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Les téléconsultations prises en charge dès le 15 septembre : les plates-formes se préparent

Alors que l’Assurance Maladie publiait un communiqué pour annoncer que 4 syndicats sur 5* avaient signé l’avenant n°6 à la convention médicale d’août 2016, qui va permettre de déployer les actes de téléconsultation et de téléexpertise, la plate-forme Medicitus s’est présentée à la presse comme déjà opérationnelle. Mais d’ici au 15 septembre, bien des projets vont voir le jour.

Dès le 15 septembre, l’Assurance Maladie va rembourser les téléconsultations au même tarif que les consultations : 25€ pour les généralistes et 30€ pour les médecins spécialistes. Les patients auront ainsi le choix en cas d’incapacité de se rendre chez le médecin ou lorsqu’ils sont en déplacement, de consulter à distance leur médecin traitant si celui-ci est équipé ou de faire appel à un médecin inscrit sur une plate-forme de téléconsultation.

Pour téléconsulter, le médecin a un certain nombre de formalités à remplir comme la déclaration à son assurance professionnelle. Il devra également être abonné à une plate-forme agréée par l’ARS, bénéficiant d’un archivage sécurisé des données de santé (sur serveur HADS) et signer avec cette dernière une convention ( le coût de l’abonnement semble osciller autour de 100 euros/mois). Pas besoin d’équipement lourd puisque que la caméra de l’ordinateur (ou de la tablette) peut suffire (à condition de respecter certains pré-requis technique) mais pas question non plus d’aller sur Skype ou Whatsapp !
Le médecin doit utiliser une nouvelle interface vidéo, renseigner un dossier médical, pouvoir délivrer une ordonnance sécurisée.
Le patient s’inscrit sur la plate-forme, prend rendez-vous avec le médecin et se connecte au créneau horaire fixé à l’avance (ou en urgence). Il est lui aussi doté d’une caméra qui peut être celle de son smartphone. Il peut partager avec le médecin les mesures prises avec des appareils connectés (tensiomètre, oxymètre de pouls, balance..) dont il dispose ou qui se trouvent dans l’espace spécialement équipé (chez un pharmacien ou dans un cabinet sans médecin).
Cegedim a,par exemple,inauguré le 30 juin, un cabinet de téléconsultation à La Selle-sur-le-Bied dans le Gâtinais en utilisant sa plate-forme Docavenue pour prendre les rendez-vous et son logiciel en ligne MLM. Il s’agit ,dans le cadre de cette région sous dotée en médecin, de proposer des téléconsultations avec l’aide d’une IDE et d’objets connectés.

La téléconsultation en démo

1medicitusMedicitus, pense avoir pris de l’avance dans ce domaine puisque son application sur smartphone (Android et iPhone) doit sortir en juillet. Fondée il y a trois ans par Eric Roussin, venant du monde de la communication et Joël Malabat, spécialisé dans le management stratégique ainsi que par Dr Charles Jeleff, médecin urgentiste, ancien chef de service, et directeur médical, la société a déjà reçu les agréments nécessaires pour démarrer les téléconsultations (avec remboursement).
Si la téléconsultation médicale est le fer de lance de ses activités, Medicitus propose aussi du téléconseil pris en charge par des mutuelles et compte évoluer vers la coordination des soins, les services d’assistance à domicile avec les paramédicaux, etc.
La plate-forme compte actuellement 65 médecins (44 généralistes et 21 spécialistes) qui pratiquent déjà téléconseil (sans dossier médical obligatoire) .
Sur Medicitus, la téléconsultation médicale coche toutes les cases et ça marche : vidéo, prescription sécurisée (stockée sur le serveru securisé par le patient ou le pharmacien), dossier médical personnel partagé et télé chargeable (PDF) avec compte rendu de chaque téléconsultation, hébergement HADS chez IDS, authentification forte par CPS ou OTP (code à usage unique). Medicitus assure la prise de rendez-vous avec un agenda en ligne.

De l’agenda en ligne à la téléconsultation

La nécessité de fixer un rendez-vous si rapproché soit-il dans le temps pour que patient et médecin se connectent en même temps fait de la téléconsultation une diversification d’activité des plates formes de rendez-vous en ligne. Doctolib et MonDocteur sont dans les « starting blocks ».
Et les éditeurs les plus avancés sur ces sujets comme Cegedim ou CompuGroup Medical travaillent à proposer leurs services de téléconsultation à partir de leur plate-forme de RV en ligne
ClickDoc en cours d’intégration chez CGM (qui vient d’ailleurs de racheter une entreprise spécialisée dans la vidéoconsultation).
Docavenue de Cegedim prévoit de lancer sa solution de télémédecine dans les prochaines semaines à l’intention des médecins libéraux soucieux de proposer ce nouveau mode de consultation aux patient dont ils sont médecins traitants, ainsi qu’aux patient à mobilité réduite ou résidant dans des déserts médicaux.

Avantage des éditeurs : la récupération immédiate des données de la téléconsultation dans le dossier patient.
On peut imaginer que des éditeurs comme Weda qui ont déjà intégré Doctolib et MonDocteur, seront en capacité d’offrir des téléconsultations via ces plates-formes.
Un spécialiste du téléconseil médical comme Médecin Direct a également mis en place des téléconsultations avec ses médecins dans le cadre de ses accords avec les assurances et les mutuelles, très actives dans ce domaine.
De nombreuses « startups » anciennes ou nouvelles, sont sur la ligne de départ comme DocConsulte ou même HelloCare qui proposait jusqu’ici du téléconseil vidéo payant à partir d’un smartphone ou d’un site web.

Et la télétransmission dans tout ça ?

