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Santé connectée : les 101 bonnes pratiques de la HAS

La Haute Autorité de Santé a publié le 7 novembre un référentiel de 101 règles de bonne  pratique pour aider développeurs et évaluateurs à diffuser des applications et objets connectés sûrs, fiables et de qualité.

La HAS voit au moins trois avantages à la santé connectée : le patient y est plus actif dans sa prise en charge, elle pourrait contribuer au développement de la médecine préventive et enfin l’exploitation du Big Data renferme des promesses de progrès médical. Dans ce contexte, il relève des compétences de la HAS de promouvoir son usage en inspirant la confiance, plutôt que d’édicter des règles restrictives ou de proposer un quelconque label.
La HAS prend bien soin de préciser que ce référentiel, fruit d’un groupe de travail de 25 personnes qui a réfléchi et rédigé pendant toute une année (novembre 2015-septembre 2016) sous la conduite de Pierre Trudelle (HAS), ne se substitue pas à la loi ou à la réglementation. Il ne concerne d’ailleurs pas les objets connectés soumis au régime du marquage CE en tant que dispositifs médicaux (tensiomètre, glucomètre, thermomètre..) mais la zone grise de la forme-santé. Pour les sujets traitant de la protection des données personnelles et de la cybersécurité, la CNIL et l’ANSSI (agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) ont apporté leur contribution.

Des niveaux d’exigence adaptés aux fonctions des apps

N’étant pas le premier à se pencher sur le sujet, le document de 60 pages passe tout d’abord en revue les classifications existantes ainsi que les sites d’évaluation des applications au niveau international (cinq sites en France comme GPM e-sante de groupe Pasteur Mutualité, Medappcare ou DMD Santé et son label mHealthQuality). Pierre Trudelle qui s’est chargé de la sélection et de l’analyse de la littérature a fait un beau travail. Les annexes sont également très intéressantes.
Le référentiel proprement dit, que l’on ne va pas détailler ici mais qui est téléchargeable, porte sur cinq domaines (information, contenu santé, contenu technique, sécurité/fiabilité, utilisation/usage) subdivisés en une vingtaine de sous domaines. Les règles proposées doivent permettre aux utilisateurs, grand public ou professionnels de santé de trouver des produits simples à utiliser et ergonomiques, avec des garanties de sécurité et de fiabilité et dont ils ne sont pas prisonniers (consentement révisable et accessible à tout moment, résultats communicables). En gros, quand vous téléchargez une app, vous devez savoir où vous mettez les pieds…
La HAS a défini des niveaux d’exigence différents selon qu’il s’agit d’une app d’information grand public ou de la gestion de la prise de médicaments. D’une façon générale, les apps destinées aux professionnels de santé relèvent des exigences élevées. Tout cela est consigné dans de grands tableaux assez clairs.
 

Une base pour de futurs labels ou évaluations

En publiant ce référentiel, l’ambition de la HAS est de le voir servir de base pour des registres, label, score, bancs d’essai, évaluation dont elle laisse l’initiative à d’autres. C’est un travail utile. Il s’inscrit dans la ligne du guide de bonnes pratiques européen attendu pour 2017.
Il serait dommage que les développeurs ne tirent pas toute la substantifique moelle de ce référentiel et s’en servent surtout pour rallonger les Conditions Générales d’Utilisation, les fameuses et souvent interminables CGU que l’on accepte sans les lire, avec résignation.

Voir l’article de présentation de la HAS

 Télécharger le référentiel



Université d’été de Castres : le foisonnement de la e-santé

La 10ème université d’été de la e-santé a réuni plus de 600 personnes à Castres du 5 au 7 juillet. Buzz Medecin y a passé deux jours et rend compte du foisonnement d’initiatives et d’acteurs qu’on y rencontre.

goodies 1

Pour ses dix ans, l’UEES avait prévu un gâteau, quelques « e-goodies » et un peu de réflexion sur le thème très « tendance » du transhumanisme. Comme pour marquer une pause face à ces nouvelles technologies qui transforment la médecine et les relations médecins-patients, nous tous en fait… Les débuts de l’informatique en posture assise face à un écran et un clavier sont marqués par la culture de la chaise, rappelle Milad Doueihi, universitaire passé de l’histoire des religions à l’humanisme numérique, l’utilisation en mobilité a fait exploser les usages. L’informatique commence à façonner l’humain de façon inédite…

Simulation et réalité augmentée

Notre façon d’apprendre d’abord. Des fameux Mooc qui mettent à disposition les savoirs 24h sur 24 à la simulation 3D ou la réalité augmenté. On en a vu de brillants exemples avec les Mooc de Formatic Santé, la plate-forme Medicativ d’Interaction Healthcare et les démos « live ».

