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Hackathon Diabète de la CNAM : cinq projets sélectionnés

Pendant un mois, du 23 mars au 23 avril, le Hackathon Diabète lancé par l’Assurance Maladie en partenariat avec le Diabète LAB de la Fédération Française des Diabétiques, living lab consacré au diabète, a enregistré 40 candidats.
Le 10 mai 2017, 15 pré-selectionnés ont défendu leur projet pour « Mieux vivre son diabète » devant le jury de représentants de la CNAMTS, de la FFD, de professionnels de santé et de patients du Diabète LAB qui en ont retenu cinq.
Accces, Diabnext, Healsy, La Cantine et Stimul Activité Physique participeront donc à la finale du Hackathon Diabète qui se déroulera le 16 octobre 2017. Au cours des prochains mois, les cinq équipes finalistes bénéficieront d’un accompagnement personnalisé pour finaliser leur projet et recevront une dotation selon leur classement final. Les projets sont très divers.
Acces de la société CEMKA est un outil d’information pour trouver le contrat d’assurance complémentaire assurant la meilleure couverture, en fonction de sa situation.
La société Diabnext a conçu une plate-forme d’enregistrement automatique des mesures de suivi recueillies par les dispositifs d’automesure : taux de glycémie, unités d’insuline injectées, estimation des glucides dans les plats et boissons absorbées. Ces données sont partagées avec le médecin, analysées par une plate-forme d’intelligence artificielle afin de proposer les informations utiles et adaptées à l’état du patient.
Healsy, également sur smartphone, prédit les variations de glycémie grâce à un modèle mathématique adapté au patient en fonction des résultats des outils de suivi utilisés (CGM, pompe à insuline, smartwatch.)
La Cantine est une application mobile a destination des parents d’enfants diabétiques de type I, des professeurs et des animateurs pour les aider à adapter les repas de l’enfant à l’école.
Enfin, l’entreprise Stimul propose un programme d’éducation thérapeutique à distance, dédié aux patients atteints de diabète de type 2, qui vise à favoriser la mise en œuvre autonome et durable des recommandations d’activité physique et de suivi nutritionnel adaptés à leur situation. Le programme prévoit l’intervention personnalisée à distance (par téléphone et via une application) d’un éducateur thérapeutique pendant plusieurs semaines.



Medadom (et Docadom) : la visite géolocalisée, une nouvelle façon d’exercer pour les médecins ?

Après Docadom, voici Medadom, une appli sur smartphone qui propose aux patients des visites médicales remboursées, en trois clics.

Ils se sont trouvés face à face sur leur stand du congrès de la médecine générale France (CMGF) qui s’est tenu du 30 mars au 1er avril au Palais des congrès de la Porte Maillot. Docadom et Medadom, deux start-up occupant pratiquement le même créneau : celui d’apporter au patient qui ne peut se déplacer la garantie d’une visite « remboursée » dans un délai court. Pour désencombrer le 15 et les urgences. Medadom lance son pilote en mai dans le 17ème arrondissement et l’ouest parisien (à peu près dans les mêmes quartiers que Docadom !). Pour 3 mois.

A sa tête un père et un fils, l’un médecin, Charles Mimouni, 30 ans d’expérience en tant qu’urgentiste puis biologiste, l’autre, Eliedan Mimouni encore interne, aidé d’un troisième associé pour le marketing et la communication. L’idée est née comme souvent d’une histoire personnelle. Une grand mère malade un dimanche avec un médecin de permanence qui n’arrivera qu’en fin de journée alors que son état s’étant aggravé, la vieille dame a été emmenée par les urgentistes du 15 à l’hôpital où elle décédera. Un enchaînement fatal qui a conduit Eliedan Mimouni à imaginer qu’une autre démarche était possible. Un service utilisant le smartphone pour la satisfaction des patients et des médecins.

Une appli mobile pour géolocaliser les médecins disponibles

Le principe : une application patient pour trouver un médecin en moins de 90 mn, 24h sur 24, 7 jours sur 7. Les médecins les plus proches sont géolocalisés et le patient lance un appel de visite. L’application sollicite alors le médecin disponible en lui donnant l’adresse de la visite. Quand il l’accepte, le patient est rappelé pour juger de la gravité des symptômes. La visite est confirmée et le médecin a 90 mn pour s’y rendre ce qui lui permet de prendre d’autres visites en chemin, en fonction de l’urgence. Lorsque le médecin arrive, il se notifie en consultation ce qui le rend « indisponible ». Le patient règle la visite sur la base du tarif conventionné et la plate-forme facture au médecin entre 1 et 5 euros par consultation. Les médecins sont équipés par Medadom d’un kit complet. Dans une deuxième version, le patient pourra indiquer ses symptômes en ligne et le médecin envoyer un compte rendu au médecin traitant. La plate-forme sera alors hébergée sur un serveur agrée HDS (Hébergeur de données de santé).

40 médecins à recruter

Medadom a commencé au CMGF sa phase de recrutement des médecins pour commencer avec une quarantaine. Une première réunion avec des médecins en mars, a convaincu la start-up que les jeunes médecins non installés mais aussi les moins jeunes pour varier leurs actes, étaient intéressés par cette nouvelle façon de pratiquer. Par la suite Medadom a vocation à s’ouvrir aux spécialistes et aux paramédicaux.
« Nous apportons une nouvelle façon d’exercer, qui va plaire à ma génération » s’enthousiasme l’interne Mimouni.