Reste la question de la facturation.
Faudra-t-il revenir pour la téléconsultation à l’émission d’une FSE papier à imprimer par le patient ce qui serait un comble ! Lorsque le médecin est le médecin traitant du patient il est possible de pratiquer le tiers payant intégral avec émission d’une FSE dégradée sans lecture physique de la Carte vitale.
La eCarte d’Assurance maladie sera sans doute la solution. Mais cette carte Vitale dématérialisée sur le smartphone du patient doit faire l’objet d’un an d’expérimentations dans plusieurs CPAM (CGM et CLM y participent sous l’égide de la CNAM). Elle ne sera donc pas prête pour le 15 septembre.
Pour que la téléconsultation, entre dans les cabinets médicaux en routine (la CNAM vise les 500 000 en 2019), il faudra qu’elle soit complètement intégrée dans l’environnement de travail habituel du praticien. Ce qui suppose des partenariats entre les différents acteurs.
Après tout, la HAS n’a pas identifié de « situation d’exclusion clinique a priori » et il y aura un encouragement de 50 points supplémentaires en 2019 dans le forfait structure.

*La FMF devait indiquer son choix de signer ou non d’ici la fin juin

Lira l’article présentant l’avenant n°6

article actualisé le 29 juin 2018



Apicrypt V2 rejoint l’espace de confiance MSSanté

A la veille de l’ouverture du salon HIT à la Porte de Versailles, l’APICEM vient, par un communiqué, de prendre acte de « la notification de son intégration à l’espace de confiance des opérateurs MSSanté » pour sa solution Apicrypt 2.

C’est l’épilogue d’un long cheminement où l’ASIP Santé et l’APICEM se sont longtemps renvoyé la balle. A  l’obtention du statut d’hébergeur agréé de données de santé pour l’APICEM, obtenu l’an dernier, manquait encore le développement d’Apicrypt 2 qui a pris plus longtemps qu’annoncé.
Les utilisateurs seront les premiers bénéficiaires de cette intégration pour envoyer à terme des messages sécurisés au delà du cercle, certes étendu des apicrypteurs ( à condition qu’ils utilisent la norme hprim). Et surtout continuer à percevoir le forfait structure qui exige la compatibilité MSSanté pour la messagerie sécurisée requise. L’Assurance Maladie avait accepté de prendre en compte  Apicrypt non compatible en 2017.

Pour le succès de l’espace de confiance MSSanté, l’intégration d’Apicrypt et de ses 73 000 utilisateurs était en effet incontournable. On peut maintenant envisager la diffusion et l’installation des outils d’interopérabilité avec l’espace de confiance sur chacun des postes des praticiens utilisateurs d’Apicrypt.

Un déploiement très progressif

Apicrypt V1 restera toutefois proposé aux utilisateurs dont l’éditeur de logiciel métier n’a pas encore intégré la nouvelle solution ainsi qu’aux utilisateurs de logiciels orphelins.
Le déploiement des outils d’interfaçage Apicrypt V2, et donc l’ouverture à l’espace de confiance MSSanté, sera très progressif, souligne  l’APICEM.  L’Association souligne qu’elle ne peut, en effet, prendre le risque d’un blocage complet de son assistance utilisateur et souhaite gérer le déploiement des solutions, en relation avec le réseau des Caisses Primaires d’Assurance Maladie chargée’à présent de diffuser MSSanté auprès des professionnels de santé.
Les tests auront lieu en région dans le cadre d’expérimentations avec les CPAM et ARS ainsi que par l’intermédiaire d’un premier éditeur de logiciel avec qui l’APICEM testera et vérifiera l’adéquation des outils avec les usages.

 



Télémédecine pour tous : démarrage le 15 septembre ?

Les téléconsultations pourraient démarrer dès la rentrée, remboursées au même prix que la consultation classique par l’Assurance Maladie dans toute la France. Elaboré après presque quatre mois de négociation, le texte transmis par l’Assurance maladie (UNCAM) aux syndicats médicaux (il doit être signé par trois syndicats sur cinq pour être adopté) évoque la date du 15 septembre.

Le projet d’avenant qui doit encadrer la pratique de la télémédecine en médecine libérale détaille les modalités de recours à la téléconsultation(TLC) et à la téléexpertise (TLE).
La téléconsultation serait ouverte à tous les patients dès le 15 septembre (et non plus réservée dans un premier temps aux ALD) avec le même tarif que la consultation classique (25 et 30 €).
Pour la téléexpertise en revanche, l’ouverture est proposée par étapes d’abord aux patients en ALD ou atteints de maladie rare, ou résidant en zones sous dotées, en EHPAD ou en prison.
Deux niveaux de TLE sont distingués selon la complexité de la situation médicale avec une rémunération de 12 € (limité à 4 par an et par patient) ou de 20 € (limité à 2 par an et par patient). A titre d’exemple, la lecture d’une rétinographie ou l’étude d’une spirométrie est rémunérée 12 € (TLE niveau 1), le suivi d’une plaie chronique ou l’adaptation d’un traitement antiépileptique est rémunéré 20 € (TLE niveau 2). Pour les TLE 2, le patient doit être connu du médecin requis. Le requérant percevrait quant à lui un forfait de 50 € (1 à 10 TLE/an) + 5 € à partir de la 11e sans pouvoir dépasser 500 €/an.

Equipement : 50 points de plus dans le forfait structure

Pour inciter les médecins à s’équiper, l’UNCAM a prévu d’ajouter au forfait structure à partir de 2019, un indicateur télémédecine valant 50 points (soit 350 €). Rappelons que ce forfait (qui sera versé pour la première fois en juin) est évolutif et comprend deux volets. Son volet « bonus » de 75 points en 2017 atteindra ainsi 430 points en 2019 (au lieu des 380 prévus initialement). En 2019, le forfait structure total sera donc de 710 points (4970 €).
Rien n’est encore dit de cet équipement. Mais l’on sait que dans la plupart des cas, le médecin requis pourra utiliser la caméra et l’écran de son ordinateur mais devra passer par une plate-forme permettant de garantir la confidentialité des échanges et la sécurisation des données transmises avec utilisation de messageries sécurisées de santé.
Editeurs de logiciels métier, sites de prises de RV en ligne, plates-formes régionales, fabricants de matériel médical ainsi que  de nombreuses start-up sont déjà en train de finaliser leurs offres qui commencent à être présentées dans les salons.
Selon TIC Santé qui a fait la synthèse des communiqués des syndicats, le SML a salué plusieurs « avancées », la CSMF non signataire de la convention, se félicite d’une ouverture à tous les patients de la TLC. La FMF se prononcera le 23 juin lors d’un conseil d’administration.

