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HAS

La HAS publie ses guides de bonnes pratiques pour téléconsultation, téléexpertise et téléimagerie

Animée par la volonté de "favoriser le développement de la télémedecine en confiance",  la Haute Autorité de santé a mis en ligne le 20 juin plusieurs documents à l’usage des professionnels de santé et de leurs patients. Les praticiens y trouveront des fiches pratiques pour leurs patients et des fiches mémos pour la mise en oeuvre de la téléconsultation, de la téléexpertise et de la téléimagerie

Ces fiches et recommandations ont été élaborées à la demande du ministère de la Santé, en s’appuyant sur l’analyse de la littérature et les conclusions de plusieurs groupes de travail.

Pour les professionnels de santé (médecins, chirurgiens dentistes, sages-femmes) amenés à proposer des téléconsultations, un mode d’emploi pour la mise en oeuvre et un guide de bonnes pratiques qui sont autant de mémos avec le rappel des pré-requis, les conseils pour la sécurité, les obligations à respecter en ayant toujours en tête qu’à tout moment le professionnel doit mettre fin à la téléconsultation s’il juge que les bonnes conditions de sont déroulement ne sont pas ou plus réunies.

Pour les patients deux fiches d’information à imprimer ou à diffuserpar  mail : "Ma consultation médicale à distance" est conçu comme un outil de dialogue médecin-patient afin de permettre que le choix de cette modalité soit réellement partagé.

Enfin la HAS met l’accent sur la nécessité de l’évaluation et propose une "Méthode du patient traceur" avec des grilles d’entretien permettant de rechercher les bénéfices pour le patient de la télémedecine.
Précision qui n’était pas forcément claire pour la téléconsultation remboursée (La CNAM avait mis en avant la nécessité que le médecin ait vu le patient dans les six derniers mois)  : la primo-consultation n’est pas un motif d’exclusion mais exige d’être plus longue avec un interrogatoire plus fourni.

Consulter les fiches pratiques téléconsultation et téléexpertise

Consulter le guide pratique téléimagerie

Voir le communiqué de la HAS

 

 



Le logiciel Moovcare qui prolonge la vie des des patients atteints du cancer du poumon va être remboursé par l’Assurance maladie

C’est parait-il la première fois en France, qu’une web application, par ailleurs dispositif médical de classe 1 avec marquage CE, a reçu de la HAS un avis favorable à sa prise en charge par l’Assurance maladie. Cela valait bien l’organisation d’une conférence de presse pour présenter le 26 juin à l’Institut Curie, Moovcare, logiciel qui en assurant un meilleur suivi des patients atteints de cancer du poumon a permis,- études cliniques à l’appui-, de prolonger leur vie de 7,6 mois.

Moovcare, de la société Sivan, spécialisée dans l’analyse des données clinique (PROs Patient reported outcomes), a en effet bénéficié d’une reconnaissance scientifique internationale lors des congrès ASCO1 2016 et 2018, ainsi que de publications dans le JAMA, le JNCI et le JTO. Les résultats des essais cliniques -étude contrôlée randomisée multicentrique- ont montré que Moovcare augmentait la durée de vie globale de 7,6 mois. A 24 mois, la moitié des patients utilisateurs sont en vie contre 1/3 des patients se contentant de réaliser un scanner tous les 3 mois.

La Haute Autorité de santé (HAS) a donc rendu le 9 avril dernier un avis favorable à sa prise en charge en tant qu’outil complémentaire pour la surveillance des patients

 

Un questionnaire à remplir chaque semaine

 

Chaque semaine Moovcare en voie au patient un email avec un questionnaire d’une quinzaine de questions à remplir sur tablette, ordinateur ou smartphone ( rempli en 5 minutes selon les patients). Avec rappel, si le questionnaire n’est pas renvoyé. Un algorithme analyse les réponses et génère automatiquement des alertes en cas de risque de récidive ou de complications. Des données cliniques vie réelle sont ainsi recueillies rapidement alors que les deux tiers des patients attendent le scanner trimestriel et la consultation pour se manifester.
Le patient se sent rassuré et communique mieux avec son médecin.
Le médecin ou l’assistante médicale dispose d’un historique des symptômes de chaque patient, ce qui permet une meilleure interprétation des signes d’alerte. A chaque consultation, l’interrogatoire et l’examen clinique seront réorientés en conséquence.

