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Objets connectés de santé : les patients plus convaincus que les médecins

Dévoilés lors de la 11e université d’été de l’e-santé à Castres (4-6 juillet), les premiers résultats d’une étude lancée par le Lab e-santé dénotent un écart important entre la vision des patients et celle des professionnels de santé quant aux effets positifs des dispositifs connectés de santé.

Le Lab e-santé, groupe de réflexion associant entreprises de santé, patients, accompagnants, professionnels de santé, prestataires de services et institutionnels a pris l’initiative de tester en vrai grandeur l’ « utilisabilité » d’un certain nombre de dispositifs connectés. C’est ainsi qu’a été lancée en septembre 2016 l’étude Updocs (Usage et partage des données issues des objets connectés de santé). Les professionnels de santé (40 engagés sur 50 prévus) travaillant dans une maison de santé, une pharmacie ou des centres de soins, ont remis aux patients éligibles une solution de suivi des données de santé sur iPad (ou smartphone) Virtual Santé du groupe Tactio ainsi que des objets connecté de marque Terraillon (balance, tracker d’activité, auto-tensiomètre).
Les PS peuvent créer un compte sur Virtual santé pour consulter les données des patients (13 comptes ont été ouverts utilisés par plusieurs PS) qui sont hebergées chez Claranet. Etaient éligibles des personnes présentant un excès pondéral (indice de masse corporelle supérieur à 28), une hypertension artérielle ou une grossesse à risque, et disposant d’un smartphone ou d’une tablette. 112 patients ont été inclus sur les 250 attendus. « La mise en place de l’étude est une question d’organisation. Au début, c’était brouillon et un peu au hasard de mes consultations. A l’usage, j’ai acquis un certain savoir-faire et j’ai mieux appris à poser mon discours et sélectionner les candidats, témoigne le Dr Joël Valendoff, médecin généraliste à la Maison de Santé Faidherbe à Paris. Je sélectionne les patients qui ont un emploi du temps chargé et qui peinent à venir consulter par manque de temps. Une fois le malade ciblé, je n’ai jamais eu de refus patient. Je les sensibilise sur l’importance de se faire suivre. Une fois qu’ils saisissent l’intérêt, ils sont pour la plupart, assez enthousiastes. »

Des regards croisées qui diffèrent

Un des objectifs de l’étude est en effet de déterminer "les freins et les moteurs à l’adoption de la santé connectée par les professionnels de santé", d’évaluer "les usages réels de ces technologies" et les profils des professionnels qui y trouvent un bénéfice.  Les maisons de santé pluridisciplinaires sont-elles le "terrain favorable" à l’adoption de ces nouveaux dispositifs ?
Les résultats intermédiaires présentés à Castres se basent sur les réponses à un questionnaire "SUS" (System Usability Scale) qui sert à recueillir un point de vue subjectif sur un dispositif ou un système. Note allant de 0 à 100 (de pas du tout d’accord à tout à fait d’accord). Ce questionnaire a été soumis aux patients et professionnels sept jours après leur inclusion dans l’étude et la découverte du dispositif proposé. N’y ont répondu que 12 PS et 47 patients. Le score moyen d’utilisabilité chez les patients est supérieur de plus de 11 points à celui des professionnels de santé (67,4 contre 56,3). La différence de ces regards croisés est tout à fait patente quant à l’aide à l’échange avec les PS noté 8 par les patients et 5,5 par les PS, l’optimisation du temps ( 7,4 contre 5,1) et la remise en question de l’expertise du PS ( 6,5 contre 4,3). Autre enseignement : la disparité des scores enregistrés par les patients se révèle forte, variant de 35 à 100/100. Ce qui suggère la nécessité d’un accompagnement personnalisé.
Si l’étude a suscité une grande satisfaction, le temps de démarrage est long des deux cotés, tant pour les PS qui doivent changer leurs habitudes que pour les patients qui ont besoin de quelques réglages pour devenir plus rapide.
« Cette étude me permet d’avoir un angle de prise en charge très original. Et elle permet de suivre de manière ludique certains patients, les jeunes tout comme les seniors»
, conclut le Dr Joël Valendoff .L’étude se poursuit jusqu’à la fin de l’été, pour une présentation des résultats complets à l’automne.

Télécharger la présentation des premiers résultats sur le site du lab e-santé



Kligo : les mesures d’examen directement dans votre ordinateur via des appareils connectés

Utilisez des objets connectés en consultation et vous gagnerez du temps ! C’est en tout cas le message des concepteurs de Kligo, une solution comprenant un logiciel interface léger ainsi qu’une mini clé USB bluetooth à installer sur votre ordinateur. Un pack incluant des dispositifs médicaux connectés accompagne l’offre.

La clé USB récepteur bluetooth récupère automatiquement les signaux bluetooth émis par les dispositifs médicaux connectés tels que tensiomètre, balance, oxymètre, glucomètre, thermomètre. Lorsque le logiciel métier du médecin a intégré Kligo, les mesures arrivent directement dans ses dossiers patients. Dans le cas contraire, les mesures arrivent sur l’interface du logiciel Kligo et le médecin n’a plus qu’à effectuer un copier coller.  Les données du patient ne sont pas récupérées sur des serveurs mais restent en local dans l’ordinateur du médecin.

