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CES 2016 : des objets connectés santé de plus en plus médicaux

 Le CES de Las Vegas qui vient de fermer ses portes (6-9 janvier), vous n’y étiez pas ? Et bien, Buzz Medecin non plus. Mais avec tout ce qu’on a pu lire dans la presse, sur les blogs et les communiqués de presse reçus, je vais tout de même tenter une synthèse en trois points.

Une vitrine pour la French Tech (y compris santé)

Premier point, si en France, on s’intéresse tant au Consumer Electronic Show, c’est que nous avons eu, avec 190 entreprises françaises présentes, la plus grosse délégation non américaine. Comme l’an dernier, Emmanuel Macron s’est déplacé. En moins d’une semaine, les start-up françaises ont levé des dizaines de millions d’euros et enregistré beaucoup de précommandes. Dans le secteur de la santé, une dizaine de membres de la nouvelle association e Health Tech avaient fait le voyage. Pour un certain nombre de jeunes pousses, Las Vegas, c’est leur première visibilité mondiale. Si elles décrochent un prix, c’est la promesse de voir s’ouvrir le marché américain qui reste le premier marché mondial des objets connectés. Ainsi Kolibree, après son Innovation Award, a vendu l’an dernier plus de 10 000 brosses à dent connectée via les dentistes américains ce qui lui permet  aujourd’hui de se rapprocher du jeu video pour apprendre aux enfants à se brosser les dents. Las Vegas n’est qu’un tremplin. La moitié des jeunes pousses de 2015 ne sont plus là en 2016, soit qu’elles aient été rachetés, soit qu’elles aient disparus.

Réinventer l’ECG et le thermomètre

Deuxième point. Certes, l’on voit encore surgir à l’Eureka Park du CES, quelques réalisations en quête d’originalité comme le bracelet Motio de Fabulasy qui veut qualifier votre profil émotionnel et par là votre qualité de vie, Sensorwake, le réveil olfactif,  Levl, le tracker de fitness qui repère les calories brûlées en mesurant l’acétone de votre haleine, Spire qui détecte le stress ou encore Rythm, un casque qui aide à mieux dormir…
Mais la plupart des nouveautés sont des instruments de mesure médicaux réinventés, ce qui ne les empêche pas d’être innovants et de recevoir des prix.
Sur leurs communiqués, Bewell Connect (groupe Visomed) et iHealth se disputent le leadership, l’un de la santé connectée en France, l’autre des objets connectés au niveau mondial, tandis que Withings se présente comme le leader de la santé connectée.
BW-HR1_MYECG_BdefRévolution dans la pratique de l’ECG ? Bewell a reçu un Innovation Awards catégorie biotechnologie pour MyECG, un dispositif CE sans fil et sans électrode, léger (100g) facile à utiliser qui permet un suivi cardiologique à distance par le médecin via le smartphone ou la tablette de son patient. Il sera vendu 249 euros TTC (en ligne, en pharmacie et magasins de matériel médical).
Autre électrocardiogramme, l’iHealth Rhythm dejà annoncé par Buzz Medecin, a remporté l’innovation Award catégorie fitness, Sport et Biotechnologies. Il est composé d’un unique patch (consommable) de 20g et 10cm à trois électrodes placé sur le sternum et permet un suivi pendant une période de 24 à 48h. Ainsi placé sous surveillance, l’activité cardiaque dévoile toute éventuelle anomalie. En cas de douleur, le patient presse un bouton, pour l’indiquer sur le bilan de l’examen reçu par le médecin via bluetooth et l’application iHealth Pro.
A noter, parti de dispositifs très design, iHealth aborde aussi aujourd’hui le marché avec des produits plus "classiques", disposant d’écrans bien lisibles, comme son nouveau tensiomètre grand public iHealth View. Ce tensiomètre de poignet sauvegarde jusqu’à 100 mesures et s’affranchit du smartphone qui ne sert plus que pour les courbes. Ce retour de l’écran s’explique par l’utilisation de ces appareils par une population majoritairement âgée. Les industriel du biomédical qui ont connecté leur gamme ne s’y sont pas trompé et ont toujours conservé l’écran, comme les allemands Beurer et Medisana ou encore A&D Medical et Terraillon. thermo-application-cWithings continue à miser sur le design, sa marque de fabrique, quand il revisite la prise de température. Son Thermo, couronné par 2CES Innovation Awards est précis et rapide. La prise de température connectée s’effectue en plaçant le Thermo sur la tempe. Une batterie de 16 capteurs (Hot Spot Sensor technology) effectue 4000 mesures en 2 secondes. La lecture s’effectue sur l’appareil et sur le smartphone en wi-fi. Autre innovation Withings, le capteur d’activité Go avec écran E-Ink pour voir ses efforts en direct. Les ambitions santé de cette entreprise restent très fortes si l’on en croit le credo d’Eric Carreel, son co-fondateur (« le Monde » du mardi 5 janvier) : « on va passer d’un monde où l’on est soigné quand on est malade à un monde où l’on détecte en avance les maladies qui peuvent potentiellement nous toucher ». Un credo partagé par tout le secteur de l’e-santé

Partenariats et services

Le troisième point, c’est le développement des partenariats et des services. C’est ainsi que sur le stand de La Poste étaient rassemblés les membres de French IoT, l’Internet des objets français. Le groupe Malakoff Mederic, assureur santé et prévoyance de 200 000 entreprise en Franc,e a présenté une expérimentation illustrant son programme de prévention utilisant des objets connectés. Menant depuis 2008, des études sur le bien-être et la santé en entreprise, Malakoff dispose d’une base de données intelligente qui vient enrichir le Hub de La Poste. Autre exemple, le pilulier connecté imedipac de Medissimo, Innovation Award en 2014, une fois intégré au Hub de la Poste, va servir à des essais cliniques : décrire et analyser ce qui conduit un patient à prendre ou ne pas prendre ses médicaments. En décembre, iHealth annonçait un partenariat pour intégrer son glucomètre iHealth Gluco à l’application mySugr, carnet de suivi pour les diabétiques qui est déjà reconnu comme un dispositif médical de classe I (marquage CE en Europe et enregistré à la FDA aux USA). On note aussi que Bewell connect est partenaire de Smoke watchers, programme de coaching d’aide à la dépendance tabagique qui peut utiliser une cigarette électronique connectée, pour offrir un service plus complet sur sa plate-forme . Ces partenariats semblent appeler à se multiplier. Jusqu’à l’intégration dans le logiciel métier des médecins. CLM présente déjà sur son site l’intégration d’une balance et d’un tensiomètre connectés dans son logiciel  Crossway. Mais ce n’était presenté pas au CES !



Une réponse à CES 2016 : des objets connectés santé de plus en plus médicaux

  • Objeko dit :

    Et ce n’est pas prêt de s’arrêter, le domaine de la santé tir le marché vers le haut pour l’iOT. Ce qui me semble plutôt positif. C’est d’ailleurs dans ce domaine qu’on voit les objets connectés les plus intéressants et les moins futiles.

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