Sivan est née en 2014 de la rencontre, au Mans, de Daniel Israël, président fondateur de la société Sephira ( 26 000 professionnels de santé utilisent ses solutions de télétransmission type Intellio) et du Dr Fabrice Denis, cancérologue à l’Institut Jean Bernard du Mans. Son partenariat avec l’Institut Curie où sont développés de nombreux projets e-santé, a permis de valider Moovcare.
Le logiciel est actuellement utilisé dans dix hôpitaux en France par une cinquantaine de patients en attendant un lancement national en fin d’année. Moovcare devrait être bientôt déployé aux Etats-Unis et en Israël.
Une étude est en cours pour étendre le dispositif aux cancers du sein et Sivan a lancé une application grand public SmokeCheck pour la détection précoce des cancers du poumons et d’autres maladies respiratoires comme la BPCO (disponible sur les stores).
L’analyse des données cliniques vie réelle est un enjeu très important et les technologies e-santé facilitent leur recueiL.

www.sivan-innovation.com

 



Téléconsultation et téléexpertise : les médecins en première ligne

Le LAB’URPS de l’URPS Médecins Ile de France, toujours en pointe sur les nouveautés technologiques a organisé le 14 février une demi-journée de colloque sur « la pratique de la télémédecine en libéral ».

Lydie Canipel, secrétaire générale de la Société Française de Télémédecine (SFT) a detaillé le cadre fixé par l’Assurance Maladie pour les nouveaux actes TC (téléconsultation) et TE (téléexpertise) qui viennent s’ajouter depuis peu aux prises en charge déjà existantes pour la Télésurveillance en équipe de certaines pathologies ainsi que pour la téléassistance. Elle a rappelé quelques grands principes pratiques, avant de se lancer, comme le fait de bénéficier d’un bon réseau, de prévenir son assureur et d’obtenir de son patient qu’il se trouve dans un lieu confidentiel. Une petite documentation pour le patient ne sera pas inutile. L’éligibilité du patient relève de la responsabilité du médecin, qui doit refuser un TC lorsqu’un examen physique est obligatoire et ne doit pas hésiter à l’interrompre, si un besoin présentiel se fait sentir. La HAS s’apprête à sortir un guide complet.
Lydie Canipel a insisté sur la nécessité d’une formation* pour les asêcts législatifs et techniques, mais aussi pour apprendre à s’assurer de la compréhension du patient et, si besoin, à améliorer son écoute. Le médecin s’apercevra très vite que l’on voit mieux les détails à l’écran (on peut zoomer) et que les conditions d’écoute sont meilleures. « Les freins sont dans nos têtes ».

ça va faire bouger les pratiques

Les témoignages de plusieurs médecins qui ont déjà fait des téléconsultations sont plutôt convaincants en termes de gain de temps et de satisfaction des patients. Quand il est difficile de trouver un médecin qui viendra en visite, cela évite les urgences.
« L’examen clinique manque, c’est une limite, souligne le Dr Adrien Naegelen, MG remplaçant à Paris 11ème, mais d’autres informations passent par la vue et le langage ».
Le Dr Julien Carricaburu, de la DDGOS, a clos ce petit colloque par l’histoire de l’avenant 6, suscitant des réactions indignées dans la salle à l’énoncé du montant de la téléexpertise entre médecins qui débute à 12 € !
De toute façon l’accord est évolutif et déjà « ça va faire bouger les pratiques ».