Pour participer au betatest s’inscrire sur www.medadom.com



Philips France mise sur l’innovation, pour une vie en meilleure santé, de la prévention aux soins

En prélude à sa participation à la Paris Healthcare Week (16-18 mai, Porte de Versailles) où seront présentées plusieurs innovations, Philips France a dévoilé à la presse les nouveaux axes de sa stratégie santé qui passe par de nombreuses innovations dont Lumify, une sonde d’échographie connectée à un smartphone.

Depuis la séparation avec sa filiale Philips LIghting (son activité historique d’éclairage), introduite en bourse en 2016, la vénérable Royal Philips, 125 ans d’existence, se consacre exclusivement au bien-être et à la santé. Sur ce dernier secteur, il faut prendre désormais en compte les contraintes budgétaires alors que la demande de soins augmente ainsi que la nouvelle donne du digital avec des consommateurs et des patients plus informés. A cette problématique, Philips veut répondre par l’innovation, « clé d’une vie meilleure » selon le président de Philips France, David Corcos.
La nouvelle stratégie prend en compte le continuum de la vie saine à la santé à domicile selon quatre axes :
- Garder les gens en bonne santé.
Philips propose des produits d’hygiène bucco-dentaire, un mode de cuisson pour une cuisine saine, des purificateurs d’air, des appareils de luminothérapie.
- Inventer des équipements pour un diagnostic de précision, plus précoce.
En fusionnant par exemple les images provenant de sources différentes. Ainsi Philips IntelliSite Pathology, une plate-forme facilitant le diagnostic en oncologie avec intégration de l’anatomopathologie.
Ou pour les urgences, le système Minicare : une goutte de sang posée sur une petite cartouche clipsée sur un dispositif d’analyse qui tient dans la main et communique avec une plate-forme distante. 10 minutes plus tard le résultat s’affiche sur l’écran il peut être transmis aux urgences par exemple.
S4-1 Hand_phone_composed A noter aussi l’arrivée sur le marché français de Lumify, une sonde d’échographie connectée à un smartphone, incluant des outils d’interprétation. Mobile et d’utilisation simplifiée, l’échographe devient un outil diagnostic de première intention.
- Mieux traiter avec des techniques opératoires micro invasives guidées par imagerie
- Accompagner le retour à domicile et le suivi des maladies chroniques.
Déjà présent dans l’assistance respiratoire, Philips va apporter demain des patches pour des examens biologiques à domicile. Philips a identifié plusieurs applications. Un patch pour la troponine marqueur des atteintes cardiaques est en cours de marquage CE. Autres pistes, le comptage des globules blancs pour les patients en chimiothérapie pour éviter certains déplacements à l’hôpital. Encouragé par la publication du cahier des charges pour le télésuivi de quatre affections chroniques dont l’insuffisance respiratoire et l’insuffisance cardiaque, Philips va lancer en France ses offres de télésurveillance dont il est un des leaders aux Etats Unis où les résultats sont très probants (diminution d’un tiers des couts de prise en charge avec Banner Home Care).
« Le développement logiciel représente 70% de la recherche-développement » souligne Frédéric Bouvier, directeur de la stratégie.

Conseil en analyse stratégique et expérience patient

On ne s’étonne pas que Philips ait ouvert fin 2016 en France son cabinet de conseil d’analyse stratégique « Philips Conseil France » pour tous les sujets où la société n’aura pas à concourir à un appel d’offres, pour d’évidentes raisons de conflits d’intérêt. D’ailleurs, lors des contrats passés avec les hôpitaux, il ne s’agit plus aujourd’hui de vendre des équipements mais d’offrir de la gestion de parc avec des paiements à l’usage ou à la valeur et même d’investir dans le système de soins. Pour établir des partenariats stratégiques à long terme. A l’image de GOPI (Gestion optimisé du parc d’imagerie) qui vient d’être passé avec les Hospices civils de Lyon. Autre objectif de la compagnie néerlandaise, la prise en compte de l’expérience patient. Ainsi a été mis au point un masque plus confortable pour améliorer l’observance dans le traitement de l’apnée du sommeil ou un écran vidéo et de la musique pour détendre les patients subissant un examen d’IRM.
Une expérience patient réussie ne peut qu’améliorer la qualité des soins.

 



Hellocare, le téléconseil médical vidéo sur smartphone

 

 Lancé il y a quelques mois, Hellocare, service de téléconseil médical en vidéo, vient de lever un million d’euros auprès de P. Factory accélérateur de start-up en Provence pour assurer son développement. C’est dire les ambitions de la start-up.

Pour le Dr William Benichou, généraliste entrepreneur qui n’en est pas à sa première société, l’idée est venue avec les patients qui appellent leur médecin traitant au téléphone. « La première fois que j’ai envoyé une ordonnance avec FaceTime pour une pathologie ORL, j’ai réalisé que j’avais fait un acte médical à distance via mon iPhone. J’ai compris que le smartphone était un instrument pour la télémédecine. ». A cette intuition première s’ajoutent plusieurs constats : demande des patients pour une médecine connectée, équipement massif des médecins en smartphone et tablette, désertification médicale en hausse. La rencontre avec Mathilde Le Rouzic, « Tech entrepreneur » depuis 2004, fondatrice de plusieurs sociétés et conseiller de start-up, sera décisive. Tous les deux sont convaincus que la France est en retard sur ses voisins européens et n’est que peu perçue par les éditeurs du domaine de la santé comme un pays favorable au développement des applications e-santé, loin derrière le Royaume Uni et l’Allemagne (16% contre 55% et 41%).

