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CES 2015, 300 exposants santé et des standards à créer

300 exposants Santé, soit une augmentation de 35% par rapport à l’an dernier, étaient présents au CES de Las Vegas du 6 au 9 janvier. C’est dire la vitalité du secteur. Selon les prévisions, 70% des possesseurs de smartphone l’utiliseront pour leur santé en 2017.
La santé étant présentée comme « le » secteur le plus prometteur, les objets santé connectés sont partout. Y compris dans les voitures. Ford développe ainsi un siège muni d’un électrocardiogramme pour détecter les irrégularités dans l’activité cardiaque du conducteur à risque. Et Parrot propose d’analyser une course (temps de contact au sol, cadence, oscillation verticale, x) en installant des capteurs dans le casque audio (le rythme cardiaque est analysé dans l’oreille). C’est le Zik Sport.
Les start-up sont nombreuses. Toutes les voies sont explorées.
La start up Emiota a reçu un Innovation Awards pour Belty, une ceinture bourrée de capteurs pour le suivi de patients atteints de maladies chroniques, cardiovasculaire ou diabète.

Autre start-up française qui fait parler d’elle, Citizen science, spécialiste des textiles connectés, fait porter son D-shirt qui donne toutes sortes d’informations sur la course d’un sportif par exemple. Le D-shirt a reçu l’Awards de la meilleure Inclusive Innovation et Citizen science qui travaille en consortium avec des partenaires sportifs, vient de lever 100 millions d’euros. Le ministre Emmanuel Macron et Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat au numérique qui menaient la délégation française forte de 120 société n’ont pu que s’en réjouir. Malgré les événements qui endeuillaient le pays au même moment.
Pour la nutrition, arrivent les spectromètres de masse qui, intégrés dans les ustensiles de cuisson, mesurent les calories.
Terraillon a présenté une balance qui pèse l’aliment et analyse les calories (mais sur indication de sa nature).
La bio impédance fait son entrée en scène. On a pu voir Mybiody Balance (autre « pépite » française), un appareil de bio-impédancemétrie qui permet de réaliser un check up en un seul geste. C’est la mise à portée du grand public de technologie réservée au corps médical (le BioZM II et ses successeurs).
Pour un usage strictement médical, on remarque un otoscope couplé à l’iPhone et Bee, stylo injectable connecté pour les diabétiques.

Ou encore le glucomètre Align d’iHealth (BG1) qui a reçu un Awards de l’innovation. Non remboursé mais vendu 19 euros (pas encore sur le marché français), ce tout petit modèle de poche se connecte directement sur la prise casque de l’iPhone.
L’observance est également un domaine très investi. Medissimo dont le pilulier communiquant iMedipac avait reçu un Award de l’innovation en 2014, a présenté iMedicup, la coupelle à médicaments connectée, destinée au mal voyants.
Les fabricants déjà bien installés comme Bewell Connect (qui présentait sa première gamme connectée), Withings (qui a été récompensé pour sa montre et son nouveau dispositif pour la maison), iHealth, Terraillon, ont peaufiné de nouvelles versions de leurs applications sur smartphone intégrant la trilogie tracker (montre connectée)-balance-tensiomètre. On va passer du tableau de bord au conseil avec des algorithmes de plus en plus performants.

Se passer du smartphone

Mais on remarque aussi que certains commencent à se passer des smartphones. La présence au CES du groupe La Poste qui a développé un hub numérique où brancher tous ces appareils (dont les capteurs de domotique, la SmartHome, autre secteur important du CES) est révélatrice de cette tendance. La Poste s’est alliée à la plate-forme Umanlife, qui gère des données d’utilisateurs d’appareils forme et santé sur un hébergeur agréé. iHealth a présenté son concept Discovery (voir l’article) où les données collectées arriveront d’un simple appui sur un bouton vers une plate-forme sécurisée. Il est temps aussi de préparer des standards pour que les objets communiquent facilement avec les différents environnements. Intel a dévoilé au CES, Intel Curie, un ordinateur de la taille d’un bouton destiné aux objets connectés à porter sur soi (les wearable).
Président du CES, Gary Shapiro a clôturé le salon en expliquant qu’il s’agissait du dernier Consumer Electronic Show. Que le CES allait devenir un Consumer Experience Show. Car au delà des prouesses techniques et de l’inventivité ambiante, ce sont maintenant les usages qu’il faut développer. Sachant qu’aux Etats-Unis, 21% de la population suit déjà sa santé par le biais d’un appareil connecté.

