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  • Covid 19 : près de 500 000 téléconsultations en une semaine et des initiatives numériques multiples

    La pandémie du Covid 19 a entraîné une multiplication d’initiatives de la part des acteurs du numérique en santé et des pouvoirs publics. Tandis que les téléconsultations explosent soutenue par l’assouplissement de la réglementation et la gratuité de certaines plates-formes, des applications de suivi des malades ont été réalisées dans l’urgence.

    Fort accroissement des téléconsultations et prise en charge à 100% depuis le 25 mars

    80 000 téléconsultations pour la semaine du 16 au 22 mars et 486 369 du 23 au 29 mars , ce sont les chiffres révélés le 31 mars par l’Assurance Maladie.
    Ces TC remboursées ont été réalisées par 29 000 médecins dont 81% étaient les médecins traitants de leur patient. Près d’un médecin sur trois s’est donc mis à la téléconsultation.
    Du 23 au 29 mars, 75% des facturations l’ont été en tiers payant contre 40% la semaine précédente (voir note en bas d’article pour savoir comment le faire). Depuis le 25 mars toutes les téléconsultations sont en effet prises en charge à 100% par l’Assurance Maladie, quelque soit le motif.
    Pour aider les professionnels de santé, le ministère de la Santé a même listé une centaine d’entreprises œuvrant dans le domaine de la télémédecine. editeurs_solutions_de_telemedecine. Buzz Médecin a évidemment tendance à préférer sa propre liste d’une vingtaine de prestataires plus spécialisés vers les médecins libéraux et à conseiller son article du 12 mars avec les différentes possibilités offertes parfois gratuitement . Depuis le 19 mars, les sages-femmes sont également autorisées à faire des téléconsultations.

    Le numérique veut « participer à l’effort national »

    La boite aux lettres de Buzz Médecin est actuellement submergée de communiqués de presse d’acteurs du numérique, connus ou inconnus, nouveaux ou non spécialisés dans la santé, qui tous veulent « participer à l’effort national » en proposant opportunément des produits gratuits.
    Impossible de vérifier en temps réel si tout cela est bien sécurisé et répond aux besoins des PS.
    Dans ces conditions, il existe déjà sur nos smartphones des possibilités de réseaux et de téléconférences tout aussi gratuits.
    Seules à prendre en considération, à notre avis, les initiatives des acteurs déjà implantés comme Bluelinea spécialiste de la téléassistance qui propose Help une plate-forme collaborative pour les directeurs d’établissements ou encore Lifen, présents dans les hôpitaux, qui a développé avec les équipes du Pr Ravaud à l’AP-HP, la plate-forme centralisée de recueil des données des malades non graves renvoyés chez eux et suivis à distance.

    Des applications développées dans l’urgence

    En effet, pour donner deux exemples ,dans la région parisienne c’est Covidom, construite par l’AP-HP et Nouveal e-santé pour le suivi des patients rentrés chez eux, actuellement déployée à Bichat et à la Pitié Salpetrière , établissements santé référence (ESR) pour le Covid 19. Téléchargeable sur smartphone, Covidom n’est activée que sur décision médicale. Elle a été référencée le 25 mars par le réseau UniHa…
    A Marseille, les hôpitaux universitaires ont développé Covid APHM pour le suivi de leurs patients symptomatiques ou non ne nécessitant pas d’hospitalisation.
    Les développeurs ne manquant pas d’idée, d’autres applications, comme Coronapp ont proposé de suivre les mouvements des utilisateurs pendant 14 jours. En cas d’infection, un algorithme retrace le parcours pour essayer d’en localiser la cause…
    Pour le grand public, Alliance digitale, composée d’industriels de la santé et d’acteurs du numérique a ouvert maladiecoronavirus.fr avec un test.
    Il existe aussi un Chatbot en open source pour répondre aux personnes pensant avoir été exposées https://covidbot.fr.
    L'objectif est aussi au delà du service rendu, de recueillir des données. Les plates-formes de Data sont très actives que ce soit pour recenser les boites de Plaquenil ou les symptômes des malades.
    Les algorithmes de l’intelligence artificielle sont déjà en train de mouliner.

    Note :Les conseils du SML pour le 100%
    • Cocher la case AMO
    • Cocher Soins particuliers exonérés
    • Parcours de soins : cocher « Médecin traitant » le cas échéant ou « Urgence » dans tous les autres cas
    • Faire tiers-payant pour la facturation
     • Si arrêt maladie associé, le réaliser sur AMELI, cocher le motif COVID19, le télétransmettre et adresser (par mail de préférence) au patient le feuillet employeur signé.

  • Maiia, nouvelle plateforme de rendez-vous et de téléconsultation qui fusionne Docavenue et RDVmédicaux

    En fusionnant Docavenue et RDVmédicaux pour donner naissance à Maiia, la plate-forme de rendez-vous et de téléconsultation soutenue par Cegedim se repositionne vers l’ensemble des professionnels de santé et vers les patients. La crise épidémique du Covid 19 qui a mis en lumière l’intérêt de la téléconsultation pour limiter la contagion, donne un relief particulier à cette annonce prévue de longue date.

    Depuis 2018, création de la Business Unit Docavenue, sortie du giron du groupe Cegedim en mode start-up, « nous avons fait une analyse fine du marché et fait remonter les besoins métier » explique Arnault Billy, directeur général de Maiia, ce qui nous a permis de proposer après la prise de rendez-vous en ligne, la téléconsultation aux médecins dès novembre 2018 et de rester en phase avec les recommandations du plan MaSanté 2022 et le constat partagé d’un nécessaire maillage territorial. En avril 2019, la téléconsultation arrivait dans les officines. »
    A ce jour, 100 000 professionnels de santé utilisent l’agenda, 4000 médecins et 400 officines sont équipés des solutions de télémédecine. 100.000 téléconsultations ont été effectuées depuis janvier 2019 dont 12.000 en février 2020. 100 millions de rendez-vous sont enregistrés chaque mois dans l’agenda dont 1 million pris en ligne.
    Après le rachat de RDVmédicaux en février 2019, un rapprochement des solutions s’imposait.
    D’où la co-construction avec les professionnels de santé d’une nouvelle plate-forme, tenant compte des évolutions technologiques, personnalisable et interopérable avec différents logiciels. Avec l’ambition de devenir « la solution d’assistance digitale santé de référence pour les professionnels de santé et leurs patients ». Pourquoi Maiia ? Parce que les deux i évoquent le lien patient-médecin, parce que Maiia comme maiiage territoriale, parce que c’est la déesse de l’accouchement, parce que la sonorité est douce et n’évoque pas seulement les docteurs !