La société est créée en juillet 2016. Le 30 janvier dernier sortait l’application de téléconseil médical vidéo Hellocare. Première version. La 2ème vient de sortir.

Pour des soins de premier recours

HellocarePour le patient, l’appli est gratuite (iOS et Android). Il faut s’inscrire, renseigner un certain nombre d’indications . Un code de sécurité est envoyé. On se connectera ensuite avec son numéro de mobile et un code secret à 8 chiffres. Le télé conseil est facturé 29 euros (en utilisant la carte bancaire) mais jusqu’au 31 aout 2017, l’inscription au service donne droit à 3 appels gratuits, touche « parler à un médecin ».
Le service est conçu pour être utilisé pour des soins de premier recours. Hellocare garantit la mise en contact avec un médecin dans le quart d’heure partout dans le monde de 7H à 22H depuis son mobile ou sa tablette. Et en vidéo. « Nous avons développé notre propre application sécurisée sur le modèle de Face Time ». Le médecin utilise une tablette ou un ordinateur et reçoit les champs renseignés au fur et à mesure. L’équipe compte actuellement 8 personnes dont un médecin salarié. La levée de fonds doit permettre à Hellocare de se faire connaître auprès des patients et de se mettre en phase avec les objectifs de développement. De nouvelles fonctionnalités sont en effet prévues : un « chabot » pour checker ses symptômes, un carnet de santé en ligne (stocké chez un hébergeur agréé pour les données de santé), une prise de rendez-vous avec des médecins spécialistes, la possibilité de récupérer l’ordonnance chez le pharmacien. « Nous allons aussi constituer un comité scientifique, explique le Dr Benichou, pour évoluer progressivement vers la téléconsultation avec envoi d’ordonnance. Installée à La Ciotat, Hellocare mise sur 15 000 utilisateurs actifs pour la fin 2017 et un pool de 40 médecins. La phase de recrutement est commencée.
Une ARS est intéressée. Pour la prise en charge de telles téléconsultations plusieurs solutions sont à l’étude. « Un médecin traitant pourrait parfaitement offrir une telle option à ses patients ». souligne le Dr Benichou

https://hellocare.com



Médecins et objets connectés de santé : beaucoup de sondages et encore peu de faits ; donnez votre avis

S’il y a un sujet qui a été sondé et re-sondé, c’est bien celui des objets connectés en particulier dans la santé. Les médecins et leurs patients sont interrogés régulièrement. Tous ces chiffres donnent un peu le tournis. A la mesure des projections de ce marché jugé très porteur. Et vous qu’en pensez-vous ?

La dernière enquête Opinion Way auprès de 1070 Français (8-12 mars 2017) atteste que 45% (contre 35% en 2016) de la population voit les objets connectés comme une révolution, à l’image d’Internet il y a quelques années… Si la santé est citée comme un secteur prioritaire (73%), les objets qui viennent spontanément à l’esprit sont les montres connectés (53%) et les smartphones (37%), pas les tensiomètres ! Parmi les bénéfices reconnus (choix dans une liste), c’est la possibilité d’être alerté en temps réel encas d’urgence qui est en tête (94%), « nous permettre de mieux suivre notre état de santé » arrive en 5ème position à 83%. Côté inconvénients, 74% des sondés estiment que les données de santé peuvent être anxiogènes et les objets connectés eux même nocifs pour la santé (62%). Alors, que doit-on en conclure ? Visiblement, le sondage réalisé par l’IPSOS pour AG2R La Mondiale présentait de façon plus optimiste la santé connectée avec 43% des Français utilisant une appli mobile de santé.

Et les médecins ? Il semble que la menace sur le secret médical et le flou sur la responsabilité soient encore les principaux freins pour conseiller des objets connectés à leurs patients. La perte de confidentialité est le premier risque évoqué (90% des MG et 88% des spécialistes) par le sondage Ipsos-Asip Santé présenté en janvier 2017. Les deux facteurs (secret médical et responsabilité) sont mentionnés respectivement par 40 et 34% des médecins selon l’étude réalisée par Withings et la MACSF auprès de 1037 médecin sociétaires.

9, 16 ou 40% : quelle réalité donner à ces chiffres ?

Quand on veut aborder la pratique et la consultation, on se trouve de même assez perplexe. Dans le cadre de l’étude Withings-MACSF, 25% des professionnels de santé interrogés déclarent utiliser à titre personnel un objet connecté mais 15% l’intègrent à leur pratique principalement pour établir un diagnostic (à 43%). 9% disent en avoir déjà conseillé à un à leurs patients (glucomètre dans 51% des cas, tensiomètre 39%, traqueurs d’activité 36%. Le baromètre Vidal CNOM de 2016 s’adressant à ses clients équipés de smartphones (on attend celui de 2017) évaluait à 16% le nombre de médecins ayant déjà conseillé un objet connecté (contre 9% en 2014) mais seulement à 20% de leur patientèle. Le site Egora a pour sa part travaillé en collaboration avec la société d’études Direct Medica pour réactualiser son baromètre du médecin connecté (23 février-6 mars 2017). Dans cet échantillon de 265 médecins internautes, interrogés par mail, possédant des smartphones à 89,91% et une tablette à 66,79%, 39,25% affirment avoir déjà conseillé un objet connecté à des patients. Ceux qui ne le font pas se sentent mal formés (52,38%) et craignent pour le secret médical (12,90%). Le niveau de confiance (42,64) est supérieur à la défiance (41,51%).

