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Hellocare, le téléconseil médical vidéo sur smartphone

 

 Lancé il y a quelques mois, Hellocare, service de téléconseil médical en vidéo, vient de lever un million d’euros auprès de P. Factory accélérateur de start-up en Provence pour assurer son développement. C’est dire les ambitions de la start-up.

Pour le Dr William Benichou, généraliste entrepreneur qui n’en est pas à sa première société, l’idée est venue avec les patients qui appellent leur médecin traitant au téléphone. « La première fois que j’ai envoyé une ordonnance avec FaceTime pour une pathologie ORL, j’ai réalisé que j’avais fait un acte médical à distance via mon iPhone. J’ai compris que le smartphone était un instrument pour la télémédecine. ». A cette intuition première s’ajoutent plusieurs constats : demande des patients pour une médecine connectée, équipement massif des médecins en smartphone et tablette, désertification médicale en hausse. La rencontre avec Mathilde Le Rouzic, « Tech entrepreneur » depuis 2004, fondatrice de plusieurs sociétés et conseiller de start-up, sera décisive. Tous les deux sont convaincus que la France est en retard sur ses voisins européens et n’est que peu perçue par les éditeurs du domaine de la santé comme un pays favorable au développement des applications e-santé, loin derrière le Royaume Uni et l’Allemagne (16% contre 55% et 41%).

La société est créée en juillet 2016. Le 30 janvier dernier sortait l’application de téléconseil médical vidéo Hellocare. Première version. La 2ème vient de sortir.

Pour des soins de premier recours

HellocarePour le patient, l’appli est gratuite (iOS et Android). Il faut s’inscrire, renseigner un certain nombre d’indications . Un code de sécurité est envoyé. On se connectera ensuite avec son numéro de mobile et un code secret à 8 chiffres. Le télé conseil est facturé 29 euros (en utilisant la carte bancaire) mais jusqu’au 31 aout 2017, l’inscription au service donne droit à 3 appels gratuits, touche « parler à un médecin ».
Le service est conçu pour être utilisé pour des soins de premier recours. Hellocare garantit la mise en contact avec un médecin dans le quart d’heure partout dans le monde de 7H à 22H depuis son mobile ou sa tablette. Et en vidéo. « Nous avons développé notre propre application sécurisée sur le modèle de Face Time ». Le médecin utilise une tablette ou un ordinateur et reçoit les champs renseignés au fur et à mesure. L’équipe compte actuellement 8 personnes dont un médecin salarié. La levée de fonds doit permettre à Hellocare de se faire connaître auprès des patients et de se mettre en phase avec les objectifs de développement. De nouvelles fonctionnalités sont en effet prévues : un « chabot » pour checker ses symptômes, un carnet de santé en ligne (stocké chez un hébergeur agréé pour les données de santé), une prise de rendez-vous avec des médecins spécialistes, la possibilité de récupérer l’ordonnance chez le pharmacien. « Nous allons aussi constituer un comité scientifique, explique le Dr Benichou, pour évoluer progressivement vers la téléconsultation avec envoi d’ordonnance. Installée à La Ciotat, Hellocare mise sur 15 000 utilisateurs actifs pour la fin 2017 et un pool de 40 médecins. La phase de recrutement est commencée.
Une ARS est intéressée. Pour la prise en charge de telles téléconsultations plusieurs solutions sont à l’étude. « Un médecin traitant pourrait parfaitement offrir une telle option à ses patients ». souligne le Dr Benichou

https://hellocare.com



Le « DSC-BT » de Sylyca, un lecteur PC/SC de cartes CPS et Vitale pour des applications sur smartphone et tablette

La nouvelle stratégie de standardisation des composants du GIE SESAM-Vitale porte déjà ses fruits avec l’arrivée d’un modèle bi-fente utilisant la technologie PC/SC pour la lecture des cartes Vitale et CPS. Alors que jusqu’à présent, nous n’avions vu que quelques applications pour les transports sanitaires par exemple. 

Christophe FerrandoChristophe Ferrando, fondateur de la société Sylyca, après 17 ans chez CBA (éditeur de la solution de télétransmission In’DI et du logiciel Agathe pour les infirmières) est venu présenter son innovation à Buzz Medecin, juste après son homologation.
« Informaticien et développeur passionné » comme il aime à se décrire, il a travaillé deux ans avant de trouver les composants suffisamment puissants pour supporter les exigences de SESAM-Vitale (en matière de sécurité notamment). Le nouveau référentiel accès aux cartes (RAC) est sorti le 3 août dernier. Et un nouvel outil est né.