Castres demo
Le mannequin intelligent acquis par l’école d’infirmière permet de simuler une intervention Pompiers-SAMU-CHIC (acronyme du centre hospitalier intercommunal de Castres) sur un accident de moto. Le mannequin émet des gémissements : ‘j’ai mal, aidez moi docteur" et sera opéré. Le débriefing permet de vérifier qu’il manque le gel de l’échographe ! C’est surtout l’occasion de vérifier la bonne coordination des équipes.
Thalès a réalisé en trois mois une application utilisant des lunettes de réalité augmentée, en lien avec le CHU de Nice et pour aider un chirurgien à distance à réaliser une opération avec les conseils d’un expert. C’est encore un prototype. Ces lunettes comme les Google glass retirées du marché grand public trouvent des applications en médecine. Le SAMU de Toulouse en a acquis une paire avec la solution Xpert Eye de la société AMA dans le cadre du dispositif d’urgence mis en place pour l’Euro. Cela permet au centre SAMU d’avoir une vision de l’ensemble du champ des victimes et de pousser des informations vers le terrain.
En matière d’information du public, il ne faut pas négliger pour autant les fiches papiers. Le think tank Lab e-santé en a préparé 50 sur les notions de base ou plus avancés de l’univers de la santé numérique. Les PDF des premières fiches disponibles sont à consulter ici.
Voir LES_FICHES_. Idéales pour la salle d’attente du médecin.

Big Data Santé, coaching et suivi des pathologies

elie lobelElie Lobel, ancien directeur du pôle Projets de l’ASIP Santé aujourd’hui directeur d’Orange Healthcare a donné le coup d’envoi des présentations  sur les perspectives de la santé connectée en matière de suivi et de gestion à distance des maladies chroniques pour affirmer sa conviction l’analyse des données de santé-le Big Data Santé, est la clé pour diagnostiquer et prévenir.
Le programme de surveillance des insuffisants cardiaques Cordiva (groupe Alere), avec une balance connectée et une box, en est un bon exemple. Il a débuté en Allemagne où sont suivis 16 000 patients et se poursuit en France à travers les deux études cliniques PIMPS (CH Pontoise) et OSICAT (CHU Toulouse).
A Castres, on ne parle que de décloisonnement, de « living labs », ces espaces où l’on co-construit les produits avec les patients et les PS et où l’on teste les solutions. L’école d’ingénieurs ISIS (Informatique et système d’information pour la santé) qui accueille l’Université d’été dans ses locaux en possède d’ailleurs un.
Le Pr Odile Boespflug-Tanguy évoque son partenariat avec la société IOT-EZ dans le cadre du projet Hanoc (soutenu par Kyomed) pour évaluer la capacité motrice d’enfants atteints de maladies neuro-dégénératives en utilisant des objets connectés du marché.
Ancrée sur le terrain avec 260.000 collaborateurs sur 17.000 points de contact, La Poste apporte sa pierre humaine à l’édifice e-santé : ses facteurs assermentés peuvent installent le matériel (hub numérique), expliquer le fonctionnement, apporter des tests de dépistage (opération Carsat en Limousin pour le test du cancer colorectal) ou des médicaments ; et son service Docapost est hébergeur de données de santé.
Harmonie Mutuelle a fait part de l’utilisation par ses salariés (20% sont inscrits) du site Betterise qui réussit à fidéliser ses utilisateurs (12 500 inscrits adhérents) en leur envoyant quotidiennement des messages bienveillants et hyper personnalisé pour les encourager dans leur programme santé (arrêter le tabac, perdre du poids ou autre…).
 