Sur notre photo prise sur le stand de Kligo à HIT pendant la Paris Healthcare week (16-18 mai), Yacine Remini  co-fondateur de Medeo effectue un transfert de IMG_4297mesure de tension vers l’ordinateur.

Une interface non propriétaire

Outre le fait que les données du patient restent stockées chez le médecin, l’avantage de l’interface Kligo, c’est de ne pas être propriétaire. Les appareils connectés peuvent donc être de marque différente. Pour assurer cette interopérabilité, la start-up interface une dizaine de marques de dispositifs professionnels (A&D, Omron, Cardioline, Andesfit, etc.).
Du côté des éditeurs, quelques logiciels comme AlmaPro, Medimust, Med’OC, MagicMed…ont intégré Kligo et Medeo assure être en contact avec d’autres éditeurs. Fondée par deux jeunes diplômés en innovation et un médecin généraliste, Medeo n’est encore qu’une start-up lyonnaise de 4 salariés soutenue par BPI France et des investisseurs privés.
Présentée aux Journées Nationales de Médecin générale en 2016, Kligo s’est vu décerner la mention « Meilleure application médecin généraliste » de l’année par un jury de professionnels. Mais c’est le succès de cette initiative auprès des médecins qui lui donnera du poids pour des négociations futures. Pour inviter les médecins à découvrir les avantages des dispositifs connectés, Medeo diffuse donc des packs incluant ces appareils*.

Suivi du patient à domicie

La prochaine étape, c’est "le suivi du patient à son domicile avec l’intégration directe des mesures dans les dossiers patients, explique le Dr Jean-Marie Bournazel, médecin généraliste, co-fondateur de Medeo. Une solution mobile de télésurveillance est en développement.
« Nous attendons avec impatience les avancées de l’ARS sur ces sujets »

*Medeo diffuse un pack découverte avec un tensiomètre et une balance connectés. Ainsi qu’un pack Expert comprenant 5 dispositifs. Disponibles en ligne sur www.kligo.fr ou 08 05 69 22 33
Voir aussi www.medeo-health.com



Philips France mise sur l’innovation, pour une vie en meilleure santé, de la prévention aux soins

En prélude à sa participation à la Paris Healthcare Week (16-18 mai, Porte de Versailles) où seront présentées plusieurs innovations, Philips France a dévoilé à la presse les nouveaux axes de sa stratégie santé qui passe par de nombreuses innovations dont Lumify, une sonde d’échographie connectée à un smartphone.

Depuis la séparation avec sa filiale Philips LIghting (son activité historique d’éclairage), introduite en bourse en 2016, la vénérable Royal Philips, 125 ans d’existence, se consacre exclusivement au bien-être et à la santé. Sur ce dernier secteur, il faut prendre désormais en compte les contraintes budgétaires alors que la demande de soins augmente ainsi que la nouvelle donne du digital avec des consommateurs et des patients plus informés. A cette problématique, Philips veut répondre par l’innovation, « clé d’une vie meilleure » selon le président de Philips France, David Corcos.
La nouvelle stratégie prend en compte le continuum de la vie saine à la santé à domicile selon quatre axes :
- Garder les gens en bonne santé.
Philips propose des produits d’hygiène bucco-dentaire, un mode de cuisson pour une cuisine saine, des purificateurs d’air, des appareils de luminothérapie.
- Inventer des équipements pour un diagnostic de précision, plus précoce.
En fusionnant par exemple les images provenant de sources différentes. Ainsi Philips IntelliSite Pathology, une plate-forme facilitant le diagnostic en oncologie avec intégration de l’anatomopathologie.
Ou pour les urgences, le système Minicare : une goutte de sang posée sur une petite cartouche clipsée sur un dispositif d’analyse qui tient dans la main et communique avec une plate-forme distante. 10 minutes plus tard le résultat s’affiche sur l’écran il peut être transmis aux urgences par exemple.
S4-1 Hand_phone_composed A noter aussi l’arrivée sur le marché français de Lumify, une sonde d’échographie connectée à un smartphone, incluant des outils d’interprétation. Mobile et d’utilisation simplifiée, l’échographe devient un outil diagnostic de première intention.
- Mieux traiter avec des techniques opératoires micro invasives guidées par imagerie
- Accompagner le retour à domicile et le suivi des maladies chroniques.
Déjà présent dans l’assistance respiratoire, Philips va apporter demain des patches pour des examens biologiques à domicile. Philips a identifié plusieurs applications. Un patch pour la troponine marqueur des atteintes cardiaques est en cours de marquage CE. Autres pistes, le comptage des globules blancs pour les patients en chimiothérapie pour éviter certains déplacements à l’hôpital. Encouragé par la publication du cahier des charges pour le télésuivi de quatre affections chroniques dont l’insuffisance respiratoire et l’insuffisance cardiaque, Philips va lancer en France ses offres de télésurveillance dont il est un des leaders aux Etats Unis où les résultats sont très probants (diminution d’un tiers des couts de prise en charge avec Banner Home Care).
« Le développement logiciel représente 70% de la recherche-développement » souligne Frédéric Bouvier, directeur de la stratégie.