Pas de situation d’exclusion clinique a priori pour la HAS

Saisie par le Ministère, la HAS diffuse au même moment une fiche Mémo « qualité des actes de téléconsultation et de téléexpertise » et n’a pas identifié "de situation d’exclusion clinique a priori».
Pour la TLC, le patient doit être éligible (5 conditions comme un état cognitif et physique suffisant pour la vue et l’audition en particulier, la présence d’une personne de l’entourage ou d’un PS en cas de besoins…) et les données médicales disponibles. Le recours à la TLC relève d’une décision partagée du patient et du professionnel de santé qui la réalise. La TLC s’inscrit dans le parcours de soins du patient.
Pour la téléexpertise, ce qui prime, c’est la disponibilité des données médicales nécessaires à la réalisation de l’acte. Le professionnel requérant doit informer le patient et recueillir son consentement. Après la TLE, il y a enregistrement du compte-rendu dans le dossier patient tenu par le médecin requis et transmission sécurisée au patient et au requérant, ainsi qu’au médecin traitant. Un guide sera publié d’ici la fin de 2018.

Télécharger la Fiche Mémo



Dégel du tiers payant intégral : un nouveau calendrier pour une généralisation progressive 2018-2021

C’est un rapport de l’IGAS remis le 23 avril au ministère de la Santé et à destination du parlement qui a relancé la perspective de la mise en oeuvre du tiers payant généralisable (Assurance obligatoire + complémentaires) avec un nouveau calendrier de déploiement.

En octobre 2017, l’IGAS a rendu, rappelons-le, un premier rapport soulignant les obstacles techniques et psychologiques s’opposant à la généralisation du tiers-payant jugée « irréaliste » à la date du 30 novembre fixée par le précédent. Ce qui a conduit la ministre Agnès Buzyn à reporter le processus. Mais pas à l’abandonner puisqu’elle a confié à l’IGAS en décembre un nouveau rapport sur les conditions de sa mise en œuvre.
Premier constat des rapporteurs, le tiers payant progresse, notamment dans les pharmacies mais reste limité à 28% des consultations et actes médicaux. Hors cas d’obligation légale (CMUC, ALD, accidents du travail, maternité) où il atteint 85%.
Ce qui a pêché jusqu’ici, ce sont les retards techniques. Le ministère se veut rassurant :
- les outils développés par l’Assurance maladie obligatoire sont disponibles et en cours de diffusion (téléservice d’accès aux droits intégré ADRi, permettant de vérifier les droits à jour du patient). Ouvert en 2016, le téléservice ADRi équipe 157 000 PS (au 1er mars) et a reçu au mois de janvier 4,7 millions d’appels en ligne.
- les outils des complémentaires (téléservice de droits complémentaires et de calculs IDB-CLC) sont en partie disponible et en cours de développement. Ils doivent couvrir 75% des assurés dès mi-2018 et la quasi totalité en septembre 2019.
De leur coté, les représentants des éditeurs de logiciels via la FEIMA (Fédération des éditeurs d’informatique médicale ambulatoire) se sont engagés à intégrer ses outils pour la mi-2019 au plus tard.
Ensuite, précise l’IGAS, « Si l’année 2018 est mobilisée par les développements, test et agréments des premiers éditeurs, l’expérience des évolutions récentes montre qu’il faudra un à deux ans après commercialisation pour que la démonstration d’une pratique simple et fiable du tiers payant convainque progressivement les médecins », il faut viser une montée en charge « prévisible sur quatre ans, de 2018 à 2021 ».
Le ministère a retenu ce calendrier pour un « déploiement effectif du tiers payant intégral sur la base d’outils simples et robustes » à partir de fin 2019.
Quatre activités ou populations ont été identifiées comme prioritaires : tous les actes pris en charge à 100 % par la Sécu (actes de dépistage du cancer) ; ceux réalisés pendant la permanence des soins ; l’activité en centre de santé ; les jeunes et étudiants (18/25 ans). Pour les centres de santé, cela suppose d’ajouter la prise en compte du critère intégration des services ADRi et IDB dans le label ASIP Santé.
Le comité de pilotage du tiers payant va poursuivre ses travaux pour préconiser les modalités de mise en œuvre opérationnelle pour ces publics à la rentrée de septembre. L’IGAS préconisait aussi de poursuivre en 2018 les groupes de travail profession par profession. Le but : assurer une « communication pédagogique » auprès des soignants et des patients, mais aussi « engager à terme une rénovation des bases conventionnelles »

Intégration dans les logiciels en 2018-2019

Les éditeurs attendaient ce nouveau calendrier. Pour certain, il y a une opportunité pour créer un nouveau service à valeur ajouté avec vérification des factures.
Parmi les premiers à monter au créneau, Sephira avec le service TiPToP qui a été présenté en janvier dernier (voir l’article)
Chez Aatlantide, qui gère de nombreux centres de santé, le Tiers payant intégral est déjà opérationnel via le service de gestion Acteur FSE, avec suivi des remboursements et rapprochement bancaires. Les téléservices de vérification des droits ne peuvent qu’améliorer le recouvrement.
Au 1er mars, 41 éditeurs avaient reçu l’autorisation de diffuser ADRi (pour 66 logiciels), dans le cadre du tiers payant pour les patients à 100%. Cette vérification des droits en ligne diminue les risques d’impayés ce qui est apprécié des professionnels devant pratiquer le 1/3 payant.
La FEIMA a toutefois recommandé d’attendre une plus grande couverture des téléservices des complémentaires, dépassant les 75% de la population, avant de se lancer.
Chez CompuGroupMedical (Axisante, Hellodoc), le Tiers Payant intégral c’est dans la « RoadMap (feuille de route) d’ici à la fin de l’année.
Chez Cegedim Logiciel Medicaux (Crossway, Mediclick, MLM), on suivra le calendrier FEIMA.
Il est vrai qu’il n’y a pas encore une forte demande de leurs clients médecins…D’autant que ces services ne seront pas gratuits. Il faudra expliquer qu’ils sont rentables car ils font gagner du temps. Et sont appréciés des patients

