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Télémédecine

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Philips France mise sur l’innovation, pour une vie en meilleure santé, de la prévention aux soins

En prélude à sa participation à la Paris Healthcare Week (16-18 mai, Porte de Versailles) où seront présentées plusieurs innovations, Philips France a dévoilé à la presse les nouveaux axes de sa stratégie santé qui passe par de nombreuses innovations dont Lumify, une sonde d’échographie connectée à un smartphone.

Depuis la séparation avec sa filiale Philips LIghting (son activité historique d’éclairage), introduite en bourse en 2016, la vénérable Royal Philips, 125 ans d’existence, se consacre exclusivement au bien-être et à la santé. Sur ce dernier secteur, il faut prendre désormais en compte les contraintes budgétaires alors que la demande de soins augmente ainsi que la nouvelle donne du digital avec des consommateurs et des patients plus informés. A cette problématique, Philips veut répondre par l’innovation, « clé d’une vie meilleure » selon le président de Philips France, David Corcos.
La nouvelle stratégie prend en compte le continuum de la vie saine à la santé à domicile selon quatre axes :
- Garder les gens en bonne santé.
Philips propose des produits d’hygiène bucco-dentaire, un mode de cuisson pour une cuisine saine, des purificateurs d’air, des appareils de luminothérapie.
- Inventer des équipements pour un diagnostic de précision, plus précoce.
En fusionnant par exemple les images provenant de sources différentes. Ainsi Philips IntelliSite Pathology, une plate-forme facilitant le diagnostic en oncologie avec intégration de l’anatomopathologie.
Ou pour les urgences, le système Minicare : une goutte de sang posée sur une petite cartouche clipsée sur un dispositif d’analyse qui tient dans la main et communique avec une plate-forme distante. 10 minutes plus tard le résultat s’affiche sur l’écran il peut être transmis aux urgences par exemple.
S4-1 Hand_phone_composed A noter aussi l’arrivée sur le marché français de Lumify, une sonde d’échographie connectée à un smartphone, incluant des outils d’interprétation. Mobile et d’utilisation simplifiée, l’échographe devient un outil diagnostic de première intention.
- Mieux traiter avec des techniques opératoires micro invasives guidées par imagerie
- Accompagner le retour à domicile et le suivi des maladies chroniques.
Déjà présent dans l’assistance respiratoire, Philips va apporter demain des patches pour des examens biologiques à domicile. Philips a identifié plusieurs applications. Un patch pour la troponine marqueur des atteintes cardiaques est en cours de marquage CE. Autres pistes, le comptage des globules blancs pour les patients en chimiothérapie pour éviter certains déplacements à l’hôpital. Encouragé par la publication du cahier des charges pour le télésuivi de quatre affections chroniques dont l’insuffisance respiratoire et l’insuffisance cardiaque, Philips va lancer en France ses offres de télésurveillance dont il est un des leaders aux Etats Unis où les résultats sont très probants (diminution d’un tiers des couts de prise en charge avec Banner Home Care).
« Le développement logiciel représente 70% de la recherche-développement » souligne Frédéric Bouvier, directeur de la stratégie.

Conseil en analyse stratégique et expérience patient

On ne s’étonne pas que Philips ait ouvert fin 2016 en France son cabinet de conseil d’analyse stratégique « Philips Conseil France » pour tous les sujets où la société n’aura pas à concourir à un appel d’offres, pour d’évidentes raisons de conflits d’intérêt. D’ailleurs, lors des contrats passés avec les hôpitaux, il ne s’agit plus aujourd’hui de vendre des équipements mais d’offrir de la gestion de parc avec des paiements à l’usage ou à la valeur et même d’investir dans le système de soins. Pour établir des partenariats stratégiques à long terme. A l’image de GOPI (Gestion optimisé du parc d’imagerie) qui vient d’être passé avec les Hospices civils de Lyon. Autre objectif de la compagnie néerlandaise, la prise en compte de l’expérience patient. Ainsi a été mis au point un masque plus confortable pour améliorer l’observance dans le traitement de l’apnée du sommeil ou un écran vidéo et de la musique pour détendre les patients subissant un examen d’IRM.
Une expérience patient réussie ne peut qu’améliorer la qualité des soins.

 



Hellocare, le téléconseil médical vidéo sur smartphone

 

 Lancé il y a quelques mois, Hellocare, service de téléconseil médical en vidéo, vient de lever un million d’euros auprès de P. Factory accélérateur de start-up en Provence pour assurer son développement. C’est dire les ambitions de la start-up.

Pour le Dr William Benichou, généraliste entrepreneur qui n’en est pas à sa première société, l’idée est venue avec les patients qui appellent leur médecin traitant au téléphone. « La première fois que j’ai envoyé une ordonnance avec FaceTime pour une pathologie ORL, j’ai réalisé que j’avais fait un acte médical à distance via mon iPhone. J’ai compris que le smartphone était un instrument pour la télémédecine. ». A cette intuition première s’ajoutent plusieurs constats : demande des patients pour une médecine connectée, équipement massif des médecins en smartphone et tablette, désertification médicale en hausse. La rencontre avec Mathilde Le Rouzic, « Tech entrepreneur » depuis 2004, fondatrice de plusieurs sociétés et conseiller de start-up, sera décisive. Tous les deux sont convaincus que la France est en retard sur ses voisins européens et n’est que peu perçue par les éditeurs du domaine de la santé comme un pays favorable au développement des applications e-santé, loin derrière le Royaume Uni et l’Allemagne (16% contre 55% et 41%).

La société est créée en juillet 2016. Le 30 janvier dernier sortait l’application de téléconseil médical vidéo Hellocare. Première version. La 2ème vient de sortir.