Conseil en analyse stratégique et expérience patient

On ne s’étonne pas que Philips ait ouvert fin 2016 en France son cabinet de conseil d’analyse stratégique « Philips Conseil France » pour tous les sujets où la société n’aura pas à concourir à un appel d’offres, pour d’évidentes raisons de conflits d’intérêt. D’ailleurs, lors des contrats passés avec les hôpitaux, il ne s’agit plus aujourd’hui de vendre des équipements mais d’offrir de la gestion de parc avec des paiements à l’usage ou à la valeur et même d’investir dans le système de soins. Pour établir des partenariats stratégiques à long terme. A l’image de GOPI (Gestion optimisé du parc d’imagerie) qui vient d’être passé avec les Hospices civils de Lyon. Autre objectif de la compagnie néerlandaise, la prise en compte de l’expérience patient. Ainsi a été mis au point un masque plus confortable pour améliorer l’observance dans le traitement de l’apnée du sommeil ou un écran vidéo et de la musique pour détendre les patients subissant un examen d’IRM.
Une expérience patient réussie ne peut qu’améliorer la qualité des soins.

 



La télémédecine prend « actes » pour les médecins libéraux et certains de leurs patients

Un acte de télé-expertise et un acte de téléconsultation au service des patients des EHPAD (650 000 personnes dépendantes) viennent d’être introduits par un avenant à la Convention le 1er mars. Si l’on y ajoute la publication en décembre du cahier des charges pour la télésurveillance de trois pathologies chroniques et des forfaits y attenant, et fin avril de celui de la télésurveillance du diabète, on peut dire que la télémédecine s’apprête à pénétrer dans les cabinets libéraux. Et ce durablement puisque Nicolas Revel, directeur général de la CNAMTS, compte ouvrir en 2018 une négociation conventionnelle sur la télémédecine pour faire entrer les actes de téléconsultation et de téléexpertise dans le droit commun et non plus dans un cadre expérimental.

TDT à 15 euros entre confrères

Pour la CNAMTS, il s’agit bien, comme toujours, de faire des économies. L’entrée d’un patient en EHPAD se traduit pour 46% des pensionnaires par un changement de médecin traitant (chiffre extrait du rapport « Charges et produits 2017 »). Une télé-expertise assurée par l’ancien médecin traitant sollicité à distance (par téléphone par exemple) par le nouveau avec l’accord du patient permettrait une meilleure coordination des soins, en particulier pour les prescriptions. Voilà donc posé un acte de télé-expertise dénommé TDT (Télé-expertise Dossier Traitant) valorisé 15€ et facturé par les deux médecins traitants, l’ancien et le nouveau. Le TDT pourrait concerner 80 000 personnes par an.

La téléconsultation plus « rentable » que la consultation pour le médecin

L’avenant introduit également un acte de téléconsultation au service des 650 000 personnes résidant en EHPAD qui sera rémunéré un C ou un CS (TTE). Pour éviter les déplacements délicats ou des hospitalisations inutiles. La téléconsultation qui est menée en présence d’un membre du personnel soignant de l’établissement qui accompagne le patient, est appréciée des médecins qui la pratiquent car ils ne perdent pas de temps. Le patient est déjà prêt.
« Un dermatologue qui voit trois patients en une heure lorsqu’il se déplace à l’EHPAD en voit six par téléconsultation dans le même laps de temps », explique à Buzz Medecin, Michel Rioli, président de Télémedinov, un réseau de télémédecine qui couvre aujourd’hui 14 EHPAD en Vendée. Le retour d’expérience des « pionniers » (une dizaine de médecins sur 45 médecins concernés) sur les 331 consultations réalisées en 4 ans, est globalement positif. Au bout de 100 consultations un des établissements avait déjà divisé par deux son nombre de jours d’hospitalisations. Ce réseau comme celui de Télésanté Aquitaine qui a réalisé 500 téléconsultations, a déjà prouvé son utilité médico économique.
Comme l’a également indiqué, lors de la journée Catel Visio le 23 mars, le Dr Cécile Moisan, chirurgien vasculaire qui a initié des téléconsultations « plaies et cicatrisation » entre son hôpital à Saint Brieuc et le CH de Paimpol en a aujourd’hui réalisé 2000 au lit du patient :« Moi, je gagne 1h30 en trajet et durée de consultation  en examinant 6 à 10 patients en 40 mn, avec une image parfaite et accès au dossier paimpolais ; et la CNAM gagne les 104 € du trajet en ambulance."