Les quelques 200 participants n’avaient plus qu’à se rendre dans les différents stands des plates-formes de téléconsultation présentes : Consulib, docavenue, doctoconsult, Doctolib, idomed, medvu.fr, Avecmondoc, Safesanté, Psylib
Buzz Médecin ne les a même pas encore toutes rencontrées…

*Ça tombe bien, la SFT en partenariat avec Formatic Santé  organise des formations les 19-20 mars et 16 avril prochains
Renseignements sur https://www.sf-telemed.org



Santé connectée : les 101 bonnes pratiques de la HAS

La Haute Autorité de Santé a publié le 7 novembre un référentiel de 101 règles de bonne  pratique pour aider développeurs et évaluateurs à diffuser des applications et objets connectés sûrs, fiables et de qualité.

La HAS voit au moins trois avantages à la santé connectée : le patient y est plus actif dans sa prise en charge, elle pourrait contribuer au développement de la médecine préventive et enfin l’exploitation du Big Data renferme des promesses de progrès médical. Dans ce contexte, il relève des compétences de la HAS de promouvoir son usage en inspirant la confiance, plutôt que d’édicter des règles restrictives ou de proposer un quelconque label.
La HAS prend bien soin de préciser que ce référentiel, fruit d’un groupe de travail de 25 personnes qui a réfléchi et rédigé pendant toute une année (novembre 2015-septembre 2016) sous la conduite de Pierre Trudelle (HAS), ne se substitue pas à la loi ou à la réglementation. Il ne concerne d’ailleurs pas les objets connectés soumis au régime du marquage CE en tant que dispositifs médicaux (tensiomètre, glucomètre, thermomètre..) mais la zone grise de la forme-santé. Pour les sujets traitant de la protection des données personnelles et de la cybersécurité, la CNIL et l’ANSSI (agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) ont apporté leur contribution.

Des niveaux d’exigence adaptés aux fonctions des apps

N’étant pas le premier à se pencher sur le sujet, le document de 60 pages passe tout d’abord en revue les classifications existantes ainsi que les sites d’évaluation des applications au niveau international (cinq sites en France comme GPM e-sante de groupe Pasteur Mutualité, Medappcare ou DMD Santé et son label mHealthQuality). Pierre Trudelle qui s’est chargé de la sélection et de l’analyse de la littérature a fait un beau travail. Les annexes sont également très intéressantes.
Le référentiel proprement dit, que l’on ne va pas détailler ici mais qui est téléchargeable, porte sur cinq domaines (information, contenu santé, contenu technique, sécurité/fiabilité, utilisation/usage) subdivisés en une vingtaine de sous domaines. Les règles proposées doivent permettre aux utilisateurs, grand public ou professionnels de santé de trouver des produits simples à utiliser et ergonomiques, avec des garanties de sécurité et de fiabilité et dont ils ne sont pas prisonniers (consentement révisable et accessible à tout moment, résultats communicables). En gros, quand vous téléchargez une app, vous devez savoir où vous mettez les pieds…
La HAS a défini des niveaux d’exigence différents selon qu’il s’agit d’une app d’information grand public ou de la gestion de la prise de médicaments. D’une façon générale, les apps destinées aux professionnels de santé relèvent des exigences élevées. Tout cela est consigné dans de grands tableaux assez clairs.
 

Une base pour de futurs labels ou évaluations

En publiant ce référentiel, l’ambition de la HAS est de le voir servir de base pour des registres, label, score, bancs d’essai, évaluation dont elle laisse l’initiative à d’autres. C’est un travail utile. Il s’inscrit dans la ligne du guide de bonnes pratiques européen attendu pour 2017.
Il serait dommage que les développeurs ne tirent pas toute la substantifique moelle de ce référentiel et s’en servent surtout pour rallonger les Conditions Générales d’Utilisation, les fameuses et souvent interminables CGU que l’on accepte sans les lire, avec résignation.

Voir l’article de présentation de la HAS

 Télécharger le référentiel



La cardiologie connectée à l’heure des tests

Balance, tensiomètre, ECG, tracker d’activité… Le cardiologue dispose d’une panoplie de dispositifs médicaux connectés. Les patients ont commencé à s’équiper. Quel bénéfice peut en tirer le cardiologue, pour lui et ses patientS ? Telle était la question qui sous tendait la session commune « e-santé et cardiologie » réunissant la HAS (Haute autorité de santé), le Collège national professionnel de cardiologie (CNPF) et la SFC (société française de cardiologie) lors des 26e journées européennes de la SFC (13-16 janvier).