    De nouveaux services

    Pour accéder au rang de référence, Maiia mise, dès à présent, sur de nouvelles fonctionnalités : des téléconsultations sans rendez-vous et la possibilités de se faire accompagner par un professionnel de santé dans les pharmacies (31 groupements de pharmacie ont signé un accord avec Maiia , soient 10 000 officines) ou par des infirmières auxquelles le service va être proposé. Les structures tels qu’EHPAD, CPTS etc. sont ciblés.
    La téléconsultation sans rendez-vous est rendue possible par les médecins abonnés qui inscrivent leur créneau libre en temps réel. Rappelons que pendant la durée de l’épidémie, la réglementation a été assouplie, le médecin n’a pas besoin d’avoir vu le patient au cours des 12 derniers mois, ni même de le connaitre, pour que la TC soit remboursée.
    « Nous comptons aussi sur l’implantation du groupe Cegedim dans la santé et son soutien financier, le fait que nous avons nos propres serveurs HDS pour les données de santé. Tout cela rassure. »
    Maiia est une plate-forme ouverte et interopérable et à la pointe de la technologie.
    Maiia est déjà en ligne. Les deux anciennes plates-formes vont perdurer un certain temps. Avec une migration progressive.

    www.maiia.com

    Prix : La prise de rendez-vous est à 69 €/mois .Le pack avec la TC à 119 €/mois pour les médecins
    89€/mois pour la TC en pharmacie + 65€/mois avec un pack de matériel médical connectés

  • Face à la pandémie Covid-19 , médecins soyez prêts pour la téléconsultation

    Depuis le renforcement des mesures de confinement face à la pandémie de coronavirus, les principales plates-formes de téléconsultation enregistrent une augmentation de 40% des prises de rendez-vous en consultation vidéo. C’est en effet la meilleure solution pour les patients confinés qu’ils soient atteints par le virus ou suspectés. Et, d’une façon générale, pour éviter les risques de contamination patient-médecin et via les salles d'attente. Un décret paru au Journal Officiel du 10 mars assouplit d’ailleurs les conditions de réalisation des TC jusqu’au 30 avril. Il apparait plus que jamais nécessaire de vous y préparer.

    Les solutions disponibles

    - Les plates formes de téléconsultation émanant d’entreprises privées sont nombreuses et la plupart sont décrites dans la rubrique Téléconsultation de Buzz Médecin. L’avantage des plates formes, c’est un service clé en main comprenant le règlement de la TC par carte bancaire, l’envoi de l’ordonnance sur un espace sécurisé et souvent la réalisation de la FSE. Et surtout la traçabilité.
    Plusieurs plates-formes permettent aux praticiens de s’inscrire gratuitement.. C’est le cas de Consulib , sans abonnement, qui a décidé de suspendre pendant la durée de l'épidémie la redevance de 1 € perçue sur chaque acte effectué et devient ainsi entièrement gratuit avec formation à la clé. Ou encore d'Hellocare, gratuit pendant le confinement et qui collabore avec Boulanger pour assurer la montée en charge des abonnés et des téléconsultations. MedVu a proposé dès le 26 février, la gratuité de ses solutions de videoconsultation pour les médecins libéraux, les pharmaciens et les infirmiers.
    Doctolib et ClickDoc ont également mis gratuitement la consultation vidéo à la disposition des médecins pendant la durée de l’épidémie.
    Doctolib, qui dit avoir reçu des centaines de demandes de médecins pour commencer à utiliser la consultation vidéo, finance intégralement les coûts d’équipement, de formation et de gestion de son service en ayant mis en place une cellule dédiée. ClickDoc propose aux médecins de s’inscrire gratuitement. Docavenue a également observé une montée en charge de plus 40%.

    - Les GCS (groupement de coopération sanitaire) ont développé des plates formes régionales utilisées pour la télémédecine le plus souvent dans un cadre hospitalier de télé expertise. 
    Certaines comme le GCS e-santé Bretagne avec  e-KerMed  sont en train de préparer des solution plus adaptés à la médecine de ville.
    Une des offres les plus abouties pour les praticiens est celle du GCS Sara une solution gratuite couvrant la région Auvergne Rhône Alpes. La TC se fait via l’application MonSira déjà téléchargée par 24 000 médecins (70% des médecins). Tout est sécurisé y compris le paiement en ligne. Le patient doit télécharger lui aussi une application.

    - Les outils de vidéo non spécialisés
    Des applications comme Facetime, WhatsApp ou encore le logiciel Skype peuvent aussi faire l’affaire en cas d’urgence. "Les téléconsultations peuvent être réalisées en utilisant n'importe lequel des moyens technologiques actuellement disponibles pour réaliser une vidéotransmission (lieu dédié équipé mais aussi site ou application sécurisés via un ordinateur, une tablette ou un smartphone, équipé d'une webcam et relié à internet)", explique le gouvernement en notice, même si le décret ne fait aucune mention des modalités techniques de réalisation des actes. Olivier Véran a fait mention de Facetime et de WhattsApp. C’est plus compliqué pour le paiement de l’acte et il faudra faire l’envoi d’une feuille de soin papier. L’ordonnance pourra être envoyée chez le pharmacien ou prise par un proche au cabinet.
    A limiter à notre avis aux situations urgentes avec des patients connus. 
    Les arrêts de travail, y compris pour des patients suspects de Covid-19 et qui sont peu symptomatiques peuvent être faits sur Ameli.pro sans la carte vitale du patient.