Voir la présentation et le rapport



Journées FFMPS à Nantes : les systèmes d’information partagée des MSP à l’épreuve du terrain

FFMPS nantes 2018Près de 1000 participants pour les journées de la FFMPS qui se sont tenues à Nantes les 9 et 10 mars. Ambiance collaborative assurée (voir photo de la séance d’ouverture!) pour le 10ème anniversaire de la Fédération française des maisons de pôles de santé. Mais sur le terrain, l’"interpro" n’est pas toujours facile à gérer notamment pour le système d’information. Huit éditeurs de SI partagés étaient présents.*

964 MSP ouvertes au 1er janvier 2018 (contre 910 au 14 mars 2017). Si le rythme de croissance des ouvertures a pu sembler exponentiel, il se ralentit tout de même un peu, car il se passe toujours un certain temps entre le projet et la réalisation…Pour tenir l’objectif de 2000 MSP sur le territoire, affiché dans le programme santé du candidat Macron et évoquée par Nicolas Revel, lors de la session d’ouverture, il faudrait mettre les bouchées doubles. Le directeur de la CNAM, a rappelé le grand chantier prioritaire de la structuration des soins primaires, première source de tension quant à leur accès et à leur financement. « Les organisations collectives constituent une voie évidente » et il se réjouit que 538 structures aient signé l’ACI (Accord conventionnel interprofessionnel du 20 avril 2017) ce qui leur permet de recevoir 50% d’aide supplémentaire. L’arrivé des CPTS (Communauté professionnelles territoriales de santé) –il n’y en aura pas sans MSP- nécessitera aussi un nouveau cadre conventionnel. Nicolas Revel a aussi mis l’accent sur l’article 51 qui devrait susciter de nombreux projets et libérer vos initiatives concernant des épisodes de soins…

Choix du SI  : un "casse tête" qui ne doit pas se faire dans la précipitation

Ce système d’aide (NMR, nouveau mode de rémunération) est assorti d’obligations qui peuvent se révéler néfastes en précipitant les choix. Ainsi de l’exigence pour 2017, d’avoir un SI labellisé ASIP Santé en version V2, est apparue comme un ultimatum pour changer de logiciel (le Si compte pour 1/3 dans la rémunération) si celui-ci n’était plus aux normes. Or l’atelier « SI partagé : Mythe ou réalité » animé par le Dr Pierre De Haas, ancien président de la FFMPS et créateur de la société Espage (équipe de soins primaires, accompagnement, gestion, exploitation) a montré les effets pervers d’une informatisation en urgence. Un projet d’informatisation dure entre six et dix-huit mois et doit arriver seulement lorsque la structure est suffisamment mature sur le plan organisationnel, pour une bonne prise en compte des besoins.

Répartis en petits groupes, les participants de l’atelier ont été invités à consigner les freins et les avantages des SI partagés. Les éléments les plus bloquants : l’investissement en temps (chronophage), les besoins différents entre les médecins et les paramédicaux, la formation souvent insuffisante, les problèmes techniques auxquels s’ajoute dans certain cas l’insuffisance du débit (déserts numériques). Le secret professionnel est encore parfois évoqué même si le décret du 26 janvier 2016 a repoussé ses limites à la notion de secret interprofessionnel. Ajoutons à cela une communication avec les éditeurs un peu « instable » et ce d’autant plus que les PS dès qu’ils se heurtent à une difficulté , ont tendance à accuser le logiciel et se bloquent rapidement.

Des constats de terrain renforcés par les analyses d’Apolline Rouzé (fédération régionale FemasNord) dans son mémoire de fin d’étude**. Six équipes de MSP ont répondu à ses questions. Il en ressort que la mise en place du SI, c’était « laborieux », « un véritable casse-tête ». Il y a eu des déceptions car la démo de l’éditeur ne correspondait pas toujours à la version diffusée et la facturation n’était pas toujours efficace pour tous les PS malgré le label ASIP.
Force est de reconnaitre aujourd’hui qu’entre 2012 et 2014, les éditeurs ont bien souvent essuyé les plâtres avec les utilisateurs des MSP !
Les équipes manquent toujours d’information sur ce qu’est le SI partagé et sur les critères retenus par l’ASIP Santé pour son label (244 exigences) « Nos visites sur site entre novembre 2016 et avril 2017 avec des scénarios de conformité ont suscité 150 réserves qui étaient toutes levées en juillet. Les 13 solutions ayant reçu le label V2 respectent les exigences, souligne Emmanuel Clout, responsable du programme de labellisation à l’ASIP Santé. L’ASIP a d’ailleurs élaboré en 2016 des recommandations à l’usage des porteurs de projets.

Des avantages bien perçus

Les avantages d’un SI partagé sont en revanche bien perçus : indispensable à la coordination des soins, il va renforcer la cohésion de l’équipe.
Une fois bien rodé, il fait gagner du temps. Partagé le dossier est mieux tenu ce qui aura pour effet une meilleur prise en charge du patient et plus de sécurité. A terme, cela permettra de développer la recherche en soins primaires.
Moyennant quoi, la majorité des équipes n’utilise que très peu le logiciel de façon pluridisciplinaire. Ce qui sert le plus : la messagerie instantanée, les mises à jour des vaccins, la consultation des ordonnances, les petites notes et alertes, la consultation des résultats biologiques, la numérisation des courriers, la complétion du dossier patient. Le manque de formation, non pas seulement lors de l’installation mais au fil du temps est évident.
Enfin, les professionnels de santé n’investissent pas assez dans leur SI : moins de 2% de leur chiffre d’affaire. De plus lors de l’élaboration du projet de MSP, le SI est bien moins pris en compte que la construction et l’aménagement des locaux.
Le bon fonctionnement du SI est d’autant plus important que « demain les représentants des soins primaires ne pèseront dans le débat que s’ils sont capables d’analyser leur données » souligne Le Dr De Haas, rappelant le contexte des GAFA et de leurs entrepôts de données « il y a un retard à combler dans les cinq ans qui viennent ».