Un lecteur format smartphone sans écran et Bluetooth

Format smartphone, le « DSC-BT » lit les carte Vitale (dans la fente supérieure) et CPS (réceptacle au verso). Il n’a pas d’écran puisqu’il fonctionne avec une DSC-BTapplication téléchargée sur le smartphone ou la tablette. iOS et Android, il est compatible avec les deux univers et pourrait l’être aussi pour le monde Windows. Comme pour tout objet connecté, on effectue un appairage à la première utilisation (on peut appairer autant de smartphones que de PS utilisateurs).
« DSC-BT, pour Dual Smart Card BlueTooth, explique Christophe Ferrando, ce sont les éditeurs qui trouveront un nom plus attractif pour leurs applications. »
Au départ de chez Sylyca, le DSC-BT ne peut en effet servir qu’à la lecture de la carte Vitale. C’est le kit de développement fourni aux éditeurs par la société qui devrait permettre l’éclosion d’applications : pour la création des FSE (l’approche est différente de celle d’un TLA, les FSE créés sont stockées dans l’application pas dans le lecteur) mais aussi pour la consultation des téléservices et du DMP. « Nous avons un partenariat avec la société iCanopée pour la connexion au DMP. », précise Christophe Ferrando.
On voit déjà le parti que pourront tirer de ce lecteur élégant et léger les médecins possesseurs d’iPad pour peu que les éditeurs développent les solutions adaptées.
Bienvenue à l’imagination pour adapter les nouveaux outils aux situations  de mobilité des professionnels de santé.

* Conçu et fabriqué en France (avec des composants asiatiques…), le DSC-BT fonctionne sur un processeur double cœur avec 1 Go de RAM et 4Go de stockage. Batterie standard rechargeable et remplaçable (cordon standard micro USB) offrant une journée d’autonomie (100 lectures de carte). Bluetooth smart low energy (compatible smartphones et tablettes récents). Connexion à un ordinateur via le port USB. Il n’est pas encore commercialisé.

 



Medpics, application mobile de partage de cas clinique en français lève des fonds pour se développer

 C’est une belle réussite en train de se pérenniser. Avec 21.000 utilisateurs et 1 million de photos consultées par semaine, Medpics, suel application de partage de cas cliniques en image en français, vient de réussir sa première levée de fonds (300.000 euros) pour assurer son développement.

« Lorsque je butais sur des cas pendant mes premiers remplacements, je les mettais sur Facebook pour me faire aider par mon réseau d’amis. L’un d’entre eux m’a un jour fourni les coordonnées d’un médecin qui a résolu mon problème. C’est ainsi que m’est venu l’idée de trouver un moyen rapide et efficace pour élargir mon réseau en annulant les barrières géographiques et temporelles », explique en toute simplicité le Dr Safia Slimani, 37 ans, à l’origine de Medpics. Ils sont quatre fondateurs, dont un webdesigner et un product manager qui ont travaillé en autofinancement pour mettre au point l’application d’abord sur iPhone puis sur Android. Objectif, simplicité, rapidité, adapté à la pratique médicale.

21 000 utilisateurs, 1 million de photos vues par semaine

Le succès ne s’est pas fait attendre. Medpics a démarré avec un « pool » de 300 praticiens et étudiants, recrutés par le bouche à oreille. « Au bout de deux mois, nous étions 3000, ce qui nous a fait prendre conscience de l’intérêt de notre produit ». Ils sont aujourd’hui 21.000, 15.000 médecins et 6.000 autres professionnels de santé. Encore étudiants à 60%. Cinq à six mille font une utilisation quasi quotidienne de l’application. Qui existe aussi sous forme de site sur Internet, davantage visité par les médecins à leur cabinet. En ligne, 5.000 cas à consulter avec leurs discussions. Cette rapide réussite n’a pas manqué d’intéresser des investisseurs dont le plus connu est le groupe Planet.fr avec son site d’information santé grand public, Mesdisite.fr. Les 300.000 euros réunis vont permettre de passer à la vitesse supérieure en développant de nouvelles fonctionnalités. Planet.fr va notamment participer au développement commercial de Medpics en assurant la régie publicitaire du site et de l’application. « Ce seront des publicités intelligentes, assure le Dr Slimani, comme des cas cliniques sponsorisés ». Medpics va en fait mettre en place, car c’est une demande des sociétés savantes et des entreprises de santé, des espaces privés d’échanges par aires thérapeutiques ou spécialités médicales au sein de sa communauté. Avec une vérification de la qualité de professionnel de santé ou d’étudiant, Medpics apporte une sécurité qui n’existe pas sur les réseaux sociaux les plus fréquentés. Une prochaine étape devrait être de migrer sa base de cas cliniques sur des serveurs agréés pour les données de santé.

