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start-up medicale

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Diabeloop prix « start-up 2018 » : traitement automatisé pour le diabète de type 1

Diabeloop 1L’entreprise grenobloise Diabeloop a reçu, à l’occasion de la 4ème journée Startup innovantes du DM organisée le 6 juin par le  SNITEM *, le prix du jury « start-up 2018 », assorti d’une dotation de 5000 euros et parrainé par Urgo Médical. Co-fondée par le Dr Charpentier, Diabeloop développe un dispositif pour les diabétiques de type 1 visant à automatiser leur traitement.

C’est une forte demande des diabétiques : ne plus avoir à se préoccuper de mesurer leur glycémie en se piquant le doigt et de s’injecter une dose d’insuline. Des lecteurs de glycémie en continu utilisant un capteur sont déjà commercialisés depuis peu ; poussée par les associations de patients, l’Assurance maladie commence à prendre des décisions de remboursement tout en limitant leur prescription.
Le Freestyle Libre d’Abbott a été le premier à en bénéficier en juin 2017. Et depuis mars dernier, le Minimed 640 G de Medtronic (le capteur Enlite couplé à la pompe à insuline 640G) fait lui aussi l’objet d’une prise en charge sous certaines conditions.

Le système DBLG1 de Diabeloop est lui aussi composé de trois parties afin de reproduire les fonctions du pancréas, d’où le terme parfois utilisé de pancréas artificiel.

Diabeloop_ALT
Un capteur de glucose envoie par Bluetooth les données à un terminal qui héberge de l’intelligence artificielle afin de déterminer la meilleure dose d’insuline qui sera délivrée par la pompe connectée. Le capteur choisi est celui de la société Dexcom qui avait été apprécié par ses utilisateurs lors de tests effectués par le Diabet Lab de la Fédération des diabétiques. Pour la pompe à insuline, deux modèles des sociétés Cellnovo et ViCentra ont été utilisés lors de l’essai clinique qui a débuté il y a un an et touche à sa fin. L’algorithme prédictif intégré au terminal a été développé par Diabeloop, il permet de déterminer les doses d’insuline optimales pour le patient et de donner l’ordre à la pompe de les injecter automatiquement. Le système maximise les temps passés en normo glycémie et limite les hypo- et hyperglycémies du patient en fournissant des alertes et en les prenant en charge. Pour l’heure, la prise de nourriture et l’activité physique sont déclaratives. A terme, ces données pourraient être automatisées. L’adaptation pour les enfants diabétiques est en cours.

De la recherche à l’entreprise

Diabeloop est issu d’un projet de recherche médicale initié en 2011 par le Dr Guillaume Charpentier, président et fondateur du CERITD (association loi 1901 consacrée à la recherche et au traitement du diabète) qui a mené l’étude clinique Télédiab avec le système Diabeo en collaboration avec Sanofi.
En 2015 le Dr Charpentier et Erik Huneker co-fondent Diabeloop pour développer et commercialiser la solution issue de ces recherches. Un réseau de partenaires participe au projet dont le CEA – Leti et 12 CHU.
Diabeloop compte aujourd’hui 27 personnes pour assurer le développement et la mise sur le marché du dispositif.

Oublier son diabète

Le marquage CE devrait suivre prochainement. Ce qui permettra sa commercialisation en Europe puis son lancement en Amérique du Nord à partir de 2019. En attendant, pour la France, un futur remboursement.
Pour les diabétiques et leur famille, ces technologies connectées en rupture avec le système piqûre/bandelettes sont très séduisantes et améliorent leur qualité de vie. Elles permettent d’oublier son diabète (« la machine réfléchit à ma place ») et de délivrer les parents d’enfants diabétiques de la charge mentale d’une surveillance quasi continue.
Quant aux médecins traitants, ils ont accès à toutes les données de leurs patients avec des synthèses. En temps réel, s’ils le souhaitent.
www.diabeloop.fr
*Syndicat National de l’Industrie des Technologies Médicales



Santé connectée : les tendances 2018 (1)

« Le CES, c’est l’effet Wahoo ! » Avec 4000 stands, 300 journalistes et une délégation française de 346 start-up et sociétés (la 2e derrière les Etats-Unis), le Consumer Electronic Show de Las Vegas (9-12 janvier) reste « the place to be » l’endroit où il faut être dès lors que l’on travaille dans la « eTech ». Les Trophées de la Santé connectée remis le 9 février ont confirmé ces tendances 2018 sur le marché français en présence de quelque 600 participants.

Au CES, la Santé connectée, sujet transversale s’il en est, se déploie à différents endroits, comme l’explique Lionel Reichardt, expert du secteur avec son blog et son compte twitter Pharmargeek*.
La marketplace « Health and Wellness », accueille les innovations dans le domaine santé-bien-être, l’Eureka Park concentre 900 start up, dont une cinquantaine dédiée à la e-santé (dont les sociétés e-santé de la French Tech). Enfin le Digital Health Summit a abordé des sujets comme la Digital Therapeutic avec forte personnalisation des soins, la certification des technologies par la FDA, les Brain Technologies. La Poste qui héberge déjà  33 millions de DP (Dossier pharmaceutique) a présenté une sorte de carnet de santé  via l’application "La Poste e-santé" dejà disponible sur les stores. Celle-ci permet de gérer les données personnelles recueillies par les appareils connectés.  Ces données centralisées peuvent être partagées avec les médecins .