Une étude sur le terrain

Au vu de ces résultats, tout juste peut-on observer une tendance favorable aux objets connectés santé… Pour en avoir le cœur net, le Lab e–santé, groupe de réflexion composé à l’origine de responsables de la communication santé mais élargi aux associations de patients, a initié UPDOCS, (Usage et Partage des Données issues d’ Objets Connectés de Santé), la première étude multipartenaires dédiée à l’appropriation des objets de connectés de santé par les professionnels de santé . Pour ce faire UPDOCS a mis a disposition des PS dans 8 centres investigateurs (6MSP, 2 pharmacies et 1 centre de soins) la solution Virtual Santé sur iPad (issu de la plate-forme Tactio) et un ensemble d’objets connectés (balance, bracelet, auto tensiomètre). iPad et objets sont attribué aux patients acceptant d’intégrer l’étude et présentant un excès pondéral ou une hypertension ou une grossesse à risque. La première phase de cette étude de 10 mois auprès des PS et de 6 mois auprès des patients s’est clôturée en janvier. Les médecins apparaissent depuis quelques années plus « geek » que l’ensemble des Français. 40 PS ont ouvert 13 comptes (ce qui montre que le partage d’informations est prévu). Les patients inclus sont majoritairement des hommes (30% entre 30 et 39 ans) dont près de la moitié fait peu d’activité physique. Résultats attendus : mieux connaître les freins et les moteurs à l’adoption de la santé connectée par les professionnels de santé, le profil des PS y trouvant un avantage, les usages réels et si les Maisons de Santé Pluridisciplinaires constituent un terrain favorable à son déploiement.

Donnez votre avis sur Buzz Medecin

Plus modestement, Buzz Medecin suggère aux professionnels de santé qui seront arrivés jusqu’à la fin de cet article (!) de déposer un avis sur le sujet. Avez-vous déjà utilisé un objet connecté de santé ? En avez vous conseillé à un patient et dans quelle circonstance ?
Merci d’avance !!!



Une étude de L’URPS Médecins libéraux Ile de France sur les offres de services de rendez-vous en ligne

L’« étude de marché » réalisée par l’URPS Médecins libéraux Ile de France met en avant les avantages et les inconvénients des plates-formes de prise de rendez-vous en ligne avec des fiches détaillées sur une quinzaine de solutions. A consulter avant de faire son choix. En complément des informations déjà disponibles sur Buzz médecin.

t_250URPS_354C’est une très bonne initiative de l’URPS médecins libéraux Ile de France que d’enquêter sur la prise de RV en ligne, car l’offre est devenue pléthorique. Alors que ce service connait un réel engouement puisque plus de 20 000 médecins en France auraient déjà franchi le pas fin 2016, selon les éditeurs. La commission ad hoc de URPS en a rencontré quinze, a rédigé sur chaque offre une fiche complète. Et a également recueilli quelques témoignages de médecins utilisateurs.
Le constat est évident : le patient est de plus en plus connecté et la gestion efficace des RV est cruciale pour le médecin.
Le RV en ligne apparaît donc comme une évolution inévitable.
Les avantages sont réels et commencent à être bien connus :
- Pour le patient : retour positif des patients qui ont une plus grande liberté (40% des prises de RV se font en dehors des heures d’ouverture) et d’avantage d’autonomie pour choisir le RV qui leur convient plutôt que de se faire imposer un RV au tél. Il est plus facile d’annuler ou de modifier un RV. L’âge moyen des patients inscrits sur le site se situe entre 50 et 55ans, tranche d’âge qui représente une partie importante de la patientèle. Les services fournissent des statistiques.
- Pour le médecin : le rappel de RV par SMS diminue les RV non honorés. Même si cela concerne surtout les spécialistes car les MG fixent des RV à courte échéance.
Le médecin peut « blacklister » les patients qui ne sont pas venus mais Il peut y avoir des patients qui prennent des RV sur plusieurs sites. Comme s’ils se trouvaient dans un libre-service médical.
La diminution des appels téléphoniques est indéniable avec désengorgement des périodes d’affluence téléphonique comme le lundi matin ce qui évite la perte de patient n’arrivant pas à joindre le secrétariat.
Le service offert par plusieurs sites, de la prise de RV chez un spécialiste au cabinet du médecin traitant peut améliorer le parcours de soins. De même que l’envoi de SMS pour les rappels d’examens ou de documents à apporter lors de la consultation.
"Avantages" plus discutables :
- La diminution des coûts de gestion n’est pas facile à mettre en évidence. Les médecins y voient plutôt un service complémentaire du secrétariat ou du télésecrétariat. Le coût de l’abonnement au service est par ailleurs non négligeable.
- La meilleure visibilité sur Internet intéresse surtout les spécialistes récemment installés qui peuvent espérer rayonner au delà de leur quartier. Pour le généraliste, le recrutement de la patientèle se fait surtout par le bouche à oreille et la proximité. La majorité des médecins interrogés réservent d’ailleurs le service à leurs seuls patients. Car ils sont déjà débordés.
 -Hormis les quelques éditeurs de logiciels de gestion cabinet qui ont réalisé leur propre solution intégrée, l’interopérabilité n’est pas garantie
 

