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Les téléconsultations prises en charge dès le 15 septembre : les plates-formes se préparent

Alors que l’Assurance Maladie publiait un communiqué pour annoncer que 4 syndicats sur 5* avaient signé l’avenant n°6 à la convention médicale d’août 2016, qui va permettre de déployer les actes de téléconsultation et de téléexpertise, la plate-forme Medicitus s’est présentée à la presse comme déjà opérationnelle. Mais d’ici au 15 septembre, bien des projets vont voir le jour.

Dès le 15 septembre, l’Assurance Maladie va rembourser les téléconsultations au même tarif que les consultations : 25€ pour les généralistes et 30€ pour les médecins spécialistes. Les patients auront ainsi le choix en cas d’incapacité de se rendre chez le médecin ou lorsqu’ils sont en déplacement, de consulter à distance leur médecin traitant si celui-ci est équipé ou de faire appel à un médecin inscrit sur une plate-forme de téléconsultation.

Pour téléconsulter, le médecin a un certain nombre de formalités à remplir comme la déclaration à son assurance professionnelle. Il devra également être abonné à une plate-forme agréée par l’ARS, bénéficiant d’un archivage sécurisé des données de santé (sur serveur HADS) et signer avec cette dernière une convention ( le coût de l’abonnement semble osciller autour de 100 euros/mois). Pas besoin d’équipement lourd puisque que la caméra de l’ordinateur (ou de la tablette) peut suffire (à condition de respecter certains pré-requis technique) mais pas question non plus d’aller sur Skype ou Whatsapp !
Le médecin doit utiliser une nouvelle interface vidéo, renseigner un dossier médical, pouvoir délivrer une ordonnance sécurisée.
Le patient s’inscrit sur la plate-forme, prend rendez-vous avec le médecin et se connecte au créneau horaire fixé à l’avance (ou en urgence). Il est lui aussi doté d’une caméra qui peut être celle de son smartphone. Il peut partager avec le médecin les mesures prises avec des appareils connectés (tensiomètre, oxymètre de pouls, balance..) dont il dispose ou qui se trouvent dans l’espace spécialement équipé (chez un pharmacien ou dans un cabinet sans médecin).
Cegedim a,par exemple,inauguré le 30 juin, un cabinet de téléconsultation à La Selle-sur-le-Bied dans le Gâtinais en utilisant sa plate-forme Docavenue pour prendre les rendez-vous et son logiciel en ligne MLM. Il s’agit ,dans le cadre de cette région sous dotée en médecin, de proposer des téléconsultations avec l’aide d’une IDE et d’objets connectés.

La téléconsultation en démo

1medicitusMedicitus, pense avoir pris de l’avance dans ce domaine puisque son application sur smartphone (Android et iPhone) doit sortir en juillet. Fondée il y a trois ans par Eric Roussin, venant du monde de la communication et Joël Malabat, spécialisé dans le management stratégique ainsi que par Dr Charles Jeleff, médecin urgentiste, ancien chef de service, et directeur médical, la société a déjà reçu les agréments nécessaires pour démarrer les téléconsultations (avec remboursement).
Si la téléconsultation médicale est le fer de lance de ses activités, Medicitus propose aussi du téléconseil pris en charge par des mutuelles et compte évoluer vers la coordination des soins, les services d’assistance à domicile avec les paramédicaux, etc.
La plate-forme compte actuellement 65 médecins (44 généralistes et 21 spécialistes) qui pratiquent déjà téléconseil (sans dossier médical obligatoire) .
Sur Medicitus, la téléconsultation médicale coche toutes les cases et ça marche : vidéo, prescription sécurisée (stockée sur le serveru securisé par le patient ou le pharmacien), dossier médical personnel partagé et télé chargeable (PDF) avec compte rendu de chaque téléconsultation, hébergement HADS chez IDS, authentification forte par CPS ou OTP (code à usage unique). Medicitus assure la prise de rendez-vous avec un agenda en ligne.

De l’agenda en ligne à la téléconsultation

La nécessité de fixer un rendez-vous si rapproché soit-il dans le temps pour que patient et médecin se connectent en même temps fait de la téléconsultation une diversification d’activité des plates formes de rendez-vous en ligne. Doctolib et MonDocteur sont dans les « starting blocks ».
Et les éditeurs les plus avancés sur ces sujets comme Cegedim ou CompuGroup Medical travaillent à proposer leurs services de téléconsultation à partir de leur plate-forme de RV en ligne
ClickDoc en cours d’intégration chez CGM (qui vient d’ailleurs de racheter une entreprise spécialisée dans la vidéoconsultation).
Docavenue de Cegedim prévoit de lancer sa solution de télémédecine dans les prochaines semaines à l’intention des médecins libéraux soucieux de proposer ce nouveau mode de consultation aux patient dont ils sont médecins traitants, ainsi qu’aux patient à mobilité réduite ou résidant dans des déserts médicaux.

Avantage des éditeurs : la récupération immédiate des données de la téléconsultation dans le dossier patient.
On peut imaginer que des éditeurs comme Weda qui ont déjà intégré Doctolib et MonDocteur, seront en capacité d’offrir des téléconsultations via ces plates-formes.
Un spécialiste du téléconseil médical comme Médecin Direct a également mis en place des téléconsultations avec ses médecins dans le cadre de ses accords avec les assurances et les mutuelles, très actives dans ce domaine.
De nombreuses « startups » anciennes ou nouvelles, sont sur la ligne de départ comme DocConsulte ou même HelloCare qui proposait jusqu’ici du téléconseil vidéo payant à partir d’un smartphone ou d’un site web.

