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  • Les stylos à insuline connectés rechargeables arrivent sur le marché français

    Novo Nordisk, l’un des leaders mondiaux de l’insuline, vient d’annoncer la disponibilité en France de ses premiers stylos à insuline connectés réutilisables. Un outil supplémentaire pour l’auto surveillance de la glycémie.

    Depuis quelques années, les diabétiques ont à leur disposition de plus en plus d’ outils connectés. Applications sur smartphone pour tenir son carnet, lecteurs de glycémie connectés, capteurs de mesure en continue de la glycémie, pompe à insuline jusqu’au « pancréas artificiel » comme Diabeloop, utilisant des algorithmes pour le contrôle du diabète ( mais réservés à certains diabètes mal équilibrés). 
    La dernière évolution en date est donc de faire dialoguer les données de surveillance de la glycémie, par glucomètre connectée ou en continu par capteur, avec les données de délivrance des doses d’insuline. Ce qui suppose de connecter les stylos à insuline apparus au début des années 80.
    Ainsi on a vu arriver, Mallya, une capsule compatible avec plusieurs stylos jetables qui en collecte les données ( distribué par Roche Diabète, non remboursé) pour transmission vers un smartphone. Et aux Etats-Unis, il existe le stylo Inpen, qui communique par Bluetooth avec plusieurs capteurs de glucose.

    Connectés et remboursés

    NovoPen 6 et NovoPen Echo Plus sont les premiers stylos connectés réutilisables à arriver sur le marché français. Ils bénéficient de la même prise en charge que les stylos à insuline classique ( 43,03 euros/ an et par patient). Ils enregistrent automatiquement la dernière dose visible sur l’écran avec le temps écoulé et gardent en mémoire 3 mois d’injection (800 doses). Les données sont transférées vers une application de suivi du diabète par technologie NFC (Near field communication) où les appareils sont placés à deux cm l’un de l’autre pendant 3 à 10 secondes.
    Ils font ainsi offices de carnet. Mais rendent surtout possibles une analyse précise des doses injectées et leur rapprochement avec les données de glycémie provenant de dispositifs de mesure. Une étude pilote en vraie vie sur 6 mois de suivi avec 5 visites auprès de 94 patients équipés de capteur de mesure en continu du glucose et de stylos connectés, a montré une amélioration du contrôle glycémique. Les patients sont alertés par le capteur en cas d’hyperglycémie. Ce qui les amène à une injection d’insuline rapide ou bolus. L’analyse des données par le médecin avec le patient permet d’augmenter le temps passé dans la cible (+ 8,5%), de réduire les périodes d’hypoglycémie, de diminuer le nombre de doses oubliées de 43,1% et d’augmenter les doses de bolus de 27,9%.
    Pour le Pr Bruno Guerci, du CHRU de Nancy, le couple mesure du glucose et gestion de l’insulinothérapie est « fusionnel ».
    Ces stylos seront particulièrement utiles aux patients distraits qui ont tendance à sous doser.

    Télésurveillance du diabète

    La présence du stylo injecteur connecté s’inscrit dans les programmes de télésurveillance du patient diabétique (le référentiel est sorti le 18 janvier 2022).
    Novo Nordisk a déjà noué pour la France des partenariats avec MyDiabby, Abbott (et son FreeStyle libre) et Diabnext, plate-forme de télémédecine utilisée notamment par les Hospices civiles de Lyon, qui vient d’être rachetée par l’américain Glooko. Les deux plateformes vont fusionner sous le nom de Glooco XT. Tandis qu'Abbott vient de sortir le Freestyle Libre 3, où le capteur envoie directement ses mesures par Bluetooth sur le téléphone du patient.  Encore plus pratique. La nouvelle application FreeStyle Libre Link d'Abbott récupère par un simple scan les doses d'injection d'insuline enregistrées par les deux modèles de stylo.

    Les NovoPen sont des dispositifs médicaux de type II B. Ils sont dotés d’ une pile lithium qui leur assure une durée de vie de 5 ans. Il existe en deux modèles : le NovoPen 6 avec sa cartouche de 60 unités, que l’on peut incrémenter une par une et le NovoPen Echo Plus, adapté au secteur pédiatrique avec une cartouche de 30 unités incrémentables par demi dose.

  • Marché de la télétransmission SESAM-Vitale : stable en parts de marché mais poussé par la mobilité

    Le GIE SESAM-Vitale a mis en ligne début février son étude de marché annuelle concernant les éditeurs de logiciels métier des professionnels de santé libéraux. Un marché assez stable avec des positions confortées par des rachats et un nouveau venu, Doctolib Médecin et sa Doctolib App qui représente la nouvelle tendance de l'homologation Logo Mobilité.