Bien lire le contrat

L’analyse des contrats appelle à la vigilance du médecin souscripteur, même s’il est proposé « sans engagement ». Il importe de vérifier :
- s’il reste possible de souscrire auprès d’un autre service – ce qui se passe en cas de dysfonctionnement
- la période de révision des tarifs
- la confidentialité et la sécurité des données (hébergement sur serveur agréé pour les données de santé) ainsi que l’engagement ou non de l’éditeur de ne pas utiliser les données à d’autres finalités que la gestion de rendez-vous. Il est important de savoir quels autres services vont être proposés à son patient
- l’obligation de déclaration à la CNIL du fichier patientèle par le médecin
-comment les données sont récupérées à l’issue du contrat les implications juridiques pour le médecin
 

Un poids dans l’organisation  du système de soins ?

Car, rappellent les auteurs, ces éditeurs souvent issus de grands groupes ne « relèvent pas du code de la santé publique ». Avec la gestion des RV, ils mettent la main sur des fichiers de patients à terme de plusieurs millions d’usagers ce qui peut leur donner un grand poids dans l’organisation du système de soins.

Une quinzaine de médecins membres de la Commission Pratiques libérales, nouveaux modes d’exercice et nouvelles technologies, ont participé à cette étude coordonnée par les Drs Laurent de Bastard et Luc Réfabert,

Disponible sur http://www.urps-med-idf.org/publication/index.aspx



Docadom, une appli mobile pour des visites à domicile sans rendez-vous

« Médecins, Paris est votre cabinet ! » Docadom recrute des médecins urgentistes et des internes ayant leur licence de remplacement pour ouvrir dès mai à Paris (Nord Ouest parisien) un nouveau service de mise en relation médecins/patients. 

Sur Docadom, patients et médecins sont géolocalisés (comme le fait Uber avec ses chauffeurs de VTC et leurs clients, mais la comparaison s’arrête là) et l’algorithme envoie le médecin le plus proche et le plus disponible au patient qui vient en trois clics de demander un médecin sur le Web ou sur son smartphone (le site est Web responsive).
Encore une innovation qui risque de secouer un peu la pratique médicale !

Les trois jeunes fondateurs dont deux médecins, Florian Guého, médecin urgentiste et Marc Postel-Vinay, interne de médecine générale, se gardent bien de vouloir rivaliser avec les confrères installés. « Nos médecins n’ont pas vocation à devenir des médecins traitants. Le patient ne choisit pas son médecin, c’est l’algorithme qui choisit », disent-ils et ils estiment que leur solution est complémentaires  des associations médicales et  que leur projet « a vocation de service public dans le respect de la déontologie médicale ». Le « non programmé » est ce qui revient le plus cher aux finances publics. L’ARS Ile de France serait intéressée. Une consultation aux urgences c’est  200 euros, rappellent-ils et Docadom facture les visites de 33 € (V+MD) à 61,5 € (V = MDN).  L’algorithme remplace en effet la centrale d’appel ce qui rationalise la gestion et réduit les coûts.

Un mode d’exercice innovant pour les médecins

Le médecin ne paye pas de droit d’entrée et touche 90% du montant des visites. Docadom lui fournit moyennant une caution de 1000 €, un  « sac à dos » tout prêt contenant de quoi télétransmettre et accéder au (futur) DMP ( le lecteur de Sylyca, les logiciels de iCanopée et de Pyxistem pour iOS et Android.). Le médecin peut préférer l’offre « all inclusive » où on lui fournit matériel complet, moyen de transport (scooter ou voiture) et un service comptable contre une commission de 20%.
flyer DocadomLes fondateurs de Docadom sont convaincus d’apporter, en particulier à leurs jeunes confrères, une possibilité de revenus qui va les séduire : le planning n’est pas imposé et les journées ont été découpées en 4 lignes de garde 6-8h, 8h-14h, 14h-20h et 20h-minuit, ajustable en fonction des besoins. Docadom n’assure pas la nuit profonde, ni les urgences pédiatriques pour les nourrissons de moins de trois mois. "C’est moins épuisant que les gardes dans un établissement ».  Le médecin qui signe avec Docadom réserve n’importe quel créneau, deux soirs par semaine ou du plein temps. Il ne peut refuser une visite sauf impossibilité (qui est  vérifiée). « Un mode d’exercice innovant, sans engagement et en toute liberté » vante la start-up. Et pas d’argent à manipuler puisque c’est Docadom qui « encaisse » avec la carte bancaire du patient dont le numéro a été renseigné lors de l’inscription.

Pour le patient, c’est l’assurance d’avoir un médecin dans le délai qui lui est indiqué au cours des prochaines 24h. Avec une Carte Vitale et une mutuelle, le prix de la visite est pris en charge avec tiers payant intégral. Le patient peut annuler le rendez-vous jusqu’au moment où on lui précise par SMS que le médecin est en route. Après cette limite, 50% du montant est facturé.