    A noter, nombre de centres de santé font actuellement la promotion de la téléconsultation. C'est le cas des centres MedikSanté qui poussent à utiliser l'application Medadom ou des centres de santé parisiens du COSEM (Coordination des oeuvres sociales et médicales) qui annoncent la téléconsultation sans avance de frais en partenariat avec la plate-forme Concilio

    Que dit le décret paru le 10 mars au Journal Officiel

    Selon le ministre de la santé, Olivier Véran, qui avait annoncé sa prochaine signature le 8 mars lors d’un conseil de défense consacré au suivi de l’épidémie, ce décret doit permettre de faciliter l'utilisation des outils courants de communication à distance en plus des plateformes numériques existantes et faciliter les conditions des actes de téléconsultations. Dès le 6 mars, le président du CNOM avait demandé que les conditions de la téléconsultation soient assouplies.
    Ce qui change à titre « transitoire et exceptionnel » (jusqu’au 30 avril) pour le remboursement, c’est la fin de l’obligation d’avoir vu le patient physiquement dans les 12 mois précédents la TC. Le médecin peut même ne pas le connaitre.
    En revanche, l’Assurance Maladie précise que « cette téléconsultation doit s’inscrire prioritairement dans le cadre des organisations territoriales coordonnées lorsqu’elles existent ». Pour toutes les autres téléconsultations ne concernant pas une suspicion ou une infection à Covid-19, les règles habituelles continuent à s’appliquer.
    De plus, le champ de prise en charge et la limitation du nombre de téléexpertises annuelles fait aussi l’objet de dérogation.

    Voir le décret paru au Journal Officiel du 10 mars

    Nouvel avenant 8 en faveur du déploiement de la TC

    Par ailleurs, et sans rapport avec la gestion de la crise du coronavirus, cinq syndicats représentatifs (MG France, CSMF, FMF, SML et Le Bloc) ont signé le 11 mars avec l’UNCAM, l’avenant 8 à la convention médicale d’août 2016 portant plusieurs mesures en faveur du déploiement de la télémédecine. L’accord précise la mise en œuvre des exceptions à l’application du parcours de soins coordonné tout en confortant le principe de la territorialité de la réponse. Les centres de santé (CDS), les maisons de santé pluridisciplinaires (MSP) et les équipes de soins primaires (ESP) peuvent gérer ces exceptions aux cotés des CPTS. Pour être constituées, ces structures devront recueillir au préalable l’avis consultatif des instances paritaires conventionnelles locales de médecins. Pour les filières où l’accès aux soins est difficile (ophtalmo) ou parce que la téléconsultation peut constituer une première étape (psychiatrie), il ne sera pas obligatoire de connaitre le patient pour obtenir la prise en charge, mais cela dans un cadre expérimental qui fera l’objet d’une évaluation.

    Mis à jour le 24 mars

  • Dossier pharmaceutique : la Cour des Comptes veut faciliter son usage et conforter ses fonctionnalités

    La Cour des Comptes consacre 25 pages de son volumineux rapport annuel, rendu public le 25 février au Dossier Pharmaceutique. Dans le nouveau contexte du DMP et du futur Espace Numérique de Santé du plan Ma Santé 2022, il convient de « ne pas brider le développement du DP » souligne l’institution qui fait sept recommandations pour en faciliter l’usage.

    Ce n’est pas la première fois que la Cour des Comptes se penche sur le Dossier Pharmaceutique, projet lancé en 2007 par le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (CNOP). Elle avait souligné son potentiel dès 2008, rappelé en 2012 la nécessité de convergence avec le DMP. Dix ans après sa généralisation, les conseillers lui font subir un nouvel examen dont il se tire plutôt bien, présenté qu’il est comme « un outil au service de la santé publique ».
    Au 31 octobre, 99,9% des officines y sont raccordés et ont à leur disposition 45,2 millions de DP dont 38,5 ont été consultés ou alimentés au cours des 12 derniers mois. Tout cela pour un budget annuel à l’équilibre de 4,3 millions d’euros (en 2018) assuré par les cotisations à l’Ordre, des pharmaciens ( 3,1 à 3,2 millions d’euros) et environ un million provenant de convention de services avec les laboratoires pharmaceutiques et quelques rares établissements de santé.

    Alertes sanitaires et alertes de ruptures

    Le DP Patient s’est en effet enrichi au fil des ans d’un portail DP permettant de lancer des alertes sanitaires (DP alertes sanitaires)  ainsi que des alertes concernant les médicaments (DP Rappels de lots et DP Ruptures). La diffusion des messages de l’ANSM (Agence de sécurité du médicament et des produits de santé), de la DGS et des laboratoires concernés est quasi instantanée et bloque les postes de travail de l’officine. Au total, 334 DP Rappel été diffusés et 231 alertes émanant essentiellement des instances de santé (200) et de laboratoires dans une moindre mesure. 186 laboratoires utilisent les services payant du portail.
    Le DP souffre cependant de quelques imperfections. Du fait de l’obligation de la présence de la carte Vitale du patient pour y accéder, n’y figurent pas les boites d’automédication, ni les médicaments prescrits non remboursé. De plus, il n’apparait pas exhaustif puisqu’en 2018, n’y était inscrit qu’1,5 milliards de boites sur les 2,5 remboursés par l’assurance maladie.  Comment dans ces conditions atteindre parfaitement son objectif premier qui reste de sécuriser la dispensation des médicaments en évitant notamment les interactions ?