    La période d’étude de ce rapport de 49 pages va de juillet 2020 à juin 2021 et mérite donc déjà une actualisation. Il s’appuie sur la télétransmission des feuilles de soins et l’usage des téléservices de l’Assurance maladie sur lesquels le GIE regroupe toutes les statistiques.
    Un chiffre toujours d’actualité : les 15 premiers éditeurs font 81,2% du marché de la télétransmission des professionnels de santé. Compugroup Médical France reste avec 21,7% à la première place confortée par les récents rachats d’Epsilog et d’Aatlantide, suivi de Cegedim Santé à 18,7 (qui n’avait pas encore racheté Medimust), de CBA à 7 ,1 etc. On retrouve Sephira à 4,8% et Prokov à 2,5% (avec les seuls médecins).
    Le rapport note la forte progression de Comunica (Weda) et l’arrivée de Doctolib Médecin
    En nombre de FSE émises, ce sont bien sûr les logiciels pharmaciens ( Pharmagest et Cegedim) qui arrivent en tête suivis des logiciels de laboratoire d’analyse. L’étude fait aussi un point sur l’utilisation des téléservices. On découvre ainsi qu’en janvier 2021, seul AATi (arrêt de travail) et IMTi (recherche du médecin traitant) atteignaient 20% d’utilisation. HRi (Historique des remboursements) stagne à 5%. Ses données seront, rappelons-le versées, dans Mon Espace Santé. Le GIE se félicite ensuite de la modernisation du parc : 86% des PS sont équipés d’un OS à jour et 88% de composants à jour. Et du nombre croissant d’éditeurs prêts pour la généralisation de l’appli CV qui accuse un certain retard.

    Le référentiel TLA remplacé par le logo Mobilité

    C’est annoncé officiellement dans ce document. Le référentiel TLA, terminal lecteur applicatif qui permet des créer des FSE en déplacement pour les récupérer et les télétransmettre sur un ordinateur, a vécu. Les homologations n’ont plus cours depuis juillet dernier. Et la commercialisation cessera à la mi 2023, est-il indiqué.. L’industriel du secteur, interrogé par Buzz Médecin à ce sujet, se veut rassurant : les anciens TLA pourront continuer à être utilisés et seront maintenus pendant plusieurs années.
    Mais il est vrai que le référentiel n’était plus adapté à l’interrogation des téléservices permettant de vérifier les droits des assurés (ADRi) et des mutuelles (pour le tiers payant).
    Les nouveaux matériels doivent être connectés pour que la télétransmission soit également effectuée en mobilité.
    Devançant ces évolutions, les éditeurs ont développé de nouveaux services en ligne utilisables en mobilité qui sont déjà homologués comme CGMeVitale d’Imagine Edition, Stellair intégral d’Olaquin, SimplyVitale de RM Ingénierie, Ubinect mobile et IntellioNext de Sephira , Doctolib App, FSV de Juxta (pour les centres de santé) et Agathe e-motion de CBA.
    Ils sont estampillé du nouveau logo Mobilité.
    En visite, ils sont utilisables sur une tablette avec un lecteur de carte en sus comme le Neo connecté d’Olaqin ou intégré à la tablette (Simply Vitale pour les infirmières par exemple).
    Certains disposent d’une application FSE (création et envoi) sur  smartphone.  Ce qui a exigé de franchir un obstacle : les composants SESAM-Vitale ne sont pas compatibles avec iOS et Android, les systèmes d’exploitation des smartphones.
    D’où la mise au point de nouveaux petits lecteurs PC/SC communicant avec le smartphone comme de mini-serveurs. C’est le Doctolib Lecteur et la Doctolib App, le DCS-BT de Sensyl avec l’app mobile Ubinect (kiné), le TED (de Kapelse) utilisé par l’app Agathe You de CBA (infirmières) et bien d’autres en préparation. Ces lecteurs ne sont fournis qu’aux éditeurs dans le cadre de services applicatifs. Buzz Médecin y reviendra.

    Telecharger l'étude sur le site du GIE SV

  • Ouverture officielle de Mon Espace Santé : l’utilisateur aura la main et l’Etat reprend la main

    L’ouverture le 3 février de Mon Espace Santé va s’accompagner d’une importante campagne de communication. Buzz Médecin a suivi un brief de presse et une conférence de presse présentant le nouveau carnet de santé en ligne des Français.