Découvrez le test de Buzz Medecin



Withings lance Body Cardio, la balance connectée qui surveille vos artères

Withings annonce ce 8 juin la sortie mondiale de Body Cardio disponible pendant un mois uniquement dans les Apple Store. Cette balance connectée se présente comme un coach santé qui permet de surveiller la rigidité artérielle par la mesure de la vitesse d’onde de pouls. Un instrument de prévention, testé par Buzz Médecin en avant-première.
(Voir le test)

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Parce qu’il est naturel et facile de se peser, Withings continue à explorer toutes les possibilités des balances connectées pour obtenir en quelques secondes un bilan de santé de plus en plus complet. Comme l’explique Cedric Hutchings, directeur général de Withings : « Notre vision, c’est que la technologies et ses applications peuvent influer sur la façon dont nous gérons notre santé à condition de proposer des objets de la vie quotidienne ». Et la balance en est un. Body Cardio représente la 4e génération et la plus aboutie, qui propose une mesure jusque là réservée au seul milieu hospitalier, celle de la vitesse d’ondes de pouls. Aussi puissant que l’analyse des facteurs de risque

Du sphygmomètre à la balance

Sur ce point, la parole est au Pr Pierre Boutouyrie, cardiologue à l’Hôpital Européen Georges Pompidou (HEGP), qui a collaboré au projet et travaille depuis 25 ans sur le thème de la rigidité artérielle. L’élasticité est cruciale pour le bon fonctionnement du cœur qui sera pénalisé par la rigidité. C’est donc « une valeur prédictive pour les maladies du système cardio-vasculaire ; aussi puissante, selon les méta-analyses, que la synthèse des facteurs de risque ». Ce paramètre « attrayant » reste toutefois peu connu car les techniques de mesure sont cantonnées aux laboratoires de recherche. La vitesse d’onde de pouls, liée à la souplesse de la paroi artérielle, est mesurée par un sphygmomètre en utilisant des capteurs placés près de l’artère carotide et près de l’artère fémorale et la tonométrie d’aplanation. Le décalage entre les deux mesures est corrélé à la rigidité. Body Cardio intègre cette mesure en calculant la vitesse d’onde de pouls à partir du temps mis par l’onde pour aller de l’aorte dans le corps jusqu’aux vaisseaux sanguins dans les pieds et en tenant compte de l’âge.. « La balance est tellement sensible qu’elle enregistre les variations de poids liés aux contraction du cœur. C’est de la balistocardiographie, explique le Pr Boutouyrie, immédiatement séduit par l’idée de Withings. Notre travail au laboratoire a consisté à bien calibrer les mesures de la balance par rapport aux données de références prises par sphygmometrie. C’est un peu moins précis mais suffisant pour visualiser le risque ». Et inciter à consulter un médecin si l’on dépasse la valeur normale ( établie à partir de l’étude de 12.000 sujets). Avec des conseils pour atteindre l’optimale.
Body Cardio ne se contente pas de vous donner l’âge de vos artères. C’est un impedancemètre qui fait une analyse complète de la composition corporelle (pourcentage de masse grasse, d’eau, de muscles, IMC…). Des capteurs mesurent la qualité de l’air (CO2) et la température. L’application Health Mate recueille les données et les présente sous forme graphique pour « coacher » votre santé.
Body Cardio n’est pas un dispositif médical mais un outil de coaching et de prévention. Il n’empêche, si l’on dit souvent qu’on a l’âge de ses artères, il va falloir pas mal de pédagogie pour familiariser le grand public avec l’onde de pouls…
(voir le test de Buzz Medecin).