Pour des soins de premier recours

HellocarePour le patient, l’appli est gratuite (iOS et Android). Il faut s’inscrire, renseigner un certain nombre d’indications . Un code de sécurité est envoyé. On se connectera ensuite avec son numéro de mobile et un code secret à 8 chiffres. Le télé conseil est facturé 29 euros (en utilisant la carte bancaire) mais jusqu’au 31 aout 2017, l’inscription au service donne droit à 3 appels gratuits, touche « parler à un médecin ».
Le service est conçu pour être utilisé pour des soins de premier recours. Hellocare garantit la mise en contact avec un médecin dans le quart d’heure partout dans le monde de 7H à 22H depuis son mobile ou sa tablette. Et en vidéo. « Nous avons développé notre propre application sécurisée sur le modèle de Face Time ». Le médecin utilise une tablette ou un ordinateur et reçoit les champs renseignés au fur et à mesure. L’équipe compte actuellement 8 personnes dont un médecin salarié. La levée de fonds doit permettre à Hellocare de se faire connaître auprès des patients et de se mettre en phase avec les objectifs de développement. De nouvelles fonctionnalités sont en effet prévues : un « chabot » pour checker ses symptômes, un carnet de santé en ligne (stocké chez un hébergeur agréé pour les données de santé), une prise de rendez-vous avec des médecins spécialistes, la possibilité de récupérer l’ordonnance chez le pharmacien. « Nous allons aussi constituer un comité scientifique, explique le Dr Benichou, pour évoluer progressivement vers la téléconsultation avec envoi d’ordonnance. Installée à La Ciotat, Hellocare mise sur 15 000 utilisateurs actifs pour la fin 2017 et un pool de 40 médecins. La phase de recrutement est commencée.
Une ARS est intéressée. Pour la prise en charge de telles téléconsultations plusieurs solutions sont à l’étude. « Un médecin traitant pourrait parfaitement offrir une telle option à ses patients ». souligne le Dr Benichou

https://hellocare.com



La télémédecine prend « actes » pour les médecins libéraux et certains de leurs patients

Un acte de télé-expertise et un acte de téléconsultation au service des patients des EHPAD (650 000 personnes dépendantes) viennent d’être introduits par un avenant à la Convention le 1er mars. Si l’on y ajoute la publication en décembre du cahier des charges pour la télésurveillance de trois pathologies chroniques et des forfaits y attenant, on peut dire que la télémédecine s’apprête à pénétrer dans les cabinets libéraux.

TDT à 15 euros entre confrères

Pour la CNAMTS, il s’agit bien, comme toujours, de faire des économies. L’entrée d’un patient en EHPAD se traduit pour 46% des pensionnaires par un changement de médecin traitant (chiffre extrait du rapport « Charges et produits 2017 »). Une télé-expertise assurée par l’ancien médecin traitant sollicité à distance (par téléphone par exemple) par le nouveau avec l’accord du patient permettrait une meilleure coordination des soins, en particulier pour les prescriptions. Voilà donc posé un acte de télé-expertise dénommé TDT (Télé-expertise Dossier Traitant) valorisé 15€ et facturé par les deux médecins traitants, l’ancien et le nouveau. Le TDT pourrait concerner 80 000 personnes par an.

La téléconsultation plus « rentable » que la consultation pour le médecin

L’avenant introduit également un acte de téléconsultation au service des 650 000 personnes résidant en EHPAD qui sera rémunéré un C ou un CS (TTE). Pour éviter les déplacements délicats ou des hospitalisations inutiles. La téléconsultation qui est menée en présence d’un membre du personnel soignant de l’établissement qui accompagne le patient, est appréciée des médecins qui la pratiquent car ils ne perdent pas de temps. Le patient est déjà prêt.
« Un dermatologue qui voit trois patients en une heure lorsqu’il se déplace à l’EHPAD en voit six par téléconsultation dans le même laps de temps », explique à Buzz Medecin, Michel Rioli, président de Télémedinov, un réseau de télémédecine qui couvre aujourd’hui 14 EHPAD en Vendée. Le retour d’expérience des « pionniers » (une dizaine de médecins sur 45 médecins concernés) sur les 331 consultations réalisées en 4 ans, est globalement positif. Au bout de 100 consultations un des établissements avait déjà divisé par deux son nombre de jours d’hospitalisations. Ce réseau comme celui de Télésanté Aquitaine qui a réalisé 500 téléconsultations, a déjà prouvé son utilité médico économique.
Comme l’a également indiqué, lors de la journée Catel Visio le 23 mars, le Dr Cécile Moisan, chirurgien vasculaire qui a initié des téléconsultations « plaies et cicatrisation » entre son hôpital à Saint Brieuc et le CH de Paimpol en a aujourd’hui réalisé 2000 au lit du patient :« Moi, je gagne 1h30 en trajet et durée de consultation  en examinant 6 à 10 patients en 40 mn, avec une image parfaite et accès au dossier paimpolais ; et la CNAM gagne les 104 € du trajet en ambulance."

Prescrire la télésurveillance rémunérée au forfait (pour trois pathologies chroniques)

« Vous pouvez prescrire la télésurveillance et en assure r le suivi ». Ainsi le Pr Michel Galinier (Toulouse), promoteur de l’étude OSICAT a-t-il apostrophé ses confrères venus en nombre assister dans le cadre des Journées européennes de la SFC (société française de cardiologie), en janvier à une conférence sur le télésuivi des patients insuffisants cardiaques, organisé avec le soutien de Cordiva. « Il faut inclure des patients qui en ont besoin et qui peuvent se servir d’une machine ». Balance connectée + boitier de transmission dans le cas de Cordiva.
L’insuffisance cardiaque fait en effet partie avec l’insuffisance respiratoire et l’insuffisance rénale des trois pathologies chroniques pour lesquelles la DGOS (Direction générale de l’offre de soins) a ouvert le champ des expérimentations dans neuf régions avec un cahier des charges publié au Journal Officiel du 15 décembre dernier (un 4e cahier des charges pour la télésurveillance des diabétiques est attendu en 2017).
Des forfaits semestriels sont prévus pour les professionnels de santé effectuant la télésurveillance (de 36,50 à 110€ selon la pathologie), les professionnels de santé assurant l’accompagnement thérapeutique (infirmières principalement de 30 à 60€) et les fournisseurs de solution de télésurveillance et des prestations associés (de 225 à 300€). En sus une prime de performance est prévue pour les différents acteurs en cas de dépassement des objectifs collectifs de performance (-20% d’hospitalisation par exemple).
En pratique, rappelle le Pr Simon, pour Buzz Medecin, le médecin :
- doit faire une déclaration à son ARS comme quoi il va pratiquer la télémédecine
- doit le déclarer à son assurance
- doit s’inscrire sur une plate-forme
- la plate forme doit avoir un service d’accompagnement thérapeutique ou le médecin travaille en collaboration avec des infirmières (cas d’une MSP par exemple)
- il faut que la plate-forme ait un marquage CE, comme un dispositif médical
Cordiva, racheté par CDM e-health (filiale d’Air Liquide) et qui a pris le nom de Chronic Care Connect Cardiology n’a pas encore son marquage CE mais a d’ores et déjà annoncé étendre à toute la France, dans le cadre du fameux articles 36, ses services limités jusqu’ici aux expérimentations PIMS et OSICAT dont les résultats sont attendus pour la fin 2017.
Des industriels comme Orange Healthcare ou Etiam peuvent également proposer des plates-formes. Ce ne seront pas les seuls.