    « C’est un grand jour pour notre système de santé » a déclaré Olivier Véran, ministre des Solidarité et de la Santé, pour la présentation officielle de Mon Espace Santé, le 3 février. Une innovation qu’il compare à celle de la Carte Vitale lancée il y a 25 ans, devenue une référence pour les Français. Mais encore faut-il que Mon Espace Santé rencontre un succès plus rapide que la petite carte verte qui connut des débuts laborieux. Autre temps. Thomas Pesquet n’était pas encore allé dans l’espace pour nous faire rêver. Cette fois « les Français et les professionnels sont prêts » pour ce service « que nous devrions avoir depuis beaucoup plus longtemps ».

    Un produit ergonomique universel 

    Dominique Pon et Laura Letourneau, respectivement responsable et déléguée du numérique en santé suivent leur feuille de route pas à pas mais au pas de course, et attendent une multiplication par 25 des échanges de documents en deux ans.
    Depuis SESAM-Vitale, on a changé de méthode. La co-construction est de mise tant du côté patient que du côté professionnel de santé ou encore du côté des industriels. Un ménage à trois pour un « produit ergonomique universel ».
    « Vous aurez la main, c’est vous qui pourrez décider » a martelé Olivier Véran, car les sondages le montrent, les Français sont encore frileux sur le partage de leurs données de santé. Décider de montrer ou non tel ou tel document, d’autoriser un professionnel ou non et même de refuser l’accès au SAMU … Et surtout de refuser la création automatique de cet Espace Santé.
    Mais pour les pouvoirs publics, il s’agit bien de «reprendre la main » sur le secteur de l’informatisation de la santé où « depuis 20 ans , c’est le bazar » souligne Dominique Pon, qui est aussi directeur de la clinique Pasteur à Toulouse. Le Ségur numérique, c’est la promesse de logiciels métier qui vont enfin pourvoir communiquer et respecteront les mêmes normes. Pour la CNAM, c’est un vieux rêve qui se réalise. Celui des promoteurs de SESAM-Vitale.
    Pour cela, les pouvoirs publics ont acheté le déploiement des logiciels compatibles référencés Ségur sur le terrain en finançant les éditeurs et dans le cadre de l’avenant 9, les médecins recevront un forfait pour les utiliser. « Un mécanisme innovant ».Pris sur le budget de 2 milliards du Ségur numérique lui-même alimenté par les fonds de la Communauté européenne. Dès la fin de 2022, la délégation au numérique en santé et la CNAM visent un nouveau schéma de partage des données entre professionnels qui seront tous équipés de MSSanté.
    Fin 2023, les professionnels de santé, dans les cabinets et les établissements, devraient tous utiliser des logiciels compatibles (référencés Ségur) et tous les documents arriveront automatiquement dans le dossier médical en ligne de Mon Espace Santé.
    « Il faut qu’en quelques mois, les acteurs, usagers comme professionnels, trouvent un intérêt l’utiliser » .

    Sur Buzz médecin, une nouvelle rubrique Mon Espace Santé en pratique vous tiendra au courant des évolutions.

  • La santé numérique, de MonEspaceSanté aux thérapies digitales

    A quelques jours de l’ouverture officielle de Mon Espace Santé le 3 février, Interaction Healthcare a organisé comme chaque année et pour 2022, les Grandes tendances de la eSanté depuis PariSanté Campus, le nouveau centre de développement de la santé numérique inauguré le 14 décembre dernier. Rapide survol de cette demi-journée dense, du Ségur Numérique aux nouveautés du CES de Las Vegas.

    L’ambition est bien celle-là : faire de la France un des leaders du numérique en santé , insiste le Pr Antoine Tesnières, directeur de PariSanté Campus. En se souvenant que l’objectif doit rester l’amélioration du système de santé au profit des soignants et des patients. Dominique Pon et Laura Létourneau, respectivement responsable et déléguée ministériels de la Délégation au numérique en santé (DNS) le rappellent il n’y a jamais eu un tel alignement des planètes pour le numérique en santé. On a posé les bases. Le Ségur numérique se déploie avec la mise à jour des logiciels (des centaines de milliers à mettre à jour). « A l’horizon de 18 à 24 mois, on sera leader européen, voire mondial en numérique en santé » s’enthousiasme Dominique Pon. Mon Espace santé, il faut que les Français s’en saisissent, et comme on est en France, cela prendra du temps. Mais « d’ici 2 ans , ce sera un outil majeur », ajoute la déléguée .
    En attendant, il faut penser aux 13 millions de Français qui n’accèdent pas au numérique et faire baisser l’ « illectronisme ». L’accompagnement est prévu tant pour les patients que pour les professionnels de santé. Des conseillers dans les CPAM pour les PS, les conseillers du réseau France Services etc. ont tous été formés à l’utilisation de MonEspaceSanté. De nombreuses réunions, concertations ont été organisées lors des expérimentations. Un des souhaits émergents : retrouver des standardistes quand on téléphone à l’hôpital ! Le numérique ne doit pas faire oublier l’humain.