Premier constat : beaucoup d’applications et une foule d’objets connectés. Beaucoup de sociétés entrent dans le domaine de la santé, sans médecin, constatent les cardiologues. « Nous avons changé de monde dans la médecine » renchérit Yves Juillière (Nancy). 93% des objets achetés n’ont pas été conseillés par un médecin mais choisis par les personnes . « Quelle est notre place par rapport à cette vague » se demande Eric Perchicot (Cavaillon, CNPC). Parmi tous ces appareils et applications qui prétendent mesurer la fréquence cardiaque, souligne le Dr Gregory Perrard, il convient déjà de faire un tri. Les appareils les plus sophistiqués s’adressant aux sportifs et qui se placent sur le thorax, ceux qui sont au contact de la peau sont corrects mais que dire de l’Apple Watch qui utilise un signal infrarouge : dès qu’on bouge un peu la fréquence change. Que vaut le tracker d’activité d’Apple installé par défaut sur les iPhone 6 et ses données de pas parcourus qu’il enregistre quasiment à votre insu ? La santé connectée est-elle vraiment un domaine commercial comme un autre ?

Bientôt un référentiel HAS objets connectés et applications

La HAS s’est emparé du sujet qui fait partie de ses missions d’information des professionnels de santé mais ne veut surtout pas certifier. « La durée de vie d’une application est trop courte, elle risque de disparaître avant d’avoir été évaluée » s’exclame Jean-François Thébaut de la HAS et lui même cardiologue. L’idée est plutôt celle de proposer un référentiel assez large de bonnes pratiques sur les appli cations et les objets connectés en santé mobile. Pierre Trudelle (HAS) mène le groupe de travail d’une dizaine de personnes qui s’est attelé à cette réflexion en envisageant quatre champs de la santé connectée. L’ appel à experts (PS, universitaires impliqués dans la réalisation d’objets ou d’app) a été lancé en décembre sur le site de la HAS est clos. La sortie du document est prévue pour fin mars. Cela permettra notamment aux sociétés savantes d’extraire les critères pour valider les dispositifs.

Un test de suivi observationnel avec un  tracker et une balance connectés

Les instances professionnelles ne sont pas inactives. Constatant que ces objets sont faciles voir agréables à utiliser par les patients, un groupe de travail s’est monté sous la houlette de Gregory Perrard et Elisabeth Pouchelon, cardiologues libéraux. « Nous sommes en train de démarrer un suivi observationnel des patients hypertendus grâce aux objets connectés. 50 patients seront équipés d’un tracker et d’un tensiomètre (partenariat avec Withings) lors d’une consultation chez leur cardiologue qui téléchargera l’application sur leur smartphone et leur expliquera le fonctionnement. Ils auront deux rendez-vous avec leur cardiologue à 6 mois et à 12 mois. Nous voulons mesurer sur cette cohorte l’acceptabilité des objets connectés et les effets sur le suivi chez des patients jusqu’ici mal contrôlés. » Les premiers résultats en juillet permettront de juger de la faisabilité de la méthode et de l’efficacité sur la prise en charge.

Le télésuivi de l’insuffisance cardiaque fait partie, on le sait, des domaines retenus pour la deuxième vague expérimentations d’actes de télémédecine avec un tarif préfigurateur. Les études PIMPS ( 314 patients équipés d’une balance et d’un lecteur autotest de BNP connectés) et Osicat (837 patients avec un programme automatisé d’éducation thérapeutique et une balance ) ont joué les pionniers. On en attend encore les résultats complets mais on sait déjà qu’un télésuivi (étude allemande) peut diminuer les hospitalisations de 40% et la mortalité de 30%.
Les objets connectés achetés par le patient cardiaque ont sûrement un rôle à jouer avec un programme défini par le cardiologue ou le médecin traitant. Il va aussi falloir compter avec  l’arrivée des ECG "wearable" au dernier CES…