Prescrire la télésurveillance rémunérée au forfait (pour quatre pathologies chroniques)

« Vous pouvez prescrire la télésurveillance et en assure r le suivi ». Ainsi le Pr Michel Galinier (Toulouse), promoteur de l’étude OSICAT a-t-il apostrophé ses confrères venus en nombre assister dans le cadre des Journées européennes de la SFC (société française de cardiologie), en janvier à une conférence sur le télésuivi des patients insuffisants cardiaques, organisé avec le soutien de Cordiva. « Il faut inclure des patients qui en ont besoin et qui peuvent se servir d’une machine ». Balance connectée + boitier de transmission dans le cas de Cordiva.
L’insuffisance cardiaque fait en effet partie avec l’insuffisance respiratoire et l’insuffisance rénale des trois pathologies chroniques pour lesquelles la DGOS (Direction générale de l’offre de soins) a ouvert le champ des expérimentations dans neuf régions avec un cahier des charges publié au Journal Officiel du 15 décembre dernier  Le cahier des charges pour la télésurveillance des diabétiques est arrivé fin avril 2017 Journal Officiel du vendredi 28 avril.
Des forfaits semestriels sont prévus pour les professionnels de santé effectuant la télésurveillance (de 36,50 à 110€ selon la pathologie), les professionnels de santé assurant l’accompagnement thérapeutique (infirmières principalement de 30 à 60€) et les fournisseurs de solution de télésurveillance et des prestations associés (de 225 à 300€, voire 375€ pour certains type de diabète). En sus une prime de performance est prévue pour les différents acteurs en cas de dépassement des objectifs collectifs de performance (-20% d’hospitalisation par exemple).
Pour la télésurveillance du diabète (limitée à certains types bien précis de diabète) le médecin spécialiste et le médecin traitant signent une convention de collaboration.
En pratique, rappelle le Pr Simon, pour Buzz Medecin, le médecin :
- doit faire une déclaration à son ARS comme quoi il va pratiquer la télémédecine
- doit le déclarer à son assurance
- doit s’inscrire sur une plate-forme
- la plate forme doit avoir un service d’accompagnement thérapeutique ou le médecin travaille en collaboration avec des infirmières (cas d’une MSP par exemple)
- il faut que la plate-forme ait un marquage CE, comme un dispositif médical
Cordiva, racheté par CDM e-health (filiale d’Air Liquide) et qui a pris le nom de Chronic Care Connect Cardiology n’a pas encore son marquage CE mais a d’ores et déjà annoncé étendre à toute la France, dans le cadre du fameux articles 36, ses services limités jusqu’ici aux expérimentations PIMS et OSICAT dont les résultats sont attendus pour la fin 2017.
Des industriels comme Orange Healthcare ou Etiam peuvent également proposer des plates-formes. Ce ne seront pas les seuls.

Il ne s’agit encore que d’"expérimentations" mais à une plus large échelle. Et Nicolas Revel, directeur général de la CNAM, a expliqué lors du congrès de l FMF début juin qu’il compte ouvrir en 2018 une négociation conventionnelle sur la télémédecine pour faire entrer les actes de téléconsultation et de téléexpertise dans le droit commun et non plus dans un cadre expérimental.

(mis à jour le 19 juin 2017)

 



Médecins et objets connectés de santé : beaucoup de sondages et encore peu de faits ; donnez votre avis

S’il y a un sujet qui a été sondé et re-sondé, c’est bien celui des objets connectés en particulier dans la santé. Les médecins et leurs patients sont interrogés régulièrement. Tous ces chiffres donnent un peu le tournis. A la mesure des projections de ce marché jugé très porteur. Et vous qu’en pensez-vous ?

La dernière enquête Opinion Way auprès de 1070 Français (8-12 mars 2017) atteste que 45% (contre 35% en 2016) de la population voit les objets connectés comme une révolution, à l’image d’Internet il y a quelques années… Si la santé est citée comme un secteur prioritaire (73%), les objets qui viennent spontanément à l’esprit sont les montres connectés (53%) et les smartphones (37%), pas les tensiomètres ! Parmi les bénéfices reconnus (choix dans une liste), c’est la possibilité d’être alerté en temps réel encas d’urgence qui est en tête (94%), « nous permettre de mieux suivre notre état de santé » arrive en 5ème position à 83%. Côté inconvénients, 74% des sondés estiment que les données de santé peuvent être anxiogènes et les objets connectés eux même nocifs pour la santé (62%). Alors, que doit-on en conclure ? Visiblement, le sondage réalisé par l’IPSOS pour AG2R La Mondiale présentait de façon plus optimiste la santé connectée avec 43% des Français utilisant une appli mobile de santé.

Et les médecins ? Il semble que la menace sur le secret médical et le flou sur la responsabilité soient encore les principaux freins pour conseiller des objets connectés à leurs patients. La perte de confidentialité est le premier risque évoqué (90% des MG et 88% des spécialistes) par le sondage Ipsos-Asip Santé présenté en janvier 2017. Les deux facteurs (secret médical et responsabilité) sont mentionnés respectivement par 40 et 34% des médecins selon l’étude réalisée par Withings et la MACSF auprès de 1037 médecin sociétaires.

9, 16 ou 40% : quelle réalité donner à ces chiffres ?

Quand on veut aborder la pratique et la consultation, on se trouve de même assez perplexe. Dans le cadre de l’étude Withings-MACSF, 25% des professionnels de santé interrogés déclarent utiliser à titre personnel un objet connecté mais 15% l’intègrent à leur pratique principalement pour établir un diagnostic (à 43%). 9% disent en avoir déjà conseillé à un à leurs patients (glucomètre dans 51% des cas, tensiomètre 39%, traqueurs d’activité 36%. Le baromètre Vidal CNOM de 2016 s’adressant à ses clients équipés de smartphones (on attend celui de 2017) évaluait à 16% le nombre de médecins ayant déjà conseillé un objet connecté (contre 9% en 2014) mais seulement à 20% de leur patientèle. Le site Egora a pour sa part travaillé en collaboration avec la société d’études Direct Medica pour réactualiser son baromètre du médecin connecté (23 février-6 mars 2017). Dans cet échantillon de 265 médecins internautes, interrogés par mail, possédant des smartphones à 89,91% et une tablette à 66,79%, 39,25% affirment avoir déjà conseillé un objet connecté à des patients. Ceux qui ne le font pas se sentent mal formés (52,38%) et craignent pour le secret médical (12,90%). Le niveau de confiance (42,64) est supérieur à la défiance (41,51%).

