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Intelligence artificielle

Diabeloop prix « start-up 2018 » : traitement automatisé pour le diabète de type 1

Diabeloop 1L’entreprise grenobloise Diabeloop a reçu, à l’occasion de la 4ème journée Startup innovantes du DM organisée le 6 juin par le  SNITEM *, le prix du jury « start-up 2018 », assorti d’une dotation de 5000 euros et parrainé par Urgo Médical. Co-fondée par le Dr Charpentier, Diabeloop développe un dispositif pour les diabétiques de type 1 visant à automatiser leur traitement.Diabeloop a également été choisie comme start up de l’année 2018 par le Born Global de la région Auvergne Rhône Alpes. Diabeloop a reçu en novembre son marquage CE. Ce qui lui permet d’envisager sa commercialisation début 2019.

C’est une forte demande des diabétiques : ne plus avoir à se préoccuper de mesurer leur glycémie en se piquant le doigt et de s’injecter une dose d’insuline. Des lecteurs de glycémie en continu utilisant un capteur sont déjà commercialisés depuis peu ; poussée par les associations de patients, l’Assurance maladie commence à prendre des décisions de remboursement tout en limitant leur prescription.
Le Freestyle Libre d’Abbott a été le premier à en bénéficier en juin 2017. Et depuis mars dernier, le Minimed 640 G de Medtronic (le capteur Enlite couplé à la pompe à insuline 640G) fait égalment l’objet d’une prise en charge sous certaines conditions.

Le système DBLG1 de Diabeloop est lui aussi composé de trois parties afin de reproduire les fonctions du pancréas, d’où le terme parfois utilisé de pancréas artificiel.

Diabeloop_ALT
Un capteur de glucose envoie par Bluetooth les données à un terminal qui héberge de l’intelligence artificielle afin de déterminer la meilleure dose d’insuline qui sera délivrée par la pompe connectée. Le capteur choisi est celui de la société Dexcom qui avait été apprécié par ses utilisateurs lors de tests effectués par le Diabet Lab de la Fédération des diabétiques. Pour la pompe à insuline, deux modèles des sociétés Cellnovo et ViCentra ont été utilisés lors de l’essai clinique qui a débuté il y a un an et touche à sa fin. L’algorithme prédictif intégré au terminal a été développé par Diabeloop, il permet de déterminer les doses d’insuline optimales pour le patient et de donner l’ordre à la pompe de les injecter automatiquement. Le système maximise les temps passés en normo glycémie et limite les hypo- et hyperglycémies du patient en fournissant des alertes et en les prenant en charge. Pour l’heure, la prise de nourriture et l’activité physique sont déclaratives. A terme, ces données pourraient être automatisées. L’adaptation pour les enfants diabétiques est en cours.

De la recherche à l’entreprise

Diabeloop est issu d’un projet de recherche médicale initié en 2011 par le Dr Guillaume Charpentier, président et fondateur du CERITD (association loi 1901 consacrée à la recherche et au traitement du diabète) qui a mené l’étude clinique Télédiab avec le système Diabeo en collaboration avec Sanofi.
En 2015 le Dr Charpentier et Erik Huneker co-fondent Diabeloop pour développer et commercialiser la solution issue de ces recherches. Un réseau de partenaires participe au projet dont le CEA – Leti et 12 CHU.
Diabeloop compte aujourd’hui 27 personnes pour assurer le développement et la mise sur le marché du dispositif.

Oublier son diabète

Le marquage CE du DBLG1 a été obtenu en novembre. Ce qui va permettre sa commercialisation en Europe courant 2019. En attendant, pour la France, un futur remboursement.
Pour les diabétiques et leur famille, ces technologies connectées en rupture avec le système piqûre/bandelettes sont très séduisantes et améliorent leur qualité de vie. Elles permettent d’oublier son diabète (« la machine réfléchit à ma place ») et de délivrer les parents d’enfants diabétiques de la charge mentale d’une surveillance quasi continue.
Quant aux médecins traitants, ils ont accès à toutes les données de leurs patients avec des synthèses. En temps réel, s’ils le souhaitent.
A noter : Verily (groupe Alphabet, la maison mère de Google) a annoncé le 16 novembre sur son blog qu’il avait décidé de suspendre le développement d’une lentille de contact capable de mesurer la glycémie développée avec Alcon (groupe Novartis).

www.diabeloop.fr
*Syndicat National de l’Industrie des Technologies Médicales

Mis à jour le 26/11/2018



Agnès Buzyn chez Kolibree : la prévention peut aussi passer par des objets connectés

serval et BuzinDans la foulée de la présentation du Plan Priorité Prévention par le Premier Ministre lors du Comité interministériel de la Santé, la ministre Agnès Buzyn a visité le 26 mars l’incubateur du groupe Baracoda au 1 rue Garnier à Neuilly, en compagnie de Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat au numérique et de Delphine Gény-Stephann, secrétaire d’Etats auprès du ministre de l’économie et des finances. Le rôle des objets connectés santé dans la prévention n’est pas encore suffisamment mis en avant.

