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Une charte URPS médecin pour les platesformes de prise de RV médicaux en ligne

Pour aider les confrères dans leur recherche d’une solution, l’URPS médecins libéraux d’Ile de France a présenté le 15 février sa charte de confiance e-RDV qui a déjà été signée par dix plateformes de prise de rendez-vous médicaux.

charte URPSAprès la publication l’an dernier d’une étude détaillée sur une quinzaine de plateformes proposées aux médecins pour assurer la gestion de leur rendez vous sur Internet, avec ou sans l’intervention d’un secrétariat téléphonique couplé, l’Union régionale des professionnels de santé d’ile de France "Médecins libéraux" a voulu établir une liste des bonnes pratiques à respecter. Ce qui a conduit à l’élaboration avec l’aide d’un avocat, d’une charte de confiance.
"Cette charte qui est signée volontairement par les plateformes est gratuite, explique le Dr Luc Refabert, l’un des responsables du Lab URPS, structure de réflexion et de test sur la eSanté et l’informatisation,il s’agit de contribuer à la mise en place d’un contexte de confiance entre les plateformes, les médecins et les patient; les sociétés éditrices s’engagent dans la démarche. C’est une première étape. Comme nous allons actualiser notre étude, nous vérifierons si les plateformes suivent les bonnes pratiques ou sont en train de le faire.  L’an prochain, nous envisageons un  label.".
Les bonnes pratiques touchent à :

- ce qui concerne le code de déontologie médicale comme une présentation du médecin et de ses titres et spécialités conformes aux données du CNOM et facilement réactualisables, l’absence de contenus publicitaires associés à un médecin, l’interdiction de mettre en avant un médecin contre rémunération dans un outil de recherche

- ce qui respecte le secret médical : les motifs de consultation doivent être chiffrés lors de l’envoi au médecin, ne doivent pas être conservés après la date de rendez-vous et ne peuvent faire l’objet de traitement statistiques ou commerciaux;  mesures de protection des données des patients et des données de rendez-vous et consentement préalable des utilisateurs en cas d’utilisation même pour des statistiques sur les pratiques des médecins

-aux aspects pratiques :  ligne téléphonique non surtaxée, transparence des sources de financement de la plate-forme

- la contractualisation et les garanties pour le médecin : durée d’engagement bien précisée, délais de 30 jours pour la résiliation, réversibilité des données pour choisir un autre prestataire, pas d’avis de patients concernant la pratique médicale et l’assurance qu’à la requête médecin n’apparaissent que des médecins inscrits à l’Ordre ,

URPS-medecins-IDF-charte-e-rdv-medicaux-2018

Au 15 février 10 plateformes ont signé la charte :  Alaxione, AlloDocteur, Calendovia, DocAvenue, Doctolib, Docteur rendez-vous, Keldoc, LogicRDV, MadeforMed, Mon Docteur

En cours : 3333 et Pages Jaunes

 

 



Santé connectée, les tendances 2018 (2) : la Sleep Tech

 Sondage, après sondage, étude après étude, il apparait que la population dort mal.Les enquêtes annuelles de l’Institut national du Sommeil et de la Vigilance montrent que 54% des Français jugent leur sommeil insuffisant, qu’en semaine, 24% dorment moins de six heures. Alors toutes les pistes sont explorées par les innovations : l’environnement avec la recherche des conditions optimales (qualité de l’air, température, niveau sonore) du bien dormir, la physiologie avec la possibilité d’agir sur le sommeil profond pour en augmenter la proportion et même la génétique.
Ainsi, au CES, DNA Lifestyle Company propose Slumber type, une application qui utilise l’analyse de votre génome pour améliorer votre sommeil avec un sleepscore.
Le Smart Bed a le vent en poupe, sous forme d’oreiller comme le Somnox ou de bande truffée de capteurs à glisser sous le matelas comme le Nokia Sleep (Buzz medecin avait testé son prédécesseur, l’Aura de Withings) qui établit chaque jour votre score de sommeil (sur 100) à partir de l’analyse des cycles de sommeil, de la mesurer du rythme cardiaque et de la détection des ronflements (compatibilité IFTTT pour s’intégrer dans une maison intelligente.
La plupart de ces objets (comme d’ailleurs les montres et les bracelets qui analysent votre sommeil en se basant sur la mesure de la fréquence cardiaque) se contentent de fournir des courbes de sommeil, plus ou moins détaillées. Certains dispositifs aident au réveil ou à l’endormissement utilisant la luminothérapie comme Somneo Lumière de Philips. Ou encore Homni de Terraillon (photo ci-dessous), solution de sommeil intelligente qui analyse le sommeil mais aussi les données de l’environnement (humidité, température, bruit, luminosité)

HOMNI Dreem

Stimuler le sommeil profond

Deux solutions stimulent le cerveau de l’utilisateur. Philips a dévoilé SmartSleep conçu pour stimuler la phase de sommeil profond réputée la plus récupératrice, par l’intermédiaire de deux capteurs. Ces capteurs détectent la phase de sommeil profond et déclenchent une action spécifique : des tonalités auditives sur mesure optimise la profondeur et la durée du sommeil profond. Une technologie cliniquement prouvée souligne-t-on chez Philips : lors d’un test, des utilisateurs en manque chronique de sommeil ont essayé le Smart Sleep pendant deux semaines. 70% d’entre eux se sentaient déjà moins fatigué pendant la journée.