*Aatlantide avec ActeurCS.fr, CLM avec Solution MSP (MLM + logiciels paramédicaux de RM), CGM avec Axisanté et Hellodoc , Hypermed, ICT avec Chorus, Prokov avec Medistory 4 en version Visu (commercialisé), Silk informatique avec éO MSP, Weda

** Mémoire M&M – Apolline Rouzé
Voir l’article du blog sur les journées FFMPS 2017



TiPToP, la solution de Sephira pour simplifier le tiers payant intégral

 

 

L’éditeur Sephira, fort de 18 ans d’expertise en télétransmission des feuilles de soins, lance TiPToP, une solution qui permet de pratiquer dès aujourd’hui, le tiers payant intégral en toute facilité et sécurité, avec un taux de rejet de 0,2%. Pour déjà un patient sur deux et pour 90% à la fin 2018.

senegou TipToPPuisqu’il n’y a plus d’obligation pour le moment, mais qu’il redevient d’actualité, l’objectif est de le rendre attractif !  L’éditeur Sephira, spécialiste de la facturation avec notamment son système autonome Intellio, estime que le tiers payant intégral (intégrant donc les complémentaires) représente un atout pour les médecins dès lors que la saisie est simplifiée et le paiement garanti.
C’est en effet un service pour les patients qui n’ont plus d’avance de frais à faire et un gain de temps pour les médecins qui n’ont plus de chèques, ni d’espèces à gérer. En outre, « c’est un moyen d’offrir un accès aux soins à tous », souligne Régis Sénégou, directeur général de Sephira, lors de la conférence de presse de présentation de TiPToP. Une enquête de l’observatoire des pratiques médicales mis en place par Sephira auprès d’un panel d’utilisateurs* montre en effet que le tiers payant est d’autant plus déployé que les conditions sociales locales sont compliquées. A noter, 51% des professionnels de santé utilisateurs de solution Sephira pratiquait déjà le tiers payant (1ère et 2e génération) avant le 1er janvier 2017. Leur plus forte motivation : prendre en compte la situation sociale de leurs patients. Cette enquête a également révélé les principaux freins à la non-adoption du tiers payant : le risque de pertes financières trop élevées et la crainte d’un système chronophage, le refus de l’obligation n’étant cité qu’en 3ème position…

Les cinq clés de TiPToP

D’où la solution TiPToP développée par Sephira comme un service qui prend en charge toutes les étapes du tiers payant :
- le conventionnement du professionnel de santé avec les 650 AMC,
- l’utilisation du datamatrix des cartes de mutuelles comme aide à la saisie,
- l’interrogation automatisée des droits du patient ( téléservice ADR de l’Assurance maladie et teléservice IDB, Interrogation des Droits du Bénéficiaire de l’association InterAMC) ,
- un site Internet sécurisé pour le suivi des paiements,
- le traitement des rejets résiduels.
« On se positionne comme un tiers de confiance » insiste Patricia Launay, chargée du marketing. Sephira a même prévu une option + avec garanti de paiement à sephira TiPToPJ+1, où c’est l’entreprise qui fait l’avance…
Pour développer TiPToP, Sephira s’est appuyé sur Intellio AMC, service de tiers payant avec les complémentaires (120 mutuelles) disponible depuis 2012 qui équipe plus de 3000 utilisateurs d’Intellio. Des partenariats ont été noués avec les opérateurs de tiers payant comme Almerys et ViaMedis.
Avec TiPToP qui intègre le nouveau téléservice IDB/CLC (calcul du reste à charge) créé par les complémentaires pour vérifier les droits en ligne, le taux de rejet passe de 4 à 0,2%. Le temps de saisie est de 25 secondes

Accès au tiers payant intégral pour 90% de la population fin 2018

La limite du système est liée à l’engagement technique des AMC. L’association InterAMC a établi des normes. Actuellement, l’interrogation en ligne des droits AMC est disponible pour 30 millions de bénéficiaires, soit la moitié de la population.Et  la plupart des mutuelles et assurances non encore en ligne se sont engagées à faire les développements nécessaires en 2018. D’ici la fin de l’année, 90% de la population devrait donc être en mesure de bénéficier du tiers payant intégral.
Sans attendre les conclusion du rapport sur l’état d’avancement du tiers payant demandé par la ministre Agnès Buzyn, Sephira s’est fait sa politique : « il faut laisser le professionnel de santé choisir ». Et découvrir que tiers payant intégral peut lui faire gagner du temps et de l’argent. Un abonnement rentable malgré un coût qui, de prime abord, peut sembler élevé.
Prochaine étape de l’opération séduction : une solution de tiers payant sur smartphone avec deux lecteurs de carte PCMC..

A noter : Le 21 juin, le CNDA (Centre National de Dépôt et d’Agrément) a délivré la première autorisation IDB CLC sur le périmètre médecin à Sephira pour sa solution Intellio. IDB (Identification des Droits du Bénéficiaire) et CLC (Calcul en Ligne Complémentaire) composent les Téléservices AMC, qui vont permettre la mise en place du Tiers Payant Complémentaire.
 

 

Le coût : TiPToP est facturé 44€TTC/mois sans engagement quelque soit l’activité du professionnel de santé. Mais il faut aussi compter l’abonnement au service de facturation Intellio (32€TTC/mois) et la location du terminal (27 €TTC/mois avec engagement de deux ans pour ce matériel). Soit un total de 103 €TTC/mois. L’option TiPToP + de paiement à J+1 revient à 39€/mois. Ajouter 13€/mois pour le logiciel de gestion de cabinet Medicawin.

