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JICC Lighter, un briquet connecté pour arrêter de fumer en surveillant sa consommation

C’est bien entendu dans la prise en charge de la dépendance tabagique que s’inscrivent les fondateurs de la société JICC (voir l’article du blog) en présentant le JICC Lighter, le premier briquet connecté qui permet de mesurer les habitudes d’un fumeur de façon quantitative et qualitative. Pour Jérôme Iglesias et Cédric Chataignoux, fondateurs de JICC, l’objet connecté n’est qu’un moyen d’obtenir des données à analyser. Des données qui permettront des prises en charge personnalisées.

"Qualifier" chaque cigarette

Leur premier dispositif est un briquet connecté qui va permettre d’obtenir des données inédites sur la consommation et le comportement d’un fumeur. « Chaque cigarette allumée est comptabilisée mais aussi la date et l’heure où elle est fumée. Elle est qualifiée».

JICC LIghterLe JICC Lighter fonctionne en lien avec l’application JICC Now L’utilisation du briquet sert d’abord à la prise de conscience des habitudes tabagiques. Dans une deuxième étape, si le fumeur décide de s’arrêter, le programme de coaching, tenant compte de ses habitudes, va l’entrainer à réduire progressivement : supprimer la cigarette en sortant du bureau par exemple. L’utilisateur peut se fixer une limite : 10 cigarettes par jour et verrouiller son briquet lorsque l’objectif est atteint. L’application lui donnera des conseils personnalisés tout au long de la journée.
Les fondateurs de JICC se sont adjoints l’expertise du Dr Philippe Beaulieu, médecin spécialisé dans les thérapies cognitives et comportementales (TCC) devenu directeur médical de la société. La combinaison d’un programme de TCC on line et d’un objet connecté apparaissent, selon lui, comme « la meilleur promesse » pour lutter contre l’addiction au tabac. A terme, le JICC Lighter s’intégrera dans un écosystème autour de l’utilisateur. On pourra mettre en évidence le rôle des habitudes alimentaires et de l’activité physique sur le comportement tabagique. Les données seront hebergés sur un serveur agréé HDS.

L’appareil, plutôt élégant, se recharge via une prise USB (5 jours d’autonomie), il est muni d’un écran et fabriqué en Europe de l’Est. Sa sortie est prévue pour le 1er avril 2016 au prix de 99 euros. Il est en prévente sur le site à 59 euros jusqu’au 31 mars . JICC Now sera à cette date disponible sur iOS puis sur Android au deuxième semestre 2016.

 



Le Dossier Pharmaceutique apporte la preuve de son utilité

Succès de l’Ordre des Pharmaciens (CNOP) par son déploiement (32 millions de dossiers actifs) et son utilisation par les pharmaciens (1000 connexions chaque minute), le Dossier pharmaceutique (DP) vient en plus d’apporter la preuve de son utilité pour améliorer la sécurité de l’acte pharmaceutique.
« Il était utile de quantifier, a souligné Isabelle Adenot présidente du CNOP, en présentant à la presse les résultats de deux études, l’évaluation du DP ne fait que commencer ».

Utile aux patients de passage

Deux équipes de recherche universitaire ont planché sur le sujet, après appel d’offre du CNOP, en mesurant les interventions pharmaceutiques (IP) c’est à dire l’ajout, l’arrêt, la substitution, l’adaptation posologique d’un médicament ou le choix d’un mode d’administration effectué par le pharmacien. Dans 1/3 des cas, ce sont des prescriptions non conformes qui alertent le pharmacien. Lequel appelle le plus souvent le prescripteur. Parmi ces IP, il s’agissait dans le cas présent de mettre en évidence celles qui se sont produites en lien avec la consultation du DP. Le choix des officines s’est porté sur celles qui accueillent des stagiaires de 6e année auxquels on pouvait confier la tâche de remplir les fiches d’IP.
L’étude menée par l’équipe CNRS de l’université de Grenoble a recueilli 8000 interventions auprès de 248 pharmacies de 31 départements. Sur les 3326 IP concernant un patient ayant un DP (il faut aussi que le patient se trouve en possession de sa carte Vitale), le DP a été utile dans 119 cas. Sa consultation (200 millisecondes) a permis d’éviter des problèmes d’interaction, de redondance, de mauvais dosage, d’oubli de prescription ou encore de pharmacodépendance (délivrance multiples d’hypnotiques par exemple). Autre constat : le DP est surtout utile aux patients de passage, car pour ses clients réguliers ou exclusifs, l’officine tient déjà leur dossier sur son système informatique.
La deuxième étude menée par la faculté de pharmacie de Clermont-Ferrand concernait l’automédication et plus spécifiquement la dispensation d’ibuprofène et/ou de pseudo éphédrine. Sur 12 160 dispensations, ont eu lieu 815 IP pour cause de contre-indications (50%) ou de non-indications (27%). Dans les trois quart des cas, c’est le dialogue avec le patient qui a entrainé la décision du pharmacien. Mais dans 10% des cas, c’est le DP qui a permis de détecter les interactions et les contre-indications, et de proposer une alternative thérapeutique face à des patients peu avertis sur l’innocuité des molécules.

Une aide à la pratique

« Le DP est une aide à la pratique. Il est déterminant pour les personnes de passage » a conclu Isabelle Adenot en regrettant que pour expérimenter le déploiement du DMP, l’assurance maladie ait préféré utiliser « son » historique des remboursements plutôt que le DP des pharmaciens* mis à jour en temps réel, connecté à la quasi totalité des officines (il n’en reste que 59 non connectées) et à un nombre croissant d’établissements (219 PUI- pharmacies à usage interieur, soit 8%). 1500 médecins hospitaliers l’utilisent, les urgentistes en tête, suivis des anesthésistes et des gériatres.

*(mise à jour du 7/01/2016)  L’avant projet de décret sur le DMP actuellement en  concertation prévoit que le DMP recueille sept types de données parmi lesquels les données du remboursement et les données relatives à la dispensation du médicament issues du DP. Voir la dépêche de TIC Santé à ce sujet