Dreem (photo du bandeau) mis au point par la start-up française Rythm est en vente depuis peu. Equipé de deux capteurs ECG (et aussi d’un oxymètre de pouls et d’un accéléromètre), Dreem intègre un émetteur qui diffuse par conduction osseuse des sons rythmiques visant à agir sur le sommeil de l’utilisateur : aide à l’endormissement amélioration du sommeil profond et réveil intelligent. Un test sur 30 000 nuits de 500 actifs de 28 à 35 ans montre une amélioration de 32% en moyenne de la qualité du sommeil profond. Rythm a d‘ailleurs lancé en collaboration avec l’Ecole Polytechnique et l’université Paris Descartes, Morpheo, une plate-forme d’IA (Intelligence artificielle qui veut rassembler les données anonymisées provenant d’instituts du sommeil du monde entier et des porteurs de Dreem. Son but : aider les médecins à identifier les profits critiques caractérisant certaines pathologies du sommeil et certains types d’insomnie.

Oura-RingRien d’étonnant si les Trophées de la santé mobile (TSM) organisés par DMD Santé ont décidé en 2018 de décerner un Trophée de l’objet connecté dédié au sommeil avec un jury spécifique coordonné par Maxime Elbaz, docteur en neurosciences, qui a monté l’iSleepLap au centre du sommeil et de la vigilance de l’Hôtel-Dieu à Paris. Des examens comparatifs comme la polysomnographie, enregistrement complet du sommeil au domicile des sujets, ont été pratiqués pour l’évaluation. Parmi les six objets présélectionnés, c’est l’anneau OuraRing, de la start-up finlandaise Oura qui a été couronné. Le porteur de la bague peut consulter et analyser les données liées à son sommeil sur une application mobile. Lors des test, elle s’est révélée la plus fiable des applications et devices sur le sommeil,avec un taux d’erreur de seulement 17% pour la durée du temps de sommeil. La fonction analyse du sommeil doit encore faire l’objet d’une étude complémentaire.



Santé connectée : les tendances 2018 (1)

« Le CES, c’est l’effet Wahoo ! » Avec 4000 stands, 300 journalistes et une délégation française de 346 start-up et sociétés (la 2e derrière les Etats-Unis), le Consumer Electronic Show de Las Vegas (9-12 janvier) reste « the place to be » l’endroit où il faut être dès lors que l’on travaille dans la « eTech ». Les Trophées de la Santé connectée remis le 9 février ont confirmé ces tendances 2018 sur le marché français en présence de quelque 600 participants.

Au CES, la Santé connectée, sujet transversale s’il en est, se déploie à différents endroits, comme l’explique Lionel Reichardt, expert du secteur avec son blog et son compte twitter Pharmargeek*.
La marketplace « Health and Wellness », accueille les innovations dans le domaine santé-bien-être, l’Eureka Park concentre 900 start up, dont une cinquantaine dédiée à la e-santé (dont les sociétés e-santé de la French Tech). Enfin le Digital Health Summit a abordé des sujets comme la Digital Therapeutic avec forte personnalisation des soins, la certification des technologies par la FDA, les Brain Technologies. La Poste qui héberge déjà  33 millions de DP (Dossier pharmaceutique) a présenté une sorte de carnet de santé  via l’application "La Poste e-santé" dejà disponible sur les stores. Celle-ci permet de gérer les données personnelles recueillies par les appareils connectés.  Ces données centralisées peuvent être partagées avec les médecins .

Les assistants vocaux , cheval de Troie des GAFA, pour les soins de santé

D’une façon générale, au CES, le nec plus ultra de la technologie trouve des applications dans la santé qu’il s’agisse de l’impression 3D pour les prothèses , des casques et des applications de réalité virtuelle pour la rééducation, la prise en charge de la douleur (casque Kinequantum), la médecine d’urgence et la télémédecine. Ou encore de l’haptique qui donne la sensation du toucher en réalité virtuelle (GoTouchVR). Et permettra demain aux chirurgiens d’enfiler des gants pour sentir « les tissus humains » des opérations « virtuelles ».
On attend aussi la 5G qui en permettant des débits 100 fois plus importants que la 4G tout en consommant peu d’énergie va permettre des interactions avec des solutions IA (Intelligence artificielle). Les visiteurs ont été impressionnés par l’omniprésence de la voix qui couplée avec l’Intelligence artificielle, va jouer un rôle de plus en plus important dans le diagnostic des patients.
A voir ou plutôt à entendre, les animations à base de technologie « Hey Google » ont envahi les couloirs du salon. La compétition est féroce entre Google Home et Amazon Alexa (Echo), assistants pour la maison. Mais nombre de spécialistes estiment que les assistants vocaux sont « un cheval de Troie » pour les soins de santé car demain, ils guideront les patients avec des informations accessibles et intelligibles. Le grand public n’y est pas insensible puisqu’Amazon a vendu à Noël 10 millions d’Echo…

