSF auprès de 1037 médecin sociétaires.

9, 16 ou 40% : quelle réalité donner à ces chiffres ?

Quand on veut aborder la pratique et la consultation, on se trouve de même assez perplexe. Dans le cadre de l’étude Withings-MACSF, 25% des professionnels de santé interrogés déclarent utiliser à titre personnel un objet connecté mais 15% l’intègrent à leur pratique principalement pour établir un diagnostic (à 43%). 9% disent en avoir déjà conseillé à un à leurs patients (glucomètre dans 51% des cas, tensiomètre 39%, traqueurs d’activité 36%. Le baromètre Vidal CNOM de 2016 s’adressant à ses clients équipés de smartphones (on attend celui de 2017) évaluait à 16% le nombre de médecins ayant déjà conseillé un objet connecté (contre 9% en 2014) mais seulement à 20% de leur patientèle. Le site Egora a pour sa part travaillé en collaboration avec la société d’études Direct Medica pour réactualiser son baromètre du médecin connecté (23 février-6 mars 2017). Dans cet échantillon de 265 médecins internautes, interrogés par mail, possédant des smartphones à 89,91% et une tablette à 66,79%, 39,25% affirment avoir déjà conseillé un objet connecté à des patients. Ceux qui ne le font pas se sentent mal formés (52,38%) et craignent pour le secret médical (12,90%). Le niveau de confiance (42,64) est supérieur à la défiance (41,51%).

Une étude sur le terrain

Au vu de ces résultats, tout juste peut-on observer une tendance favorable aux objets connectés santé… Pour en avoir le cœur net, le Lab e–santé, groupe de réflexion composé à l’origine de responsables de la communication santé mais élargi aux associations de patients, a initié UPDOCS, (Usage et Partage des Données issues d’ Objets Connectés de Santé), la première étude multipartenaires dédiée à l’appropriation des objets de connectés de santé par les professionnels de santé . Pour ce faire UPDOCS a mis a disposition des PS dans 8 centres investigateurs (6MSP, 2 pharmacies et 1 centre de soins) la solution Virtual Santé sur iPad (issu de la plate-forme Tactio) et un ensemble d’objets connectés (balance, bracelet, auto tensiomètre). iPad et objets sont attribué aux patients acceptant d’intégrer l’étude et présentant un excès pondéral ou une hypertension ou une grossesse à risque. La première phase de cette étude de 10 mois auprès des PS et de 6 mois auprès des patients s’est clôturée en janvier. Les médecins apparaissent depuis quelques années plus « geek » que l’ensemble des Français. 40 PS ont ouvert 13 comptes (ce qui montre que le partage d’informations est prévu). Les patients inclus sont majoritairement des hommes (30% entre 30 et 39 ans) dont près de la moitié fait peu d’activité physique. Résultats attendus : mieux connaître les freins et les moteurs à l’adoption de la santé connectée par les professionnels de santé, le profil des PS y trouvant un avantage, les usages réels et si les Maisons de Santé Pluridisciplinaires constituent un terrain favorable à son déploiement.

Donnez votre avis sur Buzz Medecin

Plus modestement, Buzz Medecin suggère aux professionnels de santé qui seront arrivés jusqu’à la fin de cet article (!) de déposer un avis sur le sujet. Avez-vous déjà utilisé un objet connecté de santé ? En avez vous conseillé à un patient et dans quelle circonstance ?
Merci d’avance !!!



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