Docadom propose aussi gratuitement des consultations sans rendez-vous au cabinet des médecins les plus proches et va passer des partenariats avec des services de rendez-vous en ligne pour diriger ses clients vers les plages de consultation sans rendez-vous.  Des partenariats avec des services de télémédecine (spécialistes) sont également prévus.

La start-up qui a bénéficié de subvention de la BPI et du soutien de la région Loir et Cher où elle est implantée, compte monter en charge progressivement et réaliser 3200 consultations la première année avec 35 à 45 médecins puis 9700 l’année suivante avec 80 à 100 médecins. En attendant d’ouvrir le service dans d’autres grandes villes.
« Le modèle pourrait faire tâche d’encre en milieu rural, avec des médecins mobiles qui passeraient un jour par semaine en région », espèrent les jeunes entrepreneurs. Au congrès de la médecine générale à la Porte Maillot fin mars, ils ont rencontré beaucoup de médecins. "Notre démarche soulève des interrogations et parfois des inquiétudes chez les confrères mais quand on explique que le médecin traitant est inclus dans le parcours, cela rassure et les retours sont très positifs"

www.docadom.fr    contact : medecin@docadom.fr

(mis à jour en avril 2017)

 



Conférence 2017 de l’ASIP Santé : l’agence de la santé numérique se voit en co-constructeur de la e-santé

 Cadre branché s’il en est que les sous sol tagués façon « Street Art » du Palais de Tokyo choisis par l’ASIP santé pour tenir le 31 janvier sa conférence 2017 (la dernière manifestation de ce type remontait à 2012 à la maison de la Chimie).
Détail raffiné que cette bouteille d’eau remis à chacun avec le tag pour télécharger les vidéos. confasip
Plus de deux heures de débats sur le thème de la transformation de la santé et du parcours de soins par le numérique, entremêlés des résultats « inédits » mais sans surprise d’un sondage IPSOS sur les médecins à l’ère du numérique.
Et puis, tandis que les nombreux invités se pressaient au buffet, Michel Gagneux, le directeur de l’ASIP santé, tenait conférence de presse dans les spacieux fauteuils de velours rouge d’une salle de projection pour soirées privées.
Buzz medecin y était, histoire d’en savoir un peu plus sur le devenir de l’agence avec la reprise en main du DMP par la CNAM qui apporte aussi son concours au déploiement de la messagerie MSSanté chez les libéraux.
Et bien, l’ASIP qui emploie 136 collaborateurs pour un budget de 85 millions d’euros en 2016, s’est vu confier en signant un contrat d’objectifs et de performance avec l’Etat  pour la période 2016-2018, avec 26 objectifs, trois missions : réguler la transformation numérique, la promouvoir et en accélérer les usages. « Les briques existent mais rentrent difficilement en action sur le terrain avec des délais qui ne sont plus acceptables par les patients », explique Michel Gagneux. L’ASIP apporte son expertise dans la réalisation des projets de systèmes d’information, dans la gestion de l’espace de confiance (RPPS, CPS..) et dans la coordination sur le terrain (acteurs, territoire, clients). Elle pilote ainsi non plus 9 grands projets comme lors de sa création en 2009 mais plus de 30 programmes, soit une centaine de projets. Un des plus gros chantiers, d’un montant de 240-250 millions de francs, c’est SI SAMU l’unification du système d’information des SAMU vers un système stable permettant d’encaisser les crises sanitaires. La phase pilote démarre en avril avec 11 SAMU avant un déploiement général de la première version dans un an.

ASIP Sante

MSSanté : "Un volume d’usage limité malgré nos efforts"

Alors qu’un médecin sur deux déclare utiliser des technologie numériques dans la relation avec ses confrères ( voir le sondage), la messagerie sécurisée MSSanté « connaît un volume d’usage limité malgré nos efforts » , selon Michel Gagneux. Son déploiement montre que depuis mai (voir le compte rendu de la présentation lors de HIT 2016), le nombre d’établissements compatibles a bien augmenté : 1800 en cours au total dont 700 techniquement raccordés et 460 CHU.
« Depuis l’été il y a suffisamment de logiciels métier ayant intégré MSSanté pour permettre une campagne de communication auprès des médecins avec le concours des CIS (conseillers informatique service) des CPAM. Des événements régionaux sont organisés dans 9 départements des régions Nouvelle Aquitaine et Hauts de France principalement pour une généralisation en 2017. Par ailleurs, les laboratoires qui sont en train de passer de Hprim à Loink ce qui permet une unification sémantique des résultats d’analyse auront dès 2017 des logiciels compatibles MSSanté.
Quant à Apicrypt, qui continue à gagner des utilisateurs (près de 70 000 annoncés), ce qui bloque c’est l’agrément Hébergeur de données de santé, retardé selon M. Gagneux car elle a été demandée pour Apicrypt 2, version qui n’est pas encore diffusée. Et l’agrément est en train de passer entre les mains d’un organisme certificateur. Toujours à suivre donc.

confasip sondage

« Les technologies numériques et la pratique médicale" , Enquête réalisée via Internet auprès de 253 MG libéraux et 250 spécialistes hospitaliers entre le 11 et le 23 janvier.