    Les sept recommandations de la Cour des Comptes

    Pour faciliter l’usage du DP et conforter ses fonctionnalités les plus récentes, le rapport fait 7 recommandations :

    • Achever en 2021 la conformité du DP avec le RGPD (règlement général sur la protection des données). Ce qui est en cours selon le CNOP
    • Conforter le DP en inscrivant ses finalités dans le code de la santé publique
    • Faciliter la création automatique de DP (sauf opposition ) de façon à augmenter sa couverture au-delà de 60% de la population, qui est le taux actuel, supprimer l’obligation de la carte Vitale en la remplaçant par une identification forte (identifiant national de santé par exemple) et augmenter la durée de consultation des données qui n’est que de quatre mois pour le pharmacien (alors que les données sont conservés 36 mois, 5 ans pour les médicaments biologiques et 21 pour les vaccins)
    • Rendre obligatoire son alimentation dans les établissements de santé pour les activités de rétrocession
    • Rendre obligatoire le recours à DP Rappel et DP Rupture par les grossistes répartiteurs
    • Améliorer la qualité des données et intégrer la base de données anonyme (seul le CNOP y a accès) dans la plate-forme des données de santé (Health Data Hub)
    • Donner la priorité au raccordement du DP au DMP (que la CNAM n’envisage que pour 2023) et dans l’Espace numérique de santé personnel prévu dans le plan Ma santé 2022.

    Une appli DP dans l’ENS ?

    Pour la Cour des Comptes, il est clair que l’intégration du DP au DMP passe nécessairement par la coexistence des deux outils du fait de leur complémentarité.
    La Cour des Comptes voudrait surtout éviter les doublons et recommande une collaboration aujourd’hui inexistante entre la CNAM et le CNOP. Donnant l’exemple du module vaccin développé par la CNAM alors que les achats de vaccins sont déjà répertoriés dans le DP et conservés pendant 21 ans.
    Si ces recommandations ont trouvé un écho favorable au CNOP (avec un bémol pour l'accès à la banque de données anonymes), il ne semble pas en être de même à la CNAM dont on savoure les réponses qui suivent le rapport. Pour les vaccins, la CNAM explique en effet que le module en cours de développement dans le DMP permettrait l’information sur la date du vaccin et l’identité du professionnel ayant vacciné. Alors que dans le DP, il n’y a pas d’indication sur leur réelle injection.  Doit-on en conclure que la CNAM imagine que certains assurés stockent des vaccins, denrées ô combien périssables, dans leur réfrigérateur ?
    De même, la CNAM qui a l’intention de mettre à disposition des patients l’historique des remboursements réservé jusqu’ici au médecin, « ne voit pas l’utilité de prévoir un accès direct des patients à leur DP ».
    On sent déjà les tensions qui se préparent…
    Le DP qui pourrait devenir une application sur l’ENS personnel a pour lui l’avantage du nombre : 45,2 millions de DP contre 8,5 millions de DMP ouverts à la mi-février,; et de la fraîcheur des données : J +1 pour la vente contre J + 4 pour les remboursements.

    Télécharger le rapport sur le DP (chrome conseillé)

     

     

  • Un logiciel de gestion des dossiers médicaux condamné aux Etats-Unis pour avoir poussé les médecins à prescrire des opioïdes

    C’est parce que la justice s’est emparée de l’affaire que des médias américains comme Bloomberg, suivi par Reuters, ont fini par la révéler fin janvier : entre 2016 et 2019, le logiciel Practice Fusion, une des principales plates-formes en ligne médicale, a été payé par l’industrie pharmaceutique pour inciter à la prescription d’opioïdes contre la douleur. Ce qui montre, s’il en était besoin, toute la pertinence de la démarche de la Haute Autorité de Santé en matière de certification des logiciels d’aide à la prescription.

    Lorsque le praticien commençait son ordonnance, le logiciel lui proposait une fonction d’aide à la prescription avec l’apparition d’une fenêtre d’alerte demandant le niveau de douleur du patient. Puis un menu déroulant listait les traitements de l’envoi chez un spécialistes à la prescription d’un anti-douleur sous forme d’opioïdes. Il suffisait de cliquer sur un bouton pour obtenir le plan de traitement. Un outil somme tout anodin aux yeux du praticien. Mais qui avait fait l’objet d’un accord secret avec un fabricant d’opioïdes.
    Entre 2016 et le printemps 2019, l’alerte aurait été vue 230 millions de fois.
    Practice Fusion, une start-up californienne, fondée en 2005, a en effet rapidement rencontré le succès avec un logiciel en ligne gratuit utilisé dans plus de 20.000 cabinets.

    Condamnée à verser 145 millions de dollars

    Le contrat avec Purdue Pharma, fabricant ente autres de l’Oxycodone, aurait rapporté 1 million de dollars à Practice Fusion.
    Tandis que des documents internes à Practice Fusion, estiment à 11,3 millions de dollars le retour pour le laboratoire.
    La start-up, rachetée entre temps, a été condamné après enquête, par le tribunal fédéral du Vermont à verser 145 millions de dollars : 26 millions d’amende judiciaire et 119 millions pour liquider les procès en cours. Dans un pays moins réglementé que le notre, la justice frappe fort au porte monnaie !  L’enquête a révélé qu’un total de 14 promotions pour des produits pharmaceutiques auraient été introduits subrepticement dans le logiciel entre 2013 et 2019.
    L’entreprise Allsrcipts Healthcare solutions, société mère de Pratice Fusion depuis 2018 assure que ces pratiques relevent du passé et que tout est désormais conforme. Depuis juin 2018, l’abonnement à Practice Fusion, par ailleurs très apprécié des praticiens, est devenu payant.
    La crise des opioïdes qui sévit aux Etats-Unis depuis une vingtaine d’année et aurait causé plus de 300 000 décès, a révélé comment on pouvait passer d’un abus de prescription à une épidémie aigue, liée à la dépendance. Le président Trump a d’ailleurs déclaré l’urgence sanitaire en octobre 2017.
    Dès 2016 , les centres pour la prévention et le contrôle des maladies (les CDC) avaient sorti de nouvelles directives sur le traitement par opioïdes, recommandant des médicaments à action courte ou des alternatives. Des recommandations dont Pratice Fusion et son client n’ont visiblement pas tenu compte…