Qui dit technologie ne dit pas forcément transhumanisme, heureusement

Une technologie « humaniste « en quelque sorte pour revenir au thème choisi cette année et dont le point d’orgue fut certainement la table-ronde passionnante réunissant le Pr François berger, neuro-cancérologue, François Viella, professeur de droit (Montpellier) spécialiste de bioéthique et Jean-Michel Besnier, philosophe. Pas vraiment un débat car les trois intervenants sont convaincus que le transhumanisme n’est qu’un courant d’opinion rassemblant les personnes qui considèrent que les sciences et les technologies sont capables de répondre aux attentes de l’homme et tentent d’imposer la nouvelle norme du surhomme, pour qui la maladie est une « panne ». « C’est un système d’annonce » dit le philosophe qui dénonce un monde technologique où la conscience est un handicap. « Cela relève du neuro-charlatanisme » s’insurge le médecin. « Il faut avoir le courage de ses convictions, conclut le juriste, nous proposons de nous arrêter. On prendra du retard, et alors ? »

Un dynamisme régional ouvert aux start-up santé

Il n’y aurait pas l’Université d’été sans  le dynamisme de Castres-Mazamet Technopole et de son réseau de contacts, Pierre Fabre en tête, et bientôt de start-up e-santé, avec un concours d’implantation à la clé (ouvert jusqu’au 30 septembre). Lauréate l’an dernier, Start Track, application spécialisée dans l’analyse des paramètres physiologiques (30) et environnementaux pour adapter son effort en fonction de son état de santé, est aujourd’hui installée à la pépinière l’Arobase.

castres ambiance

La remise des Trophées de la e-santé (dix au total) pendant l’Université participe de cette ébullition. Le Grand Prix est allé à JokkoSanté, une pharmacie communautaire virtuelle présentée par Sensys solutions (Sénégal), le Coup de Cœur à Noa, compagnon connecté et ludique des enfants asthmatiques (Université de Nantes) le prix des internautes et le prix de la Télémédecine à Oscult, échographe de premier niveau sur iPad à destination des praticiens non spécialistes de l’imagerie, etc. Voir le communiqué en PDF. Ce dynamisme et la convivialité des rencontres ne manquent pas de séduire les sponsors qui reviennent comme la société luxembourgeoise Tarkett en quête de partenaires pour utiliser son revêtement de sol connecté, détecteur d’activité, FloorInMotion.



Santé connectée : la France à la traîne selon un indice IPSOS-Philips

Selon le nouvel indice Futur Health Index concocté par le groupe Philips en lien avec une enquête IPSOS dans 13 pays*, la France est à la traine en ce qui concerne les perceptions, les comportements et les attitudes des patients et des professionnels de santé vis à vis de l’adoption des technologies connectées et de l’intégration du système de santé.

Les prévisions mondiales d’équipement en objets connectés sont mirifiques, particulièrement dans le domaine de la santé. A la suite des start-up, les groupes mondiaux s’y engouffrent les uns après les autres. Avant de se lancer dans l’aventure à son tour (sa gamme santé connectée devrait sortir en 2017), le néerlandais Royal Philips a enfilé les sabots de bois du folklore national, ceux qui permettent de bien coller au sol et à la réalité du terrain. Il a demandé à l’IPSOS de mesurer les perceptions, comportements et attitudes vis à vis de l’e-santé, des patients (25 000) et des professionnels de santé (2 600) dans 13 pays : Australie, Brésil, Chine, France, Allemagne, Japon, Pays-Bas, Singapour, Afrique du Sud, Suède, Emirats arabes unis, Etats-Unis.

Un indice FHI pour comparer les pays

De cette étude, qui sera menée chaque année, est né un nouvel indice, le Future Health Index, qui permet de comparer les appétences des pays en la matière. Avec un FHI global à 54.4, la France sort de l’étude 10e sur 13, devant l’Allemagne (52.8), le Brésil (50.6) et le Japon (49.0). Alors que la Suède, les Emirats arabes unis et les Pays Bas sont en tête avec des indices respectifs de 60.9, 60 et 58.8.
Coup dur pour le pays qui a eu, selon l’OMS, le meilleur système de santé au monde. C’était en 2000. Depuis, les choses ont bien changé ; la confiance dans l’accès au continuum des soins, s’est effritée. Avec un indice spécifique à 66.9, la France occupe la huitième place. Les PS ne sont plus en effet que 53% à penser que leurs patients ont accès aux soins nécessaires alors que 67% des patients se disent satisfaits. 79% des PS français considèrent cependant positivement la qualité des soins délivrés en France mais seulement 68% des patients.
Autre enseignement : le vieillissement de la population est perçu comme un problème davantage par les PS (37%) que par les patients (11%).
Le partage de l’information est une réalité : 83% des PS partagent souvent ou systématiquement des informations sur la santé de leurs patients avec des confrères et 57% le fait en ligne.

