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31 Jan 2020

L’enjeu des données de santé (2) : quand les panels de Cegedim servent à informer les médecins et à améliorer les logiciels

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 Après les données de prescriptions de Vidal, il est intéressant de mieux connaitre l’utilisation des données recueillies par les logiciels Cegedim équipés de la banque Claude Bernard (BCB) de sa filiale RESIP, dans le cadre de contrats spécifiques avec certains médecins. Entretien croisé avec Dany Huppenoire, directeur général de CLM (Cegedim Logiciels Médicaux) et Christophe Descamps, directeur de RESIP (en ajoutant quelques communiqués de presse de Cegedim).

Du temps où il n’était pas encore question d’Health Data Hub, la question des données de santé était chez Cegedim un sujet sensible. Un serpent de mer aussi qui ressortait de temps à autre dans la presse sur le thème : patients, on vend vos données.
Pourtant, la situation a toujours été très claire : au-delà des données clients (nom, coordonnées etc..) utiles à la gestion, soumises aujourd’hui au RGPD, aucune donnée n’est recueillie par la BCB lors de la prescription, souligne Christophe Descamps, ni par les logiciels CLM, excepté dans le cadre d’un contrat spécifique.
Le recueil de données de santé anonymisées sur les serveurs certifiés HDS (Hebergeur de données de santé) du groupe font depuis les origines (il y a une vingtaine d’années) l’objet d’un contrat entre les professionnels de santé volontaires et la société qui les équipe en logiciels.
Environ 3200 à 3300 médecins, généralistes et spécialistes (une dizaine de spécialités) participent ainsi à des panels où des données anonymisées vont faire l’objet d’études longitudinales de nature épidémiologiques et médico-économiques déclarées et autorisées par la CNIL.
Le patient en est averti par affichage dans la salle d’attente. Il s'agit d'une option au contrat annuel d’abonnement (reconductible par tacite reconduction), proposée à certains médecins équipés de Crossway ou du logiciel en ligne MLM qui remplissent les conditions des panels.
Le médecin reçoit en échange de ce service (il doit coder certains items et suivre des référentiels) une réduction de 25 à 30 % sur son abonnement. Il est indiqué sur le contrat la nature des données récoltées : antécédents, allergies, prescriptions, résultats de biologie.

Des données pour informer et améliorer les logiciels

C’est une autre entité de Cegedim, GERS Data qui dispose de ses propres data scientist et va contribuer, par ses études, à l’information des médecins et à l’amélioration de leurs logiciels.
Un retour d’information est en effet fourni aux médecins des panels sous forme de tableau de bord sur leurs prescriptions, les diagnostiques posés, les maladies chroniques suivies, etc. replacé dans l’activité de l’ensemble de leur panel.
Par ailleurs, CLM demande à GERS Data des statistiques sur les examens les plus prescrits, les posologies les plus utilisés etc. ce qui permet d’améliorer l’ergonomie et la pertinence des logiciels.
L’arrivée des techniques d’intelligence artificielle avec des algorithmes de plus en plus précis laisse entrevoir de nouvelles études pour la détection des maladies rares en recherchant les signes précoces. « Cela aura un effet sur la prise en charge dans nos logiciels, car l’on pourra avertir le médecin en présence de signes avant-coureurs » résume Dany Huppenoire, directeur général de CLM.

Des données pour des études en collaboration ou en accès gratuit

Quittons CLM et la BCB pour plonger dans les activités Data du groupe Cegedim.
Les données collectées ne sont pas analysées en temps réel mais font l’objet d’études a posteriori. Elles peuvent être fournies à des tiers dans le cadre de contrat de collaboration . Ainsi Cegedim et Sanofi ont contracté en mai dernier autour de la fourniture des données en vie réelle de la base de données THIN. The Health Improvment Network) porte sur plusieurs millions d’individus en France, au Royaume uni en Espagne , Belgique et Roumanie. C’est alors aux équipes  de Sanofi de mettre les technologies de l’intelligence artificielle au service de l’amélioration de la prise en charge.
La base THIN est déjà à l’origine de plus de 600 publications dans le monde, notamment dans sa version britannique.
Soucieux de contribuer à l’Open Data, Cegedim , via sa filiale GERS Data a ouvert cette base gratuitement aux chercheurs dont les projets ne sont pas sponsorisés. Ainsi l’été dernier, des travaux portant sur « l’analyse des stratégies de diagnostic du syndrome de Gougerot Sjögren en France en médecine de ville » ou sur « l’évaluation du suivi des recommandations de prise en charge des infections urinaires en médecine de ville en France » ont fait l’objet de présentation dans des congrès, comme l’annonce Cegedim dans un communiqué.
A côté de la fourniture de données les Data Scientists de GERS Data effectuent des études à la demande de ses clients : industrie pharmaceutique, assureurs, institutions et pouvoirs publics comme la CNAMTS, le ministère de la santé, les sociétés d’études publics.
La disponibilité des données du Health Data Hub national n’enlève pas la pertinence des observatoires Cegedim qui a d’ailleurs participé aux discussions concernant la mise en place de la plate-forme de données voulue par le gouvernement. Anonymisées, les données de consultation permettent de suivre un patient dans le temps, s’il garde le même médecin, car patient et médecin reçoivent un numéro. Précisons qu’un panel se renouvelle au rythme de 5% par an et qu’un panéliste ne sait pas si ses données seront utilisées ou mises en réserve.

Pour la partie études voir https://cegedim-health-data.com/

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