    Grandes tendances et perspectives 

    Au CES 2022, les grandes tendances Santé tournent autour de l’intelligence artificielle, des thérapies digitales avec modèle de remboursement, la télémédecine, les jumeaux numériques, le Metaverse et la santé .
    Si les jumeaux numériques de cerveau et de cœur présentés sur le stand de Dassault Systèmes pour aider les chirurgiens sont encore expérimentaux, si les formations médicales sur le Metaverse, le nouvel univers virtuel en train de naitre en 3 dimensions, sont encore des projets, la télésurveillance, et les thérapies digitales commencent à faire l’objet de remboursement.
    La télésurveillance, prise en charge depuis le 1er janvier 2022, demande de nouvelles organisations qui ne sont pas encore en place, souligne Marie-Laure Saillard, vice-présidente du LET (les Entreprises de télémédecine-télésanté) qui regroupe 400 sociétés.
    Du côté des thérapies digitales, on peut citer Deprexis, une plate-forme qui aide les patients présentant un diagnostic de dépression et qui a fait la preuve de son efficacité.
    Les dispositifs médicaux ouvrent une nouvelle ère d’évaluation en vie réelle, explique le Pr Fabrice Denis, oncologue au Mans. Les essais cliniques sont décentralisés et ce qui aurait pris 5 ans, se fait en quelques mois. Ainsi d’une plate-forme qui en recueillant les symptômes des enfants permet de repérer dès 11 mois et non à 5 ou 6 ans, des troubles du développement. L’étude portant sur 6000 patients sera prochainement publiée. Et c’est beaucoup moins couteux que les études randomisées. Il devient indispensable que les étudiants soient formés et informés sur les dispositifs numériques thérapeutiques.
    La santé numérique apparait aujourd'hui comme un segment de marché monétisable rapidement. Outre Atlantique, les investissements dépassant les 100 millions de dollars ont doublé entre 2020 et 2021. 24 entreprises de la Medtech sont entrées au Nasdaq. ce n'est pas sans risque mais les remboursements se multiplient. Et les PU-PH français n’hésitent plus à se lancer comme Nicolas Bourdel (Clermont-Ferrand) qui présentait au CES, SURGAR, start-up de chirurgie augmentée pour certaines tumeurs du foie et de l'humerus.

    Voir aussi sur les tendances le livre blanc : le praticien connecté de Denise Silber

  • Jusqu’à 1 milliard d’économies grâce à la téléconsultation et la téléexpertise, selon une étude de l’institut Molinari

    C’est comme un cadeau d’étrennes pour les promoteurs de la téléconsultation et de la téléexpertise. L’étude publiée le 18 janvier par l’Institut économique Molinari*, un think tank libéral, s’efforce de chiffrer l’impact économique à attendre en France, du recours à la téléconsultation et à la téléexpertise organisée par le médecin généraliste. Verdict : plus d’un milliard d’économies !

    Pour arriver à cet impressionnant total, son auteur, l’économiste Pierre Bentata a cumulé toutes les économies possibles dans les différentes utilisations de la télémédecine en s’appuyant sur une sélection d’études internationales en santé publique et sur les données de l’Assurance maladie en France en 2019 (pour éviter les effets Covid de 2020) : 391 millions de consultations dont les 2/3 en médecine générale. En estimant que 10% des consultations de médecine générale pouvait facilement être remplacées par des téléconsultations, sans baisse de qualité pour les soins.