Il ne s’agit encore que d’"expérimentations" mais à une plus large échelle. Le déverrouillage a commencé. Enfin.

 



MSP : le logiciel au coeur de la pratique collaborative et de l’exploitation des données

Pas moins de huit éditeurs* présents aux Journées nationales de la FFMPS les 17 et 18 mars au Centre des congrès de Lyon. Parce que le choix du système d’information reste toujours primordial pour le bon fonctionnement d’une équipe pluridisciplinaire. D’autant qu’il doit aussi permettre d’exploiter le gisement de données accumulé par la MSP.

FFMPS Lyon950 inscrits pour les 6èmes journées de la FFMSP (Fédération française des maisons et pôle de santé qui va devenir Fédération Française des maisons pluridisciplinaires de santé et rejoindre la Fédération des soins primaires). Médecins, infirmières, paramédicaux de diverses origines, pharmaciens… tous engagés pour former des équipes pluridisciplinaires. « Car une MSP ça ne se décrète pas, il faut une équipe, comme le rappelle le Dr Pascal Gendry, successeur du Dr Pierre de Haas comme président de la Fédération. « Une MSP c’est toujours une histoire » ajoute le Dr de Haas qui a pris en charge l’organisation des Journées.
La pertinence des concepts initiaux ne se dément pas. Au 14 mars, il y avait 910 Maisons de santé pluridisciplinaires ouvertes (contre 436 en mars 2014) et 334 projets sélectionnés soit 1244 MSP en puissance. Même si le rythme des ouvertures se ralentit un peu, la montée est continue, comme le montrent les derniers chiffres de l’observatoire des MSP de la DGOS (Délégation générale de l’organisation des soins).

Sur ces 910 MSP, 420 sont en SISA (société interprofessionnelle de soins ambulatoires), pour lequel un texte de simplification devrait sortir dans moins d’un an. Toutes les SISA n’ont pas encore de dossier médical partagé, et 81% auront un logiciel labélisé en version V2 du label e-santé Logiciel Maisons et Centres de santé de l’ASIP d’ici la fin de l’année, ce qui est obligatoire pour toucher certaines subventions.

Promouvoir l’innovation et la recherche

Trop peu d’équipes des soins primaires participent à la recherche, note le président de la Fédération. La Haute Autorité de Santé dont la mission est d’améliorer la qualité des soins sur le territoire voit dans les MSP de précieuses alliées. Sous réserve qu’elles soient équipées de Système d’information (SI) structurés où l’on peut introduire de nouveaux indicateurs de qualité des pratiques à co-construire entre la HAS, les MSP et les patients . « Nous ne pouvons plus construire le système de santé sans les patients, souligne le Pr Agnès Buzin, présidente de la HAS, ceux-ci doivent être impliqués dans les indicateurs de mesure de qualité des soins. L’utilisation d’un SI partagé et optimisé pour produire des données fait partie des critères de qualité d’une MSP rappelle le Dr Michel Varroud-Vial, conseiller Soins primaires et professions libérales à la DGOS, conscient qu’il faut les accompagner dans cette démarche. Une MSP (moyenne obtenue sur 855 MSP ouvertes), c’est en effet 5 médecins, 1,6 chirurgien-dentiste, 2,3 pharmaciens et 9,1 paramédicaux. La découverte du travail des uns par les autres va modifier les pratiques et ce n’est qu’à partir d’un certain degré de maturité que l’équipe de soins peut envisager un travail de recherche à partir des données patients.

Exploiter le trésor des MSP

"Les professionnels de santé n’ont pas toujours conscience d’être dépositaires d’un véritable trésor avec les données produites par leur SI, souligne le Dr Gilles Perrin, nouveau médecin DIM de la FFMPS. Un trésor inexploité.
Or la production de données est utile à la fois pour
- analyser les pratiques de l’équipe,
- pour développer un projet de santé,
- pour comparer ses données à celle des collectivités ou de l’assurance maladie.
Le SI c’est le centre névralgique de la structure. Mais pour être exploitées encore faut-il que les données soient structurées. Certes dit encore le Dr Perrin la plupart des logiciels installés dans les MSP sont dits structurés, avec la possibilité et même parfois l’obligation de coder (pour la sécurisation de l’ordonnance, par exemple). Cependant le Dr Perrin qui s’est fait présenter différents logiciels a constaté que c’était très variable d’un logiciel à l’autre et que tous n’offraient pas les mêmes possibilités, surtout en matière de « requêtage ». Les deux ateliers organisés à Lyon sur ce sujet montrent que les professionnels de santé ressentent l’opération de codage comme chronophage, assez complexe et technique. Les données factuelles telles que les résultats biologiques ou les paramètres biométriques sont en général codées. Les médicaments bénéficient d’un code CIP, mais pour les génériques ça se complique. En fonction du but recherché, l’équipe va devoir s’imposer des « datasets » ne prenant en considération que ce qui est utile pour ne pas coder inutilement. S’il y a des examens à prescrire pour le suivi on indiquera juste fait/pas fait, normal ou non ; un petit nombre de données va ainsi permettre à une équipe de gérer les diabétiques qu’elle soigne façon très fine, insiste le Dr Florence Maréchaux, médecin de santé publique et médecin DIM d’ICT, qui a participé à la réalisation de datasets dans le cadre de la HAS. Trois thématiques sont prêtes en data sets : la BPCO, le Diabète et l’hypertension (en cours).