179, 95 euros. Disponible dans les Apple Store et sur Withings.com puis chez les distributeurs à partir de juillet.
La vente en pharmacie avec un discours santé est également prévue.



Baromètre eVidal-CNOM : 65% des médecins utilisent leur smartphone pour prescrire

La quatrième vague du Baromètre Vidal-CNOM sur les usages numériques en santé (novembre 2015) vient de livrer ses résultats : 85% des médecins sont équipés d’un smartphone (60% iPhone, en baisse et 35% Android en hausse) dont ils se servent à 65% pour prescrire (informations sur un médicament ou une stratégie thérapeutique) contre 35% en 2012. Ils sont plus nombreux à prescrire des applications ou des objets connectés même si cela concerne une faible proposition de patients.

Créé en 2012 par Vidal en partenariat avec le Conseil national de l’ordre des médecins, l’observatoire des usages numériques en santé réalise tous les ans une étude par questionnaire envoyé par mail à 1402 médecins possesseurs de Smartphones (libéraux à 80% avec une pratique mixte pour les 20% restant).
Ce qui permet de suivre la progression de l’usage qu’ils en font au fil des ans. L’échantillon est composé à 67% de généralistes avec un âge moyen de 57 ans correspondant bien à la démographie médicale (43% ont entre 60 et 69 ans). 57% disposent aussi d’une tablette.

Un usage de plus en plus maitrisé

Ainsi les médecins sont de moins en moins nombreux à prendre l’appel quand le smartphone sonne pendant la consultation (18% contre 30%). Mais plus nombreux à consulter Internet en présence du patient (21% contre 11,70% en 2012) et en visite (47% contre 33,30). La navigation Internet sur smartphone se stabilise. Les sites sur les médicaments (77%), l’actualité médicale (58%) et la formation (39%) forment le peloton de tête tandis que les sites institutionnels accusent une forte baisse (28 contre 51% en 2012). S’ils sont 58% à avoir téléchargé une application professionnelle, leur nombre est limitée 61% en ont installé de une à trois. Les geek (plus de 10 applications) ne dépassent pas 10% de la population médicale… Et seuls 17% des médecins utilisent finalement plus de 3 applications.

La "prescription" d’applications et d’objets connectés en progrès

Ce qui évolue le plus en matière de e-santé, c’est l’attitude des médecins vis à vis des patients 18% ont conseillé des applications à leurs patients (contre 8% en 2013) principalement pour les suivis glycémique, nutritionnel, physique et tabagique et 16% conseillent des objets connectés tels que tensiomètre, glucomètre et podomètre contre 9% en 2014. Ce conseil médical ne concerne toutefois que moins de 20% des patients, voir en majorité moins de 10%). Ils le réservent aux patients plutôt jeunes (ados et actifs), technophile ou affecté par une maladie chronique. Les médecins considèrent pour les trois quart qu’une recommandation par une société savante pour les apps ou labellisation par une autorité de santé pour les objets, pourrait les inciter à prescrire davantage ces nouveaux moyens.
A noter aussi, 86% des médecins eéchangent par mail (sécurisés à 47%) avec leurs correspondants et 61% échangent parfois par mail avec leurs patients, mais cela ne concerne que moins de 20% des patients.

Voir le baromètre complet

 

 



Avec CareKit, Apple renforce son emprise sur la santé

Après ResearchKit lancé en avril 2015 à destination de la recherche médicale, Apple a profité de sa keynote le 21 mars pour présenter CareKit, à l’intention des développeurs d’applications Santé, parmi lesquels se trouvent nombre de professionnels de santé

Les apps iPhone utilisant CareKit sont téléchargées par les patients pour suivre un programme de soins, surveiller leurs ou la prise des médicaments. A la clé, le partage des informations avec les médecins, infirmières ou membres de la famille.
Conçu comme un environnement open source, CareKit sera lancé en avril. Apple oriente le travail des développeurs en mettant à leur disposition quatre premiers modules exploitant les capteurs de l’iPhone ou de l’AppleWatch :