    Moins de frais de transports pour les patients : 293 millions d’euros

    La téléconsultation évite au patient de se déplacer. Il économise donc des tickets de transports en commun ou des frais d’essence s’il utilise sa voiture

    Réduction des consultations de spécialistes via la téléconsultation/téléexpertise par le généraliste : 467 millions d'euros

    Par une analyse de la littérature de santé publique, Pierre Bentata a estimé pour chaque spécialité, le taux de consultations, c’est-à-dire les actes les plus simples, qui pouvait être remplacées par une téléexpertise demandée par le généraliste, à partir d’une plate-forme permettant d’échanger avec le spécialiste. On observe en moyenne une baisse de 7,2% de consultations spécialisées.
    - En ophtalmologie, ORL et dermatologie, 10% des cas peuvent être traités sans nécessiter une auscultation directe du spécialiste.
    - En cardiologie, le recours à la téléconsultation réduit les procédures de tests et de suivis inutiles.
    - En orthopédie, endocrinologie et gastro-entérologie, le bénéfice se traduit par une prise en charge plus rapide, un retour en temps réel du spécialiste permettant d’ajuster un traitement approprié dès l’apparition des symptômes

    Economies réalisées aux urgences : 284 millions d’euros

    Sur les 21 millions de visites aux urgences, 6,7%, soit 1,4 million peuvent être évitées en proposant une téléconsultation, soit 162 millions d’économies.
    De même en radiologie, les actes en urgence se montent à 832 000 par an. Chaque téléexpertise représente 154 euros d’économie (transfert de patients) soit un total de 122 millions

    Ce qui nous fait un total de 1044 millions d’euros dont 750 millions à minima pour l’Assurance maladie.
    « Sans nuire à la qualité des soins » promet l’auteur.
    L’institut économique Molinari, qui est financé par ses membres (individus, entreprise et fondations) demande en conséquence une banalisation de la téléconsultation en supprimant leur plafonnement à 20% de l’activité globale d’un médecin (juillet 2021). Au motif que "cette décision n’a pas de rationalité économique "

     L’étude (44 pages) peut être téléchargée sur le site de l’Institut

  • Téléconsultations : 12 millions remboursées en dix mois et le 100% prolongé jusqu’au 31 juillet 2022

    Dans le contexte de la reprise épidémique, les députés ont approuvé le 29 décembre la prolongation de la prise en charge à 100% de la téléconsultation jusqu’au 31 juillet 2022. Au cours des dix premiers mois de 2021, 12 millions de téléconsultations ont été remboursées.

    Incluse dans projet de loi sur le pass vaccinal, qui vient d’être voté, la prolongation du remboursement à 100% des TC sera appréciée des médecins et des patients. L’absence de reste à charge pour les assurés simplifie la gestion des praticiens.
    Cette mesure provisoire, prise au printemps 2020, au plus fort de la crise épidémique, avait déjà été prolongée une fois jusqu’au 31 décembre 2021.
    Les actes réalisés en téléconsultation sont passés, rappelons le de 10.000 à 1 million par semaine lorsque les déplacements ont été très fortement restreints.
    Ces chiffres ont évidemment baissé mais la TC continue à être appréciée. Et de nouveaux services se développent pour les spécialités lorsqu'il est difficile de trouver un médecin (téléconsultation cardiologique par exemple).
    Selon la CNAM, 12 millions de consultations ont été remboursées entre janvier et octobre 2021.
    Par ailleurs l’avenant 9 signé pendant l’été facilite le recours à la téléconsultation, désormais entrée dans le droit commun.

    Voir la rubrique téléconsultation de Buzz Medecin

  • 2022 : une année décisive pour le numérique en santé

    Le 6ème Conseil du numérique en santé qui s’est tenu le jeudi 16 décembre a fait le bilan des six derniers mois de la Délégation du numérique en santé. L’ouverture de Mon Espace Santé qui débute en janvier par des envois de courriers/mails aux assurés sera la grande affaire de 2022 . L’assurance Maladie a déjà prévu une conférence de presse le 6 janvier et le ministère avec l’Agence du Numérique en santé vers la mi-janvier

    La Délégation du numérique en santé mise en place il y a 3 ans, fonctionne en mode projets avec enthousiasme et motivation avec une organisation assez atypique dans l’administration française. Ses cinq piliers : être positif et ouvert, agir, déterminé et pragmatique, proche du terrain, partager les informations et faire preuve de solidarité.
    De fait, on observe le décollage de projets longtemps embourbés comme le DMP ou la messagerie de santé sécurisée…
    Le mouvement et la présence de financement semblent avoir entraîner les administrations, les industriels, les établissements et même peut-être les professionnels de santé avec la promesse de rémunération à la clef.