Motiver les équipes

Pour motiver toute l’équipe, il faut sortir des tableaux de bords réguliers. Il est recommandé de ne pas se lancer avant d’avoir une équipe mature qui travaille déjà de façon coordonnée Une fois le codage effectué, il faudra encore apprendre à requêter. La recherche multicritère proposée par les logiciels se révèle parfois limitée à des requêtes préexistantes. Il sera le plus souvent nécessaire d’interroger l’éditeur. Celui ci, en plus des requêtes déjà existantes, pourra construire une nouvelle requête à la demande de l’équipe. Quand de tels travaux seront publiés massivement par des professionnels libéraux, ce sera un grand motif de satisfaction. Et une source de progrès pour la pratique médicale.

8 editerus

*Aatlantide avec ActeurCS.fr, CLM avec Solution MSP (MLM + logiciels paramédicaux de RM), CGM avec Axisanté et Hellodoc , Hypermed, ICT avec Chorus, Prokov avec Medistory 4×4 (pas encore commercialisé), Silk informatique avec éO MSP, Weda



Docadom, une appli mobile pour des visites à domicile sans rendez-vous

« Médecins, Paris est votre cabinet ! » Docadom recrute des médecins urgentistes et des internes ayant leur licence de remplacement pour ouvrir dès mai à Paris (Nord Ouest parisien) un nouveau service de mise en relation médecins/patients. 

Sur Docadom, patients et médecins sont géolocalisés (comme le fait Uber avec ses chauffeurs de VTC et leurs clients, mais la comparaison s’arrête là) et l’algorithme envoie le médecin le plus proche et le plus disponible au patient qui vient en trois clics de demander un médecin sur le Web ou sur son smartphone (le site est Web responsive).
Encore une innovation qui risque de secouer un peu la pratique médicale !

Les trois jeunes fondateurs dont deux médecins, Florian Guého, médecin urgentiste et Marc Postel-Vinay, interne de médecine générale, se gardent bien de vouloir rivaliser avec les confrères installés. « Nos médecins n’ont pas vocation à devenir des médecins traitants. Le patient ne choisit pas son médecin, c’est l’algorithme qui choisit », disent-ils et ils estiment que leur solution est complémentaires  des associations médicales et  que leur projet « a vocation de service public dans le respect de la déontologie médicale ». Le « non programmé » est ce qui revient le plus cher aux finances publics. L’ARS Ile de France serait intéressée. Une consultation aux urgences c’est  200 euros, rappellent-ils et Docadom facture les visites de 33 € (V+MD) à 61,5 € (V = MDN).  L’algorithme remplace en effet la centrale d’appel ce qui rationalise la gestion et réduit les coûts.

Un mode d’exercice innovant pour les médecins

Le médecin ne paye pas de droit d’entrée et touche 90% du montant des visites. Docadom lui fournit moyennant une caution de 1000 €, un  « sac à dos » tout prêt contenant de quoi télétransmettre et accéder au (futur) DMP ( le lecteur de Sylyca, les logiciels de iCanopée et de Pyxistem pour iOS et Android.). Le médecin peut préférer l’offre « all inclusive » où on lui fournit matériel complet, moyen de transport (scooter ou voiture) et un service comptable contre une commission de 20%.
flyer DocadomLes fondateurs de Docadom sont convaincus d’apporter, en particulier à leurs jeunes confrères, une possibilité de revenus qui va les séduire : le planning n’est pas imposé et les journées ont été découpées en 4 lignes de garde 6-8h, 8h-14h, 14h-20h et 20h-minuit, ajustable en fonction des besoins. Docadom n’assure pas la nuit profonde, ni les urgences pédiatriques pour les nourrissons de moins de trois mois. "C’est moins épuisant que les gardes dans un établissement ».  Le médecin qui signe avec Docadom réserve n’importe quel créneau, deux soirs par semaine ou du plein temps. Il ne peut refuser une visite sauf impossibilité (qui est  vérifiée). « Un mode d’exercice innovant, sans engagement et en toute liberté » vante la start-up. Et pas d’argent à manipuler puisque c’est Docadom qui « encaisse » avec la carte bancaire du patient dont le numéro a été renseigné lors de l’inscription.

Pour le patient, c’est l’assurance d’avoir un médecin dans le délai qui lui est indiqué au cours des prochaines 24h. Avec une Carte Vitale et une mutuelle, le prix de la visite est pris en charge avec tiers payant intégral. Le patient peut annuler le rendez-vous jusqu’au moment où on lui précise par SMS que le médecin est en route. Après cette limite, 50% du montant est facturé.

Docadom propose aussi gratuitement des consultations sans rendez-vous au cabinet des médecins les plus proches et va passer des partenariats avec des services de rendez-vous en ligne pour diriger ses clients vers les plages de consultation sans rendez-vous.  Des partenariats avec des services de télémédecine (spécialistes) sont également prévus.

La start-up qui a bénéficié de subvention de la BPI et du soutien de la région Loir et Cher où elle est implantée, compte monter en charge progressivement et réaliser 3200 consultations la première année avec 35 à 45 médecins puis 9700 l’année suivante avec 80 à 100 médecins. En attendant d’ouvrir le service dans d’autres grandes villes.
« Le modèle pourrait faire tâche d’encre en milieu rural, avec des médecins mobiles qui passeraient un jour par semaine en région », espèrent les jeunes entrepreneurs. Au congrès de la médecine générale à la Porte Maillot fin mars, ils ont rencontré beaucoup de médecins. "Notre démarche soulève des interrogations et parfois des inquiétudes chez les confrères mais quand on explique que le médecin traitant est inclus dans le parcours, cela rassure et les retours sont très positifs"

www.docadom.fr    contact : medecin@docadom.fr

(mis à jour en avril 2017)

 



VisioCheck, le tout-en-un de la télémédecine mobile

 Visiomed a dévoilé au CES 2017 de Las Vegas, VisioCheck, « première station de télémédecine mobile ». Le Dr François Teboul, directeur médical de Visiomed en a détaillé les fonctionnalités cette semaine, à Paris, pour la presse spécialisée.