    Cette épisode,  même si la situation française apparait bien différente, avec une publicité pharmaceutique strictement réglementée et des logiciels d’aide à la prescription (LAP) certifiés par la HAS* avec « absence de toute information étrangère à la prescription et de publicité de toute nature » montre en tout cas qu’en matière d’informatique médicale la vigilance s’impose toujours car il n’est pas si difficile d’introduire un biais peu visible pour l’utilisateur…

    *Cette certification n’est plus obligatoire dans la perspective du marquage CE des LAP mais recommandée car apportant des « garanties complémentaires » (décret du 20 aout 2019).
     L'article de Bloomberg en anglais

  • L’enjeu des données de santé (2) : quand les panels de Cegedim servent à informer les médecins et à améliorer les logiciels

     

     Après les données de prescriptions de Vidal, il est intéressant de mieux connaitre l’utilisation des données recueillies par les logiciels Cegedim équipés de la banque Claude Bernard (BCB) de sa filiale RESIP, dans le cadre de contrats spécifiques avec certains médecins. Entretien croisé avec Dany Huppenoire, directeur général de CLM (Cegedim Logiciels Médicaux) et Christophe Descamps, directeur de RESIP (en ajoutant quelques communiqués de presse de Cegedim).

    Du temps où il n’était pas encore question d’Health Data Hub, la question des données de santé était chez Cegedim un sujet sensible. Un serpent de mer aussi qui ressortait de temps à autre dans la presse sur le thème : patients, on vend vos données.
    Pourtant, la situation a toujours été très claire : au-delà des données clients (nom, coordonnées etc..) utiles à la gestion, soumises aujourd’hui au RGPD, aucune donnée n’est recueillie par la BCB lors de la prescription, souligne Christophe Descamps, ni par les logiciels CLM, excepté dans le cadre d’un contrat spécifique.
    Le recueil de données de santé anonymisées sur les serveurs certifiés HDS (Hebergeur de données de santé) du groupe font depuis les origines (il y a une vingtaine d’années) l’objet d’un contrat entre les professionnels de santé volontaires et la société qui les équipe en logiciels.
    Environ 3200 à 3300 médecins, généralistes et spécialistes (une dizaine de spécialités) participent ainsi à des panels où des données anonymisées vont faire l’objet d’études longitudinales de nature épidémiologiques et médico-économiques déclarées et autorisées par la CNIL.
    Le patient en est averti par affichage dans la salle d’attente. Il s'agit d'une option au contrat annuel d’abonnement (reconductible par tacite reconduction), proposée à certains médecins équipés de Crossway ou du logiciel en ligne MLM qui remplissent les conditions des panels.
    Le médecin reçoit en échange de ce service (il doit coder certains items et suivre des référentiels) une réduction de 25 à 30 % sur son abonnement. Il est indiqué sur le contrat la nature des données récoltées : antécédents, allergies, prescriptions, résultats de biologie.

    Des données pour informer et améliorer les logiciels

    C’est une autre entité de Cegedim, GERS Data qui dispose de ses propres data scientist et va contribuer, par ses études, à l’information des médecins et à l’amélioration de leurs logiciels.
    Un retour d’information est en effet fourni aux médecins des panels sous forme de tableau de bord sur leurs prescriptions, les diagnostiques posés, les maladies chroniques suivies, etc. replacé dans l’activité de l’ensemble de leur panel.
    Par ailleurs, CLM demande à GERS Data des statistiques sur les examens les plus prescrits, les posologies les plus utilisés etc. ce qui permet d’améliorer l’ergonomie et la pertinence des logiciels.
    L’arrivée des techniques d’intelligence artificielle avec des algorithmes de plus en plus précis laisse entrevoir de nouvelles études pour la détection des maladies rares en recherchant les signes précoces. « Cela aura un effet sur la prise en charge dans nos logiciels, car l’on pourra avertir le médecin en présence de signes avant-coureurs » résume Dany Huppenoire, directeur général de CLM.

    Des données pour des études en collaboration ou en accès gratuit

    Quittons CLM et la BCB pour plonger dans les activités Data du groupe Cegedim.
    Les données collectées ne sont pas analysées en temps réel mais font l’objet d’études a posteriori. Elles peuvent être fournies à des tiers dans le cadre de contrat de collaboration . Ainsi Cegedim et Sanofi ont contracté en mai dernier autour de la fourniture des données en vie réelle de la base de données THIN. The Health Improvment Network) porte sur plusieurs millions d’individus en France, au Royaume uni en Espagne , Belgique et Roumanie. C’est alors aux équipes  de Sanofi de mettre les technologies de l’intelligence artificielle au service de l’amélioration de la prise en charge.
    La base THIN est déjà à l’origine de plus de 600 publications dans le monde, notamment dans sa version britannique.
    Soucieux de contribuer à l’Open Data, Cegedim , via sa filiale GERS Data a ouvert cette base gratuitement aux chercheurs dont les projets ne sont pas sponsorisés. Ainsi l’été dernier, des travaux portant sur « l’analyse des stratégies de diagnostic du syndrome de Gougerot Sjögren en France en médecine de ville » ou sur « l’évaluation du suivi des recommandations de prise en charge des infections urinaires en médecine de ville en France » ont fait l’objet de présentation dans des congrès, comme l’annonce Cegedim dans un communiqué.
    A côté de la fourniture de données les Data Scientists de GERS Data effectuent des études à la demande de ses clients : industrie pharmaceutique, assureurs, institutions et pouvoirs publics comme la CNAMTS, le ministère de la santé, les sociétés d’études publics.
    La disponibilité des données du Health Data Hub national n’enlève pas la pertinence des observatoires Cegedim qui a d’ailleurs participé aux discussions concernant la mise en place de la plate-forme de données voulue par le gouvernement. Anonymisées, les données de consultation permettent de suivre un patient dans le temps, s’il garde le même médecin, car patient et médecin reçoivent un numéro. Précisons qu’un panel se renouvelle au rythme de 5% par an et qu’un panéliste ne sait pas si ses données seront utilisées ou mises en réserve.