Les assistants vocaux , cheval de Troie des GAFA, pour les soins de santé

D’une façon générale, au CES, le nec plus ultra de la technologie trouve des applications dans la santé qu’il s’agisse de l’impression 3D pour les prothèses , des casques et des applications de réalité virtuelle pour la rééducation, la prise en charge de la douleur (casque Kinequantum), la médecine d’urgence et la télémédecine. Ou encore de l’haptique qui donne la sensation du toucher en réalité virtuelle (GoTouchVR). Et permettra demain aux chirurgiens d’enfiler des gants pour sentir « les tissus humains » des opérations « virtuelles ».
On attend aussi la 5G qui en permettant des débits 100 fois plus importants que la 4G tout en consommant peu d’énergie va permettre des interactions avec des solutions IA (Intelligence artificielle). Les visiteurs ont été impressionnés par l’omniprésence de la voix qui couplée avec l’Intelligence artificielle, va jouer un rôle de plus en plus important dans le diagnostic des patients.
A voir ou plutôt à entendre, les animations à base de technologie « Hey Google » ont envahi les couloirs du salon. La compétition est féroce entre Google Home et Amazon Alexa (Echo), assistants pour la maison. Mais nombre de spécialistes estiment que les assistants vocaux sont « un cheval de Troie » pour les soins de santé car demain, ils guideront les patients avec des informations accessibles et intelligibles. Le grand public n’y est pas insensible puisqu’Amazon a vendu à Noël 10 millions d’Echo…

Davantage de médical et de clinique

Autre tendance le développement du médical connecté et l’arrivée de la clinique.
Plusieurs innovations très médicales ont reçu un Award : pour les diabétiques, des chaussettes pour prévenir les ulcères (Siren Diabetics Socks, « best of innovation ») ainsi qu’un dispositif pour détecter une perte de sensibilité des mains ou des pieds (Neurostylus). La start-up française MirambeauAppCare, installée en Gironde a également reçu un prix pour son application Diabilive qui indique au diabétique le taux d’insuline exact à s’injecter en fonction de leur activité, de leur alimentation et de leur glycémie. C’est le médecin traitant qui a préalablement inscrit le protocole de dosage d’insuline dans l’application. Les algorithmes calculent la dose d’insuline. La société girondine a déjà conclu un accord avec iHealth qui fabrique des glucomètres connectés.
Vagizen de Gyno couple un caméra et une application pour surveiller la santé du vagin avec une interprétation intelligente des images cervicales obtenues. Nombre d’applications se réclament de l’Intelligence artificielle.
A noter, une société comme Omron Healthcare, plus habituée des salons de matériel médical que du CES, a présenté une gamme connectée étendue. On connaissait déjà ses balances et ses tensiomètres, voici un tensiomètre intégrant un ECG en cours de validation à la FDA et grande nouveauté, Omron Hearth Guide, une montre qui prend la tension (miniaturisation de la technique classique d’oscillométrie) et pourrait par exemple prévenir les risques d’AVC pendant son sommeil. Bewell Connect était également présent avec MyPeriTens dispositif médical de classe II A qui utilise le principe de la stimulation électrique, principalement pour exercer une stimulation neuromusculaire du périnée, en complément du travail du kinésithérapeute.

Coté hygiène bucco dentaire, Kolibree a mis en avant Magik, sa brosse à dent connectée pour enfant distribuée dans les Apple Store (et bénéficiant d’un partenariat avec Colgate) et récompensé d’un Award dans la catégorie « Sport Fitness Biotech » tandis que Philips présentait sa brosse à dents Sonicar DiamondClean Smart avec une plateforme virtuelle pour les soins bucco dentaires personnels (conseils et partage des données avec son dentiste). La salle de bain connectée a fait sensation avec un miroir connecté, aujourd’hui pour se maquiller mais demain pour analyser votre « mauvaise » mine  (son système d’exploitation ne se nomme -t-il pas Care OS ?). Et dans la chambre à coucher, le Smart Sleep est de rigueur (voir article suivant).

Encore de l’évaluation à prévoir

Lors de la remise des Trophées de la santé connectée, le Dr Guillaume Marchand, co-fondateur de DMD santé qui s’est lancé dans la certification d’applications et d’objets connectés avec le label mHealth Quality (en cours, plusieurs dispositifs de Bewell Connect) estime que « l’aspect geek tend à s’effacer au prix d’une approche clinique », tout en regrettant que « l’évaluation des usages » n’ait pas encore « pris sa place ».
A l’appui de son analyse, on peut citer la récente initiative de l’AP-HP qui met en place DMH (Digital medical hub), une structure piloté par le Pr Marie-Pia d’Ortho pour l’évaluation des objets connectés et leurs applications. La première étude clinique menée concerne 25 patients transplantés pulmonaires suivis à l’aide de trois objets : le thermomètre patch Tucky, le spiromètre SmartOne de Mir et le dispositif d’oxymétrie de pouls de la société israélienne Oxitone.
Autre exemple, pour sélectionner des objets analysant le sommeil, DMD santé a fait appel à Maxime Elbaz, docteur en neurosciences au sein du iSleepLab du Centre du sommeil de l’Hôtel Dieu (AP-HP) : « Il y a un réel besoin de développer des dispositifs médicaux connectés qui puissent être utilisés comme outils médicaux à domicile pour une meilleure prise en charge du patient. C’est ainsi que je vois l’évolution à court terme ».

*Interaction Healthcare a organisé le 31 janvier une conférence sur "les grandes tendances de la e-santé présentées au CES 2018"

(dernière mise à jour le 15 février 2018)



Congrès de la Société française de télémédecine : place à l’ambulatoire

Scan SFTMême si le thème du 10ème congrès européen de la société française de télémédecine (SFT) était cette année « ambulatoire et domicile », les conférences étaient encore assez hospitalo-centrées. Mais dans les stands du salon, à la maison internationale de la Cité universitaire, on pouvait découvrir une floraison d’initiatives et de start-up plutôt à destination des libéraux. Un secteur en pleine effervescence.