La santé connectée, anxiogène ou utile ? : Les médecins n’ont pas encore tranché

Pour la faculté d’adoption des dispositifs de santé connectée, la France avec un indice à 42.6 est en queue de peloton avec l’Allemagne et le Japon. Ce résultat contraste avec une effervescence de start-up nationales encensées par le gouvernement français. La French Tech n’est pas prophète en son pays. Le grand public considère à 48% le coût comme un obstacle. 49% des PS et 42% des patients pensent d’ailleurs que ces dispositifs entraineraient une augmentation globale des coûts des soins de santé. Les PS continuent à penser à 66% que les technologies connectées alourdiront leur charge de travail et estiment à 60% que la surabondance d’information pourrait être anxiogène pour les patients. Lors des entretiens, ils soulignent que ces technos doivent venir en renfort et non en remplacement de consultations. Mais ils reconnaissent aussi à 49% que cela peut améliorer les connaissances des patients. Plus de la moitié des PS (59%) a eu l’occasion de recevoir des patients qui leur ont partagé des données provenant de dispositifs. Ce partage a incité les patients à bien suivre leur traitement (65%) et a permis de leur fixer des objectifs raisonnables (53%). On peut en conclure qu’il reste un important effort d’information et de validation avant de convaincre le grand public médical…
A noter, dans tous les pays, PS et patients sont partagés sur la capacité de chacun à gérer sa santé : 56% des patients (63% en France) s’en estiment capables contre 46% des PS (48% en France).
Quant au concept de système de santé intégré, continuum qui va de la prévention à la prise en charge au domicile, les patients et les médecins s’accordent dans tous les pays (sauf au Japon) à le valider. Mais la bureaucratie est perçue comme un frein ainsi que la nécessité de sécuriser les données personnelles de santé ce qui augmente les coûts. Dans ce domaine, la France est 10ème sur 13.
Ces chiffres, un peu compliqués à expliquer pour les profanes, sont à prendre pour ce qu’ils sont, des statistiques. Mais tels que, ils révèlent quelque chose de la difficulté d’évolution des systèmes de santé, notamment en France, face aux défis des années à venir, comme le vieillissement de la population.
Pour les objets santé connectés, le marché semble plus ouvert aux Emirats arabes unis, en Chine ou en Afrique du Sud, puis aux Etats-Unis et au Brésil que partout ailleurs.

* Entretiens en ligne et par téléphone menés entre le 24 février et le 8 avril 2016 auprès de 200 PS et 2000 patients dans chaque pays (1000 dans les EAU)

voir le PDF en français



Compte twitter, forum, site de coaching en ligne, la CNAM 2.0 sur les rails

Le 6 novembre, quelques heures avant la fin de son mandat, M. Frédéric Van Roekeghem ( appelé "affectueusement"  Rocky dans la presse médicale) avait convié la presse à un dernier point d’information résolument tourné vers l’avenir 2.0 de la CNAMTS qu’il a dirigé pendant dix ans. Donc en 2015, la CNAMTS qui a ouvert le 27 octobre un compte twitter @CnamtsOfficiel (48 tweets, 16 abonnements, 483 abonnés au 6/11 à 17h), aura une « fan page » Facebook pour les femmes enceintes et animera un forum pour répondre aux questions des assurés sur ameli.fr. Elle fera aussi surveiller sa e-réputation. Et va lancer fin 2014 à l’intention des assurés détenteur d’un compte ameli, un service de coaching en ligne Santé active. Ce service d’accompagnement en ligne sur 3 mois portera sur  la prévention en matière de nutrition, de mal de dos et de risque cardio-vasculaire et sera complété en 2015 d’un module d’accompagnement du sevrage tabagique.