Une étude sur le terrain

Au vu de ces résultats, tout juste peut-on observer une tendance favorable aux objets connectés santé… Pour en avoir le cœur net, le Lab e–santé, groupe de réflexion composé à l’origine de responsables de la communication santé mais élargi aux associations de patients, a initié UPDOCS, (Usage et Partage des Données issues d’ Objets Connectés de Santé), la première étude multipartenaires dédiée à l’appropriation des objets de connectés de santé par les professionnels de santé . Pour ce faire UPDOCS a mis a disposition des PS dans 8 centres investigateurs (6MSP, 2 pharmacies et 1 centre de soins) la solution Virtual Santé sur iPad (issu de la plate-forme Tactio) et un ensemble d’objets connectés (balance, bracelet, auto tensiomètre). iPad et objets sont attribué aux patients acceptant d’intégrer l’étude et présentant un excès pondéral ou une hypertension ou une grossesse à risque. La première phase de cette étude de 10 mois auprès des PS et de 6 mois auprès des patients s’est clôturée en janvier. Les médecins apparaissent depuis quelques années plus « geek » que l’ensemble des Français. 40 PS ont ouvert 13 comptes (ce qui montre que le partage d’informations est prévu). Les patients inclus sont majoritairement des hommes (30% entre 30 et 39 ans) dont près de la moitié fait peu d’activité physique. Résultats attendus : mieux connaître les freins et les moteurs à l’adoption de la santé connectée par les professionnels de santé, le profil des PS y trouvant un avantage, les usages réels et si les Maisons de Santé Pluridisciplinaires constituent un terrain favorable à son déploiement.

Donnez votre avis sur Buzz Medecin

Plus modestement, Buzz Medecin suggère aux professionnels de santé qui seront arrivés jusqu’à la fin de cet article (!) de déposer un avis sur le sujet. Avez-vous déjà utilisé un objet connecté de santé ? En avez vous conseillé à un patient et dans quelle circonstance ?
Merci d’avance !!!



VisioCheck, le tout-en-un de la télémédecine mobile

 Visiomed a dévoilé au CES 2017 de Las Vegas, VisioCheck, « première station de télémédecine mobile ». Le Dr François Teboul, directeur médical de Visiomed en a détaillé les fonctionnalités cette semaine, à Paris, pour la presse spécialisée.

Chez Visiomed, il s’agit moins de développer une gamme complète d’objets connectés santé * que de proposer des solutions au grand public comme aux professionnels de santé. Ses services intégrés à sa plate-forme de recueil des données médicales Bewell Connect, comptent selon Eric Sebban, fondateur de Visiomed, plusieurs milliers d’abonnés principalement des personnes à l’étranger ou des femmes avec des enfants en bas âge. Check-up (4,90€/mois) permet d’analyser ses symptômes (250 primo-diagnostics et des algorithmes issus du travail du Dr Loïc Etienne) pour juger de l’urgence et MyDoc permet d’obtenir un médecin au bout du fil.
A destination du milieu professionnel, Visiomed a aussi conçu My HealthBox qui permet au patient d’être suivi chez lui à distance après une hospitalisation ou selon un plan de soins que le praticien peut facilement modifier en fonction des alertes qui lui sont transmises. Doté de son propre module avec une carte Sim, le système est autonome n’exigeant pas de Wifi à proximité.

Développer la télémédecine en libéral

Teboul et visiocheckDévoilée au dernier CES (où Visiomed avait décroché un Innovation Award en 2016 pour son électrocardiogramme de poche MyECG), VisioCheck veut être la première station de télémédecine mobile. La « station » se présente comme un smartphone dédié (poids 300g) doté d’une riche connectique et d’une carte SIM. Communication par Wi-Fi, 2G,3G, 4G. Le capteur infra-rouge du thermomètre est inclus et tous les équipements ont été miniaturisés : l’ECG sept têtes, l’oxymètre de pouls, le tensiomètre brassard et le « dongle » MyGluco qui se connecte sur la prise jack (microphone) du VisioCheck. Une caméra pour une éventuelle visioconférence et une LED pour éclairer l’examen médical complètent le dispositif.
Les applications embarquées permettent de gérer les différents paramètres vitaux sur un seul visiocheckécran. Dans ce tout en un, le professionnel a également accès à la liste des dossiers patients avec historique et données patients. Les données seront transférées automatiquement au dossier médical électronique.
Visiomed a prévu un chariot ambulatoire pour l’utilisation en établissement. Mobilité au sein de l’établissement et mobilité en visite. Un équipement à partager par un cabinet groupé ou une maison de santé pluridisciplinaire et des urgentistes. Ou encore à installer dans l’espace confidentialité d’une pharmacie pour lutter contre la désertification médicale.
VisioCheck est en train de passer ses derniers tests métrologiques pour l’obtention de la certification CE comme dispositif médical de classe IIA. Il devrait être proposé autour de 2.500 euros à l’achat ou en location avec des services de 149 à 249 euros/mois.
« Avec VisioCheck, nous allons contribuer au développement de la télémédecine notamment via les professionnels libéraux, souligne le Dr FrançoisTeboul, qui n’hésite pas évoquer "un nouveau standard médical".