Sources : communiqués de presse, rencontres avec plusieurs fabricants et web conférence organisée le 27 janvier par Interaction Healthcare avec Lionel Reichardt (expert, blog pharmageek)



Trophées de la santé mobile 2015 : les médecins à l’honneur

La santé mobile ne se développera pas sans les médecins et c’est donc bien normal qu’ils se soient retrouvés mis à l’honneur le 26 janvier à l’Espace Cardin pour la remise des Trophées de la santé mobile, organisés par dmd Santé. Les prix avaient été dévoilés quelques jours auparavant (voir l’article).

Mes vaccins, Musculoskeletal ultrasound, ArthMouv, Ludicalm

Le Pr Paul-Henri Koeck, président du Groupe d’études en préventologie, s’est vu remettre le Grand trophée de l’application mobile de santé pour Mes Vaccins, la version iPhone et Android présentée fin 2012 du site Internet mesvaccins.net.
Les Dr Jean-Louis Brasseur, Gérard Morvan et le Pr Nicolas Sans ont reçu le Trophée de l’application professionnelle pour Musculoskeletal Ultrasound de Qualia Systemes, quelques 500 coupes commentées pour améliorer sa pratique et faciliter l’apprentissage de l’échographie musculosquelettique.
Pour le Trophée de l’application de suivi, c’est Arthmouv de Sanofi France qui a été choisie comme un bel exemple de service permettant d’améliorer la relation médecin-patient avec un historique de la douleur rempli par le patient.
C’est à la douleur des enfants que s’intéresse Sylvie Marie Brunet, hypnothérapeute, qui a eu l’idée d’un jouet digital générant une illusion visuelle et sonore, utilisé comme hypnoanalgésique lors de soins. Ludicalm a reçu le Trophée de l’application grand public/patient.
Le Trophée coup de cœur des Internautes est allé à TUP (Trouver un préservatif) réalisé par MSD France et l’association HF Prévention.
Remis pour la première fois, le Grand Trophée de l’objet connecté a récompensé la balance Withings WS-50 (voir le test).
Enfin les tremplins de la santé mobile ont distingué quatre projets : Pill’Up d’Electronic Alliance créée par un pharmacien, Stéphane Pirnay, et un ingénieur pour répondre aux problèmes d’observance; Chèque santé, titre prépayé pour la santé financé par l’entreprise; MyDocteo d’ePophyse pour la régulation du trafic dans les salles d’attente ; Redstep pour savoir s’il est possible de donner son sang.

Réguler avec une charte simple et révisable

Cette édition 2015 des TSM s’est déroulée dans l’ambiance effervescente de la santé mobile où les projets affluent, les start-up poussent à toute vitesse, les pouvoirs publics ont (enfin) détecté un potentiel de croissance et les régulateurs s’affolent. "Comment réguler", c’était le sujet du débat qui a précédé la remise des prix. Un débat qui n’a pas apporté grand chose de nouveau. Mais c’est en la tournant avec vivacité et adresse que la mayonnaise finit par prendre (digression : j’ai bien aimé sur les stands des partenaires, la toute nouvelle balance de cuisine diététique de Terraillon qui vous affiche en calories l’aliment pesé…) ! On retiendra de cette table-ronde que c’est à l’Etat (via la HAS, la CNIL etc.) de définir les référentiels et aux industriels de s’en emparer. Le Président de dmd santé, le Dr Guillaume Marchand appelle de ses vœux une charte simple et révisable : « ce serait suffisant ».
 