La première ligne de contact de l’Assurance Maladie, c’est Internet

La CNAMTS se félicite globalement du succès d’ameli.fr qui reçoit plus de 110 millions de visites par an. 16 millions d’abonnés y ont ouvert un compte (objectif 17 millions soit un assuré sur deux fin 2015), ameli génère 70 millions de contacts par an et 90.000 conversations avec sa conseillère virtuelle. A comparer aux 36 millions de visites dans les accueils des CPAM  et 30 millions d’appels téléphoniques. La version mobile a été téléchargée 2 millions de fois. Les services en ligne sont de plus en plus utilisés mais avec 3 millions d’appels au 36 46 pour signaler un changement d’adresse (disponible en ligne) et 1,5 million de déplacements pour commander la CEAM (la carte européenne d’assurance maladie) il y a encore de la marge de progression. Et  La carte européenne devrait d’ailleurs être dématérialisée sur smartphone fin 2015. Pour les rendez-vous dans les 2100 points d’accueil physique, un service d’e-booking (prise de RV sur le Web) est en test.
Le site ameli est cependant devenu trop riche. Une refonte est en cours pour faciliter l’accès aux bonnes rubriques à partir de situations concrètes. Encouragés par la ROSP (rémunération sur objectif de santé publique), les échanges avec les professionnels de santé se dématérialisent progressivement. Et pour que les diabétiques dits "en écart de soins " bénéficient davantage de Sophia (536 000 adhérents soit 1 diabétique éligible sur 4), il va être proposé à leur médecin de les inscrire via Espace Pro.
« Notre première ligne de contact aujourd’hui c’est Internet » a conclu l’ex-DG de la CNAMTS ( qui est remplacé par Nicolas Revel) reconnaissant que l’Assurance Maladie n’était pas en avance dans ce domaine. Une nouvelle campagne d’information sur les services d’ameli.fr est prévue du 22 novembre au 9 décembre prochains.
 



Infos-Médicaments : les interactions contrôlées par le grand public

L’industrie du médicament communique de plus en plus vers le public et de moins en moins vers les médecins. C’est un fait que le groupe Cegedim , prestataire de longue date de l’industrie pharmaceutique, ne pouvait éviter de prendre en compte. Après quelques applications pour smartphone (iMediGuide notamment), Cegedim lance donc un site grand public pour tout savoir sur les médicaments. La savoir- faire acquis avec la Base Claude Bernard, et sa version en ligne BCB Dexther lui en donne toute la légitimité.

Sur Infos-medicaments.com, l’inscription est gratuite et rapide (on ne vous demande que votre adresse mail). Il est juste demandé de cocher oui ou non pour dire si vous êtes d’accord pour participer à un sondage sur des produits pharmaceutiques. Sur la page d’accueil, il est suggéré d’utiliser le site pour contrôler l’armoire à pharmacie mais il a bien d’autres usages.

La fonction « recherche rapide » se subdivise en deux. D’une part, en tapant les premières lettres du nom commercial d’un médicament, on obtient ses indications ainsi que les informations BCB et la notice ANSM (la nouvelle Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé) du produit. D’autre part en choisissant un symptôme, on obtient la liste par ordre alphabétique des médicaments en libre accès à la pharmacie. C’est une forme d’aide à l’automédication, pratiquée par 85% des Français. Il est bien sûr partout spécifié que « ce site ne peut en aucun cas remplacer ni votre médecin, ni votre pharmacien ».

L’innovation, c’est la fonction « contrôle multiproduits » qui permet de vérifier qu’une prescription d’un médecin n’est pas en interaction avec un autre médicament prescrit par un autre (que le patient a oublié de signaler par exemple). Il faut entrer son profil, ses pathologies, ses allergies le nom du premier médicament et du deuxième (à choisir dans un liste en tenant compte de la forme galénique et du dosage). Si un parkinsonien saisit par exemple vogalène et carbid levod, une croix rouge apparaît avec la mention « veuillez consulter votre médecin ou votre pharmacien. »

C’est la première fois, à notre connaissance, que le public peut ainsi vérifier en ligne des intaractions médicamenteuses et des contre indications et précautions (c’est dire que ce site peut également aider un médecin).
Enfin, pour compléter ce qui se veut comme une initiative de santé publique, l’internaute trouve un bouton « pharmacovigilance » qui le conduit vers le site de l’ANSM pour y déclarer les effets indésirables qu’il aurait rencontrés avec un produit de santé.

Si avec ça, votre patient n’est pas informé sur les médicaments…

Mise à jour à 16h : Hervé Servy nous signale sur Twitter (@hservy) que le site www.medicaments.resip.fr (du même éditeur) permet de sécuriser l’ordonnance depuis deux ans… Dont acte.. La seule nouveauté c’est donc d’avoir rendu cette fonction résolument grand public…