    Ouverture progressive de Mon Espace Santé (MES)

    Que les professionnels de santé se rassurent, tous leurs patients ne vont pas débarquer le 3 janvier avec un espace santé ouvert à leur nom. Les ouvertures seront progressives.
    A partir de janvier, les assurés seront sollicités par mail ou par courrier pour leur annoncer l’ouverture automatique de Mon Espace santé dans les six semaines (sauf refus de leur part). Les créations automatiques débuteront en mars avec l’objectif de couvrir toute la France en juin.
    Les assurés trouveront le Dossier médical partagé qui sera composé de documents et le profil médical, un outil à leur disposition pour renseigner par eux-mêmes des mesures (poids, taille etc.) et des particularités tels qu'allergie, traitement etc. Ce profil sera exportable vers un professionnel de santé.
    Ceci en attente des VSM (volets de synthèse médicale) envoyés par le médecin traitant qui ne seront pas encore présents dans le DMP (l’avenant 9 prévoit, rappelons-le une rémunération pour les médecins).
    Le certificat SIDEP pour la vaccination anti-covid sera également disponible.
    La messagerie sécurisée commencera à être testée doucement pour mesurer l’appétence du public (et des professionnels) pour cette fonction.
    L’alimentation de MES par les professionnels de santé libéraux et surtout en établissement pour commencer, a fait l’objet de simulation mensuelle : de 50 documents envoyés à partir de janvier pour aboutir à 350 à partir de septembre. Soient les prescriptions, les comptes-rendus, les courriers, les parcours de soins simplifiés, les prises en charge et les accompagnements prévus à la sortie de l’hôpital. La phase pilote a été, rappelons, considérée comme réussie avec 364 888 docuements ajoutés dans les 3,4 millions de MES créés.
    Du côté des professionnels de santé, quatre services socles seront en place : l’accès au DMP, l’accès à la messagerie, l’intégration dans les dossiers , la portabilité des données avec les logiciels référencés Ségur.
    La messagerie pourra servir à envoyer des rappels ou des consignes des profils médicaux avant consultation, et après consultation ou hospitalisation, à envoyer des ordonnances et des documents thérapeutiques, des questionnaires de satisfaction.

    Le catalogue de services référencés

    Gratuits ou payants, émanant d’acteurs privés ou publics, ce sont des applications ou des sites Web dont la finalité est d’améliorer la santé. Trois thématiques : la santé, la prévention, le bien être. Certaines applications pourront envoyer des données dans le DMP si elles sont autorisées (comme cela se passe sur les iPhone). Sont déjà candidats, les plates-formes de prises de rendez-vous ou de téléconsultation, les bases de données de médicaments, etc.
    Une commission de référencement est en cours de constitution qui évaluera les services selon cinq critères : urbanisation (ergonomie et facilité d’emploi), interopérabilité, sécurité, éthique et conformité à la Loi Informatique et Libertés. La procédure est expliquée sur le site du GIE SESAM-Vitale

    Tout ce déploiement se fait, bien entendu, dans une démarche d’ « inclusion numérique ». A cette fin, 40 ambassadeurs bénévoles ont été formés et recrutés dans chaque région, France Service va recruter 4000 conseillers numériques. Toutes les administrations sont sollicitées.

  • Kinvent, la rééducation motivante et ludique

    Kinvent est devenu en quelques années, leader de la rééducation fonctionnelle en proposant aux praticiens des capteurs connectés et une application analysant les résultats des mesures. La start-up vient de lever 6 millions d'euros pour continuer son développement.

    En créant Kinvent en 2017 à Montpellier, Athanase Kollias, ingénieur en biomécanique, qui a lui-même pratiqué le sport de haut niveau (aviron), est parti de la constatation que les patients manquaient de motivation pour les séances de rééducation. En raison des exercices répétitifs et du peu de visibilité sur les progrès. Résultats : « 20% des séances de kiné sont annulées »

    Une application pour voir ses progrès

    D’où l’idée de motiver sportifs et patients en leur mettant sous les yeux leurs progrès de performance et en rendant les séances plus ludiques. Un groupe d’experts chirurgiens et une inspiration « fitness » vont inspirer le projet. Les appareils de mesure existants sont jugés peu pratiques et chronophages et donc utilisés par moins de 5% des professionnels. Qu’à cela ne tienne, Kinvent va développer ses propres capteurs qui sont fabriqués à Thessalonique (Athanase Kollias est d’origine grecque). Ces objets connectés communiquent avec une tablette qui va centraliser et analyser les différentes mesures grâce à des algorithmes.