*MyGluco, lecteurs de glycémie, MyScale, gamme de balances et d’impédancemètres, MyOxy, l’oxymètre de pouls, MyTensio la gamme de tensiomètres, MyCoach, les trackers de sommeil et d’activité, MyTens, électrostimulateur, MyECG, électrocardiogramme de poche sans fil



Trophées de la santé mobile 2017 : 7 trophées pour 43 applications en compétition

Un label « mHealth Quality » attribué à 9 applications, plusieurs rapports officiels sur la santé connectée, il n’en faut pas plus au Dr Guillaume Marchand, président de dmd santé pour proclamer 2017, année du passage à l’âge adulte de la santé mobile et connectée. Les 4 e trophées de la santé mobile organisés le 28 janvier à la Cité de sciences dans le cadre de la journée nationale de l’innovation en santé ont récompensé des applications « matures » parmi les 43 en compétition.

Rappelant que l’iPhone a fêté ses dix ans le 9 janvier dernier, le Dr Guillaume Marchand, président co-fondateur de dmd santé, estime que le marché de la santé connectée a bien progressé vers la maturité. Il en veut pour preuve l’utilisation croissante des applis par les médecins (65% s’en servent, 18% les conseillent à leurs patients), le déploiement d’applis, voir même leur prise en charge, par des institutionnels (en Angleterre, en Belgique, en Andalousie) et en France la parution du référentiel de bonnes pratiques se la HAS et la publication d’un rapport parlementaire sur la santé connecté préconisant la prise en charge des objets connectés participant à la prévention. De son côté , dmd Santé qui a lancé son propre label mHealth Quality se réjouit d’un partenariat avec les ARS Nouvelle Aquitaine et Centre Val de Loire pour la validation d’applications et l’évaluation d’objets connectés.

Au cours de l’année écoulée, 134 applis ont rempli l’auto-questionnaire en ligne sur le site. 40% ont passé cette première étape avec succès, 18% ont eu besoin d’un accompagnement, 19% ont été rejetés. 23% sont en cours de labellisation (9 labellisés).
logoTsmC’est donc parmi les 43 applications qui ont franchi la première étape avec une note supérieure à 105 /150 pour les critères médicaux et 70/100 pour les aspects réglementaires et juridiques qu’ont été choisis les 4 lauréats des trophées dévoilés le 28 janvier   : Novi-chek de Roche Diabetes Care France, Grand trophée de l’application mobile de santé; Medpics, Trophée de l’application destinée aux professionnels de santé; Doctisia, pour préparer ses rendez-vous santé Trophée de l’application destinée aux patients; Qalyo, Trophée de l’application de suivi, conçue comme un assistant de santé connecté. Le Trophée coup de cœur des internautes est allé a Brosse toi les dents avec Ben le Koala.
Profitant de la présence de grand public, une autre compétition l’Aréna santé mobile a vu s’affronter 5 applications mobiles de santé (Mon coach douleur de Takeda qui a reçu le Trophée, Sympto check de Santé assistance, Qalyo de Qalyo, Gluci-Check de Roche Diabetes, e-thyroïde de Vivre sans thyroïde et 5 objets connectés : le thermomètre Tucky de e-takesCare,  la balance de cuisine Nutrismart de Terraillon, le verre Swaf, la station de télémédecine miniature VisioCheck de Visiomed Group et la e-cigarette d’Enovap qui a remporté le Trophée,. C’est le public présent à la journée nationale de l’innovation qui votait pour son appli et son objet préférés sur le stand de dmd Santé.
Car le public, notamment celui des patients, est de plus en plus invité à co-construire les applis qui lui sont destinés. Partenaire depuis l’origine des Trophées, Sanofi, suit cette tendance avec sa direction de l’innovation « ouverte », Le grand groupe a appris à travailler avec les patients et les professionnels de santé pour mieux "coller" à leurs problématiques à travers ses sites et ses applis. En développement, une application pour aider le médecin généraliste à envisager un diagnostic de maladie rare en présence de certains signaux faibles

r www.trophees-sante-mobile.com 

(mis à jour le 30/1/2017 après l’annonce des Trophées)



CES 2017 : la santé connectée au service des diabétiques, du brossage des dents, du soulagement de la douleur

Le Consumer electronic show (CES) qui s’est tenu du 5 au 8 janvier à Las Vegas a une nouvelle fois montré la vitalité des start-up françaises (233 étaient présentes) notamment dans le domaine de la santé. C’est d’ailleurs un dispositif français pour les diabétiques qui a obtenu un prix de la meilleure innovation. Buzz Médecin a retenu quelques innovations (pas toutes françaises).