Davantage de médical et de clinique

Autre tendance le développement du médical connecté et l’arrivée de la clinique.
Plusieurs innovations très médicales ont reçu un Award : pour les diabétiques, des chaussettes pour prévenir les ulcères (Siren Diabetics Socks, « best of innovation ») ainsi qu’un dispositif pour détecter une perte de sensibilité des mains ou des pieds (Neurostylus). La start-up française MirambeauAppCare, installée en Gironde a également reçu un prix pour son application Diabilive qui indique au diabétique le taux d’insuline exact à s’injecter en fonction de leur activité, de leur alimentation et de leur glycémie. C’est le médecin traitant qui a préalablement inscrit le protocole de dosage d’insuline dans l’application. Les algorithmes calculent la dose d’insuline. La société girondine a déjà conclu un accord avec iHealth qui fabrique des glucomètres connectés.
Vagizen de Gyno couple un caméra et une application pour surveiller la santé du vagin avec une interprétation intelligente des images cervicales obtenues. Nombre d’applications se réclament de l’Intelligence artificielle.
A noter, une société comme Omron Healthcare, plus habituée des salons de matériel médical que du CES, a présenté une gamme connectée étendue. On connaissait déjà ses balances et ses tensiomètres, voici un tensiomètre intégrant un ECG en cours de validation à la FDA et grande nouveauté, Omron Hearth Guide, une montre qui prend la tension (miniaturisation de la technique classique d’oscillométrie) et pourrait par exemple prévenir les risques d’AVC pendant son sommeil. Bewell Connect était également présent avec MyPeriTens dispositif médical de classe II A qui utilise le principe de la stimulation électrique, principalement pour exercer une stimulation neuromusculaire du périnée, en complément du travail du kinésithérapeute.

Coté hygiène bucco dentaire, Kolibree a mis en avant Magik, sa brosse à dent connectée pour enfant distribuée dans les Apple Store (et bénéficiant d’un partenariat avec Colgate) et récompensé d’un Award dans la catégorie « Sport Fitness Biotech » tandis que Philips présentait sa brosse à dents Sonicar DiamondClean Smart avec une plateforme virtuelle pour les soins bucco dentaires personnels (conseils et partage des données avec son dentiste). La salle de bain connectée a fait sensation avec un miroir connecté, aujourd’hui pour se maquiller mais demain pour analyser votre « mauvaise » mine  (son système d’exploitation ne se nomme -t-il pas Care OS ?). Et dans la chambre à coucher, le Smart Sleep est de rigueur (voir article suivant).

Encore de l’évaluation à prévoir

Lors de la remise des Trophées de la santé connectée, le Dr Guillaume Marchand, co-fondateur de DMD santé qui s’est lancé dans la certification d’applications et d’objets connectés avec le label mHealth Quality (en cours, plusieurs dispositifs de Bewell Connect) estime que « l’aspect geek tend à s’effacer au prix d’une approche clinique », tout en regrettant que « l’évaluation des usages » n’ait pas encore « pris sa place ».
A l’appui de son analyse, on peut citer la récente initiative de l’AP-HP qui met en place DMH (Digital medical hub), une structure piloté par le Pr Marie-Pia d’Ortho pour l’évaluation des objets connectés et leurs applications. La première étude clinique menée concerne 25 patients transplantés pulmonaires suivis à l’aide de trois objets : le thermomètre patch Tucky, le spiromètre SmartOne de Mir et le dispositif d’oxymétrie de pouls de la société israélienne Oxitone.
Autre exemple, pour sélectionner des objets analysant le sommeil, DMD santé a fait appel à Maxime Elbaz, docteur en neurosciences au sein du iSleepLab du Centre du sommeil de l’Hôtel Dieu (AP-HP) : « Il y a un réel besoin de développer des dispositifs médicaux connectés qui puissent être utilisés comme outils médicaux à domicile pour une meilleure prise en charge du patient. C’est ainsi que je vois l’évolution à court terme ».

*Interaction Healthcare a organisé le 31 janvier une conférence sur "les grandes tendances de la e-santé présentées au CES 2018"

(dernière mise à jour le 15 février 2018)