Qu’est-ce que la télémédecine change pour l’exercice médical ?
Lydie Canipel, secrétaire générale de la SFT, rappelle les conditions d’un diagnostic.
En consultation le médecin dispose de l’examen clinique, de l’interrogatoire du patient et des résultats d’examen. En téléconsultation, il aura toujours les résultats d’examen et l’interrogatoire mais il est privé d’examen clinique. Il doit donc développer d’avantage l’audition et la vue et porter un regard plus attentif sur le patient.
Quant à la téléexpertise, elle remplace le téléphone et apporte même des éléments supplémentaires tels que transmission d’images et de dossiers.
Enfin, la télésurveillance suppose de faire confiance aux algorithmes qui vont déclencher les alertes (et qui doivent faire l’objet d’études cliniques pour traquer les faux négatifs) …
C’est l’ensemble du parcours de soins qui est à repenser. Demain, le patient lui même choisira l’option télémédecine en fonction de sa situation. Le Dr Marion Lagneau, à la tête de l’équipe médicale de Médecin Direct (30 médecins) qui pratique le téléconseil depuis une dizaine d’années (1.500 à 2.000 patients/mois pris en charge par leur mutuelle), témoigne du remplacement de l’examen clinique par « l’hypertrophie de l’interrogatoire ». Le dialogue se fait à 80% à l’écrit : les patients ont de plus en plus l’habitude de communiquer sous cette forme. « L’alliance thérapeutique avec le patient se fait même à distance » assure-t-elle. Depuis septembre 2016, le service a reçu l’agrément des ARS et de la CNIL. Chaque échange produit une pièce jointe que le médecin peut intégrer dans son logiciel métier. Et Médecin Direct va expérimenter la téléconsultation en vidéoconférence dès février-mars prochains

Les libéraux sont globalement déjà équipés

Avec l’évolution des technologies, plus besoin d’un dispositif de visioconférence. La caméra de l’ordinateur, de la tablette ou du smartphone fait très bien l’affaire (96% des médecins sont déjà équipés en smartphone et 76% d’un ordinateur avec une webcam selon une étude de la start-up Feelae). Seule condition : passer par une plate-forme sécurisée et disposer d’un dossier patient (qui pourrait être à terme le DMP ???). La perspective de l’élargissement de l’acte de télémédecine, avec une volonté politique très forte, donne en tout cas des ailes tant aux acteurs déjà présents comme les plates-formes régionales qu’aux nouveaux venus.

D’autant plus que les lettres clés des actes ont été créées par l’Assurance Maladie et sont en cours d’implémentation dans les logiciels métiers (cf. l’article sur Cegedim et la télémédecine), comme l’a indiqué Myriam Burdin de la DGOS lors du congrès.

Les EHPADs, cibles privilégiées

Ainsi Schiller, le fabricant bien connu d’ECG, s’est associé à Banook Group (à Nancy) pour développer la téléexpertise d’un réseau de cardiologues à destination notamment des EHPAD. Qui devront s’équiper de l’ECG connecté Schiller (2900 €TTC).

Installé à Strasbourg, TokTokDoc veut opérer dans le cadre des téléconsultations en EHPAD prise en charge par l’Assurance Maladie. L’enthousiasme de ses jeunes fondateurs n’a d’égal que leur activité. Une trentaine d’établissements ont déjà signé et 125 sont en cours, assure Alexandre Cornu, ancien (déjà) de chez Doctolib. Des accords sont en train d’être passés avec des éditeurs de logiciels pour EHPAD. Le principe : l’EHPAD s’abonne au service (199 euros + 3 euros/lit pour un mois et sans engagement, formation incluse).TokTokDoc fournit un iPad, un abonnement 4G et des objets connectés (pour le moment un stéthoscope connecté Eko). L’infirmière assiste le patient et peut envoyer des photos avec sa tablette. A l’autre bout du « cloud », le médecin ouvre sa plate-forme nominative sur son ordinateur. Il récupère dans son dossier tout ce qui aura été généré pendant la consultation (TokTokDoc ne conserve rien). A la fin, le praticien envoie une ordonnance et une feuille de soins qu’il faudra…imprimer !

« Jusqu’à 28.000 € remboursés par l’Assurance Maladie » dans le cadre du programme ETAPES a inscrit Avis2 sante sur son dépliant. Il s’agit d’une plate-forme en web service de télémédecine pour des téléconsultations et des téléexpertises, actuellement en bétatest en région PACA qui devrait être en ligne en janvier. Disponible sur smartphone, tablette et ordinateur. Les médecins s’y abonnent, disposent d’un agenda pour proposer des plages de téléconsultation (116€HT/mois, un mois gratuit, sans engagement). Un service assez similaire à celui de Doc Consulte (non présent au salon).

Déjà installées, les plates-formes régionales de télémédecine, ne sont pas en reste. ORTIF, porté par le GIS SESAN a permis d’équiper 180 établissement en Ile de France depuis 2014. ORTIF s’est décliné en téléradiologie, télésurveillance des insuffisants cardiaques, en téléexpertise en oncodermatologie avec une application sur smartphone (ORTIF’App), télé suivi post-opératoire en relation avec le site Bepatient. Des avis et du suivi Installée à Clermont Ferrand,

Feelae est une application de conseil par visioconférence. Elle promet « un vrai médecin à portée de main » et une discussion avec un généraliste sans limite de temps pour 19 euros (non pris en charge). Selon une étude auprès de 160 médecins généralistes et spécialistes, 67% des médecins interrogés seraient prêts à proposer un service de téléconsultation.

deuxième avis poursuit son développement en téléexpertise. Dans 80% des cas, les avis convergent. Le frein : récupérer le dossier médical. "Quand nous avons commencé, le patient avait l’impression de trahir son médecin mais la mentalité est en train de changer".

Pour le suivi médical connecté des patients, les solutions ne manquent pas. La plate-forme Maela offre technologie et télésuivi infirmier 24h/7j tandis que l’application Libheros simplifie l’accès aux soins à domicile (recherche d’une infirmière ou d’un kiné). Pour le suivi post-opératoire, l’intelligence artificielle arrive avec des chatbots qui permettent aux établissements de communiquer avec lke patient avant et après l’intervention. « Le chabot peut se personnaliser très rapidement et le machine learning atteint 95% de bons résultats, souligne Alexis Hernot, associé fondateur de Calmedica.