    Pour la partie études voir https://cegedim-health-data.com/

  • Télémédecine : encore 30% de professionnels à convaincre

    Selon le dernier sondage Odexa réalisé en novembre 2019 pour « Le Magazine de la santé » et la nouvelle Agence du numérique en santé (ANS, ex ASIP Santé) et publié le 27 janvier, la télémédecine ne fait pas encore l’unanimité ni parmi les médecins, ni parmi les patients.  Le site de l'ANS en reprend des éléments dans Le Baromètre Télémédecine (étude Odexa-CareInsight) soulignant la notoriété acquise par cette nouvelle forme de pratique puisque 84% des médecins et 80% des Français connaissent les actes de télémédecine. 60% des Français et 70% des médecins et des infirmières en ont une bonne opinion.

    La téléconsultation (TLC) satisfait les patients (71%) et davantage encore les PS (86%) qui l’ont expérimentée. C’est très encourageant souligne l’ANS « mais avec 29% de mécontents, des

    Doc ANS

    progrès sont encore possible auprès de la population générale ». Un professionnel sur trois a en effet une « assez mauvaise ou une « très mauvaise opinion » de la télémédecine.
    Les infirmiers sont plus inquiets que les médecins : la télémédecine leur fait peur à 39% contre 31% pour les médecins. Les PS estiment à 70% que la télémédecine va déshumaniser la relation médecin patient, à 69% qu’elle crée des risques de piratage des données de santé et à 66% des risques accrus d’ erreurs médicales.
    59% des personnes interrogées refuseraient une TLC proposée par le médecin, l’estimant trop impersonnel.

    13% des médecins ont déjà fait une téléconsultation

    Au total, 13% des médecins interrogés et 6% des infirmiers ont déjà fait une consultation. Le manque d’outils nécessaires et la préférence pour la consultation en présentiel sont invoqués par ceux qui ne se sont pas lancés mais pensent à 60% qu’ils y auront recours dans l’avenir.
    Il est à noter que seuls 45% des TLC ont été faites sur des plates-formes spécialisées. La webcam et le téléphone représentent 35%, Skype, WhatsApp ou Facetime 35%. 6% proviennent de cabine de téléconsultation.
    Deux tiers des infirmiers estiment que la TLC fait gagner du temps au médecin mais moins de la moitié des médecins (47%) partage ce sentiment…Tandis qu’ils estiment à 70% que cela facilite la vie des patients. L'accompagnement par un PS pendant la TLC est appréciée (87%).
    Les deux tiers des sondés pensent que la télémédecine est une bonne chose pour la qualité des soins en France, notamment la téléexpertise (85%) et la télésurveillance (76%).
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    Ces études font apparaitre des opinions contrastées où la télémédecine ne fait pas encore l’unanimité ce qui est somme toute assez normal. Rappelons les craintes exprimés par les médecins lorsqu’il s’est agit d’introduire des ordinateurs dans leur cabinet de consultation ! C'est le bon usage de l’outil au moment opportun qui le fera entrer progressivement dans la pratique.
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    Sondage Odoxa par Internet. Echantillon de 3012 Français de plus de 18 ans dont 2630 ont eu une consultation en cabinet ou à l’hôpital au cours des 12 derniers mois et de 522 PS (116 MG, 138 spécialistes, 268 infirmiers) . Télécharger le sondage

    Le baromètre Télémédecine de l’Agence numérique en santé (ex-ASIP Santé)

  • Lifen, la communication sécurisée avec les confrères et les patients

    Après avoir déployé sa solution dans plusieurs établissements hospitaliers publics et privés pour diffuser leurs comptes-rendus médicaux, Lifen propose aux médecins libéraux de simplifier et sécuriser les échanges médicaux de données de santé y compris, depuis cette année, avec leurs patients. La société vient d’intégrer la French Tech 120*.

    Ce que n’ont pas réussi jusqu’ici agences gouvernementales, administrations, plans stratégiques, entreprises commerciales, unions professionnelles et régionales…une start-up va-t-elle y parvenir ? Généraliser les échanges sécurisés et numérisés entre professionnels de santé et avec les patients pour une meilleure coordination des soins. C’est l’objectif de l’interface Lifen avec un maitre mot : on s’occupe de tout.

    En 2015, trois ingénieurs (dont l’un à un conjoint médecin) et qui ont déjà à leur actif un logiciel de gestion des plannings de garde, lancent leur projet . Ils ont bien identifié le problème : l’envoi de documents médicaux numérisés tels que les comptes rendus hospitaliers relève encore du casse-tête dans les établissements. Parce que les messageries sécurisées ne sont pas interopérables et que les annuaires officiels ne sont ni complets, ni à jour. Résultat, la voie postale reste privilégiée.

    Cinq ans et 28,5 millions de levée de fonds plus tard, Lifen compte 110 personnes, s’est implantée dans plusieurs CHU (Angers, Nice, Tours, Strasbourg…) et va équiper les 143 établissements du groupe Ramsay d’ici fin 2020. Avec 1 million de comptes rendus envoyés par mois, Lifen assure 20% de l’envoi des documents médicaux par les établissements publics. Une fois la solution installée, la dématérialisation des documents passe de 10 à 88% et le budget postal est divisé par trois, assure Guillaume Laguette, chez Lifen. Lifen a intégré l’espace MS Santé, la messagerie lancée par l’ex-ASIP Santé et les serveurs hébergeant la plate-forme sont certifiés HDS (Hébergeur de données de santé)** .

