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  • La montre connectée est-elle l’avenir de la prévention ?

    Withings, leader français des objets connectés a lancé le 6 juillet sa nouvelle ScanWatch Rose Gold à destination des femmes, de plus en plus concernées par les maladies cardio-vasculaires. Tandis qu’Apple mise beaucoup sur son Apple Watch à laquelle de nouvelles fonctions ont été ajoutées début juin, pour asseoir ses ambitions dans le secteur de la santé.

    Withings présente la ScanWatch, comme « la montre santé la plus avancée au monde ». Il est vrai , si l’on excepte le fait de la puissance commerciale d’Apple, que la ScanWatch offre toutes les fonctionnalités de surveillance de la santé : mesure de la fréquence cardiaque en continu, SPO2 à la demande ou en continu, suivi complet du sommeil avec détection des apnées du sommeil, ECG à la demande en 30 s(avec détection de la fibrillation auriculaire).
    « Les mesures ont été validées par comparaison avec un Gold Standard à l’hôpital, explique Matthieu Menanteau, directeur innovation/développement produit chez Withings, le pourcentage d’hémoglobine dans le sang est comparé avec une analyse de sang en continu avec pose d’un cathéter.
    Ce qui a permis à la Scan Watch de participer l’an dernier à la télésurveillance à leur domicile de malades de la Covid (voir l’article du blog), Quant aux algorithmes de détection qui génère des alertes, pour l’apnée du sommeil notamment, ils ont été testés cliniquement en Californie avec des malades. Lorsque la montre suit le cœur en continu, l’utilisateur reçoit une notification pour déclencher un ECG (il faut établir une dérivation en posant sa main sur la montre).

    Pour réfléchir à l’utilisation des objets connectés pour la prévention, Withings s’est adjoint le concours d’une philosophe-clinicienne, Mathilde Chevaler-Pruvo, qui est arrivée à la conclusion que si les programmes de prévention ne fonctionnaient pas, c’était parce que la prise des mesures était trop contraignante et que les données étaient analysées à l’extérieur par des experts.
    « Cultiver sa santé ne peut se faire que par un objet qui nous rejoint dans nos modes de vie et sur lesquels on projette un affect ». L’objet est alors perçu comme un « compagnon », vecteur d’un rapport positif à la santé, libéré de la charge mentale de la prise de mesure.
    C’est ainsi que pour remporter l’adhésion d’un public élargi à ce qui peut apparaitre comme un programme de prévention, Withings a choisi de faire de la ScanWatch, disponible depuis septembre 2020 pour ses modèles masculins (38 et 42 mm) un objet attractif et même un bijou en s’adressant aux femmes. Le lancement du modèle Rose Gold s'accompagne d'un partenarait avec l'association "Agir pour le coeur des femmes". La ScanWatch est d’abord une montre qui donne l’heure avec des aiguilles, avant d’être un objet connecté bourré de capteurs. Un peu grosse certes (38 mm) mais élégante surtout dans sa version féminine… (voir le test de Buzz Medecin).
    Son prix (à partir de 299 euros) risque hélas de limiter sa diffusion pour des études cliniques auxquelles Withings participe régulièrement (voir le site de withings)