Chez Visiomed, il s’agit moins de développer une gamme complète d’objets connectés santé * que de proposer des solutions au grand public comme aux professionnels de santé. Ses services intégrés à sa plate-forme de recueil des données médicales Bewell Connect, comptent selon Eric Sebban, fondateur de Visiomed, plusieurs milliers d’abonnés principalement des personnes à l’étranger ou des femmes avec des enfants en bas âge. Check-up (4,90€/mois) permet d’analyser ses symptômes (250 primo-diagnostics et des algorithmes issus du travail du Dr Loïc Etienne) pour juger de l’urgence et MyDoc permet d’obtenir un médecin au bout du fil.
A destination du milieu professionnel, Visiomed a aussi conçu My HealthBox qui permet au patient d’être suivi chez lui à distance après une hospitalisation ou selon un plan de soins que le praticien peut facilement modifier en fonction des alertes qui lui sont transmises. Doté de son propre module avec une carte Sim, le système est autonome n’exigeant pas de Wifi à proximité.

Développer la télémédecine en libéral

Teboul et visiocheckDévoilée au dernier CES (où Visiomed avait décroché un Innovation Award en 2016 pour son électrocardiogramme de poche MyECG), VisioCheck veut être la première station de télémédecine mobile. La « station » se présente comme un smartphone dédié (poids 300g) doté d’une riche connectique et d’une carte SIM. Communication par Wi-Fi, 2G,3G, 4G. Le capteur infra-rouge du thermomètre est inclus et tous les équipements ont été miniaturisés : l’ECG sept têtes, l’oxymètre de pouls, le tensiomètre brassard et le « dongle » MyGluco qui se connecte sur la prise jack (microphone) du VisioCheck. Une caméra pour une éventuelle visioconférence et une LED pour éclairer l’examen médical complètent le dispositif.
Les applications embarquées permettent de gérer les différents paramètres vitaux sur un seul visiocheckécran. Dans ce tout en un, le professionnel a également accès à la liste des dossiers patients avec historique et données patients. Les données seront transférées automatiquement au dossier médical électronique.
Visiomed a prévu un chariot ambulatoire pour l’utilisation en établissement. Mobilité au sein de l’établissement et mobilité en visite. Un équipement à partager par un cabinet groupé ou une maison de santé pluridisciplinaire et des urgentistes. Ou encore à installer dans l’espace confidentialité d’une pharmacie pour lutter contre la désertification médicale.
VisioCheck est en train de passer ses derniers tests métrologiques pour l’obtention de la certification CE comme dispositif médical de classe IIA. Il devrait être proposé autour de 2.500 euros à l’achat ou en location avec des services de 149 à 249 euros/mois.
« Avec VisioCheck, nous allons contribuer au développement de la télémédecine notamment via les professionnels libéraux, souligne le Dr FrançoisTeboul, qui n’hésite pas évoquer "un nouveau standard médical".

*MyGluco, lecteurs de glycémie, MyScale, gamme de balances et d’impédancemètres, MyOxy, l’oxymètre de pouls, MyTensio la gamme de tensiomètres, MyCoach, les trackers de sommeil et d’activité, MyTens, électrostimulateur, MyECG, électrocardiogramme de poche sans fil



CES 2017 : la santé connectée au service des diabétiques, du brossage des dents, du soulagement de la douleur

Le Consumer electronic show (CES) qui s’est tenu du 5 au 8 janvier à Las Vegas a une nouvelle fois montré la vitalité des start-up françaises (233 étaient présentes) notamment dans le domaine de la santé. C’est d’ailleurs un dispositif français pour les diabétiques qui a obtenu un prix de la meilleure innovation. Buzz Médecin a retenu quelques innovations (pas toutes françaises).

Diabète mieux géré

glucosepng2Lorsqu’elle sera commercialisée, la montre connectée K’Track Glucose de la société PK Vitality  pourrait bien changer la vie quotidienne de nombreux diabétiques. Il s’agit du premier dispositif de contrôle de la glycémie par simple pression sur la peau. La K’apsul Glucose qui s’insère au dos du cadran comporte un système de microaiguilles qui examinent le liquide interstitiel (technologie Skin Taste). L’utilisateur ressent un léger effet de fourmillement mais pas de douleur. Pour Luc Piérart, président de la société, l’idée c’est de reproduire le processus de la langue et de goûter la peau. Le capteur peut changer pour d’autres analyses (l’acide lactique par exemple). Avec une levée de fond en cours (entre 3 et 5 millions d’euros) qui sera facilitée par le « Best of innovation » reçu, l’objectif est de commercialiser la montre en 2018 pour un prix de 149 €. La recharge K’apsul Glucose d’une durée d’un mois serait vendue 99 €. Voir le site
C’est encore une avancée pour les diabétiques qui a reçu un Award dans la catégorie Biotech. Clipsulin met, selon Diabnext son concepteur américain, l’Intelligence artificielle au service de la gestion des doses d’insuline. Compatible avec différents stylo injecteur (Sanofi Novonordisk, Lilly notamment) l’enregistreur mémorise le nombre d’unités, l’heure etc..
L’application Diabnext, partagée avec le médecin, permet de gérer son diabète plus efficacement.

Brossage de dents connecté

ARA et appOnt également reçu un Award dans la catégorie Biotech, l’Oral Care System de Kolibree, qui avait lancé une brosse à dents connectée pour apprendre aux enfants à se laver les dents ; Il s’agit cette fois d’accompagner le brossage des patients à risque ou en traitement orthodontique avec ARA. Cette brosse à dent est en précommande sur le site à 79 € (livraison prévue en mars). Award aussi pour Philips Sonicare et son coaching personnalisé en 3D avec feedback en temps réel pour améliorer son brossage.

Télémédecine portable

Autre innovation intéressante, le groupe Visiomed a présenté Visiocheck, la première station de télémédecine mobile et connectée au monde d’un poids de 500 g, ayant la marque CE de dispositif médical de classe IIA (lancement mi 2017). Visiomed a profité du salon pour annoncer le partenariat avec la société de domotique Vity pour qu’elle intègre les services de santé Bewell Connect dans son bouquet TV pour le maintien à domicile.
Le CES est en effet une bonne occasion d’annoncer les partenariats. Startup ayant pour vocation de penser & développer des technologies médicales innovantes de diagnostics et de les rendre accessibles au plus grand nombre, Neogia a officialisé son partenariat stratégique avec Kyomed, ayant une expertise reconnue dans l’accompagnement clinique de dispositifs médicaux innovants. Ce rapprochement devrait se traduire par la mise sur le marché en 2018 d’une première technologie validée cliniquement, le bracelet connecté Motio HealthWear, permettant le diagnostic et le suivi de l’apnée du sommeil en mesurant actimétrie, fréquence cardiaque, oxymétrie et rythme respiratoire.