Et la télétransmission dans tout ça ?

Reste la question de la facturation.
Faudra-t-il revenir pour la téléconsultation à l’émission d’une FSE papier à imprimer par le patient ce qui serait un comble ! Lorsque le médecin est le médecin traitant du patient il est possible de pratiquer le tiers payant intégral avec émission d’une FSE dégradée sans lecture physique de la Carte vitale.
La eCarte d’Assurance maladie sera sans doute la solution. Mais cette carte Vitale dématérialisée sur le smartphone du patient doit faire l’objet d’un an d’expérimentations dans plusieurs CPAM (CGM et CLM y participent sous l’égide de la CNAM). Elle ne sera donc pas prête pour le 15 septembre.
Pour que la téléconsultation, entre dans les cabinets médicaux en routine (la CNAM vise les 500 000 en 2019), il faudra qu’elle soit complètement intégrée dans l’environnement de travail habituel du praticien. Ce qui suppose des partenariats entre les différents acteurs.
Après tout, la HAS n’a pas identifié de « situation d’exclusion clinique a priori » et il y aura un encouragement de 50 points supplémentaires en 2019 dans le forfait structure.

*La FMF devait indiquer son choix de signer ou non d’ici la fin juin

Lira l’article présentant l’avenant n°6

article actualisé le 29 juin 2018



Diabeloop prix « start-up 2018 » : traitement automatisé pour le diabète de type 1

Diabeloop 1L’entreprise grenobloise Diabeloop a reçu, à l’occasion de la 4ème journée Startup innovantes du DM organisée le 6 juin par le  SNITEM *, le prix du jury « start-up 2018 », assorti d’une dotation de 5000 euros et parrainé par Urgo Médical. Co-fondée par le Dr Charpentier, Diabeloop développe un dispositif pour les diabétiques de type 1 visant à automatiser leur traitement.Diabeloop a également été choisie comme start up de l’année 2018 par le Born Global de la région Auvergne Rhône Alpes

C’est une forte demande des diabétiques : ne plus avoir à se préoccuper de mesurer leur glycémie en se piquant le doigt et de s’injecter une dose d’insuline. Des lecteurs de glycémie en continu utilisant un capteur sont déjà commercialisés depuis peu ; poussée par les associations de patients, l’Assurance maladie commence à prendre des décisions de remboursement tout en limitant leur prescription.
Le Freestyle Libre d’Abbott a été le premier à en bénéficier en juin 2017. Et depuis mars dernier, le Minimed 640 G de Medtronic (le capteur Enlite couplé à la pompe à insuline 640G) fait lui aussi l’objet d’une prise en charge sous certaines conditions.

Le système DBLG1 de Diabeloop est lui aussi composé de trois parties afin de reproduire les fonctions du pancréas, d’où le terme parfois utilisé de pancréas artificiel.

Diabeloop_ALT
Un capteur de glucose envoie par Bluetooth les données à un terminal qui héberge de l’intelligence artificielle afin de déterminer la meilleure dose d’insuline qui sera délivrée par la pompe connectée. Le capteur choisi est celui de la société Dexcom qui avait été apprécié par ses utilisateurs lors de tests effectués par le Diabet Lab de la Fédération des diabétiques. Pour la pompe à insuline, deux modèles des sociétés Cellnovo et ViCentra ont été utilisés lors de l’essai clinique qui a débuté il y a un an et touche à sa fin. L’algorithme prédictif intégré au terminal a été développé par Diabeloop, il permet de déterminer les doses d’insuline optimales pour le patient et de donner l’ordre à la pompe de les injecter automatiquement. Le système maximise les temps passés en normo glycémie et limite les hypo- et hyperglycémies du patient en fournissant des alertes et en les prenant en charge. Pour l’heure, la prise de nourriture et l’activité physique sont déclaratives. A terme, ces données pourraient être automatisées. L’adaptation pour les enfants diabétiques est en cours.

De la recherche à l’entreprise

Diabeloop est issu d’un projet de recherche médicale initié en 2011 par le Dr Guillaume Charpentier, président et fondateur du CERITD (association loi 1901 consacrée à la recherche et au traitement du diabète) qui a mené l’étude clinique Télédiab avec le système Diabeo en collaboration avec Sanofi.
En 2015 le Dr Charpentier et Erik Huneker co-fondent Diabeloop pour développer et commercialiser la solution issue de ces recherches. Un réseau de partenaires participe au projet dont le CEA – Leti et 12 CHU.
Diabeloop compte aujourd’hui 27 personnes pour assurer le développement et la mise sur le marché du dispositif.

Oublier son diabète

Le marquage CE du DBLG1 devrait suivre prochainement. Ce qui permettra sa commercialisation en Europe courant 2019. En attendant, pour la France, un futur remboursement.
Pour les diabétiques et leur famille, ces technologies connectées en rupture avec le système piqûre/bandelettes sont très séduisantes et améliorent leur qualité de vie. Elles permettent d’oublier son diabète (« la machine réfléchit à ma place ») et de délivrer les parents d’enfants diabétiques de la charge mentale d’une surveillance quasi continue.
Quant aux médecins traitants, ils ont accès à toutes les données de leurs patients avec des synthèses. En temps réel, s’ils le souhaitent.
www.diabeloop.fr
*Syndicat National de l’Industrie des Technologies Médicales