    Des envois par messagerie mais aussi par la Poste

    Plus qu’une messagerie, Lifen se présente comme « la solution universelle de communication médicale » . Elle est interopérable avec 100% des DPI (Dossiers patients informatisés) à l’hôpital comme en ville (Weda, Crossway, Medistory, Hellodoc, Axisanté, Dr Santé, Medimust, Surgery Manager.). Lorsque le praticien ou la secrétaire veut envoyer un courrier, pas besoin de chercher la messagerie du destinataire ; il suffit de s’authentifier (pas de CPS mais un login/mot de passe et un second facteur via un code SMS demandé une fois par mois) et de cliquer sur le bouton « Imprimer avec Lifen » ; le logiciel analyse automatiquement le document pour rechercher le patient et le destinataire. La plate-forme de communication est multicanale et permet d’envoyer un contenu vers les messageries MSSanté, Apicrypt, Zebra (région Auvergne-Rhône Alpes), MediMail (région Aquitaine Midi Pyrénées) ou par la Poste. Lifen se charge alors de l’impression, de la mise sous enveloppe, de l’affranchissement et de l’envoi.
    Lors du premier envoi, si c’est par la poste, le correspondant se voit demander son mode de réception préféré et proposer de lui ouvrir gratuitement une espace Lifen et une adresse MSSanté servant à l’envoi des documents (rappelons que l’utilisation d’une messagerie sécurisée compatible MSSanté est une des conditions du forfait structure). Si le premier envoi est électronique, toutes les adresses de messageries sécurisées identifiées sont utilisées et c’est au correspondant de faire son choix et de valider la plus utilisée. Il y a donc un accompagnement lors de l’installation et un suivi pour s’assurer que le courrier est bien arrivé.

    La communication médicale avec le patient

    La nouvelle étape, enjeu de l’année 2020, c’est la communication médicale sécurisée avec les patients. Le praticien envoie une notification par email à son patient pour lui faire part de l’arrivée d’un nouveau document sur son espace securisé . Pour accéder aux données, le patient sera identifié par sa date de naissance (présente dans le document) et par un code à usage unique (envoyé sur le smartphone). Le DMP sera également alimenté dès que la e-CPS sera intégrée. Il s’agit de rendre les patients plus actifs.

    « Nous étions un peu en avance sur le plan Ma Santé 2022 avec lequel nous sommes complétement en phase. Le fait d’avoir intégré le French Tech 120 est une belle reconnaissance de l’Etat pour notre travail et notre approche ouverte qui permet d’établir des partenariats. Nous sommes convaincus que seule une alliance public-privé va permettre de résoudre le problème de la communication médicale et développer les usages. »

    Pour les praticiens libéraux l'abonnement est de 25 euros/mois plus les frais postaux. Pour recevoir les documents par MSSanté, l'inscription est gratuite.
    https://www.lifen.fr
              

    *Annoncé en janvier 2020, la French Tech 2020 réunit 123 entreprises dont 22 du secteur santé. Ces sociétés innovantes bénéficient d’un accompagnement par les équipes dédiées de la mission French Tech, de services des administrations pour les start-ups en hypercroissance, d’une visibilité accrue dans les délégations françaises ainsi que du réseau international des administrations.

    ** Sous le nom d’ Honestica, premier nom de Lifen lors de la création de la société en 2015

  • L’enjeu des données santé (1) : améliorer l’aide à la prescription

     Après le rachat de Weda par Vidal, certains utilisateurs du logiciel en ligne se sont émus de l’éventuelle utilisation de données patients par Vidal prévue par les conditions générales de vente (CGV). Le Dr Jean-François Forget, directeur scientifique chez Vidal a expliqué à Buzz Médecin ce qu’il en était en évoquant également les projets de Vidal dans le cadre du Data Hub Santé lancé le 1er décembre. Cet article est le premier d’une série destinée à mieux comprendre quelles vont être les utilisations des données de santé dans les prochaines années.

    Comme il était indiqué dans le communiqué du 25 septembre dernier, par le Dr Vincent Bouvier, président de Vidal Group, il s’agissait par ce rachat, d’ « améliorer significativement la performance de nos services d’aide à la prescription, en particulier dans le domaine de la prévention du risque évitable…grâce à une intégration fine avec le dossier du patient » .
    Dans les faits, le rachat de Weda par Vidal se situe aussi dans la perspective de la préparation du marquage CE puisque les logiciels d’aide à la prescription (LAP) doivent devenir des dispositifs médicaux ce qui suppose de s’appuyer sur des essais cliniques et des données recueillies en temps réel.

    Comment se présentent les données recueillies par Vidal

    Vidal reçoit plusieurs flux de données qui sont strictement cloisonnés, explique le Dr Jean François Forget.
    Le premier, le plus ancien, qui relève aujourd’hui du RGPD, règlement général de protection des données, ce sont les données techniques pour la gestion des licences.
    Le 2ème type de données (adresse IP) permet la mise à jour en temps réel des monographies, et l’envoi du Vidal Focus, le signal d’alerte accompagnant un risque décelé lors de la sécurisation de la prescription. Ce sont des données instantanées qui ne sont pas conservées. Ce processus existe depuis 2015 et a nécessité de nouvelles CGV (voir le verbatim en bas d'article).
    Enfin, le troisième flux concerne l’analyse de masse. Il s’agit d’analyser la qualité des outils d’aide à la décision pour préparer le marquage CE en tant que dispositifs médicaux. Ces données sont anonymisées et l’auteur de la prescription n’est pas connu, ni le patient.
    La certification actuelle des LAP se base sur une dizaine d’exemples non sur des études." Pour le marquage CE des Dispositifs Médicaux à partir de la catégorie II A, il faut faire une évaluation clinique comme pour un médicament du rapport bénéfice risque du dispositif : ces données ont donc vocation à démontrer l’impact positif des alertes sur la qualité des prescriptions utilisant nos outils d’aide à la décision, qui constituent le dispositif."

    Pimpon ! Vidal participe aux premiers projets du Health Data Hub

    « Notre projet Pimpon (Préconisation des interactions médicamenteuses par pondération clinique) a été retenu. Nous allons faire passer nos algorithmes d’interaction sur les données des médicaments remboursés (le SNIIRAM) sur un, an de manière à avoir une vision plus concrète des conséquences interactions médicamenteuses en France. Combien de patients ont été exposés à des interactions et que sont-ils devenus après ? Y-a-t-il eu des hospitalisations ? »
    Certaines interactions peuvent se révéler sans conséquences. D’autres entraîner par exemple un risque de 20% d’hospitalisation supplémentaire. Une équipe projet s’est mise en place avec 3 médecins et 2 data scientistes pour cette analyse d’ordonnance rétrospective. Les résultats sont prévus pour fin 2020. « Identifier les alertes les plus pertinentes cliniquement permettra au médecin de paramétrer son logiciel de sécurisation de l’ordonnance à partir de données de la vie réelle ».
    Sans compter les perspectives ouvertes par l’analyse de langage qui doit permettre d’améliorer l’utilisation de la connaissance.

