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17 Mai 2021

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur « Mon espace santé »

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C’était mercredi 12 mai la première étape du Tour de France virtuel « Réussir ensemble mon espace santé » lancé par la Délégation ministérielle du numérique en santé (DNS), l’Agence du numérique en santé (ANS) et la Caisse nationale d’Assurance maladie (CNAM) chargée d’en assurer la réalisation. Il s’agit de mobiliser tous les acteurs de la santé et de la e-santé pour la réussite de cette plate-forme numérique nationale de gestion de leur santé par les « citoyens » pour éviter de « finir sur une plate-for me des GAFAM ». Prochaines étapes les 19, 20 et 21 mai. Ouvert à tous les professionnels concernés.

Pour Dominique Pon, responsable ministériel de la DNS, l’enjeu est de communiquer son enthousiasme aux différents publics virtuels qui vont se succéder jusqu’au 21 mai. L’enjeu est citoyen. Les ateliers citoyens ont débouché le 19 novembre dernier sur des assises citoyennes avec 700 personnes connectées. Et un comité citoyen est en cours de constitution avec les associations de patients et des citoyens tirés au soir. Dans ce contexte, Mon espace santé appartient au patient qui peut décider de donner des accès temporaires à des professionnels de santé. Mon espace santé c’est un moyen d’avoir et de donner accès aux données relatives à sa santé. L’enjeu est organisationnel. Il s’agit de « Transformer le parcours de soins des assurés » selon Thomas Fatôme, directeur général de la Cnam.

Mais c’est aussi une question de souveraineté nationale devant les appétits des GAFAM pour les sujets de santé. Dominique Pon, estime que la bataille n’est pas perdue « La France est actuellement en milieu de peloton mais dans deux-trois ans, on sera maillot jaune ».

Quatre briques et un test cet été avec 4 millions d'assurés

Mon espace santé  (ex-Espace numérique de santé) dont la généralisation est prévue le 1er janvier 2022 s'articulera autour de quatre "briques": le dossier médical partagé (DMP), l'agenda de santé, la messagerie sécurisée et le catalogue d'applications référencées. Le principe retenu pour son ouverture est celui du « opt-out » ou qui ne dit mot consent, qui consiste à créer un espace de santé pour tout le monde par défaut. Les citoyens sont prévenus par courrier ou e-mail et ont un mois pour refuser de l’activer.
Dans la pratique une première vague de notifications sera envoyée à partir de juillet (1,6 millions de courriers postaux et 2,4 millions de courriels) dans trois départements (Haute Garonne, Loire atlantique et Somme) pour une période de test où seuls seront ouvert le DMP et la messagerie. Mon Espace Santé doit absolument être ergonomique et les usagers sont appelés à la coconstruire.
Puis une seconde vague est prévue du 3 janvier au 9 mars 2022 (28 millions de courriers postaux et 41 millions de mails) .
En avril tous les assurés auront leur espace santé.
Ils y trouveront leur DMP, « un DMP retravaillé façon DMP 3.0 ». Il n’y en a encore que 10 millions actuellement alimentés par 677 établissements de santé dont 26 CHU, 1314 EPHAD, 59 laboratoires de biologie et 20 593 Professionnels de santé libéraux. Le DMP doit contenir les comptes rendus d’hospitalisations et d’imagerie (lien vers les images dans un second temps), volet médical de synthèse, résultats d’analyse, les ordonnances (via l’prescription effective en test depuis juillet 2019 et en déploiement dans les logiciels métiers), les courriers. Les DMP seront ouverts automatiquement dans l’espace santé. Mais leur alimentation doit devenir elle aussi quasi automatique.
L’agenda de santé n'a pas pour fonction de prendre des rendez-vous mais de regrouper l’ensemble des rendez-vous prévus (consultation, rappels, hospitalisation) en connexion avec les services de rendez-vous, les agendas des hôpitaux, des régions ou les plates-formes commerciales .
Très attendu aussi, le catalogue d’applications et de site web référencés. « Suite à notre appel, nous avons reçu 126 candidatures et en avons sélectionné 30 ». La liste des heureux élus sur figure sur le site du GIE SESAM-Vitale (voir la note*). Des applications « partenaires » de surveillance du diabète ou de cardiologie pourront ainsi envoyer leurs mesures dans l’espace santé ( à la façon dont Apple réunit dans Santé, les données des applications partenaires autorisées). Annika Dinis, responsable de la direction du numérique et de l’innovation Santé à la CNAM, donne en exemple le cas d’une patiente diabétique qui déménage. Son diabétologue peut déposer des documents et elle-même peut photographier les courriers et compte rendu en sa possession pour que son nouveau médecin traitant puisse en prendre connaissance. Si son application de suivi de sa glycémie est référencée, ses mesures seront accessibles depuis l’espace santé.
La messagerie sécurisée qui devait permettre aux professionnels de santé d’ouvrir des canaux de communication vers leurs patients (et non l’inverse) sera disponible dès la période de test. L’espace MS santé compte aujourd'hui 470 000 BAL ouvertes et voit passer 7 millions de mails par mois 47 éditeurs l’ont intégré. Son extension au secteur médico-social est en cours. Répondant à une question sur Apicrypt, Dominique Pon a prévenu que seule la version Apicrypt V2 sera intégrée.
L’Etat ne va tout développer. Les industriels sont donc les bienvenus pour offrir leurs services, à condition de respecter les prérequis et les normes. Le Ségur de la Santé prévoit un financement pour aider les éditeurs à évoluer mais seulement pour ceux qui ont adopté les critères d’interopérabilité.
A noter, les professionnels de santé auront également un Espace Santé Pro. La question du regroupement des deux est encore à l'étude.

La mobilisation collective, indispensable à la réussite 

Selon un récent sondage (Opinon Way novembre 2020), 8 personnes interrogées sur 10 se disent prêtes à utiliser Mon espace santé et sont rassurées sur le fait qu’il s’agit d’un service public. Un accès smartphone est prévu.

« Restons humbles, dit Dominique Pon, lors de son ouverture en janvier 2022, la plate-forme ne sera pas parfaite. » Mais, prévient-il, « soit nous sommes capables de nous mobiliser collectivement, soit d’autres le feront à notre place. »
L’enthousiasme de la Délégation ministérielle du numérique en santé sera-t-il suffisamment communicatif ? La participation à ses premiers webinaires et le test de cet été constitueront de bons indicateurs. L'application Mon espace santé sur smartphone sera-t-elle appréciée par les premiers utilisateurs ?

Webinaires les 19, 20 et 21 mai ouvert à tous même si celui du 21 mai (16h-17h30) est plus particulièrement destiné aux ordres des professions de santé
s’inscrire ici
* Voici la liste : Abbott, Activ Andi, AP-HP, Batteries Technologies, Biogen MA Inc, Calmedica, CCMSA, Cegedim Logiciels Médicaux, CompuGroup Medical France, Dedalus France, Doctolib, Elsan, Eyeneed, FeelVeryBien, GIP MiPih, Happyneuron, Hospices Civils de Lyon, La Poste, LifeScan France, Maincare Solutions, Medicus AI France, NEHS Digital, Nouveal e-santé, Qare, Softway Medical, Syadem, Synapse Medicine, Vidal France, VYV3 IT et Withings.
Voir le site du GIE SESAM-Vitale

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