A tester sur https://tiptop.sephira.fr/

En savoir plus sur Sephira avec Buzz Medecin

*Réponses d’un panel de 520 PS, médecins à 76,5%, juillet 2017



Congrès de la Société française de télémédecine : place à l’ambulatoire

Scan SFTMême si le thème du 10ème congrès européen de la société française de télémédecine (SFT) était cette année « ambulatoire et domicile », les conférences étaient encore assez hospitalo-centrées. Mais dans les stands du salon, à la maison internationale de la Cité universitaire, on pouvait découvrir une floraison d’initiatives et de start-up plutôt à destination des libéraux. Un secteur en pleine effervescence.

Qu’est-ce que la télémédecine change pour l’exercice médical ?
Lydie Canipel, secrétaire générale de la SFT, rappelle les conditions d’un diagnostic.
En consultation le médecin dispose de l’examen clinique, de l’interrogatoire du patient et des résultats d’examen. En téléconsultation, il aura toujours les résultats d’examen et l’interrogatoire mais il est privé d’examen clinique. Il doit donc développer d’avantage l’audition et la vue et porter un regard plus attentif sur le patient.
Quant à la téléexpertise, elle remplace le téléphone et apporte même des éléments supplémentaires tels que transmission d’images et de dossiers.
Enfin, la télésurveillance suppose de faire confiance aux algorithmes qui vont déclencher les alertes (et qui doivent faire l’objet d’études cliniques pour traquer les faux négatifs) …
C’est l’ensemble du parcours de soins qui est à repenser. Demain, le patient lui même choisira l’option télémédecine en fonction de sa situation. Le Dr Marion Lagneau, à la tête de l’équipe médicale de Médecin Direct (30 médecins) qui pratique le téléconseil depuis une dizaine d’années (1.500 à 2.000 patients/mois pris en charge par leur mutuelle), témoigne du remplacement de l’examen clinique par « l’hypertrophie de l’interrogatoire ». Le dialogue se fait à 80% à l’écrit : les patients ont de plus en plus l’habitude de communiquer sous cette forme. « L’alliance thérapeutique avec le patient se fait même à distance » assure-t-elle. Depuis septembre 2016, le service a reçu l’agrément des ARS et de la CNIL. Chaque échange produit une pièce jointe que le médecin peut intégrer dans son logiciel métier. Et Médecin Direct va expérimenter la téléconsultation en vidéoconférence dès février-mars prochains

Les libéraux sont globalement déjà équipés

Avec l’évolution des technologies, plus besoin d’un dispositif de visioconférence. La caméra de l’ordinateur, de la tablette ou du smartphone fait très bien l’affaire (96% des médecins sont déjà équipés en smartphone et 76% d’un ordinateur avec une webcam selon une étude de la start-up Feelae). Seule condition : passer par une plate-forme sécurisée et disposer d’un dossier patient (qui pourrait être à terme le DMP ???). La perspective de l’élargissement de l’acte de télémédecine, avec une volonté politique très forte, donne en tout cas des ailes tant aux acteurs déjà présents comme les plates-formes régionales qu’aux nouveaux venus.

D’autant plus que les lettres clés des actes ont été créées par l’Assurance Maladie et sont en cours d’implémentation dans les logiciels métiers (cf. l’article sur Cegedim et la télémédecine), comme l’a indiqué Myriam Burdin de la DGOS lors du congrès.

Les EHPADs, cibles privilégiées

Ainsi Schiller, le fabricant bien connu d’ECG, s’est associé à Banook Group (à Nancy) pour développer la téléexpertise d’un réseau de cardiologues à destination notamment des EHPAD. Qui devront s’équiper de l’ECG connecté Schiller (2900 €TTC).

Installé à Strasbourg, TokTokDoc veut opérer dans le cadre des téléconsultations en EHPAD prise en charge par l’Assurance Maladie. L’enthousiasme de ses jeunes fondateurs n’a d’égal que leur activité. Une trentaine d’établissements ont déjà signé et 125 sont en cours, assure Alexandre Cornu, ancien (déjà) de chez Doctolib. Des accords sont en train d’être passés avec des éditeurs de logiciels pour EHPAD. Le principe : l’EHPAD s’abonne au service (199 euros + 3 euros/lit pour un mois et sans engagement, formation incluse).TokTokDoc fournit un iPad, un abonnement 4G et des objets connectés (pour le moment un stéthoscope connecté Eko). L’infirmière assiste le patient et peut envoyer des photos avec sa tablette. A l’autre bout du « cloud », le médecin ouvre sa plate-forme nominative sur son ordinateur. Il récupère dans son dossier tout ce qui aura été généré pendant la consultation (TokTokDoc ne conserve rien). A la fin, le praticien envoie une ordonnance et une feuille de soins qu’il faudra…imprimer !

« Jusqu’à 28.000 € remboursés par l’Assurance Maladie » dans le cadre du programme ETAPES a inscrit Avis2 sante sur son dépliant. Il s’agit d’une plate-forme en web service de télémédecine pour des téléconsultations et des téléexpertises, actuellement en bétatest en région PACA qui devrait être en ligne en janvier. Disponible sur smartphone, tablette et ordinateur. Les médecins s’y abonnent, disposent d’un agenda pour proposer des plages de téléconsultation (116€HT/mois, un mois gratuit, sans engagement). Un service assez similaire à celui de Doc Consulte (non présent au salon).

Déjà installées, les plates-formes régionales de télémédecine, ne sont pas en reste. ORTIF, porté par le GIS SESAN a permis d’équiper 180 établissement en Ile de France depuis 2014. ORTIF s’est décliné en téléradiologie, télésurveillance des insuffisants cardiaques, en téléexpertise en oncodermatologie avec une application sur smartphone (ORTIF’App), télé suivi post-opératoire en relation avec le site Bepatient. Des avis et du suivi Installée à Clermont Ferrand,

Feelae est une application de conseil par visioconférence. Elle promet « un vrai médecin à portée de main » et une discussion avec un généraliste sans limite de temps pour 19 euros (non pris en charge). Selon une étude auprès de 160 médecins généralistes et spécialistes, 67% des médecins interrogés seraient prêts à proposer un service de téléconsultation.

deuxième avis poursuit son développement en téléexpertise. Dans 80% des cas, les avis convergent. Le frein : récupérer le dossier médical. "Quand nous avons commencé, le patient avait l’impression de trahir son médecin mais la mentalité est en train de changer".