     

     

     

     


    Kforce
    , c’est le nom de la plate-forme, apporte des données chiffrées au thérapeute et propose de nouveaux exercices. Le kinésithérapeute y trouve des protocoles déjà prêts mais peut paramétrer ses propres séances. « Le logiciel rend l’utilisation intuitive. Il n’y a pas besoin d’être spécialiste » Kforce propose jusqu’à 7 capteurs : quatre dynamomètres différents (de traction, pneumatique, de préhension mesurant la dynamique musculaire), un goniomètre électronique pour l’amplitudes des mouvements des principales articulations du corps, une plate-forme de force pour la posture et l’équilibre. Il est aujourd’hui prouvé que les capteurs augmentent la motivation des patients de 50 à 90% (étude d’IY Consulting) .

    Le succès ne se fait pas attendre à la grande satisfaction du fondateur et de ses investisseurs . En 4 ans, l’entreprise a conquis plus de 4000 professionnels (cliniques de rééducation, clubs de foot et de rugby..) et fait des bénéfices avec un chiffre d’affaires qui a triplé tous les ans.
    Sa nouvelle levée de fond de 6 millions d’euros début décembre, doit lui permettre de doubler ses effectifs (de 30 à 60 personnes), de mettre sur le marché trois nouveaux capteurs. Il est aussi question d’ouvrir deux nouveaux bureaux en Amérique du Sud et en Asie pour compléter ses implantations en Espagne (Barcelone) et aux Etats-Unis (New-York).
    Objectif : Renforcer le leadership de l’entreprise en rééducation fonctionnelle et en préparation physique des sportifs souvent enclins à minimiser leurs douleurs. Car le mieux c’est encore de prévenir les blessures.

    https://k-invent.com/fr/

    Le produit Kforce est vendu en pack de 2600 à 5890 euros selon le nombre de capteurs fournis. 4 au minimum. Le logiciel est gratuit en version basique. Licence Pro à partir de 28 euros/mois

  • Les professionnels de santé sont-ils prêts pour le Ségur du numérique en santé ?

     A l’approche de l’ouverture à tous les patients de Mon Espace Santé, Cegedim Santé a sorti les résultats d’une étude commandée à CSA (aout 2021) pour comprendre dans quelle mesure les professionnels de santé se sont appropriés les outils numériques dans le contexte de la pandémie Covid et évaluer leurs besoins d’accompagnement.

    Le sondage réalisé par CSA pour Cegedim Santé du 5 au 29 août 2021 auprès d'un échantillon représentatif de 140 professionnels de santé (70 médecins, 79 paramédicaux) en ligne * vient conforter ce qu’on savait ou pressentait déjà en matière d’équipement des professionnels de santé : 80% disposent d’un logiciel de gestion de cabinet et 97% l’utilisent , tous les jours pour 89%.
    Les agendas numériques et la prise de rendez-vous en ligne ont fait une percée spectaculaire ces dernières années : 61% en sont équipés (72% des moins de 39 ans) et 94% l’utilisent.
    51% se disent équipés d’une solution de téléconsultation et 63% ont déjà effectué des téléconsultations. Les utilisateurs réguliers (tous les jours) seraient 24%...Un espoir pour les plates-formes de téléconsultation qui estiment, rappelons-le à 20% le taux de téléconsultations susceptible d’assurer leur rentabilité…Et ce sont les plus de 60 ans qui seraient les plus équipés (52%) et donc plus enclins à éviter des déplacements à leur patientèle, parfois âgée elle aussi…
    Le télésoin a concerné 11% de l’échantillon total et 38% des paramédicaux.
    Les objets médicaux connectés pénètrent peu à peu : 32% se disent équipés et 73% s’en seraient servi. L’ensemble des professionnels interrogés se dit (90%) intéressé par le numérique en santé et 86% estime que c’est une avancée pour le médecin et pour le patient (95% de ceux qui travaillent en pluriprofessionnel) . L’appétence pour l’exercice pluriprofessionnelle ne faiblit pas : 46% des cabinets (hormis ceux des spécialistes) ont le désir de travailler en maison de santé dans les prochaines années. Après l’amélioration de la qualité du contenu médical, la première motivation est de gagner du temps (81%) mais ils ne sont que 44% à être « tout à fait convaincu » que le numérique permet effectivement d’en gagner. Simplifier les démarches administratives est une autre attente (79% et 86% des paramédicaux). L’amélioration de la coordination des soins et de la prise en charge, souvent vantée dans les projets numériques, n’intéresse que 16%.
    L’un des principaux freins à ce bel édifice reste à 81% (90% pour les paramédicaux) le manque d’interopérabilité des logiciels . L’importance de la sécurité et de la protection des donnés est citée par 95% des personnes interrogées . Elle fait même l’unanimité (99%) des paramédicaux.
    Reste aussi la question de la formation et de l’accompagnement ; dans les sondages les médecins répondent presque toujours en majorité qu’ils en manquent mais sur le terrain ils sont moins nombreux à prendre le temps de se former ! Alors que seuls 41% pensent être au niveau et 30% se sentent suffisamment accompagnés. On ne peut donc que se réjouir que le Ségur du numérique en santé ait mis l’accent sur l’accompagnement des médecins lorsqu’ils vont devoir adopter un logiciel référencé Ségur…