Et toujours notre article actualisé sur la télémédecine chez les libéraux.http://comparatif-logiciels-medicaux.fr/actualite/la-telemedecine-prend-actes-pour-les-medecins-liberaux-et-certains-de-leurs-patients



Médiveille : trouver les médecins disponibles pour des rendez-vous non programmés

La digitalisation des pratiques médicales continue…Après Docadom et Medadom centrés sur la visite à domicile en un clic, voici Médiveille, une plate-forme et une application pour mieux gérer les rendez-vous non programmés qui aboutissent trop souvent aux urgences. Une solution universelle, simple à utiliser auxquelles les médecins s’abonnent. Et qui arrive en temps utile dans le cadre de la nouvelle cotation MRT.

mediveille  Pour le Dr Cyrille Charbonnier, médecin généraliste au Puy en Velay « en soins non programmées», ancien du SAMU et de la régulation d’un centre 15 (Hôpital Henri Mondor de Créteil), Médiveille est né d’un double constat : la croissance du nombre de passages aux urgences (+ 4% par an) et l’intérêt soutenu des patients pour des rendez-vous non programmés à proximité (pour des raisons de déplacement, vacances, absence de médecin traitant..). Après quatre ans de réflexion et de contacts, la start-up a été lancée fin août sur l’incubateur Busi à Clermont Ferrand. L’application est en ligne (téléchargeable sur les stores Apple et Google) et le service doit démarrer en janvier.

C’est tout simple. L’application géolocalise le patient, qui n’a pas besoin de s’inscrire et lui présente la carte des médecins généralistes les plus proches. Tous sont répertoriés (répertoire de l’ASIP Santé) mais seuls ceux qui sont disponibles sont en vert mediveille2mediveille1(au 15 décembre, il n’y en avait aucun…). Le patient affiche le téléphone et annonce son arrivée au médecin. Les médecins intéressés par ce type de rendez vous de dernière minute téléchargent l’application renseignent leur numéro RPPS et s’abonnent au service (paiement en ligne en cours d’intégration) au tarif mensuel de 19,90 € (avec engagement d’un an la première année, puis résiliation à tout moment). Un agenda leur permet d’inscrire leur créneau de disponibilité à l’avance ou en instantané. La disponibilité s’ouvre et se ferme d’un clic. En temps réel.

Heures creuses des médecins remplaçants et carotte de la cotation MRT

Ce type d’exercice devrait intéresser la nouvelle génération de médecins, estime le Dr Charbonnier qui en a convaincu plusieurs conseils de l’Ordre. Médiveille est en contact avec plusieurs ARS (Ile de France, Nouvelle Aquitaine, Auvergne Rhône Alpes) pour démarrer avec des territoires pilotes.
Ses arguments : les médecins remplaçants (ils sont 8.800) se trouvent souvent moins débordés que les médecins qu’ils remplacent, les patients non urgents préférant attendre que leur médecin de famille soit de retour. Ils ont donc des créneaux disponibles.

Par ailleurs, les maisons médicales de garde, et tous les médecins de garde sont des abonnés potentiels du service. Ainsi que les organismes de visites à domicile.

Enfin, le Dr Charbonnier mise surtout sur la coopération avec les SAMU qui ont tout intérêt à connaître les médecins disponibles dans leur secteur, dans le cadre de la nouvelle majoration MRT applicable le 1er janvier. Lorsque le centre 15 enverra un patient sans urgence vitale mais qui a besoin de voir rapidement un médecin, ce dernier pourra appliquer à son patient la nouvelle cotation MRT (Majoration Régulée Traitant) de 15€ soit un acte à 40 €.
« Dans le cadre d’une expérimentation locale, la majoration pourra être appliquée par tous les médecins », assure l’ancien médecin régulateur qui pense ce nouveau tarif très motivant.
Médiveille est en train de passer une convention avec le SAMU du Val de Marne pour un accès Internet sécurisé indiquant les médecins disponibles.
Dans un deuxième temps, Médiveille pourra inclure les spécialistes et d’autres professionnels de santé comme les dentistes ou les infirmières. Et envisage déjà un partenariat avec une start-up pour proposer du téléconseil à ceux qui ne trouveraient pas de médecin disponible.
Mieux répartir l’offre et la demande de soins en médecine de ville est un beau projet. Encore faut-il qu’il arrive à fédérer les acteurs.
C’est tout le pari de Médiveille

www.mediveille.fr



Docadom, une appli mobile pour des visites à domicile sans rendez-vous

« Médecins, Paris est votre cabinet ! » Docadom recrute des médecins urgentistes et des internes ayant leur licence de remplacement pour ouvrir dès mai à Paris (Nord Ouest parisien) un nouveau service de mise en relation médecins/patients. 

Sur Docadom, patients et médecins sont géolocalisés (comme le fait Uber avec ses chauffeurs de VTC et leurs clients, mais la comparaison s’arrête là) et l’algorithme envoie le médecin le plus proche et le plus disponible au patient qui vient en trois clics de demander un médecin sur le Web ou sur son smartphone (le site est Web responsive).
Encore une innovation qui risque de secouer un peu la pratique médicale !

Les trois jeunes fondateurs dont deux médecins, Florian Guého, médecin urgentiste et Marc Postel-Vinay, interne de médecine générale, se gardent bien de vouloir rivaliser avec les confrères installés. « Nos médecins n’ont pas vocation à devenir des médecins traitants. Le patient ne choisit pas son médecin, c’est l’algorithme qui choisit », disent-ils et ils estiment que leur solution est complémentaires  des associations médicales et  que leur projet « a vocation de service public dans le respect de la déontologie médicale ». Le « non programmé » est ce qui revient le plus cher aux finances publics. L’ARS Ile de France serait intéressée. Une consultation aux urgences c’est  200 euros, rappellent-ils et Docadom facture les visites de 33 € (V+MD) à 61,5 € (V = MDN).  L’algorithme remplace en effet la centrale d’appel ce qui rationalise la gestion et réduit les coûts.