  • Care Card, c’est le suivi d’un protocole de soins ou d’exercices en enregistrant automatiquement les activités détectées par les capteurs de l’Apple Watch ou de l’iPhone ;
  • Symptom and Measurement Tracker permet d’enregistrer des symptômes et des sensations (douleur, fatigue) et de les suivre par des questionnaires simples et des photos tandis que les activités (mouvements du patient par exemple) sont mesurées à l’aide de l’accéléromètre et du gyroscope de l’iPhone,
  • Insight Dashboard combine les protocoles de la Care Card et les symptômes pour montrer l’efficacité d’un traitement
  • Le module Connect assure le partage des informations.
    CareKit-4Up-PR-PRINT
    Et pour le patient, tous les résultats des différentes apps peuvent être regroupés dans Health, l’app Santé présente dans l’iPhone 6 et ses successeurs, depuis que l’iPhone compte vos pas.
    D’ores et déjà, plusieurs sociétés, université ou centres de recherche américains ont annoncé l’intégration des modules CareKit dans leurs apps. Certains y voient l’opportunité de combler le fossé existant entre les résultats de la recherche médicale et les soins quotidiens.
    Ainsi One Drop veut assurer un meilleur du diabète en demandant au patient non seulement sa glycémie mais aussi son niveau de faim, de douleur, ses sensations de vertige. Start de Iodine suit l’efficacité des antidépresseurs auprès de patients en traitement. Le Texas Medical Center pense mieux suivre les patients opérés après leur sortie avec l’application qu’il a développée, en partageant des informations sur la prise de médicament, l’activité, la douleur ressentie.

Intégrer les données génétiques

Nul doute que de nombreux professionnels de santé vont trouver des idées d’apps pouvant être utiles à leurs patients.
Apple espère qu’ils s’en empareront comme cela s’est produit avec Research Kit qui a entraîné la réalisation d’études portant sur de grands nombres d’individus. Aux données environnementales, géographiques qui sont enregistrées en même temps que les réponses à des questionnaires ou les résultats de mesure, les chercheurs peuvent désormais ajouter les données génétiques. Un nouveau module conçu par la société 23andMe, spécialiste des tests génétiques à partir d’un échantillon de salive, est à la disposition de la communauté open source, pour intégrer facilement des données génétiques aux études. Les personnes participant aux études peuvent choisir de partager leurs données génétiques avec la recherche médicale. Principales pistes de recherche explorées pour le moment : l’asthme, les maladies cardio-vasculaires, la dépression post-partum. Pour cette dernière, le National Institute of Mental Health a déjà prévu d’envoyer des kits de test salivaire à certaines patientes en fonction de leurs réponses. Il est vrai qu’aux Etats-Unis, les patients ne voient en général aucun inconvénient à partager leurs données, dès lors qu’on leur explique que c’est pour faire avancer la recherche.

 



CES 2016 : des objets connectés santé de plus en plus médicaux

 Le CES de Las Vegas qui vient de fermer ses portes (6-9 janvier), vous n’y étiez pas ? Et bien, Buzz Medecin non plus. Mais avec tout ce qu’on a pu lire dans la presse, sur les blogs et les communiqués de presse reçus, je vais tout de même tenter une synthèse en trois points.

Une vitrine pour la French Tech (y compris santé)

Premier point, si en France, on s’intéresse tant au Consumer Electronic Show, c’est que nous avons eu, avec 190 entreprises françaises présentes, la plus grosse délégation non américaine. Comme l’an dernier, Emmanuel Macron s’est déplacé. En moins d’une semaine, les start-up françaises ont levé des dizaines de millions d’euros et enregistré beaucoup de précommandes. Dans le secteur de la santé, une dizaine de membres de la nouvelle association e Health Tech avaient fait le voyage. Pour un certain nombre de jeunes pousses, Las Vegas, c’est leur première visibilité mondiale. Si elles décrochent un prix, c’est la promesse de voir s’ouvrir le marché américain qui reste le premier marché mondial des objets connectés. Ainsi Kolibree, après son Innovation Award, a vendu l’an dernier plus de 10 000 brosses à dent connectée via les dentistes américains ce qui lui permet  aujourd’hui de se rapprocher du jeu video pour apprendre aux enfants à se brosser les dents. Las Vegas n’est qu’un tremplin. La moitié des jeunes pousses de 2015 ne sont plus là en 2016, soit qu’elles aient été rachetés, soit qu’elles aient disparus.

