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L'apport d'un dictionnaire de spécialités : réel mais discret

Utiliser un logiciel de dictée vocale médicale, tel que Dragon Medical Practice Edition 3, peut de temps à autre rencontrer une limite : celle du vocabulaire intégré. L’éditeur Mysoft propose de la repousser avec ses logiciels de terminologie de spécialités. Nous avons installé les dictionnaires destinés aux généralistes (Multispécialité) et aux cardiologues, puis dicté. L’apport de quelque 45000 mots est indéniable et pourtant difficile à constater.

Comment se passer d’un clavier pour rédiger des comptes-rendus médicaux. Nous avions testé pour vous un logiciel de dictée vocale, Dragon Medical Practice Edition 3 (DMPE3). La force d’un tel outil, dans notre métier, repose aussi sur le volume du vocabulaire médical intégré. Nous en avions alors constaté la richesse, ne réussissant guère à le prendre en défaut à partir de textes médicaux « courants ». Mais dès lors qu’il s’agit de rédaction plus pointue la terminologie de base de DMPE3 atteint ses limites. C’est à ce besoin que répondent les dictionnaires médicaux Mysoft. L’éditeur propose une gamme complète de logiciels de termes dédiés aux diverses spécialités. Comme le décrit Laurent Schuhl, directeur de Mysoft : « nous partons du vocabulaire médical de Dragon Medical Practice et nous le modifions pour en faire un vocabulaire de spécialité ou, pour les médecins généralistes, de multispécialité. » La base de ces dictionnaires provient de l’analyse de milliers de documents médicaux « afin d’inclure non seulement le vocabulaire réellement utilisé, mais également pour le répartir par statistiques d’utilisation et pour l’utiliser dans le contexte. »

En pratique

Voila pour le principe de fonctionnement. Qu’en est-il en pratique ?
Nous avons eu à notre disposition les dictionnaires « Multispécialité » et « cardiologie ». Ils sont disponibles soit en CD soit par téléchargement et requièrent d’avoir d’ores et déjà installé DMPE3. Au cours de ces opérations, le nouveau dictionnaire modifie le vocabulaire en profondeur afin d’accroître la précision dès la première utilisation. Il apporte un changement des caractéristiques des mots connus : fréquences d’utilisation, contexte des mots, ajout de prononciation pour les mots présentant des difficultés d’énonciation, rapatriement de mots du vocabulaire de base (flèche verte dans « l’éditeur de vocabulaire », captures 1 et 2 dans la galerie ci-dessous). Les mots nouveaux, en revanche, ne bénéficient d’aucun signe distinctif. Seule une comparaison entre ancien et nouveau permet la distinction (captures 3 et 4, quadricuspidie en cardiologie)
Prenons l’exemple du dictionnaire Multispécialité : Un fois le chargement fait, il faut l’importer dans le « gestionnaire de vocabulaire » de DMPE3 (captures 5 à 7), et ressaisir son nom au clavier (capture 8). Il apparait alors dans le « gestionnaire de vocabulaire » (capture 9). En cliquant sur ouvrir, il devient alors le dictionnaire de référence, se substituant à celui de base (Best match plus). Il en va de même pour n’importe quel autre dictionnaire, notamment celui de cardiologie (capture 10).

Essais de dictée vocale

Les tests ont été difficiles à réaliser du fait de la richesse du vocabulaire de base de DMPE3.
Il a fallu dicter des comptes-rendus en configuration de base, puis en utilisant soit le dictionnaire Multispécialité, soit celui de cardiologie, avec des textes idoines. A force de lecture de comptes-rendus médicaux des lacunes de la version basique sont apparues. Des exemples en apparaissent dans les captures d’écran 11 et 12. Et pourtant 43645 nouveaux mots sont fournis dans le vocabulaire Multispécialité et 45379 pour le vocabulaire de cardiologie. Il est évident que l’apport se fait davantage dans une terminologie « pointue ». Comme le montrent les deux tests de dictée à partir d’échocardiographies. Importantes pour un spécialiste, peut être moins pour un généraliste, il apparait très vraisemblable que ces terminologies feront preuve de toute leur puissance chez un hyperspécialiste ou hospitalier.

Les autres spécialités

En effet, les dictionnaires Multispécialité et cardiologie malgré leur énorme enrichissement interfèrent fortement avec le vocabulaire quotidien de la médecine. Mais qu’en est-il de l’étendue du dictionnaire de base lorsque l’on aborde l’anatomo-pathologie, la chirurgie cardio-vasculaire, la médecine nucléaire ou bien encore l’oncologie ? Il est vraisemblable que les obstacles se feront plus nombreux. Gageons qu’ici la qualité de la reconnaissance vocale devient évidente pour l’utilisateur.

Un apport certain… dans la discrétion

Avec environ 45000 mots supplémentaires les dictionnaires de spécialité Mysoft évalués offrent un confort de dictée indéniable à l’utilisateur de DMPE3. Le logiciel trébuchera moins souvent, les corrections se feront moins fréquentes. Mais il sera difficile pour l’utilisateur d’en prendre conscience tant il faut tomber un peu par hasard sur un terme inconnu de la version de base, notamment en médecine générale. Plus la spécialité utilise une terminologie à usage restreint (en partant de la cardiologie vers l’anatomie-pathologie par exemple) plus le dictionnaire devrait montrer son efficacité.

Dr Guy Benzadon

Dragon Medical Practice 3 : 1314 euros,  DMPE 3 + Multispécialité : 1500 euros, DMPE3 +Cardiologie 1620 euros www.mysoft.fr

19 jan 2016

Test dictionnaires Mysoft MG et Cardio

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