Un mode d’exercice innovant pour les médecins

Le médecin ne paye pas de droit d’entrée et touche 90% du montant des visites. Docadom lui fournit moyennant une caution de 1000 €, un  « sac à dos » tout prêt contenant de quoi télétransmettre et accéder au (futur) DMP ( le lecteur de Sylyca, les logiciels de iCanopée et de Pyxistem pour iOS et Android.). Le médecin peut préférer l’offre « all inclusive » où on lui fournit matériel complet, moyen de transport (scooter ou voiture) et un service comptable contre une commission de 20%.
flyer DocadomLes fondateurs de Docadom sont convaincus d’apporter, en particulier à leurs jeunes confrères, une possibilité de revenus qui va les séduire : le planning n’est pas imposé et les journées ont été découpées en 4 lignes de garde 6-8h, 8h-14h, 14h-20h et 20h-minuit, ajustable en fonction des besoins. Docadom n’assure pas la nuit profonde, ni les urgences pédiatriques pour les nourrissons de moins de trois mois. "C’est moins épuisant que les gardes dans un établissement ».  Le médecin qui signe avec Docadom réserve n’importe quel créneau, deux soirs par semaine ou du plein temps. Il ne peut refuser une visite sauf impossibilité (qui est  vérifiée). « Un mode d’exercice innovant, sans engagement et en toute liberté » vante la start-up. Et pas d’argent à manipuler puisque c’est Docadom qui « encaisse » avec la carte bancaire du patient dont le numéro a été renseigné lors de l’inscription.

Pour le patient, c’est l’assurance d’avoir un médecin dans le délai qui lui est indiqué au cours des prochaines 24h. Avec une Carte Vitale et une mutuelle, le prix de la visite est pris en charge avec tiers payant intégral. Le patient peut annuler le rendez-vous jusqu’au moment où on lui précise par SMS que le médecin est en route. Après cette limite, 50% du montant est facturé.

Docadom propose aussi gratuitement des consultations sans rendez-vous au cabinet des médecins les plus proches et va passer des partenariats avec des services de rendez-vous en ligne pour diriger ses clients vers les plages de consultation sans rendez-vous.  Des partenariats avec des services de télémédecine (spécialistes) sont également prévus.

La start-up qui a bénéficié de subvention de la BPI et du soutien de la région Loir et Cher où elle est implantée, compte monter en charge progressivement et réaliser 3200 consultations la première année avec 35 à 45 médecins puis 9700 l’année suivante avec 80 à 100 médecins. En attendant d’ouvrir le service dans d’autres grandes villes.
« Le modèle pourrait faire tâche d’encre en milieu rural, avec des médecins mobiles qui passeraient un jour par semaine en région », espèrent les jeunes entrepreneurs. Au congrès de la médecine générale à la Porte Maillot fin mars, ils ont rencontré beaucoup de médecins. "Notre démarche soulève des interrogations et parfois des inquiétudes chez les confrères mais quand on explique que le médecin traitant est inclus dans le parcours, cela rassure et les retours sont très positifs"

www.docadom.fr    contact : medecin@docadom.fr

(mis à jour en avril 2017)

 



CES 2017 : la santé connectée au service des diabétiques, du brossage des dents, du soulagement de la douleur

Le Consumer electronic show (CES) qui s’est tenu du 5 au 8 janvier à Las Vegas a une nouvelle fois montré la vitalité des start-up françaises (233 étaient présentes) notamment dans le domaine de la santé. C’est d’ailleurs un dispositif français pour les diabétiques qui a obtenu un prix de la meilleure innovation. Buzz Médecin a retenu quelques innovations (pas toutes françaises).

Diabète mieux géré

glucosepng2Lorsqu’elle sera commercialisée, la montre connectée K’Track Glucose de la société PK Vitality  pourrait bien changer la vie quotidienne de nombreux diabétiques. Il s’agit du premier dispositif de contrôle de la glycémie par simple pression sur la peau. La K’apsul Glucose qui s’insère au dos du cadran comporte un système de microaiguilles qui examinent le liquide interstitiel (technologie Skin Taste). L’utilisateur ressent un léger effet de fourmillement mais pas de douleur. Pour Luc Piérart, président de la société, l’idée c’est de reproduire le processus de la langue et de goûter la peau. Le capteur peut changer pour d’autres analyses (l’acide lactique par exemple). Avec une levée de fond en cours (entre 3 et 5 millions d’euros) qui sera facilitée par le « Best of innovation » reçu, l’objectif est de commercialiser la montre en 2018 pour un prix de 149 €. La recharge K’apsul Glucose d’une durée d’un mois serait vendue 99 €. Voir le site
C’est encore une avancée pour les diabétiques qui a reçu un Award dans la catégorie Biotech. Clipsulin met, selon Diabnext son concepteur américain, l’Intelligence artificielle au service de la gestion des doses d’insuline. Compatible avec différents stylo injecteur (Sanofi Novonordisk, Lilly notamment) l’enregistreur mémorise le nombre d’unités, l’heure etc..
L’application Diabnext, partagée avec le médecin, permet de gérer son diabète plus efficacement.

Brossage de dents connecté

ARA et appOnt également reçu un Award dans la catégorie Biotech, l’Oral Care System de Kolibree, qui avait lancé une brosse à dents connectée pour apprendre aux enfants à se laver les dents ; Il s’agit cette fois d’accompagner le brossage des patients à risque ou en traitement orthodontique avec ARA. Cette brosse à dent est en précommande sur le site à 79 € (livraison prévue en mars). Award aussi pour Philips Sonicare et son coaching personnalisé en 3D avec feedback en temps réel pour améliorer son brossage.