Diabète mieux géré

glucosepng2Lorsqu’elle sera commercialisée, la montre connectée K’Track Glucose de la société PK Vitality  pourrait bien changer la vie quotidienne de nombreux diabétiques. Il s’agit du premier dispositif de contrôle de la glycémie par simple pression sur la peau. La K’apsul Glucose qui s’insère au dos du cadran comporte un système de microaiguilles qui examinent le liquide interstitiel (technologie Skin Taste). L’utilisateur ressent un léger effet de fourmillement mais pas de douleur. Pour Luc Piérart, président de la société, l’idée c’est de reproduire le processus de la langue et de goûter la peau. Le capteur peut changer pour d’autres analyses (l’acide lactique par exemple). Avec une levée de fond en cours (entre 3 et 5 millions d’euros) qui sera facilitée par le « Best of innovation » reçu, l’objectif est de commercialiser la montre en 2018 pour un prix de 149 €. La recharge K’apsul Glucose d’une durée d’un mois serait vendue 99 €. Voir le site
C’est encore une avancée pour les diabétiques qui a reçu un Award dans la catégorie Biotech. Clipsulin met, selon Diabnext son concepteur américain, l’Intelligence artificielle au service de la gestion des doses d’insuline. Compatible avec différents stylo injecteur (Sanofi Novonordisk, Lilly notamment) l’enregistreur mémorise le nombre d’unités, l’heure etc..
L’application Diabnext, partagée avec le médecin, permet de gérer son diabète plus efficacement.

Brossage de dents connecté

ARA et appOnt également reçu un Award dans la catégorie Biotech, l’Oral Care System de Kolibree, qui avait lancé une brosse à dents connectée pour apprendre aux enfants à se laver les dents ; Il s’agit cette fois d’accompagner le brossage des patients à risque ou en traitement orthodontique avec ARA. Cette brosse à dent est en précommande sur le site à 79 € (livraison prévue en mars). Award aussi pour Philips Sonicare et son coaching personnalisé en 3D avec feedback en temps réel pour améliorer son brossage.

Télémédecine portable

Autre innovation intéressante, le groupe Visiomed a présenté Visiocheck, la première station de télémédecine mobile et connectée au monde d’un poids de 500 g, ayant la marque CE de dispositif médical de classe IIA (lancement mi 2017). Visiomed a profité du salon pour annoncer le partenariat avec la société de domotique Vity pour qu’elle intègre les services de santé Bewell Connect dans son bouquet TV pour le maintien à domicile.
Le CES est en effet une bonne occasion d’annoncer les partenariats. Startup ayant pour vocation de penser & développer des technologies médicales innovantes de diagnostics et de les rendre accessibles au plus grand nombre, Neogia a officialisé son partenariat stratégique avec Kyomed, ayant une expertise reconnue dans l’accompagnement clinique de dispositifs médicaux innovants. Ce rapprochement devrait se traduire par la mise sur le marché en 2018 d’une première technologie validée cliniquement, le bracelet connecté Motio HealthWear, permettant le diagnostic et le suivi de l’apnée du sommeil en mesurant actimétrie, fréquence cardiaque, oxymétrie et rythme respiratoire.

Semelles connectées, TENS et réalité virtuelle

Parmi les autres start-up sélectionnées pour représenter la French Tech, Rcup, Sublimed et SimForHealth.

Les semelles morphologiques connectées Rcup veillent sur la santé et la sécurité des personnes en remontant des informations (pression plantaire, posture…) avec alerte en cas d’urgence. L’assistant digital sert aussi à apprendre le bon geste pour limiter les douleurs actuelles et futures (troubles musculo-squelettiques) et peut servir à éviter la fatigue de certains postes de travail. Une fonction de commande permet même de donner un ordre à un équipement d’un mouvement de pied.

Sublimed et ActiTENS, son dispositif connecté « wearable » (à porter sur soi) de neurostimulation électrique cutanée pour soulager la douleur. Voir l’article du blog à ce sujet

Sur le stand de SimforHealth, les visiteurs ont pu tester sur le casque HTC Vive, le premier cas clinique d’urgence virtuel développé par la société française en partenariat avec le centre de simulation de la faculté médicale de Nice. Bel exemple de l’apport de la réalité virtuelle dans la formation en santé. SimForHealth présentait également la plate-forme MedicActiV de consultation et de diffusion de cas cliniques virtuels qu’elle souhaite internationaliser.

D’un CES à l’autre, il apparaît bien que tout ce qui peut être connecté va l’être. Et que l’intelligence des apps installées dans le smartphone permet des développements qu’on ne pouvait imaginer jusqu’ici.



ActiTENS, dispositif antidouleur connecté au CES 2017

La neurostimulation électrique transcutanée (TENS) se vulgarise avec l’apparition des appareils TENS connectés, légers et aux applications variées : fitness, récupération après effort sportif et traitement non-médicamenteux de la douleur. Buzz Medecin en a déjà testé plusieurs : BlueTens et MyTens de Bewell Connect. ActiTENS de Sublimed se veut à usage essentiellement médical. Il sera présenté au prochain CES (Consumer electronic show ) de Las Vegas (5-8 janvier) au milieu de la French Tech.