Semelles connectées, TENS et réalité virtuelle

Parmi les autres start-up sélectionnées pour représenter la French Tech, Rcup, Sublimed et SimForHealth.

Les semelles morphologiques connectées Rcup veillent sur la santé et la sécurité des personnes en remontant des informations (pression plantaire, posture…) avec alerte en cas d’urgence. L’assistant digital sert aussi à apprendre le bon geste pour limiter les douleurs actuelles et futures (troubles musculo-squelettiques) et peut servir à éviter la fatigue de certains postes de travail. Une fonction de commande permet même de donner un ordre à un équipement d’un mouvement de pied.

Sublimed et ActiTENS, son dispositif connecté « wearable » (à porter sur soi) de neurostimulation électrique cutanée pour soulager la douleur. Voir l’article du blog à ce sujet

Sur le stand de SimforHealth, les visiteurs ont pu tester sur le casque HTC Vive, le premier cas clinique d’urgence virtuel développé par la société française en partenariat avec le centre de simulation de la faculté médicale de Nice. Bel exemple de l’apport de la réalité virtuelle dans la formation en santé. SimForHealth présentait également la plate-forme MedicActiV de consultation et de diffusion de cas cliniques virtuels qu’elle souhaite internationaliser.

D’un CES à l’autre, il apparaît bien que tout ce qui peut être connecté va l’être. Et que l’intelligence des apps installées dans le smartphone permet des développements qu’on ne pouvait imaginer jusqu’ici.



Deuxiemeavis.fr veut trouver sa place dans le parcours de soins

Un stand au dernier congrès de la Société française de télémédecine avec un bon accueil des praticiens présents…Un an après la polémique déclenché par son lancement, le site deuxiemeavis.fr qui s’est donné pour objectif de rendre plus accessible l’obtention d’un deuxième avis médical dans les situations délicates, estime avoir sa place dans le parcours de soins.

Parce que le service a un coût – 295 euros par avis pour ceux qui n’ont aucune prise en charge (notamment les patients à l’étranger)-, les trois fondatrices de fondateursdeuxième avis s’étaient vu taxer il y a un an de vouloir tirer du profit de la détresse des malades… Pour les trois fondatrices, la création de ce site, avec le soutien financier d’un fond à impact social, s’inscrit au contraire dans la suite logique de leur engagement pour l’accès aux soins de tous. N’ont-elles pas créé en 2010 l’association CoActis Santé et été à l’initiative de santé BD pour sensibiliser à l’accès aux soins des personnes handicapées ? Comme souvent le cas, c’est une difficulté personnelle, la nécessité de trouver un deuxième avis avant l’opération d’un enfant pour une scoliose, qui a été le déclencheur de leur nouvelle initiative. « Notre ambition, explique Pauline d’Orgeval, l’une des co-fondatrices, c’est d’être un complément et de travailler en lien avec l’équipe de soins ». Dès l’origine, le site s’est doté d’un conseil scientifique de six professeurs et médecins de différentes disciplines ayant tous exercé des responsabilités dans les hôpitaux publics et présidé par le Pr Laurent Degos, professeur d’hématologie. « C’est le conseil scientifiques qui nous a aidé à définir les questionnaires et les résultats d’examens que doivent fournir les patients qui désirent un deuxième avis. Ce sont des dossiers médicaux complets qui sont fournis aux experts consultés. » Les dossiers sont archivés chez Grita, hébergeur de données de santé agréé. C’est également le Conseil scientifique qui a examiné les candidatures des médecins experts qui se sont proposés pour travailler avec deuxième avis. « Ils sont aujourd’hui 90 experts couvrant 240 pathologies. Nous avons eu beaucoup de candidats et même à notre surprise, des « grands pontes » qui pratiquent déjà cette activité de deuxième avis et se trouvent assaillis de mails de patients auxquels ils ne répondent pas face à des dossiers incomplets. Ils voient aussi des patients qui viennent de très loin pour les consulter. » Les experts ont bien sûr signé une convention avec le site, tenant compte des remarques de la Commission nationale des contrats du Conseil national de l’Ordre à qui le projet avait été soumis en 2015.

Un processus validé depuis un an et en cours d’évaluation

2avis pathoSur le site, il est possible de consulter en accès libre les fiches par pathologie. La création d’un compte sur deuxième avis se fait dans un espace sécurisé. Les patients ont accès à toutes les fiches des médecins experts. « Nous avons beaucoup de visites mais seuls 10% des visiteurs soumettent un dossier. » Le patient est incité à mettre dans la boucle le nom du médecin qui a donné le premier avis. Ainsi en cas de divergence, les médecins pourront prendre contact. L’expert s’engage à rendre un compte rendu écrit et signé dans les sept jours. « Dans plus de la moitié des cas, nous constatons que l’équipe soignante le reçoit également. C’est notre souhait de travailler en transparence, en complément du parcours de soins. » Dans 80 des cas, les avis convergent, le patient a obtenu une réassurance et peut commencer son traitement en toute confiance. Dans les 20% restants, nous incitons le médecin expert  à échanger avec l’équipe médicale traitante. Jusqu’à présent, nous n’avons eu que des patients satisfaits et nous travaillons à une évaluation du service par une équipe de recherche extérieur qui pourra donner lieu à une publication. »
Et de souligner que cette démarche sur le web, qui a fait polémique en France est courante à l’étranger. En Allemagne, où le 2ème avis est obligatoire, le site Medexo existe depuis plusieurs années ; parti de Barcelone en 1999, Advance Medical a des bureaux dans le monde entier ; aux Etats-Unis, les établissements et2avis les mutuelles proposent des services, pour des raisons souvent juridiques. «Au cours de cette première année, nous avons eu 20% de demandes provenant de l’étranger. En France, l’activité est restée modeste mais nous avions besoin de valider notre process. Notre objectif est de faire prendre en charge cette expertise par les mutuelles que nous sollicitons, puisque le remboursement de l’acte de télémédecine en est encore au stade expérimental. Nous commençons à être reconnus. Outre notre présence au congrès de télémédecine, nous avons notamment été invités à l’université de la CSMF dans la presqu’ile de Giens, à la journée e-santé organisée par Les Echos. Notre sérieux joue pour nous. Et les médecins commencent à parler de nous! »

www.deuxiemeavis.fr



Université d’été de Castres : le foisonnement de la e-santé

La 10ème université d’été de la e-santé a réuni plus de 600 personnes à Castres du 5 au 7 juillet. Buzz Medecin y a passé deux jours et rend compte du foisonnement d’initiatives et d’acteurs qu’on y rencontre.