Pour le suivi médical connecté des patients, les solutions ne manquent pas. La plate-forme Maela offre technologie et télésuivi infirmier 24h/7j tandis que l’application Libheros simplifie l’accès aux soins à domicile (recherche d’une infirmière ou d’un kiné). Pour le suivi post-opératoire, l’intelligence artificielle arrive avec des chatbots qui permettent aux établissements de communiquer avec lke patient avant et après l’intervention. « Le chabot peut se personnaliser très rapidement et le machine learning atteint 95% de bons résultats, souligne Alexis Hernot, associé fondateur de Calmedica.

Et toujours notre article actualisé sur la télémédecine chez les libéraux.http://comparatif-logiciels-medicaux.fr/actualite/la-telemedecine-prend-actes-pour-les-medecins-liberaux-et-certains-de-leurs-patients



Cegedim Logiciels Médicaux intègre la télémédecine dans ses logiciels

On devait s’y attendre… Parmi les projets présenté par Cegedim lors de son Investor summit annuel (le 8 ème) destiné aux investisseurs (le groupe est côté en bourse), l’intégration de la téléconsultation dans ses logiciels et dans le logiciel en ligne MLM pour commencer.

Promu spécialiste « maison » de la télémédecine, c’est le Dr Eric Jarousse, vice-président de Cegedim Healthcare Software, qui a présenté les perspectives de croissance de la télémédecine en France ou « 3 millions de personnes sont en difficulté d’accès aux soins ».
Pour y participer le groupe détient l’ensemble des briques : le dossier patient compatible DMP dans ses logiciels métiers ; Doc Avenue, la plate-forme sécurisée de relation médecins-patients ; une activité d’hébergeur de données de santé agréé (HADS) ; une forte compétence dans la télétransmission liée au système SESAM-Vitale et depuis juillet dernier, un partenariat pour intégrer les dispositifs médicaux connectés dans ses logiciels (avec la gamme Bewell Connect de Visiomed).

Bénéficier des financements publics

La stratégie du groupe est d’installer en priorité la téléconsultation dans les maisons de santé pluridisciplinaire (MSP) équipées (ou à équiper) de son logiciel en ligne MLM (mon logiciel médical) ou dans des cabinets de télémédecine situées dans des zones de déserts médicaux dans le cadre du projet Healphi.
« Nous avons travaillé en mode start-up » souligne le Dr Jarrousse. Déroulement : le patient a une infirmière à ses côtés. Le médecin a réservé un créneau pour la consultation via DocAvenue. L’infirmière dispose d’un otoscope connecté, d’un stéthoscope connecté ainsi que de divers objets de la gamme Bewell Connect comme tensiomètre, glucomètre. Le médecin fait sa consultation et son ordonnance dans MLM (qui est imprimée par l’infirmière). Le médecin créé la feuille de soins qui est complété par l’infirmière avec la lecture de la carte Vitale du patient. Une nouvelle technologie de désynchronisation de la carte Vitale a en effet été mise au point par Cegedim en attendant une ecarte Vitale sur smartphone.
Ce programme a été approuvé par l’ARS Centre Loire et va être déployé dans 5 communes. MLM étant encore peu diffusé chez les bewell Connect en demo chez Cegedimmédecins libéraux, la téléconsultation sera également intégrée à Crossway dans une seconde étape, sachant que les discussions conventionnelles pour faire entrer la télémédecine dans l’exercice du praticien vont durer plusieurs mois.
En préparation également en partenariat avec Bewell Connect , l’intégration d’un Holter pour le diagnostic de l’HTA en ambulatoire ainsi que la télésurveillance de maladies chroniques.

Dans les pharmacies aussi

Courant 2018, un service de téléconsultation sera disponible dans les pharmacies équipées avec le logiciel en ligne Smart RX de Cegedim.
Par ailleurs, Cegedim participe avec son logiciel Crossway, à une expérimentation PEM2D (prescription électronique de médicaments et de dispositifs médicaux), et vient de créer la première ordonnance dématérialisée à destination du pharmacien qui l’envoie ensuite à la CPAM. Le médecin peut imprimer sur l’ordonnance de son patient les QR codes qui permettent au pharmacien d’intégrer l’ordonnance dans son logiciel en la lisant avec son lecteur.
PEM2D est actuellement expérimenté dans les départements du Val de Marne, de Saône et Loire et de Maine et Loire.



Depistage de la BPCO : 300 généralistes équipés par la CNAM d’un spiromètre connecté à un PC

zMinispir_Light_SX_BLK 300 médecins généralistes de la Gironde, du Pas de Calais et de l’Essonne participent actuellement à une opération de dépistage de la BPCO menée dans ces trois départements pilotes par la CNAM en liaison avec la SPLF (Société de pneumologie de langue française) et la FFP (Fédération française de pneumologie). L’opération prévoit jusqu’à 700 médecins pour ce test qui pourrait ensuite être étendu à la France entière. La BPCO concerne en effet 3, 5 millions de personnes dont la moitié n’est pas détectées.

Des tests validés par des pneumologues référents

Les médecins volontaires s’inscrivent sur le site de la CNAM, vont suivre une formation dans leur CPAM et peuvent ensuite commander un spiromètre qui leur sera adressé gratuitement avec 30 turbines à usage unique. Ils reçoivent un Minispire Light de la société Mir qui a remporté l’appel d’offre.

Winspiro_Light_WH_FRA

Le spiromètre se connecte à un PC et le logiciel spécifique préalablement installé permet de recueillir les données de chaque patient.
Les premiers tests (7 à 8) sont télétransmis à la plate-forme du projet Pneumotel de la société MIR et validés par des pneumologues référents. De manière à s’assurer de la compétence acquise par le généraliste.
Cette « mesure de la capacité vitale lente et de l’expiration forcée, avec enregistrement » fait l’objet de l’acte spécifique GLQP012 de la CCAM, côté 40,28 euros. Ce qui couvre amplement les frais des nouvelles turbines (2 euros environ la turbine) à commander pour continuer à pratiquer le dépistage au delà de la période de test.