Télémédecine portable

Autre innovation intéressante, le groupe Visiomed a présenté Visiocheck, la première station de télémédecine mobile et connectée au monde d’un poids de 500 g, ayant la marque CE de dispositif médical de classe IIA (lancement mi 2017). Visiomed a profité du salon pour annoncer le partenariat avec la société de domotique Vity pour qu’elle intègre les services de santé Bewell Connect dans son bouquet TV pour le maintien à domicile.
Le CES est en effet une bonne occasion d’annoncer les partenariats. Startup ayant pour vocation de penser & développer des technologies médicales innovantes de diagnostics et de les rendre accessibles au plus grand nombre, Neogia a officialisé son partenariat stratégique avec Kyomed, ayant une expertise reconnue dans l’accompagnement clinique de dispositifs médicaux innovants. Ce rapprochement devrait se traduire par la mise sur le marché en 2018 d’une première technologie validée cliniquement, le bracelet connecté Motio HealthWear, permettant le diagnostic et le suivi de l’apnée du sommeil en mesurant actimétrie, fréquence cardiaque, oxymétrie et rythme respiratoire.

Semelles connectées, TENS et réalité virtuelle

Parmi les autres start-up sélectionnées pour représenter la French Tech, Rcup, Sublimed et SimForHealth.

Les semelles morphologiques connectées Rcup veillent sur la santé et la sécurité des personnes en remontant des informations (pression plantaire, posture…) avec alerte en cas d’urgence. L’assistant digital sert aussi à apprendre le bon geste pour limiter les douleurs actuelles et futures (troubles musculo-squelettiques) et peut servir à éviter la fatigue de certains postes de travail. Une fonction de commande permet même de donner un ordre à un équipement d’un mouvement de pied.

Sublimed et ActiTENS, son dispositif connecté « wearable » (à porter sur soi) de neurostimulation électrique cutanée pour soulager la douleur. Voir l’article du blog à ce sujet

Sur le stand de SimforHealth, les visiteurs ont pu tester sur le casque HTC Vive, le premier cas clinique d’urgence virtuel développé par la société française en partenariat avec le centre de simulation de la faculté médicale de Nice. Bel exemple de l’apport de la réalité virtuelle dans la formation en santé. SimForHealth présentait également la plate-forme MedicActiV de consultation et de diffusion de cas cliniques virtuels qu’elle souhaite internationaliser.

D’un CES à l’autre, il apparaît bien que tout ce qui peut être connecté va l’être. Et que l’intelligence des apps installées dans le smartphone permet des développements qu’on ne pouvait imaginer jusqu’ici.



ActiTENS, dispositif antidouleur connecté au CES 2017

La neurostimulation électrique transcutanée (TENS) se vulgarise avec l’apparition des appareils TENS connectés, légers et aux applications variées : fitness, récupération après effort sportif et traitement non-médicamenteux de la douleur. Buzz Medecin en a déjà testé plusieurs : BlueTens et MyTens de Bewell Connect. ActiTENS de Sublimed se veut à usage essentiellement médical. Il sera présenté au prochain CES (Consumer electronic show ) de Las Vegas (5-8 janvier) au milieu de la French Tech.

La startup Sublimed a été crée en octobre 2015 dans l’incubateur du CEA. Ingénieur chercheur au Leti de Grenoble, Nicolas Karst s’est lancé avec Simon Perraud, également ingénieur, dans l’aventure du développement d’un TENS connecté, en collaboration avec Dr Jean Pierre Alibeu qui a dirigé le centre antidouleur de Grenoble.
L’appareil fait l’objet de cinq brevets. « Notre dispositif est le premier vraiment « wearable », insiste le chercheur. Car un générateur d’impulsion flexible que l’on place sur la peau (comme un patch) remplace le boitier. Ce générateur est relié aux électrodes par de tout petits câbles courts et fins. Le patient peut porter le dispositif jusqu’à 12 heures/jour de manière confortable et toutes les zones du corps sont couvertes. ActiTENS est donc un dispositif anti-douleur universel.
Pour améliorer le taux de succès de la thérapie, l’application smartphone actiTENS collecte, analyse et synthétise les données du patient (historique d’utilisation, évolution du niveau de douleur ressentie et de l’activité physique, etc). Le médecin dispose lors de chaque consultation d’un outil simple et efficace pour l’aider dans son diagnostic.
Sublimed a levé 700 000 euros en juin dernier pour industrialiser son produit qui devrait être bientôt commercialisé.
actiTENS espère obtenir son marquage CE comme dispositif médical au premier trimestre de 2017, ce qui lui permettra de bénéficier de la prise en charge (112 euros) dans le cadre des TENS prescrit dans les centres antidouleur.
Environ 15 000 personnes achètent un appareil chaque année parmi lesquelles en 2014, 11.000 avec une prise en charge de l’assurance maladie .

En savoir plus www.subli-med.com



Thermomètres connectés en patch : surveiller la fièvre en continu

 Après la commercialisation en septembre de Thermo, le thermomètre connecté sans contact de Withings, voici la sortie annoncée en novembre de Tucky, le suivi de la température en continu avec un patch-thermomètre, présenté au CES de Las Vegas en janvier dernier. Qui a déjà des concurrents.

