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26 Mai 2020

StopCovid, Contact Covid et SI-DEP, les piliers numériques du dépistage et de contrôle de l’épidémie

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Ce mercredi 27 mai est pour Cédric O, secrétaire d’état au Numérique, le jour d’une sorte de grand oral puisque doit être discuté et voté à l’assemble nationale le projet StopCovid qui a déjà fait couler beaucoup d’encre virtuelle ou imprimée. Alors que le « contact tracing » physique confié aux généralistes et à 6500 agents de l’assurance -maladie qui utilisent les outils numériques Contact Covid et SI-DEP, a démarré le 13 mai.

Le dossier de presse a été envoyé par Bercy le 21 mai, soit le jeudi de l’Ascension. 18 pages rappelant que l’application StopCovid fait partie de la stratégie nationale de contrôle de l’épidémie Covid19, un outil utile voire indispensable pour compléter le travail manuel des brigades sanitaires. Et qu’il s’agit d’ « un projet emblématique du savoir technologique français » avec une équipe de chercheurs et d’industriels réunis autour de l’INRIA (voir l’article précédent).
Même s’il y a un peu de retard puisque la présentation du projet a été repoussé du 28 avril au 27 mai, c’est l’occasion pour la « start-up nation » de monter au créneau. Et de se mettre au service de la santé publique. Les premiers tests de StopCovid sont concluants. Ça marche. On pourrait le lancer le 2 juin et m^me peut-être samedi. Voir l'infographie infog-longue-stopcovid.

Des applications encore peu utilisées dans les autres pays

Il n’a donc jamais été question de faire alliance avec la solution Apple-Google jugée comme n’offrant pas de garanties suffisantes vis-à-vis de la protection de la vie privée et des données de santé. Elle est disponible depuis le 20 mai dans la dernière mise à jour iOS13.5. Vous pourrez le vérifier si vous avez un iPhone ( réglages/confidentialité/santé) la « journalisation des expositions au Covid-19 » n’est pas active en France. Le 25 mai, souligne « les actus de l’informaticien », 25 pays sur cinq continents avaient choisi de donner accès à l’interface Apple-Google et seulement trois états américains. Plusieurs états ont en effet déjà lancé leur propre application (CrushCovid, Healthy Together.) qui a été peu téléchargée (2% de la population dans l’Utah au bout d’un mois).
Un article paru dans « The Guardian » incite à un certain scepticisme : l’application australienne, similaire téléchargée 6 millions de fois n’aurait permis en un mois de n’identifier qu’une seule personne. L'infographie si dessous diffusée par Statista montre l'état d'avancement des projets d'applications de traçage dans les différents pays européens.

 

Les outils numériques des Brigades sanitaires

De fait, le dispositif physique des Brigades sanitaires apparait lui aussi pour le moment surdimensionné. Le 22 mai au matin, l’Assurance-maladie selon « Le Monde » daté du 26 mai comptait 5500 patients positifs et 14 000 contacts. Des chiffres très en deça des prévisions de 1800 à 4000 cas quotidiens. Des chiffres issus de Contact-Covid et SI-DEP, les outils autorisés par la loi du 11 mai prolongeant l’état d’urgence sanitaire. Car si le recueil des données est « manuel », leur traitement est informatique.
Développé par l’Assurance-maladie, Contact Covid est l’outil numérique utilisé par les médecins et les brigades de l’Assurance-maladie pour accélérer l’identification des personnes contacts. On y enregistre identification et coordonnées du patient et de ses contacts, information sur l’état de santé général et les possibilités d’accompagnement et d’hébergement (en cas d’isolement).
SI-DEP, le Système d’Information de DEPistage est la plate-forme de recueil des résultats des tests remontés par plus de 600 laboratoires publics et privés. Placé sous la maitrise d’œuvre de l’AP-HP, SI-DEP renferme les données d’identification et de situation (tél, mail.)des personnes, les coordonnées des médecins, la date du prélèvement et les résultats de l’analyse. Tout est clairement expliqué sur le site du ministère de la santé.

Tous ces dispositifs sont provisoires. L'ensemble des données sera rendu non-identifiant pour les usages d'épidemiologie et de recherche.
Mais le 14 mai, le comité national pilote d'éthique du numérique du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) a souligné les risques potentiels de croisement des données de StopCovid et des outils SI-DEP et Contact Covid.
Tandis que le 16 mai a paru le décret instituant un" comité de contrôle et de liaison Covid 19", chargé d'évaluer par retour d'expérienes l'apport réel des outils numériques pour l'action des équipes sanitaires de terrain.  Il vérifie le respect du secret médical et de la protection des données personnelles. Le gouvernement doit en outre remettre au parlement tous les trois mois un rapport sur le fonctionnement des outils numériques créés dans la cadre de la lutte contre le Covid jusqu'à leur "disparition".

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