Trophées de la santé mobile 2015 : 18 prix dévoilés, 5 trophées décernés le 26 janvier

Les Trophées de la santé mobile, organisés par dmd Santé, seront décernés (5 Trophées) le 26 janvier parmi les 18 lauréats dont les noms viennent d’être dévoilés. En ce qui concerne les applications mobiles destinées aux professionnels de santé, 9 prix seulement sur les 18 possibles ont été attribués par le jury, regrette le Dr Guillaume Marchand président-fondateur de dmd santé, ce qui veut dire que certaines spécialités n’ont pas d’applications de qualité. Pour être éligibles, les apps doivent en effet avoir obtenu un minimum de 16/20 selon les critères d’évaluation du site dmdpost.com. Les neuf lauréats"professionnels de santé" sont donc :

  • URG de Garde (équipe du Pr Adnet, service d’Urgence de l’hôpital Avicenne),
  • Musculoskeletal Ultrasound, l’ atlas musculoarticulaire des Dr Jean-Louis Brasseur et Gérard Morvan et du Pr Nicolas Sans,
  • Hepatoweb Mobile du Dr Mennecier,
  • iRein AFU, un guide sur la conduite à tenir face au cancer du rein conçu par l’Association française d’urologie,
  • Indice Algo Fonctionnel Lequesne utilisé en rhumatologie courante des laboratoires Expanscience,
  • Protocoles en gynécologie du Réseau Aurore, le guide des thérapeutiques inhalées (asthme et BPO) d’Elsevier Masson,
  • Onco-Logik du Réseau Oncolor
  • iPansement.

    Neuf lauréats ont également été distingués dans la catégorie Grand Public. Pour la première fois sera attribué un Grand Trophée de l’objet connecté santé. Enfin, pour stimuler l’innovation, dmd Santé a initié aux cotés de la plate-forme de crowdfunding e-santé Wellfund, les 1ers tremplins de la Santé mobile. Parmi les projets sélectionnés, celui de Diane Evrard, interne ORL qui veut redonner de la voix à ceux qui n’en n’ont plus.
     



Tour de France du numérique : les e-formations et projets primées au colloque TIC Santé les 3 et 4 février

Une formation à la santé mobile pour les infirmières, une e-formation pour les orthophonistes, un projet de télé-expertise pour diagnostiquer la maladie parodontale, rééducation post-chute du sujet âgé par la réalité virtuelle. La dernière étape à Paris le 13 janvier au Ministère de la Santé du Tour de France du numérique pour la santé de l’association Formatic Santé, a apporté un dernier lot d’initiatives primées. L’arrivée est prévue les 3 et 4 février pour le colloque TIC Santé 2015 sur le thème « Acteurs de santé, tous connectés ! Pour une culture numérique partagée ». Les lauréats des projets innovants s’y retrouveront pour présenter leurs travaux.  Voir le programme et s’inscrire
Le Pr Albert-Claude Benhamou, chargé de mission pour l’université numérique au ministère de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur (MENESR) a rappelé que les facultés de médecine avaient donné l’exemple avec l’université médicale francophone virtuelle devenue UNF3S qui couvre toutes les formations santé et qui se développe aujourd’hui dans les MOOC (Massive open onlive course), les formations en ligne ouverte à tous. La plate-forme France université  numérique (FUN) recense les MOOC disponibles dont le dernier est celui sur Ebola https://www.france-universite-numerique-mooc.fr/courses/unige/57001/Trimestre_1_2015/about collaboration entre l’UNF3S et l’université de Genève mise en ligne le 24 décembre dernier.