Messageries sécurisées de santé : les usages en progression

L’utilisation d’une messagerie sécurisée devient obligatoire tant pour les hôpitaux encouragés par la DGOS que pour les médecins libéraux qui veulent toucher pour 2017 l’intégralité du 1er volet du forfait structure (1225 euros) de la nouvelle convention. Un sujet d’actualité pour le salon HIT dans le cadre de la Paris Healthcare Week (16-18 mai) avec de nouvelles offres sur les stands.

Pour Michel Gagneux, directeur de l’ASIP santé, le déploiement de la messagerie MSSanté progresse avec 864 établissements techniquement raccordés (et 1800 inscrits au projet MSSanté).
Fin avril, 31 000 Boites aux lettres MSSanté avaient été ouvertes par des professionnels de santé dont 23 000 par des médecins.
L’ouverture d’un compte est rappelons -le, gratuit sur https://www.mssante.fr/home.
2017 s’annonce comme l’année du basculement dans l’usage réel. « Nous sommes en train de passer dans une phase d’usage généralisé » assure Michel Gagneux. Les hôpitaux répondent aux appels à projet de la DGOS (Direction générale de l’offre de soins) via les ARS pour numériser les lettres de sortie.
L’ASIP Santé accompagne les hôpitaux pour faire monter le flux de lettres de sortie et autres comptes rendus vers les médecins de ville. Quant à l’ouverture des comptes MSSanté, c’est désormais la CNAMTS qui en assure la promotion via les CIS (Conseiller informatique service) des CPAM.
L’autre gros chantier est celui des laboratoires d’analyse qui doivent changer d’ici 2021, la structure des résultats envoyés et passer de HPRIM au format LOINC.

Le rôle des plates-formes régionales

Si l’on se rend sur le stand du MIPIH , on s’aperçoit toutefois qu’une grosse partie de ce déploiement correspond au passage sur MSSanté de Medimail , la messagerie régionale de Midi Pyrénées également présente en PACA et dans les Hauts de France, qui revendique d’ailleurs le titre de 1ère messagerie sécurisée MSSanté compatible avec 75 000 messages échangés chaque mois. Sur 15.000 boites aux lettres Medimail, 14.000 sont entrées dans l’espace de confiance MSsanté. 350 établissements l’utilisent déjà, 60 supplémentaires seront raccordés d’ici la fin de l’année. Medimail est gratuite pour les médecins libéraux grâce au financement des ARS. Bien que faisant partie de l’espace de confiance MSSanté, Medimail est en train de se doter d’un connecteur Apicrypt pour permettre aux établissements d’envoyer des flux Medimail vers les médecins Apicrypt, historiquement nombreux dans les Hauts de France.

Et pendant ce temps là Apicrypt…

L’association APICEM éditrice d’Apicrypt continue en effet à caracoler en tête avec près de 70 000 utilisateurs dont 41 150 libéraux et affirme équiper 50% des médecins informatisés de France. Le nombre d’utilisateurs hospitaliers a cru de 22% en un an pour atteindre 19 000 .Apicrypt est implantée dans 25 CHR-CHU sur 32 et 2000 EHPAD et équipe 95% des laboratoires de biologie. 75 millions de messages ont été échangés en un an. Le Dr Alain Caron, président de l’APICEM, précise dans sa lettre de mai 2017, continuer « ses démarches qui permettront aux futures messageries présentes au sein de l’espace de confiance MSSAnté, pilotée par la CNAMTS de devenir interopérables avec Apicrypt ».Selon le Dr Caron, ce sont donc les autres messageries qui deviennent interopérables avec Apicrypt et  non l’inverse !  Dernière nouvelle : début juin à Marseille, au congrès de la FMF, le directeur général de la CNAMTS, Nicolas Revel a assuré que les médecins utilisant Apicrypt pourraient bénéficier du forfait structure, même si cette messagerie ne fait pas encore partie de l’espace de confiance de MSSanté.

Intégration dans les dossiers du logiciel métier et « messageries instantanées » sécurisés

Les principaux éditeurs ont fait le développement nécessaire pour intégrer les messages envoyés à la norme CDA R2 automatiquement dans les dossiers patients (Selon Michel Gagneux 80 à 90% du marché est prêt).
Chez Cegedim, la messagerie compatible MSSanté est incluse dans le pack Sri avec les téléservices intégrés. La moitié des utilisateurs s’y sont abonnés mais l’éditeur ne peut savoir combien de médecins ont créé leur boite aux lettres.
cgm connectChez CompuGroup Medical, AxiMessage, la traditionnelle messagerie d’Axisanté, compatible MS Santé, s’est mise à la nouvelle norme. Pour faciliter les usages, l’éditeur lance en outre CGM Connect, un "chat" sécurisé intégré dans l’espace de confiance, qui permet d’échanger instantanément texte et photos en toute sécurité … CGM Connect est gratuit pour les abonnés de CGM Net (ex Réseau santé social) ou vendu par abonnement (7,50 euros/mois)

APICEM a entrepris une démarche voisine avec MISS, la messagerie immédiate sécurisée de santé pour smartphone qui sécurise les échanges et permet notamment l’envoi de photos. Développée à initiative des URPS Médecins, infirmiers, Kinésithérapeutes et pharmaciens Hauts de France, MISS est gratuite pour les utilisateurs Apicrypt et revient à 20€ par an pour les autres. Il faut s’inscrire sur le site www.miss-sante.fr et télécharger l’application.

Face à tous ces développements, les éditeurs font parfois appel à des prestataires extérieurs. Editeur de logiciel santé dédié à l’interopérabilité ( connecteurs pour les messageries hospitalières par exemple), la société Enovacom se tourne vers les libéraux. Un partenariat est en cours avec un éditeur pour intégrer automatiquement les messages et compte rendu venant de l’hôpital.

(mis à jour le 19 juin 2017)



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