Réinventer l’ECG et le thermomètre

Deuxième point. Certes, l’on voit encore surgir à l’Eureka Park du CES, quelques réalisations en quête d’originalité comme le bracelet Motio de Fabulasy qui veut qualifier votre profil émotionnel et par là votre qualité de vie, Sensorwake, le réveil olfactif,  Levl, le tracker de fitness qui repère les calories brûlées en mesurant l’acétone de votre haleine, Spire qui détecte le stress ou encore Rythm, un casque qui aide à mieux dormir…
Mais la plupart des nouveautés sont des instruments de mesure médicaux réinventés, ce qui ne les empêche pas d’être innovants et de recevoir des prix.
Sur leurs communiqués, Bewell Connect (groupe Visomed) et iHealth se disputent le leadership, l’un de la santé connectée en France, l’autre des objets connectés au niveau mondial, tandis que Withings se présente comme le leader de la santé connectée.
BW-HR1_MYECG_BdefRévolution dans la pratique de l’ECG ? Bewell a reçu un Innovation Awards catégorie biotechnologie pour MyECG, un dispositif CE sans fil et sans électrode, léger (100g) facile à utiliser qui permet un suivi cardiologique à distance par le médecin via le smartphone ou la tablette de son patient. Il sera vendu 249 euros TTC (en ligne, en pharmacie et magasins de matériel médical).
Autre électrocardiogramme, l’iHealth Rhythm dejà annoncé par Buzz Medecin, a remporté l’innovation Award catégorie fitness, Sport et Biotechnologies. Il est composé d’un unique patch (consommable) de 20g et 10cm à trois électrodes placé sur le sternum et permet un suivi pendant une période de 24 à 48h. Ainsi placé sous surveillance, l’activité cardiaque dévoile toute éventuelle anomalie. En cas de douleur, le patient presse un bouton, pour l’indiquer sur le bilan de l’examen reçu par le médecin via bluetooth et l’application iHealth Pro.
A noter, parti de dispositifs très design, iHealth aborde aussi aujourd’hui le marché avec des produits plus "classiques", disposant d’écrans bien lisibles, comme son nouveau tensiomètre grand public iHealth View. Ce tensiomètre de poignet sauvegarde jusqu’à 100 mesures et s’affranchit du smartphone qui ne sert plus que pour les courbes. Ce retour de l’écran s’explique par l’utilisation de ces appareils par une population majoritairement âgée. Les industriel du biomédical qui ont connecté leur gamme ne s’y sont pas trompé et ont toujours conservé l’écran, comme les allemands Beurer et Medisana ou encore A&D Medical et Terraillon. thermo-application-cWithings continue à miser sur le design, sa marque de fabrique, quand il revisite la prise de température. Son Thermo, couronné par 2CES Innovation Awards est précis et rapide. La prise de température connectée s’effectue en plaçant le Thermo sur la tempe. Une batterie de 16 capteurs (Hot Spot Sensor technology) effectue 4000 mesures en 2 secondes. La lecture s’effectue sur l’appareil et sur le smartphone en wi-fi. Autre innovation Withings, le capteur d’activité Go avec écran E-Ink pour voir ses efforts en direct. Les ambitions santé de cette entreprise restent très fortes si l’on en croit le credo d’Eric Carreel, son co-fondateur (« le Monde » du mardi 5 janvier) : « on va passer d’un monde où l’on est soigné quand on est malade à un monde où l’on détecte en avance les maladies qui peuvent potentiellement nous toucher ». Un credo partagé par tout le secteur de l’e-santé

Partenariats et services

Le troisième point, c’est le développement des partenariats et des services. C’est ainsi que sur le stand de La Poste étaient rassemblés les membres de French IoT, l’Internet des objets français. Le groupe Malakoff Mederic, assureur santé et prévoyance de 200 000 entreprise en Franc,e a présenté une expérimentation illustrant son programme de prévention utilisant des objets connectés. Menant depuis 2008, des études sur le bien-être et la santé en entreprise, Malakoff dispose d’une base de données intelligente qui vient enrichir le Hub de La Poste. Autre exemple, le pilulier connecté imedipac de Medissimo, Innovation Award en 2014, une fois intégré au Hub de la Poste, va servir à des essais cliniques : décrire et analyser ce qui conduit un patient à prendre ou ne pas prendre ses médicaments. En décembre, iHealth annonçait un partenariat pour intégrer son glucomètre iHealth Gluco à l’application mySugr, carnet de suivi pour les diabétiques qui est déjà reconnu comme un dispositif médical de classe I (marquage CE en Europe et enregistré à la FDA aux USA). On note aussi que Bewell connect est partenaire de Smoke watchers, programme de coaching d’aide à la dépendance tabagique qui peut utiliser une cigarette électronique connectée, pour offrir un service plus complet sur sa plate-forme . Ces partenariats semblent appeler à se multiplier. Jusqu’à l’intégration dans le logiciel métier des médecins. CLM présente déjà sur son site l’intégration d’une balance et d’un tensiomètre connectés dans son logiciel  Crossway. Mais ce n’était presenté pas au CES !