« Design, intelligence et scientifique », c’est par ces trois mots qu’Agnès Buzyn a qualifié les produits de Kolibree et de Care-OS . Qu’il s’agisse des brosses à dents connectées ou du prototype de miroir connecté qui peut surveiller votre santé (vos grains de beauté par exemple), la démarche de prévention de l’industriel « est parfaitement phasé avec la politique du gouvernement ».
Cette déclaration et l’intérêt qu’ont manifesté les trois représentants du gouvernement tout au long de leur visite, ont dû aller droit au cœur de l’équipe de Kolibree (30 personnes) qui après quatre année d’efforts et de développements, voit enfin la reconnaissance arriver. « Notre première application destinée aux enfants était si réussie qu’il fallait les empêcher de se laver les dents plus de trois fois par jour mais nous avions oublié de faire brosser les dents de devant… ».  techno brosse à dent
La nouvelle génération c’est Magik, une brosse à dent qui est toujours connectée mais sans capteur puisque c’est la caméra du smartphone qui reconnaît les mouvements de la brosse à dent glissée dans une sorte de manchon hérissé de petits plots colorés qui permet la reconnaissance. Une collaboration avec le CEA a permis à la start-up de griller les étapes et de sortir en un temps record, un produit grand public qui sera commercialisé fin 2018-début 2019. L’application est en réalité augmentée, les enfants choisissant des mondes imaginaires et devant gagner des masques quand ils se brossent les dents correctement face à la caméra. C’est magique d’où le nom de ce nouvel objet.

Des essais cliniques de prévention

Thomas Serval, CEO-cofondateur de Kolibree a depuis l’origine choisi d’ « essayer de prévenir plutôt que de soigner ». Ce qui suppose aussi des essais cliniques de prévention.
Sa rencontre avec l’UFSBD (émanation du conseil de l’Ordre des chirurgiens dentistes pour la santé bucco-dentaire) a permis une étude auprès de 330 dentistes portant sur 200 000 brossages. Le constat est éloquent : seul 32% de la population se brossent les dents deux fois par jour ou plus.
Kolibree va participer à une étude clinique dans le cadre de la chirurgie réparatrice maxillo-faciale des fentes labio-palatines pratiqué dans le service du Dr Roman Khonsari à l’hôpital Necker. Assistante spécialiste, le Dr Dominique Seblain, passe un jour par semaine chez Kolibree « Si les dents sont en mauvais état, la GengivoPeriOstéoplastie montera plus de complications ». Deux groupes d’enfants seront donc comparés avec ou sans utilisation de Kolibree avant l’opération.
« Nous avons le premier analyseur de brossage intelligent, qui capte la position de la brosse dans la bouche, indique Thomas Serval, il est capable de fournir un feedback en temps réel et de mesurer comment mener des campagnes de prévention efficace ».
Kolibree va aussi rejoindre l’application Health d’Apple pour développer des projets d’étude avec Research Kit.

Un partenariat avec Colgate

Il s’agit en effet maintenant pour Kolibree de passer à la production de masse en profitant de son avance technologique pour occuper le terrain « Plus on aura de brosses à dents installées, plus il sera difficile de nous rattraper ».
8 milliards de brosses à dent sont vendues chaque année dans le monde. En connecter 10%, c’est l’objectif. Si Kolibree reste un produit plutôt haut de gamme (même si le prix a baissé à 129 euros), le prix de Magik (autour de 20 euros) utilisant des brosses à dents classiques va constituer un nouvel argument.
D’autant plus que son partenariat avec Colgate annoncé en janvier, ouvre à Kolibree un réseau commercial de grande diffusion.
Parmi ses autres atouts : le contrôle de la production. « Nous avons nos propres usines, et un partenariat avec La brosserie française, installée à Beauvais depuis 1846, capable de fabriquer sur demande des brosses moins dure en fonction des usages ». Ainsi qu’une attention à la protection des données de plus en plus appréciée des consommateurs.
Ibuzyn attentiveInterrogée sur le remboursement des objets connectés santé, Agnès Buzyn a répondu que la discussion portait d’abord sur les objets connectés qui vont montrer un effet sur les soins. « Pour la prévention, il leur faudra prouver un vrai gain, comme on a montré les bienfaits de l’activité physique sur le fonctionnement cardio vasculaire. On peut imaginer leur prescription dans le cadre des parcours de santé prévention. »
En attendant, la démocratisation du brossage de dent connecté ludique qui permet de prendre de bonnes habitudes dès l’enfance,semble sur la bonne voie.