goodies 1

Pour ses dix ans, l’UEES avait prévu un gâteau, quelques « e-goodies » et un peu de réflexion sur le thème très « tendance » du transhumanisme. Comme pour marquer une pause face à ces nouvelles technologies qui transforment la médecine et les relations médecins-patients, nous tous en fait… Les débuts de l’informatique en posture assise face à un écran et un clavier sont marqués par la culture de la chaise, rappelle Milad Doueihi, universitaire passé de l’histoire des religions à l’humanisme numérique, l’utilisation en mobilité a fait exploser les usages. L’informatique commence à façonner l’humain de façon inédite…

Simulation et réalité augmentée

Notre façon d’apprendre d’abord. Des fameux Mooc qui mettent à disposition les savoirs 24h sur 24 à la simulation 3D ou la réalité augmenté. On en a vu de brillants exemples avec les Mooc de Formatic Santé, la plate-forme Medicativ d’Interaction Healthcare et les démos « live ».

Castres demo
Le mannequin intelligent acquis par l’école d’infirmière permet de simuler une intervention Pompiers-SAMU-CHIC (acronyme du centre hospitalier intercommunal de Castres) sur un accident de moto. Le mannequin émet des gémissements : ‘j’ai mal, aidez moi docteur" et sera opéré. Le débriefing permet de vérifier qu’il manque le gel de l’échographe ! C’est surtout l’occasion de vérifier la bonne coordination des équipes.
Thalès a réalisé en trois mois une application utilisant des lunettes de réalité augmentée, en lien avec le CHU de Nice et pour aider un chirurgien à distance à réaliser une opération avec les conseils d’un expert. C’est encore un prototype. Ces lunettes comme les Google glass retirées du marché grand public trouvent des applications en médecine. Le SAMU de Toulouse en a acquis une paire avec la solution Xpert Eye de la société AMA dans le cadre du dispositif d’urgence mis en place pour l’Euro. Cela permet au centre SAMU d’avoir une vision de l’ensemble du champ des victimes et de pousser des informations vers le terrain.
En matière d’information du public, il ne faut pas négliger pour autant les fiches papiers. Le think tank Lab e-santé en a préparé 50 sur les notions de base ou plus avancés de l’univers de la santé numérique. Les PDF des premières fiches disponibles sont à consulter ici.
Voir LES_FICHES_. Idéales pour la salle d’attente du médecin.

Big Data Santé, coaching et suivi des pathologies

elie lobelElie Lobel, ancien directeur du pôle Projets de l’ASIP Santé aujourd’hui directeur d’Orange Healthcare a donné le coup d’envoi des présentations  sur les perspectives de la santé connectée en matière de suivi et de gestion à distance des maladies chroniques pour affirmer sa conviction l’analyse des données de santé-le Big Data Santé, est la clé pour diagnostiquer et prévenir.
Le programme de surveillance des insuffisants cardiaques Cordiva (groupe Alere), avec une balance connectée et une box, en est un bon exemple. Il a débuté en Allemagne où sont suivis 16 000 patients et se poursuit en France à travers les deux études cliniques PIMPS (CH Pontoise) et OSICAT (CHU Toulouse).
A Castres, on ne parle que de décloisonnement, de « living labs », ces espaces où l’on co-construit les produits avec les patients et les PS et où l’on teste les solutions. L’école d’ingénieurs ISIS (Informatique et système d’information pour la santé) qui accueille l’Université d’été dans ses locaux en possède d’ailleurs un.
Le Pr Odile Boespflug-Tanguy évoque son partenariat avec la société IOT-EZ dans le cadre du projet Hanoc (soutenu par Kyomed) pour évaluer la capacité motrice d’enfants atteints de maladies neuro-dégénératives en utilisant des objets connectés du marché.
Ancrée sur le terrain avec 260.000 collaborateurs sur 17.000 points de contact, La Poste apporte sa pierre humaine à l’édifice e-santé : ses facteurs assermentés peuvent installent le matériel (hub numérique), expliquer le fonctionnement, apporter des tests de dépistage (opération Carsat en Limousin pour le test du cancer colorectal) ou des médicaments ; et son service Docapost est hébergeur de données de santé.
Harmonie Mutuelle a fait part de l’utilisation par ses salariés (20% sont inscrits) du site Betterise qui réussit à fidéliser ses utilisateurs (12 500 inscrits adhérents) en leur envoyant quotidiennement des messages bienveillants et hyper personnalisé pour les encourager dans leur programme santé (arrêter le tabac, perdre du poids ou autre…).
 

Qui dit technologie ne dit pas forcément transhumanisme, heureusement

Une technologie « humaniste « en quelque sorte pour revenir au thème choisi cette année et dont le point d’orgue fut certainement la table-ronde passionnante réunissant le Pr François berger, neuro-cancérologue, François Viella, professeur de droit (Montpellier) spécialiste de bioéthique et Jean-Michel Besnier, philosophe. Pas vraiment un débat car les trois intervenants sont convaincus que le transhumanisme n’est qu’un courant d’opinion rassemblant les personnes qui considèrent que les sciences et les technologies sont capables de répondre aux attentes de l’homme et tentent d’imposer la nouvelle norme du surhomme, pour qui la maladie est une « panne ». « C’est un système d’annonce » dit le philosophe qui dénonce un monde technologique où la conscience est un handicap. « Cela relève du neuro-charlatanisme » s’insurge le médecin. « Il faut avoir le courage de ses convictions, conclut le juriste, nous proposons de nous arrêter. On prendra du retard, et alors ? »