JICC Lighter, un briquet connecté pour arrêter de fumer en surveillant sa consommation

C’est bien entendu dans la prise en charge de la dépendance tabagique que s’inscrivent les fondateurs de la société JICC (voir l’article du blog) en présentant le JICC Lighter, le premier briquet connecté qui permet de mesurer les habitudes d’un fumeur de façon quantitative et qualitative. Pour Jérôme Iglesias et Cédric Chataignoux, fondateurs de JICC, l’objet connecté n’est qu’un moyen d’obtenir des données à analyser. Des données qui permettront des prises en charge personnalisées.

"Qualifier" chaque cigarette

Leur premier dispositif est un briquet connecté qui va permettre d’obtenir des données inédites sur la consommation et le comportement d’un fumeur. « Chaque cigarette allumée est comptabilisée mais aussi la date et l’heure où elle est fumée. Elle est qualifiée».

JICC LIghterLe JICC Lighter fonctionne en lien avec l’application JICC Now L’utilisation du briquet sert d’abord à la prise de conscience des habitudes tabagiques. Dans une deuxième étape, si le fumeur décide de s’arrêter, le programme de coaching, tenant compte de ses habitudes, va l’entrainer à réduire progressivement : supprimer la cigarette en sortant du bureau par exemple. L’utilisateur peut se fixer une limite : 10 cigarettes par jour et verrouiller son briquet lorsque l’objectif est atteint. L’application lui donnera des conseils personnalisés tout au long de la journée.
Les fondateurs de JICC se sont adjoints l’expertise du Dr Philippe Beaulieu, médecin spécialisé dans les thérapies cognitives et comportementales (TCC) devenu directeur médical de la société. La combinaison d’un programme de TCC on line et d’un objet connecté apparaissent, selon lui, comme « la meilleur promesse » pour lutter contre l’addiction au tabac. A terme, le JICC Lighter s’intégrera dans un écosystème autour de l’utilisateur. On pourra mettre en évidence le rôle des habitudes alimentaires et de l’activité physique sur le comportement tabagique. Les données seront hebergés sur un serveur agréé HDS.

L’appareil, plutôt élégant, se recharge via une prise USB (5 jours d’autonomie), il est muni d’un écran et fabriqué en Europe de l’Est. Sa sortie est prévue pour le 1er avril 2016 au prix de 99 euros. Il est en prévente sur le site à 59 euros jusqu’au 31 mars . JICC Now sera à cette date disponible sur iOS puis sur Android au deuxième semestre 2016.

 



Post-Hop, un projet d’ app récompensé par le Hackathon santé avec l’AP-HP

Ils étaient quatre médecins et un étudiant en médecine parmi les 150 participants du Hackathon Santé organisé du 12 au 14 juin par What Health en partenariat avec l’AP-HP à la Salpêtrière Ils étaient quatre chirurgiens, deux orthopédistes, un ORL et un neurochirurgien, tous convaincus de l’intérêt des nouvelles technologies mobiles pour leur pratique. Ils se sont retrouvés au Hackathon avec trois développeurs et un designer pour faire avancer leur projet, Post Hop. Résultat : Post Hop a figuré au palmarès au titre de meilleur projet « Traitement » .