Libérer les nuits des parents

En cas d’épisodes fiévreux des petits enfants, leurs parents ne dorment que d’un œil et se lèvent plusieurs fois pour vérifier si tout va bien. C’est en pensant à eux (et à sa propre famille) qu’Antonin Bourgerol, ingénieur de formation, et jeune papa, a mis au point Tucky, un thermomètre connecté « made in France » permettant le surveillance en continu de la température et de la position des enfants de 0 à 7 ans.
Tucky5035CTucky est un dispositif médical certifié ISO 13485 inséré dans un adhésif double face bio-compatible. On le pose comme un patch sous l’aisselle de l’enfant. Du fait de sa minceur (7mm) il n’occasionne aucune gêne. Sa batterie, rechargeable en 1h30, lui assure 5 jours d’autonomie.
Tucky transmet par Bluetooth température et position (sur le dos, le ventre, le côté) de l’enfant à un serveur sécurisé auquel accède le smartphone (iPhone ou Android). L’application propose des courbes de température, des alertes en cas de températures élevées et garde en mémoire la prise de médicament pour mieux mesurer son effet sur la fièvre. Tucky (79,90 euros) est le premier dispositif connecté de la start-up e-TakesCare créée en 2014 par Antonin Bourgerol qui compte bien utiliser son expérience en aéronautique pour développer d’autres objets connectés utiles à la santé. La start-up est partenaire de la Cité de l’objet Connecté d’Angers et a gagné le concours de la « French IoT » de Docapost, filiale numérique du groupe La Poste.

Un nouveau service de la santé connectée

                                                                                                                                                                                                                                                                 La concurrence est déjà là avec le thermomètre connecté TM 735 de l’allemand Medisana présenté comme un monitoring de la température en continu, de l’enfant Ther medisanaà l’adulte. On le trouve sur Internet, depuis quelques mois à environ 100 euros. Il se place également dans un patch adhésif sous le bras, utilise une application spécifique et déclenche des alarmes en cas de fièvre excessive ou si la connexion Bluetooth ne marche plus. La prise de médicament est notifiée dans l’application. Il utilise une pile bouton (120 jours d’autonomie à raison de 8h par jour).
Le monitoring de la fièvre à la maison, voilà encore une possibilité intéressante offerte par la santé connectée. Ces dispositifs seront prochainement testés sur Buzz Medecin.

www.e-takescare.com

www.medisana.fr



Université d’été de Castres : le foisonnement de la e-santé

La 10ème université d’été de la e-santé a réuni plus de 600 personnes à Castres du 5 au 7 juillet. Buzz Medecin y a passé deux jours et rend compte du foisonnement d’initiatives et d’acteurs qu’on y rencontre.

goodies 1

Pour ses dix ans, l’UEES avait prévu un gâteau, quelques « e-goodies » et un peu de réflexion sur le thème très « tendance » du transhumanisme. Comme pour marquer une pause face à ces nouvelles technologies qui transforment la médecine et les relations médecins-patients, nous tous en fait… Les débuts de l’informatique en posture assise face à un écran et un clavier sont marqués par la culture de la chaise, rappelle Milad Doueihi, universitaire passé de l’histoire des religions à l’humanisme numérique, l’utilisation en mobilité a fait exploser les usages. L’informatique commence à façonner l’humain de façon inédite…

Simulation et réalité augmentée

Notre façon d’apprendre d’abord. Des fameux Mooc qui mettent à disposition les savoirs 24h sur 24 à la simulation 3D ou la réalité augmenté. On en a vu de brillants exemples avec les Mooc de Formatic Santé, la plate-forme Medicativ d’Interaction Healthcare et les démos « live ».

Castres demo
Le mannequin intelligent acquis par l’école d’infirmière permet de simuler une intervention Pompiers-SAMU-CHIC (acronyme du centre hospitalier intercommunal de Castres) sur un accident de moto. Le mannequin émet des gémissements : ‘j’ai mal, aidez moi docteur" et sera opéré. Le débriefing permet de vérifier qu’il manque le gel de l’échographe ! C’est surtout l’occasion de vérifier la bonne coordination des équipes.
Thalès a réalisé en trois mois une application utilisant des lunettes de réalité augmentée, en lien avec le CHU de Nice et pour aider un chirurgien à distance à réaliser une opération avec les conseils d’un expert. C’est encore un prototype. Ces lunettes comme les Google glass retirées du marché grand public trouvent des applications en médecine. Le SAMU de Toulouse en a acquis une paire avec la solution Xpert Eye de la société AMA dans le cadre du dispositif d’urgence mis en place pour l’Euro. Cela permet au centre SAMU d’avoir une vision de l’ensemble du champ des victimes et de pousser des informations vers le terrain.
En matière d’information du public, il ne faut pas négliger pour autant les fiches papiers. Le think tank Lab e-santé en a préparé 50 sur les notions de base ou plus avancés de l’univers de la santé numérique. Les PDF des premières fiches disponibles sont à consulter ici.
Voir LES_FICHES_. Idéales pour la salle d’attente du médecin.

Big Data Santé, coaching et suivi des pathologies

elie lobelElie Lobel, ancien directeur du pôle Projets de l’ASIP Santé aujourd’hui directeur d’Orange Healthcare a donné le coup d’envoi des présentations  sur les perspectives de la santé connectée en matière de suivi et de gestion à distance des maladies chroniques pour affirmer sa conviction l’analyse des données de santé-le Big Data Santé, est la clé pour diagnostiquer et prévenir.
Le programme de surveillance des insuffisants cardiaques Cordiva (groupe Alere), avec une balance connectée et une box, en est un bon exemple. Il a débuté en Allemagne où sont suivis 16 000 patients et se poursuit en France à travers les deux études cliniques PIMPS (CH Pontoise) et OSICAT (CHU Toulouse).
A Castres, on ne parle que de décloisonnement, de « living labs », ces espaces où l’on co-construit les produits avec les patients et les PS et où l’on teste les solutions. L’école d’ingénieurs ISIS (Informatique et système d’information pour la santé) qui accueille l’Université d’été dans ses locaux en possède d’ailleurs un.
Le Pr Odile Boespflug-Tanguy évoque son partenariat avec la société IOT-EZ dans le cadre du projet Hanoc (soutenu par Kyomed) pour évaluer la capacité motrice d’enfants atteints de maladies neuro-dégénératives en utilisant des objets connectés du marché.
Ancrée sur le terrain avec 260.000 collaborateurs sur 17.000 points de contact, La Poste apporte sa pierre humaine à l’édifice e-santé : ses facteurs assermentés peuvent installent le matériel (hub numérique), expliquer le fonctionnement, apporter des tests de dépistage (opération Carsat en Limousin pour le test du cancer colorectal) ou des médicaments ; et son service Docapost est hébergeur de données de santé.
Harmonie Mutuelle a fait part de l’utilisation par ses salariés (20% sont inscrits) du site Betterise qui réussit à fidéliser ses utilisateurs (12 500 inscrits adhérents) en leur envoyant quotidiennement des messages bienveillants et hyper personnalisé pour les encourager dans leur programme santé (arrêter le tabac, perdre du poids ou autre…).
 