- La perte de confidentialité demeure le risque n°1 mis en avant par 90% des MG et 88% des spécialistes face à l’irruption dans les pratiques du numérique, considéré comme très diffusé.
- Le risque de déshumanisation est cité par 71% des médecins.
- 63% des médecins utilisent fréquemment le numérique pour accéder aux résultats d’analyse d’un patient (84%) pour transmettre les données d’un patient à un autre professionnel de santé (68%)
- 2/3 des médecins pensent que les technologies numériques n’engagent pas davantage leur responsabilité
- 1/3 s’estiment bien formés pour l’utilisation de son logiciel métier
- 16% s’estiment bien formés pour l’utilisation des échanges avec leurs confrères
- 72% attendent du numérique la diminution de la redondance de certains actes ou examens médicaux



CES 2017 : la santé connectée au service des diabétiques, du brossage des dents, du soulagement de la douleur

Le Consumer electronic show (CES) qui s’est tenu du 5 au 8 janvier à Las Vegas a une nouvelle fois montré la vitalité des start-up françaises (233 étaient présentes) notamment dans le domaine de la santé. C’est d’ailleurs un dispositif français pour les diabétiques qui a obtenu un prix de la meilleure innovation. Buzz Médecin a retenu quelques innovations (pas toutes françaises).

Diabète mieux géré

glucosepng2Lorsqu’elle sera commercialisée, la montre connectée K’Track Glucose de la société PK Vitality  pourrait bien changer la vie quotidienne de nombreux diabétiques. Il s’agit du premier dispositif de contrôle de la glycémie par simple pression sur la peau. La K’apsul Glucose qui s’insère au dos du cadran comporte un système de microaiguilles qui examinent le liquide interstitiel (technologie Skin Taste). L’utilisateur ressent un léger effet de fourmillement mais pas de douleur. Pour Luc Piérart, président de la société, l’idée c’est de reproduire le processus de la langue et de goûter la peau. Le capteur peut changer pour d’autres analyses (l’acide lactique par exemple). Avec une levée de fond en cours (entre 3 et 5 millions d’euros) qui sera facilitée par le « Best of innovation » reçu, l’objectif est de commercialiser la montre en 2018 pour un prix de 149 €. La recharge K’apsul Glucose d’une durée d’un mois serait vendue 99 €. Voir le site
C’est encore une avancée pour les diabétiques qui a reçu un Award dans la catégorie Biotech. Clipsulin met, selon Diabnext son concepteur américain, l’Intelligence artificielle au service de la gestion des doses d’insuline. Compatible avec différents stylo injecteur (Sanofi Novonordisk, Lilly notamment) l’enregistreur mémorise le nombre d’unités, l’heure etc..
L’application Diabnext, partagée avec le médecin, permet de gérer son diabète plus efficacement.

Brossage de dents connecté

ARA et appOnt également reçu un Award dans la catégorie Biotech, l’Oral Care System de Kolibree, qui avait lancé une brosse à dents connectée pour apprendre aux enfants à se laver les dents ; Il s’agit cette fois d’accompagner le brossage des patients à risque ou en traitement orthodontique avec ARA. Cette brosse à dent est en précommande sur le site à 79 € (livraison prévue en mars). Award aussi pour Philips Sonicare et son coaching personnalisé en 3D avec feedback en temps réel pour améliorer son brossage.

Télémédecine portable

Autre innovation intéressante, le groupe Visiomed a présenté Visiocheck, la première station de télémédecine mobile et connectée au monde d’un poids de 500 g, ayant la marque CE de dispositif médical de classe IIA (lancement mi 2017). Visiomed a profité du salon pour annoncer le partenariat avec la société de domotique Vity pour qu’elle intègre les services de santé Bewell Connect dans son bouquet TV pour le maintien à domicile.
Le CES est en effet une bonne occasion d’annoncer les partenariats. Startup ayant pour vocation de penser & développer des technologies médicales innovantes de diagnostics et de les rendre accessibles au plus grand nombre, Neogia a officialisé son partenariat stratégique avec Kyomed, ayant une expertise reconnue dans l’accompagnement clinique de dispositifs médicaux innovants. Ce rapprochement devrait se traduire par la mise sur le marché en 2018 d’une première technologie validée cliniquement, le bracelet connecté Motio HealthWear, permettant le diagnostic et le suivi de l’apnée du sommeil en mesurant actimétrie, fréquence cardiaque, oxymétrie et rythme respiratoire.

Semelles connectées, TENS et réalité virtuelle

Parmi les autres start-up sélectionnées pour représenter la French Tech, Rcup, Sublimed et SimForHealth.

Les semelles morphologiques connectées Rcup veillent sur la santé et la sécurité des personnes en remontant des informations (pression plantaire, posture…) avec alerte en cas d’urgence. L’assistant digital sert aussi à apprendre le bon geste pour limiter les douleurs actuelles et futures (troubles musculo-squelettiques) et peut servir à éviter la fatigue de certains postes de travail. Une fonction de commande permet même de donner un ordre à un équipement d’un mouvement de pied.

Sublimed et ActiTENS, son dispositif connecté « wearable » (à porter sur soi) de neurostimulation électrique cutanée pour soulager la douleur. Voir l’article du blog à ce sujet

Sur le stand de SimforHealth, les visiteurs ont pu tester sur le casque HTC Vive, le premier cas clinique d’urgence virtuel développé par la société française en partenariat avec le centre de simulation de la faculté médicale de Nice. Bel exemple de l’apport de la réalité virtuelle dans la formation en santé. SimForHealth présentait également la plate-forme MedicActiV de consultation et de diffusion de cas cliniques virtuels qu’elle souhaite internationaliser.