La startup Sublimed a été crée en octobre 2015 dans l’incubateur du CEA. Ingénieur chercheur au Leti de Grenoble, Nicolas Karst s’est lancé avec Simon Perraud, également ingénieur, dans l’aventure du développement d’un TENS connecté, en collaboration avec Dr Jean Pierre Alibeu qui a dirigé le centre antidouleur de Grenoble.
L’appareil fait l’objet de cinq brevets. « Notre dispositif est le premier vraiment « wearable », insiste le chercheur. Car un générateur d’impulsion flexible que l’on place sur la peau (comme un patch) remplace le boitier. Ce générateur est relié aux électrodes par de tout petits câbles courts et fins. Le patient peut porter le dispositif jusqu’à 12 heures/jour de manière confortable et toutes les zones du corps sont couvertes. ActiTENS est donc un dispositif anti-douleur universel.
Pour améliorer le taux de succès de la thérapie, l’application smartphone actiTENS collecte, analyse et synthétise les données du patient (historique d’utilisation, évolution du niveau de douleur ressentie et de l’activité physique, etc). Le médecin dispose lors de chaque consultation d’un outil simple et efficace pour l’aider dans son diagnostic.
Sublimed a levé 700 000 euros en juin dernier pour industrialiser son produit qui devrait être bientôt commercialisé.
actiTENS espère obtenir son marquage CE comme dispositif médical au premier trimestre de 2017, ce qui lui permettra de bénéficier de la prise en charge (112 euros) dans le cadre des TENS prescrit dans les centres antidouleur.
Environ 15 000 personnes achètent un appareil chaque année parmi lesquelles en 2014, 11.000 avec une prise en charge de l’assurance maladie .

En savoir plus www.subli-med.com



Santé connectée : les 101 bonnes pratiques de la HAS

La Haute Autorité de Santé a publié le 7 novembre un référentiel de 101 règles de bonne  pratique pour aider développeurs et évaluateurs à diffuser des applications et objets connectés sûrs, fiables et de qualité.

La HAS voit au moins trois avantages à la santé connectée : le patient y est plus actif dans sa prise en charge, elle pourrait contribuer au développement de la médecine préventive et enfin l’exploitation du Big Data renferme des promesses de progrès médical. Dans ce contexte, il relève des compétences de la HAS de promouvoir son usage en inspirant la confiance, plutôt que d’édicter des règles restrictives ou de proposer un quelconque label.
La HAS prend bien soin de préciser que ce référentiel, fruit d’un groupe de travail de 25 personnes qui a réfléchi et rédigé pendant toute une année (novembre 2015-septembre 2016) sous la conduite de Pierre Trudelle (HAS), ne se substitue pas à la loi ou à la réglementation. Il ne concerne d’ailleurs pas les objets connectés soumis au régime du marquage CE en tant que dispositifs médicaux (tensiomètre, glucomètre, thermomètre..) mais la zone grise de la forme-santé. Pour les sujets traitant de la protection des données personnelles et de la cybersécurité, la CNIL et l’ANSSI (agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) ont apporté leur contribution.

Des niveaux d’exigence adaptés aux fonctions des apps

N’étant pas le premier à se pencher sur le sujet, le document de 60 pages passe tout d’abord en revue les classifications existantes ainsi que les sites d’évaluation des applications au niveau international (cinq sites en France comme GPM e-sante de groupe Pasteur Mutualité, Medappcare ou DMD Santé et son label mHealthQuality). Pierre Trudelle qui s’est chargé de la sélection et de l’analyse de la littérature a fait un beau travail. Les annexes sont également très intéressantes.
Le référentiel proprement dit, que l’on ne va pas détailler ici mais qui est téléchargeable, porte sur cinq domaines (information, contenu santé, contenu technique, sécurité/fiabilité, utilisation/usage) subdivisés en une vingtaine de sous domaines. Les règles proposées doivent permettre aux utilisateurs, grand public ou professionnels de santé de trouver des produits simples à utiliser et ergonomiques, avec des garanties de sécurité et de fiabilité et dont ils ne sont pas prisonniers (consentement révisable et accessible à tout moment, résultats communicables). En gros, quand vous téléchargez une app, vous devez savoir où vous mettez les pieds…
La HAS a défini des niveaux d’exigence différents selon qu’il s’agit d’une app d’information grand public ou de la gestion de la prise de médicaments. D’une façon générale, les apps destinées aux professionnels de santé relèvent des exigences élevées. Tout cela est consigné dans de grands tableaux assez clairs.
 

Une base pour de futurs labels ou évaluations

En publiant ce référentiel, l’ambition de la HAS est de le voir servir de base pour des registres, label, score, bancs d’essai, évaluation dont elle laisse l’initiative à d’autres. C’est un travail utile. Il s’inscrit dans la ligne du guide de bonnes pratiques européen attendu pour 2017.
Il serait dommage que les développeurs ne tirent pas toute la substantifique moelle de ce référentiel et s’en servent surtout pour rallonger les Conditions Générales d’Utilisation, les fameuses et souvent interminables CGU que l’on accepte sans les lire, avec résignation.

Voir l’article de présentation de la HAS

 Télécharger le référentiel



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