Qui dit technologie ne dit pas forcément transhumanisme, heureusement

Une technologie « humaniste « en quelque sorte pour revenir au thème choisi cette année et dont le point d’orgue fut certainement la table-ronde passionnante réunissant le Pr François berger, neuro-cancérologue, François Viella, professeur de droit (Montpellier) spécialiste de bioéthique et Jean-Michel Besnier, philosophe. Pas vraiment un débat car les trois intervenants sont convaincus que le transhumanisme n’est qu’un courant d’opinion rassemblant les personnes qui considèrent que les sciences et les technologies sont capables de répondre aux attentes de l’homme et tentent d’imposer la nouvelle norme du surhomme, pour qui la maladie est une « panne ». « C’est un système d’annonce » dit le philosophe qui dénonce un monde technologique où la conscience est un handicap. « Cela relève du neuro-charlatanisme » s’insurge le médecin. « Il faut avoir le courage de ses convictions, conclut le juriste, nous proposons de nous arrêter. On prendra du retard, et alors ? »

Un dynamisme régional ouvert aux start-up santé

Il n’y aurait pas l’Université d’été sans  le dynamisme de Castres-Mazamet Technopole et de son réseau de contacts, Pierre Fabre en tête, et bientôt de start-up e-santé, avec un concours d’implantation à la clé (ouvert jusqu’au 30 septembre). Lauréate l’an dernier, Start Track, application spécialisée dans l’analyse des paramètres physiologiques (30) et environnementaux pour adapter son effort en fonction de son état de santé, est aujourd’hui installée à la pépinière l’Arobase.

castres ambiance

La remise des Trophées de la e-santé (dix au total) pendant l’Université participe de cette ébullition. Le Grand Prix est allé à JokkoSanté, une pharmacie communautaire virtuelle présentée par Sensys solutions (Sénégal), le Coup de Cœur à Noa, compagnon connecté et ludique des enfants asthmatiques (Université de Nantes) le prix des internautes et le prix de la Télémédecine à Oscult, échographe de premier niveau sur iPad à destination des praticiens non spécialistes de l’imagerie, etc. Voir le communiqué en PDF. Ce dynamisme et la convivialité des rencontres ne manquent pas de séduire les sponsors qui reviennent comme la société luxembourgeoise Tarkett en quête de partenaires pour utiliser son revêtement de sol connecté, détecteur d’activité, FloorInMotion.



Enovap, le vapotage connecté pour un sevrage nicotinique intelligent

 Pour certains « fumeurs », le nuage de vapeur a tout bonnement remplacé les volutes de la fumée de cigarette. Mais pour les six ingénieurs et entrepreneurs à l’origine d’Enovap, la cigarette électronique est un bon moyen de sortir du tabac à condition de gérer au mieux la concentration nicotinique.

Enovap face
Cela ressemble plutôt à une petite flasque d’alcool, à glisser dans la poche arrière du pantalon. Pourtant, celui ou celle qui la porte à sa bouche ne boit pas, il vapote. Enovap se veut un accessoire LifeStyle (plusieurs couleurs disponibles, couverture cuir..) même s’il fait fonction de cigarette électronique ; d’un genre un peu spécial puisque qu’elle met toute son intelligence à réguler la quantité de nicotine distribué au fumeur. 75% des vapoteurs continuent à fumer, explique Alexandre Scheck, président d’Enovap, car la gestion nicotinique de l’e-cigarette n’est pas bonne. On ne peut changer la concentration que lors du remplissage du réservoir, qui se fait tous les jours ou tous les deux jours.

Sortir du tabac par le plaisir

Le fumeur en cours de sevrage hésite à diminuer la dose trop vite. L’innovation d’Enovap, c’est de disposer de deux réservoirs, l’un rempli d’un liquide sans nicotine, l’autre avec nicotine. Le vapoteur suit sa consommation de nicotine sur son appareil ou sur l’application smartphone et peut la régler en fonction du besoin ressenti en nicotine : le fameux HIT, contraction dans la gorge procurant de la satisfaction. Les deux vapeurs se mélangent en plus ou moins grande quantité, de façon à obtenir la concentration souhaitée. C’est le Hit Control.
Un vapoteur qui connait ses besoins (un coup de pouce après le déjeuner ou lors d’un stress) va régler la dose en conséquence. Le reste du temps, il confie l’analyse aux algorithmes d’Enovap. Les données de consommation sont récupérés (transmission bluetooth vers le smartphone) et les besoins en nicotine sont anticipés automatiquement avec un sevrage progressif tout en douceur, en fonction de l’analyse des habitudes du fumeur. L’application fait aussi office d’accompagnateur.

Comme l’explique le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue à l’hôpital Saint Louis, (avec lequel Enovap a collaboré à ses débuts et pour le dernier Mois sans tabac), « on peut sortir du tabac par le plaisir. Le rôle du soignant est de supprimer l’envie de fumer ».
Fondée en 2015, Enovap, qui a déjà reçu de nombreuses récompenses, vient de lever 1 million d’euros pour accélerer sa commercialisations…

https://www.enovap.com/fr     

(mis à jour le 11 septembre 2018)



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