Médecins et patients dans le monde des data, des algorithmes et de l’IA : le CNOM publie un livre blanc et 33 propositions

Le Conseil national de l’Ordre des médecins, sous la coordination du Dr. Jacques Lucas et du Pr. Serge Uzan, publie le 25 janvier un livre blanc « Médecins et patients dans le monde des data, des algorithmes et de l’intelligence artificielle »  (IA) portant 33 propositions et organise un débat sur le même thème le 30 janvier. 

C’est sujet brûlant qui fait souvent l’actualité et suscite autant de craintes que de fantasmes. Raison de plus, pour les médecins, de lire ce document bien présenté et complet pour se faire une idée de la révolution annoncée et de son impact sur leur pratique et leur formation.
Trois ans après son livre blanc sur la santé connectée, le CNOM récidive avec une étude de 70 pages qui se veut positive. Le livre blanc cherche à « identifier dès maintenant les risques que la société numérique comporte afin de les combattre tout en soutenant tous les bénéfices qu’elle peut apporter au service de la personne ». « La médecine comportera toujours une part essentielle de relations humaines, quelle que soit la spécialité, et ne pourra jamais s’en remettre aveuglément à des « décisions » prises par des algorithmes dénués de nuances, de compassion et d’empathie », les auteurs du livre blanc estiment néanmoins que les « algorithmes et l’intelligence artificielle seront nos alliés, comme un apport essentiel pour l’aide à la décision et à la stratégie thérapeutique », ainsi qu’à la recherche médicale.
L’IA qui est une vraie rivale sur l’analyse des données d’imagerie, doit être vue plutôt comme un "complément infatigable et rentable " des médecins qui auront plus de temps pour se pencher sur la complexité d’un patient pris individuellement.
L’impact va être très fort sur les essais cliniques et la recherche médicale avec la montée d’une médecine de précision. L’approche sera de plus en plus pluridisciplinaire.
Les patients qui consultent déjà Internet à 70% veulent des médecins qui accueillent leurs questions et soutiennent leurs souhaits de comprendre les décisions médicales voire d’y participer.

Des recommandations pour rester libres en se dotant d’un droit souple

Au final, et c’est sa mission fondamentale, l’Ordre des Medecins identifie les problèmes éthiques d’usage des données, de respect de la vie privé, du consentement des patients, des questions autour de la finalité de la collecte et émet 33 recommandations.
Recommandation n°1 : que « Des règles du droit positif viennent protéger » un principe éthique fondamental : « une personne et une société libres et non asservies par les géants technologiques. »
L’Ordre estime aussi qu’il est « impératif que les progrès attendus des technologies d’intelligence artificielle, big data et robotique profitent à tous et n’accentuent pas des fractures sociales, socio-économiques ou culturelles. Une des recommandations porte d’ailleurs sur l’implantation du haut débit sur tout le territoire.
Dans le cadre de la Stratégie nationale de santé du gouvernement, le CNOM recommande « que le développement des dispositifs techniques ayant recours à l’intelligence artificielle soit incité à aller dans le sens d’un marché industriel d’aide à la décision médicale et non pas vers celui qui dicterait au médecin comme au patient une décision rendue par l’algorithme qui s’imposerait à eux sans être susceptible de critique ou de transgression. » (recommandation n°10).

En termes de formation, le CNOM, alors que l’enseignement reste très traditionnel, « estime indispensable de former, dès maintenant, les médecins en fonction du monde dans lequel ils exerceront, où les technologies tiendront, aux côtés de la clinique, une grande place. »
Le CNOM rappelle par ailleurs que « la préservation du secret médical couvrant les données personnelles de santé doit être appliquée aux traitements des données massives »
Enfin, «’il ne faut pas chercher à légiférer sur tout, ni tout vouloir réglementer par décret ». Il recommande que des instances qualifiées puissent émettre des règles de droit souple, selon le principe de la « soft law » des pays anglo-saxons. Le CNOM préconise ainsi la création « d’un observatoire national des technologies d’intelligence artificielle et robotique en santé qui recense leurs résultats et l’évolution des usages » afin d’orienter les travaux à réaliser en matière de recommandations en « droit souple ». (recommandations n°29 et 31).
En achevant la lecture du document, on peut aussi s’interroger sur le fait qu’en laissant à l’IA, la partie la plus technique de son exercice,  le médecin n’allait pas se consacrer à davantage d’écoute et d’examen clinique du patient, renouant ainsi avec les fondamentaux…

Les médecins intéressés peuvent s’inscrire ici pour participer au débat public sur le même thème organisé le 30 janvier

Telecharger CNOM_Livre blanc IA_012018