    Verbatim .Extrait des CGV de Vidal Expert : Afin de délivrer des informations de sécurisation de la prescription en lien avec le dossier patient (grossesse, allaitement, insuffisance rénale, poids, âge, sexe, allergies, antécédents…) ou toute autre alerte, information contextuelle à l’attention de l’Acquéreur dans le cadre de l’usage du Produit interconnecté avec un logiciel édité par un tiers, VIDAL exploite les informations du dossier patient strictement nécessaires à la délivrance par VIDAL de telles informations. Ces données recueillies dans le cadre de votre utilisation du produit pourront faire l’objet d’analyses et d’études ultérieures par VIDAL, à des fins d’amélioration de la pertinence et de la qualité de la base de connaissance Vidal et des outils d’aide à la décision qui y sont liés à destination des professionnels de la santé. Afin de contribuer à l’amélioration du bon usage, VIDAL pourra diffuser et commercialiser les résultats des études et analyses auprès de partenaires institutionnels ou privés. VIDAL ne collecte aucune donnée à caractère personnel permettant directement ou indirectement l’identification du patient ou du prescripteur.

    * Ces données incluent, selon nos informations, la liste des médicaments prescrits, l’âge du patient (une tranche d’âge), la date de l’ordonnance est floutée et remplacée par la semaine, les indications de grossesse ou d’insuffisance rénale nécessaires à la sécurisation.

  • Mdoloris, une société française leader mondial du monitorage de la douleur

     Il y a un domaine peu connu où la France se retrouve en position de leader mondial. C’est le monitorage de la douleur. Fondée en 2010 en s’appuyant sur les travaux du Pr Régis Logier de l’INSERM, Mdoloris est aujourd’hui présente dans 68 pays et équipe 300 CHU avec sa technologie « made in France ». Mais pour accélérer son déploiement, elle a dû recourir à un partenariat avec un fabriquant américain.

    Le succès d’une start-up, c’est souvent d’abord une belle histoire.
    Titulaire d’un master en ingénierie de la santé, Fabien Pagniez travaille d’abord avec des anesthésistes en Allemagne et aux Etats-Unis. « Mais intellectuellement, je m’ennuyais. » Fort de son EMBA HEC et de sa rencontre avec le Pr Régis Logier du CHRU de Lille dont les recherches sur la variabilité du rythme cardiaque en relation avec la douleur, initiées dès 1987, n’ont pas été mis en pratique, l’ingénieur muni de compétences financières se lance dans la création d’entreprise. Mdoloris nait en 2010. « Je divise mon salaire par deux, je travaille comme un fou ». Trois brevets sont déposés et les premiers dispositifs sont testés et validés par une centaine de publications.

    Le succès de l'indice ANI en anesthésie

    Non invasive, la technologie ANI (Analgesia Nociception Index) permet d’évaluer le niveau de confort ou de douleur des patients (de plus de deux ans) hospitalisés et ainsi de personnaliser la thérapeutique antidouleur en évitant les surdosages même sur des patients inconscients.
    Après avoir reçu son marquage CE Médical, ANI Monitor, fabriqué dans la petite usine installée à Lille, est vendu à 900 exemplaires dès 2016 . 150 000 patients ont été monitorés. Fin 2016, Mdoloris dévoile un Version 2 disposant d’un algorithme plus puissant, d’une meilleure détection de signal et d’une interface améliorée pour les anesthésistes.
    Pour passer à la vitesse supérieure, Mdoloris signe un partenariat avec Masimo, un fabriquant américain, dont le siège est en Californie, créé en 1989 comme une « start -up de garage » et dont les moniteurs (notamment en oxymétrie de pouls) ont surveillé 100 millions de patients dans le monde. Masimo intègre ANI dans ses dispositifs qui ont reçu il y a quelques mois le marquage CE. « Il n’y avait pas en France d’entreprise disposant d’une telle puissance de déploiement. Les moniteurs Masimo ANI sont aujourd’hui disponibles au niveau mondial pour monitorer le tonus parasympathique lors des anesthésies. 400 ont déjà été vendus ».

     

    La douleur des nouveaux nés et des animaux

    Mdoloris a également développé d’autre produits destinés à ceux qui ne peuvent dire leur souffrance, les nouveaux nés et les animaux.
    On sait que le stress lors des trois premiers mois peut augmenter le risque d’apparition de pathologie et entraîner un comportement dépressif. On évalue à une centaine, le nombre d’actes douloureux réalisés chez des nouveaux nés en réanimation. Pour éviter de faire mal, les soignants se basaient sur les cris, les pleurs, les mimiques faciales ; Mdoloris leur a apporté le moniteur NIPE (Newborn Infant Parasynpathetic Evaluation) où c’est la mesure en temps réel de la composante parasympathique du système nerveux qui permet d’évaluer le bien être. NIPE a été vendu dans 40 pays
    Aux cliniques vétérinaires, Mdoloris propose le monitorage PTA (Paraympathetic Tone Activity) pour gérer l’anesthésie de façon optimale lors des opérations afin d’obtenir un meilleur réveil et de faciliter la convalescence.
    Depuis sa création Mdoloris a levé 18 millions d’euros auprès de la BPI (banque publique d’investissement), de fonds de capital risque et a bénéficié de subventions françaises et européennes pour son intérêt clinique. D’autres fabricants devraient intégrer ses technologies.
    De nouvelles perspectives s’ouvrent pour rendre la technologie accessible aux praticiens. Pour les soins aux personnes âgées notamment .

  • 17 Déc 2019
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