D’un CES à l’autre, il apparaît bien que tout ce qui peut être connecté va l’être. Et que l’intelligence des apps installées dans le smartphone permet des développements qu’on ne pouvait imaginer jusqu’ici.



Deuxiemeavis.fr veut trouver sa place dans le parcours de soins

Un stand au dernier congrès de la Société française de télémédecine avec un bon accueil des praticiens présents…Un an après la polémique déclenché par son lancement, le site deuxiemeavis.fr qui s’est donné pour objectif de rendre plus accessible l’obtention d’un deuxième avis médical dans les situations délicates, estime avoir sa place dans le parcours de soins.

Parce que le service a un coût – 295 euros par avis pour ceux qui n’ont aucune prise en charge (notamment les patients à l’étranger)-, les trois fondatrices de fondateursdeuxième avis s’étaient vu taxer il y a un an de vouloir tirer du profit de la détresse des malades… Pour les trois fondatrices, la création de ce site, avec le soutien financier d’un fond à impact social, s’inscrit au contraire dans la suite logique de leur engagement pour l’accès aux soins de tous. N’ont-elles pas créé en 2010 l’association CoActis Santé et été à l’initiative de santé BD pour sensibiliser à l’accès aux soins des personnes handicapées ? Comme souvent le cas, c’est une difficulté personnelle, la nécessité de trouver un deuxième avis avant l’opération d’un enfant pour une scoliose, qui a été le déclencheur de leur nouvelle initiative. « Notre ambition, explique Pauline d’Orgeval, l’une des co-fondatrices, c’est d’être un complément et de travailler en lien avec l’équipe de soins ». Dès l’origine, le site s’est doté d’un conseil scientifique de six professeurs et médecins de différentes disciplines ayant tous exercé des responsabilités dans les hôpitaux publics et présidé par le Pr Laurent Degos, professeur d’hématologie. « C’est le conseil scientifiques qui nous a aidé à définir les questionnaires et les résultats d’examens que doivent fournir les patients qui désirent un deuxième avis. Ce sont des dossiers médicaux complets qui sont fournis aux experts consultés. » Les dossiers sont archivés chez Grita, hébergeur de données de santé agréé. C’est également le Conseil scientifique qui a examiné les candidatures des médecins experts qui se sont proposés pour travailler avec deuxième avis. « Ils sont aujourd’hui 90 experts couvrant 240 pathologies. Nous avons eu beaucoup de candidats et même à notre surprise, des « grands pontes » qui pratiquent déjà cette activité de deuxième avis et se trouvent assaillis de mails de patients auxquels ils ne répondent pas face à des dossiers incomplets. Ils voient aussi des patients qui viennent de très loin pour les consulter. » Les experts ont bien sûr signé une convention avec le site, tenant compte des remarques de la Commission nationale des contrats du Conseil national de l’Ordre à qui le projet avait été soumis en 2015.

Un processus validé depuis un an et en cours d’évaluation

2avis pathoSur le site, il est possible de consulter en accès libre les fiches par pathologie. La création d’un compte sur deuxième avis se fait dans un espace sécurisé. Les patients ont accès à toutes les fiches des médecins experts. « Nous avons beaucoup de visites mais seuls 10% des visiteurs soumettent un dossier. » Le patient est incité à mettre dans la boucle le nom du médecin qui a donné le premier avis. Ainsi en cas de divergence, les médecins pourront prendre contact. L’expert s’engage à rendre un compte rendu écrit et signé dans les sept jours. « Dans plus de la moitié des cas, nous constatons que l’équipe soignante le reçoit également. C’est notre souhait de travailler en transparence, en complément du parcours de soins. » Dans 80 des cas, les avis convergent, le patient a obtenu une réassurance et peut commencer son traitement en toute confiance. Dans les 20% restants, nous incitons le médecin expert  à échanger avec l’équipe médicale traitante. Jusqu’à présent, nous n’avons eu que des patients satisfaits et nous travaillons à une évaluation du service par une équipe de recherche extérieur qui pourra donner lieu à une publication. »
Et de souligner que cette démarche sur le web, qui a fait polémique en France est courante à l’étranger. En Allemagne, où le 2ème avis est obligatoire, le site Medexo existe depuis plusieurs années ; parti de Barcelone en 1999, Advance Medical a des bureaux dans le monde entier ; aux Etats-Unis, les établissements et2avis les mutuelles proposent des services, pour des raisons souvent juridiques. «Au cours de cette première année, nous avons eu 20% de demandes provenant de l’étranger. En France, l’activité est restée modeste mais nous avions besoin de valider notre process. Notre objectif est de faire prendre en charge cette expertise par les mutuelles que nous sollicitons, puisque le remboursement de l’acte de télémédecine en est encore au stade expérimental. Nous commençons à être reconnus. Outre notre présence au congrès de télémédecine, nous avons notamment été invités à l’université de la CSMF dans la presqu’ile de Giens, à la journée e-santé organisée par Les Echos. Notre sérieux joue pour nous. Et les médecins commencent à parler de nous! »

www.deuxiemeavis.fr



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