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29 Sep 2020

La téléconsultation s’installe dans la durée

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 Après l’explosion liée au confinement, la téléconsultation semble prendre une allure de croisière, selon un bilan de l’assurance maladie. Tandis que les plates-formes notent des accélérations au rythme de la reprise de l’épidémie de Covid.

« Une pratique qui s’installe dans la durée ». C’est l’Assurance maladie qui le dit dans son bilan de deux ans de téléconsultation remboursées. Elle a d’ailleurs décidé de prolonger jusqu’à la fin 2022 sa prise en charge à 100%.
60 000 médecins y ont eu recours, essentiellement des libéraux (96%) et des généralistes dans 80% des cas.
Un patient sur 5 avait moins de 30 ans et 1 sur 5 plus de 70 ans et la majorité connaissait le médecin (à 80%).


Après cette flambée (4,5 millions d’actes remboursés en avril 2020, soit une consultation sur 4), le nombre de téléconsultations remboursées est retombé à 650 000 en août ( 3%). Les opérateurs de plates-formes de TC comme Doctolib (32 500 médecins )ou Maiia (20 000 médecins) notent que ce chiffre reste dix fois supérieur à celui de janvier 2020 et observent une remontée en septembre avec la reprise de l’épidémie et la multiplication des cas contacts. Pas encore de deuxième vague mais des vaguelettes qui font monter l’utilisation de la vidéo à distance à 5% des consultations.
Dans son UG Zapping du 2 septembre, le Dr Claude Bronner (FMF) la recommande pour éviter la propagation de l’épidémie de grippe.
Pour l’Assurance maladie « la télésanté a démontré son utilité lors de cette crise sanitaire et s’est rendue indispensable ». Un avis partagé par les plates-formes.

Objectif 15%

Les médecins et les patients ont pu constater à cette occasion les avantages intrinsèques de la téléconsultation : suivi plus fréquent des patients, accès aux soins rapide et simple, confort de travail pour les professionnels rémunérés pour l’ensemble de leurs tâches…
Pour Stanislas Niox-Château, cofondateur de Doctolib, « cette pratique va s’installer dans les usages durablement. Mais la consultation vidéo ne doit pas remplacer la consultation en présentiel (sic !) : elle représentera probablement entre 15 et 20% de l’activité des praticiens ». Il se réfère à ce qui se passe dans les pays nordiques ou en Asie.
15%, c’est aussi l’objectif à 10-18 mois de son concurrent Maiia. Un objectif souhaitable pour rentabiliser les investissements.
En attendant, les acteurs, très (trop ?) nombreux, consolident leurs partenariats et lèvent de nouveaux fonds.
Ainsi Medaviz, solution territoriale de télémédecine, a levé début septembre 6 millions d’euros pour accélérer son développement.
Maiia, filiale de Cegedim et partenaire de Pharmagest pour la téléconsultation, a signé avec 37 groupements et a déjà équipé 1700 pharmacies où l’on pourra avoir accès à un médecin. Sa solution est également interfacée avec les tablettes Simply Vitale des infirmières (RM Ingénierie, groupe Cegedim) car la téléconsultation favorise la coordination des soins.
Certains acteurs misent quant à eux principalement sur la téléconsultation non remboursée via des accords avec les mutuelles, les assurances, les entreprises pour leur salariés à l’étranger etc.

De son côté, l’Assurance maladie entend faire perdurer la dynamique et favoriser le déploiement de la téléconsultation et de la téléexpertise qui "doit devenir accessible à l’ensemble de la population" (prolongement de l’avenant 7).
Les négociations qui ont débuté le 17 septembre avec Thomas Fantome, le nouveau directeur général de l’UNCAM, devraient aller dans ce sens, portées par la stratégie « Ma santé 2022 ».

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