    *Enquête par questionnaire auto administré en ligne d’une durée de 10 minutes.

  • Synapse Medicine : la Medication intelligence entre dans les hôpitaux

    Synapse Medicine a annoncé à l’occasion de Santexpo un partenariat avec l’éditeur Dedalus France dont les logiciels sont présents dans 330 établissements publics (dont l’AP-HP) et privés. Ce qui va permettre à ces hôpitaux et cliniques l’accès à un module de conciliation médicamenteuse à la pointe de la technologie médicale.

    Il y a 4 ans, le Dr Clément Goehrs, médecin de santé publique, le Dr Louis Létinier, médecin pharmacologue et data scientist et un ingénieur, Bruno Thiao-layel fondaient Synapse Medicine avec le soutien de l’INSERM et du CHU de Bordeaux. « Notre but était d’agréger les données publiques sur le médicament (la base Thériaque, les données de la HAS, des outils comme DDI Predictor, etc.) déjà structurées mais éparses pour permettre l’analyse de l’ordonnance avec des algorithme pour lequel un brevet a été déposé en 2019". C’est la technologie « Medication Shield ».
    Objectifs : améliorer la pharmacovigilance, mieux sécuriser les essais cliniques et lutter contre l’automédication.
    Apportant une information fiable sur le médicament, la solution est utilisée par des dizaines de milliers de professionnels de santé et de patients. Après une première levée de fond en 2019, la start-up a pu annoncer une levée de fond de 7 millions d’euros en juillet 2020 . Elle compte aujourd’hui 50 personnes.
    Dopée par la pandémie, l’utilisation de Synapse a bénéficié de l’explosion de la téléconsultation, puisque plusieurs plates-formes (mais pas Doctolib) l’ont intégré. La start-up a aussitôt mis en place un site sur ses fonds propres sur l’usage des médicaments chez les malades Covid.
    Fin 2020, Synapse était choisi par l’ANSM (agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) pour assurer la pharmacovigilance des vaccins contre la Covid)

    Différent du LAP (logiciel d’aide à la prescription)

    Même si Synapse LAP est inscrit depuis plusieurs mois sur la liste des LAP certifiés de la HAS, Clément Goerhs explique en quoi l’analyse de l’ordonnance est différente : « l’état clinique du patient doit bien sûr être présent et on ajoute le terrain (gériatrie, femme enceinte etc.) mais le système ne va afficher que les alertes graves et non les alertes passives qui gênent le médecin dans la rédaction de l’ordonnance". Le prescripteur trouvera les notifications dans l’onglet interaction. Synapse LAP est davantage personnalisé. Les effets indésirables se retrouvent dans le suivi de la prise de médicaments par le patient.
    Dans les établissements, le principal utilisateur est le pharmacien hospitalier dans le cadre de la conciliation médicamenteuse. « Nous avons un module propre à la conciliation qui permet de diminuer les erreurs de prescription par une vision exhaustive. C’est réservé aux patients lourds. »
    L’intégration (en cours) de Synapse dans les logiciels de Dedalus, ( DxCare, Orbis et Dopasys) présents dans 330 établissements va permettre de générer le document de conciliation, la lettre de plan de prise de médicaments et la lettre de liaison à destination du médecin traitant.
    « Nous apportons un juste niveau d’alerte avec un vrai rendu ergonomique. Nos algorithmes contiennent des guidelines mais ils apprennent de la vie réelle . Nous tendons à faire entrer les spécificités de prescription des services hospitaliers.» Synapse va donc travailler à inclure le livret thérapeutique de l’établissement.

    https://synapse-medicine.com
    Pour les professionnels de santé, version gratuite et version premium 19€/mois avec sauvegarde des ordonnances. Synapse est intégrée dans le logiciel Hypermed.