Un dynamisme régional ouvert aux start-up santé

Il n’y aurait pas l’Université d’été sans  le dynamisme de Castres-Mazamet Technopole et de son réseau de contacts, Pierre Fabre en tête, et bientôt de start-up e-santé, avec un concours d’implantation à la clé (ouvert jusqu’au 30 septembre). Lauréate l’an dernier, Start Track, application spécialisée dans l’analyse des paramètres physiologiques (30) et environnementaux pour adapter son effort en fonction de son état de santé, est aujourd’hui installée à la pépinière l’Arobase.

castres ambiance

La remise des Trophées de la e-santé (dix au total) pendant l’Université participe de cette ébullition. Le Grand Prix est allé à JokkoSanté, une pharmacie communautaire virtuelle présentée par Sensys solutions (Sénégal), le Coup de Cœur à Noa, compagnon connecté et ludique des enfants asthmatiques (Université de Nantes) le prix des internautes et le prix de la Télémédecine à Oscult, échographe de premier niveau sur iPad à destination des praticiens non spécialistes de l’imagerie, etc. Voir le communiqué en PDF. Ce dynamisme et la convivialité des rencontres ne manquent pas de séduire les sponsors qui reviennent comme la société luxembourgeoise Tarkett en quête de partenaires pour utiliser son revêtement de sol connecté, détecteur d’activité, FloorInMotion.



Santé connectée : la France à la traîne selon un indice IPSOS-Philips

Selon le nouvel indice Futur Health Index concocté par le groupe Philips en lien avec une enquête IPSOS dans 13 pays*, la France est à la traine en ce qui concerne les perceptions, les comportements et les attitudes des patients et des professionnels de santé vis à vis de l’adoption des technologies connectées et de l’intégration du système de santé.

Les prévisions mondiales d’équipement en objets connectés sont mirifiques, particulièrement dans le domaine de la santé. A la suite des start-up, les groupes mondiaux s’y engouffrent les uns après les autres. Avant de se lancer dans l’aventure à son tour (sa gamme santé connectée devrait sortir en 2017), le néerlandais Royal Philips a enfilé les sabots de bois du folklore national, ceux qui permettent de bien coller au sol et à la réalité du terrain. Il a demandé à l’IPSOS de mesurer les perceptions, comportements et attitudes vis à vis de l’e-santé, des patients (25 000) et des professionnels de santé (2 600) dans 13 pays : Australie, Brésil, Chine, France, Allemagne, Japon, Pays-Bas, Singapour, Afrique du Sud, Suède, Emirats arabes unis, Etats-Unis.

Un indice FHI pour comparer les pays

De cette étude, qui sera menée chaque année, est né un nouvel indice, le Future Health Index, qui permet de comparer les appétences des pays en la matière. Avec un FHI global à 54.4, la France sort de l’étude 10e sur 13, devant l’Allemagne (52.8), le Brésil (50.6) et le Japon (49.0). Alors que la Suède, les Emirats arabes unis et les Pays Bas sont en tête avec des indices respectifs de 60.9, 60 et 58.8.
Coup dur pour le pays qui a eu, selon l’OMS, le meilleur système de santé au monde. C’était en 2000. Depuis, les choses ont bien changé ; la confiance dans l’accès au continuum des soins, s’est effritée. Avec un indice spécifique à 66.9, la France occupe la huitième place. Les PS ne sont plus en effet que 53% à penser que leurs patients ont accès aux soins nécessaires alors que 67% des patients se disent satisfaits. 79% des PS français considèrent cependant positivement la qualité des soins délivrés en France mais seulement 68% des patients.
Autre enseignement : le vieillissement de la population est perçu comme un problème davantage par les PS (37%) que par les patients (11%).
Le partage de l’information est une réalité : 83% des PS partagent souvent ou systématiquement des informations sur la santé de leurs patients avec des confrères et 57% le fait en ligne.

La santé connectée, anxiogène ou utile ? : Les médecins n’ont pas encore tranché

Pour la faculté d’adoption des dispositifs de santé connectée, la France avec un indice à 42.6 est en queue de peloton avec l’Allemagne et le Japon. Ce résultat contraste avec une effervescence de start-up nationales encensées par le gouvernement français. La French Tech n’est pas prophète en son pays. Le grand public considère à 48% le coût comme un obstacle. 49% des PS et 42% des patients pensent d’ailleurs que ces dispositifs entraineraient une augmentation globale des coûts des soins de santé. Les PS continuent à penser à 66% que les technologies connectées alourdiront leur charge de travail et estiment à 60% que la surabondance d’information pourrait être anxiogène pour les patients. Lors des entretiens, ils soulignent que ces technos doivent venir en renfort et non en remplacement de consultations. Mais ils reconnaissent aussi à 49% que cela peut améliorer les connaissances des patients. Plus de la moitié des PS (59%) a eu l’occasion de recevoir des patients qui leur ont partagé des données provenant de dispositifs. Ce partage a incité les patients à bien suivre leur traitement (65%) et a permis de leur fixer des objectifs raisonnables (53%). On peut en conclure qu’il reste un important effort d’information et de validation avant de convaincre le grand public médical…
A noter, dans tous les pays, PS et patients sont partagés sur la capacité de chacun à gérer sa santé : 56% des patients (63% en France) s’en estiment capables contre 46% des PS (48% en France).
Quant au concept de système de santé intégré, continuum qui va de la prévention à la prise en charge au domicile, les patients et les médecins s’accordent dans tous les pays (sauf au Japon) à le valider. Mais la bureaucratie est perçue comme un frein ainsi que la nécessité de sécuriser les données personnelles de santé ce qui augmente les coûts. Dans ce domaine, la France est 10ème sur 13.
Ces chiffres, un peu compliqués à expliquer pour les profanes, sont à prendre pour ce qu’ils sont, des statistiques. Mais tels que, ils révèlent quelque chose de la difficulté d’évolution des systèmes de santé, notamment en France, face aux défis des années à venir, comme le vieillissement de la population.
Pour les objets santé connectés, le marché semble plus ouvert aux Emirats arabes unis, en Chine ou en Afrique du Sud, puis aux Etats-Unis et au Brésil que partout ailleurs.

* Entretiens en ligne et par téléphone menés entre le 24 février et le 8 avril 2016 auprès de 200 PS et 2000 patients dans chaque pays (1000 dans les EAU)

voir le PDF en français



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