Mais les professionnels de santé les plus actifs aujourd’hui semblent bien être les paramédicaux comme en témoigne le tour de France du Numérique. Que l’initiative vienne du public ou d’entreprises innovantes, ils sont tous en pointe en e-formation, serious game, réalité virtuelle…Les élèves infirmières de l’IFSI du CH Sud Francilien vont, par exemple, se former à l’utilisation des objets connectés et des applications pour smartphones.On est loin de voir ces sujets abordés dans la formation initiale des médecins.

 

 



Pour 70% des médecins, les objets connectés adaptés aux malades chroniques

Voilà un sondage qui d’une certaine façon, donne raison au développement des tests d’objets médicaux connectés sur Buzz Medecin (voir la rubrique)…puisqu’il fait apparaître que 62% des médecins déclarent avoir déjà prescrit au moins une fois un objet connecté à un patient et un sur deux en avoir déjà recommandé, qu’ils pensent à 79% que ces objets vont faciliter leur consultation et semblent convaincus que la santé connectée constitue « une opportunité pour la qualité des soins (81%) et « une opportunité pour améliorer la prévention » (91%). 70% des médecins pensent que la prescription d’objets connectés est utile aux patients atteints de pathologies chroniques ou d’ALD. Sont particulièrement cités les objets connectés liés aux maladies respiratoires (59%), à l’hypertension artérielle et l’insuffisance cardiaque (54%). Les glucomètres connectés arrivent en 3e position avec 18%. Ces objets contribuent en outre à l’éducation thérapeutique du patient (74%).
Rien d’étonnant puisque le même sondage dévoile un portrait d’un professionnel qui pense à 72% que la médecine sera d’autant plus efficace que « les patients interviennent le plus possible dans leur traitement et le suivi de leur maladie ». Alors que pour la majorité des Français (54%), c’est mieux si les patients laissent faire les médecins et interviennent le moins possible. La proportion tombe toutefois à 41% chez les patients. L’intérêt de cette étude 360° réalisée pour la première fois en décembre* par  Odoxa (avec le concours de la chaire Santé de Sciences Po) pour le compte d’Orange Healthcare et de la MNH (mutuelle nationale des hospitaliers et de professionnels de santé) est en effet de croiser les réponses du grand public, des patients et des professionnels de santé sur la même thématique.

Prescrits à 5% des patients

Les réponses des médecins sont ainsi « corrigées » car seulement 5% des patients disent que leur médecin leur a déjà prescrit ou recommandé un objet connecté. ..Les Français (67 et 69%) et plus encore les patients (81 et 82%) estiment d’ailleurs à une large majorité sue ces objets devraient être pris en charge par la sécurité sociale ou au moins par les complémentaires santé. Les médecins sont plus dubitatifs (43 et 53%).
Un tiers des médecins et des Français et un quart des patients perçoivent aussi la santé connectée comme une menace pour la liberté de choix des patients. Et pour la moitié des trois cibles, la santé connectée constitue une menace pour le secret médical (46% pour les patients). Commentant les résultats de ce sondage, Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat au numérique, de retour du CES (Consumer Electonic show) de Las Vegas a souhaité un équilibre entre les impératifs de protection et les impératifs de l’innovation, rappelant qu’aux USA le secteur se développait plus vite qu’en France en raison d’un environnement législatif plus favorable. « L’open data santé est un immense enjeu pour notre pays qui détient le plus grand volume de données de santé dans le monde. ». Tandis qu’Orange Healthcare rappelait que la protection et la confidentialité des données de santé était une de ses priorités.
Conclusion d’Odoxa : meilleure pédagogie du médecin, notamment sur ce que son patient accepterait voire souhaiterait en matière de santé connectée, réassurance du patient sur la confidentialité et le secret médical, et invention ou développement de nouveaux services associés sur les objets connectés – notamment « around the data » – tels sont les défis qu’il faudra probablement relever pour permettre un développement des objets de santé connectée.

*Echantillon représentatif de 1016 personnes pour le Grand Public, de 406 patients et de 399 médecins spécialistes et généralistes.

Voir les résultats complets de l’étude d’Odoxa, institut expert en études de santé publique