Accompagner la période postopératoire

« C’était une idée que le Pr Nizard caresse depuis longtemps, explique le Dr Arthur André, actuellement interne en neurochirurgie, trouver un moyen simple de créer du lien entre le patient et le chirurgien pendant la période postopératoire. » Le Pr Rémy Nizard, chef du service d’orthopédie et de traumatologie à la Salpêtrière, n’en est pas à sa première app puisqu’il est l’auteur d’iTrauma, application pratique professionnelle (éditée par Lavoisier) pour identifier rapidement des traumatismes du squelette et des articulations.
Le Hackathon a fourni l’occasion de concrétiser le projet sous forme des premières captures d’écran. Il y a une forte demande de la part des patients en soins postopératoires d’autant plus que la durée des séjours se raccourcit. En proposant des questionnaires qu’un algorithme sera capable d’analyser, Post Hop fera un premier tri entre ce qui ne nécessite que des conseils apportés par les FAQ et ce qui mérite d’appeler le service pour obtenir une consultation. Dans un premier temps ne seront concernées que l’orthopédie, l’ORL et la neurochirurgie mais cela pourra s’étendre à d’autres spécialités. L’app sera téléchargée lors de la consultation préopératoire Pour le Dr André qui vient de créer en avril la start up Citizen Doc autour d’une première app d’aide à l’automédication (sortie prévue en juillet), « c’est vraiment l’avenir des applications mobiles de répondre aux besoins réels des praticiens et à la demande des patients. Il faut cibler les problématiques qui peuvent être résolus par des algorithmes. C’est un changement des pratiques que tous les médecins ne comprennent pas encore. Mais cela leur donnera les moyens de mieux se consacrer à ce qui relève de la compétence médicale. » Un credo partagé par les quatre chirurgiens.
 

www.what-health.org

Voir aussi l’article sur Smoke-Watchers, meilleur projet "Santé publique"



SmokeWatchers : un programme de coaching et un objet connecté contre la dépendance tabagique

SmokeWatchers vient de remporter le prix « Meilleur projet santé publique » du Hackathon Santé What Health organisé du 12 au 14 juin à la Pitié-Salpêtrière en partenariat avec l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris*. Un projet à vrai dire déjà bien implanté dans les lieux puisque c’est dans le service de tabacologie du Pr Bertand Dautzenberg que ce programme de coaching collaboratif et son objet connecté (une batterie connectée pour tout type de cigarette électronique) ont été testés par les patients.
Ce sont les fameux Weight Watchers qui ont inspiré les Smoke Watchers « Pour qu’un programme de lutte contre la dépendance marche, il faut des coachs pour aider le médecin traitant. Et ils ne peuvent être exclusivement virtuels. Nous avons introduit le principe collaboratif : arrêter ensemble». Ainsi celui qui veut arrêter de fumer n’est jamais seul, il se fixe des objectifs. Ses Watchers (amis, voisins, soignant) l’encouragent mais aussi les autres participants. Avec partage via les réseaux sociaux» explique Benjamin Choukroun, fondateur et CEO de SmokeWatchers

La plate-forme du programme (hébergée en France pour les utilisateurs français) s’est ouverte en mars avec des questionnaires à remplir. Mais seuls les participants de l’essai (patients de la Salpêtrière et de l’hôpital Léopold Bellan) disposaient de la batterie connectée qui s’adapte à tous les types de cigarettes électroniques (le pas de vis est standardisé). Cette batterie de 35 g offre 1 à 2 jours d’autonomie aux vapoteurs et 40 jours de stockage des données. Le nombre de bouffées et la quantité de nicotine inhalée (ainsi que le voltage utilisé) sont transmises via Bluetooth lorsque l’application est ouverte sur le smartphone (Android, iPhone à partir du 4S).

La batterie connectée diffusée à partir de septembre

La batterie connectée sera diffusée à partir de septembre, dans le circuit hygiène bien-être (pharmacies et para pharmacies). Un partenariat a été passé avec Visiomed. Une mutuelle est intéressée. Et potentiellement tous les professionnels de santé qui s’investissent dans l’arrêt du tabac.
Il y a deux millions de vapoteurs en France mais 70 à 80% d’entre eux continuent à fumer des cigarettes classiques. Dont la consommation, elle, doit être saisie manuellement.. SmokeWatchers a aussi pensé à eux et aux 15 millions de fumeurs français et proposera bientôt un autre objet connecté pour évaluer leur consommation de tabac. Car les essais en milieu hospitalier l’ont montré, les vapoteurs dont la consommation est enregistrée automatiquement sont davantage enclins à la réduire.
Le prix qui vient de lui être remis pourrait aussi ouvrir au programme les portes de l’ARS Ile de France. Un programme qui est en tout cas en phase avec le zéro tabac prôné par Marisol Touraine.

http://hackathon.what-health.org/
http://www.smoke-watchers.com
 

 



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