    Les ambitions Santé d’Apple

    C’est finalement de Cupertino et non à Paris comme initialement prévu que Tim Cook avait accepté de se laisser questionner par Guillaume Lacroix , co-fondateur du media Brut dans le cadre de VivaTech.
    La France est pour Apple un bon terrain puisque l’iPhone y détient 23% de part de marché ( et 50% chez les médecins). L’incessante sortie de nouveaux modèles d’iPhone est l’on sans doute une nécessité économique pour Apple , mais le patron d’Apple veut vous en convaincre : "l’iPhone 30 sera meilleur et résoudra des problèmes pour le public. J’ai une grande confiance dans le pouvoir de la technologie pour aider les gens ». Se disant très « excité » par la réalité virtuelle qui va gagner les téléphones et les tablettes après l’intelligence artificielle, Tim Cook se dit « très optimiste sur le mariage de la santé et de la technologie ». Témoin l’Apple Watch qui surveille les problèmes cardiologiques et permet de faire des ECG. Apple a annoncé dans un communiqué le 4 juin de nouvelles études en cours pour vérifier la détection de l’insuffisance cardiaque ainsi que les signes d’insuffisance respiratoire en cas de grippe et de Covid. A chaque nouvelle version du système d’exploitation Watch OS, Apple ajoute des fonctions. Dernière en date la fréquence respiratoire pendant le sommeil en utilisant l’accéléromètre intégré. L’ambition d’Apple est de faire de l’iPhone un véritable carnet de santé et une plate-forme chiffrée de transfert d’informations médicales . Son partenariat avec un certain nombre de cliniques dont la clinique Mayo qui prend en charge la fonctionnalité Health Record (dossier médical) sur l’iPhone. Les patients peuvent ajouter des données comme certains résultats d’analyse et les partager avec des tiers. Un récent article du Wall Street Journal, cité par Denise Silber, spécialiste de la e-santé, révélait cependant que les tentatives d’Apple pour lancer des services de santé peinent à s’imposer, malgré d’importants moyens (le budget recherche développement d’Apple se monte à 16 milliards de dollars). Ce sont les employés de la firme à la pomme qui jouent les cobayes avec plus ou moins d’entrain . A la tête de la division Santé , le Dr Sumbul Desai, venue de la direction stratégie de Stanford Medicine, a lancé l’app Health Habit pour renforcer l’appétence des utilisateurs des cliniques Apple pour les programmes de prévention de l’HTA. On peut se lancer des défis comme marcher plus et discuter avec les médecins.
    Sera-ce suffisant pour persuader ceux qui s’estiment bien portants de mettre leur santé sous surveillance ? Le pari de Withings avec des montres connectées conçues comme de « vraies » et élégantes montres à aiguilles qui se font oublier, pourrait se révéler plus pertinent.

  • Le télésoin se met en place dans le cadre des soins coordonnés

    Après le boom de la téléconsultation observé pendant la pandémie surtout en périodes de confinement et les dérogations accordées aux télésoins, il fallait organiser les actes à distance pouvant être pratiqués par les pharmaciens et certains auxiliaires médicaux. C’est chose faite avec la publication d’un décret et d’un arrêté en date du 3 juin 2021 (JO du 4 juin). C’était prévu dans la loi "Ma Santé 2022" du 24 juillet 2019.

    Si les médecins, les sages-femmes, les chirurgiens-dentistes peuvent téléconsulter, les pharmaciens et 17 professions d’auxiliaires médicaux* sont quant à eux autorisés à pratiquer des télésoins.
    Le texte du 3 juin permet d’élargir les conditions du télé-soin pour ces professions au-delà des mesures dérogatoires de remboursement mises en place pendant la crise sanitaire, comme le télé-suivi infirmier, la téléconsultation avec sages-femmes ou encore le télé-soin en kiné, podologie, orthophonie.

    Le télésoin, qu'est ce que c'est ?

    Un pharmacien pourra ainsi faire un bilan des traitements médicamenteux pour un patient à un retour d l’hôpital ou continuer le suivi d’un entretien pharmaceutique démarré en présentiel, ou d’un sevrage tabagique.
    Un pédicure-podologue pourra réaliser un diagnostic.
    Un masseur kinésithérapeute ou un ergothérapeute poursuivre une rééducation.
    Une infirmière entreprendre l’éducation thérapeutique d’un patient. Etc. La société française de santé digitale (SFSD) qui assure des formations vient de publier un livre-blanc_-SFSD sur le télésoin avec de nombreux exemples.  Il s’agit de nouvelles pratiques à réinventer dans le cadre de la coordination des soins car le télésoin a les mêmes obligations que la téléconsultation : difficulté de déplacement ou conditions sanitaires défavorables, consentement et connaissance du patient, rédaction d’un compte-rendu et partage des informations avec le médecin traitant ou l’équipe de soins. Des négociations conventionnelles vont avoir lieu pour chaque profession afin d’en définir les tarifs. Deux groupes de travail thématiques ont été lancés par le ministère de la Santé pour accompagner ces évolutions : un groupe de travail éthique depuis le mois d’avril, et un second pour « un accès universel à la santé » depuis janvier, qui doit rendre des recommandations d’ici la fin de l’année.

    Les professionnels de santé peuvent solliciter eux aussi une télé-expertise médicale

    Le code la santé publique définissait jusqu'alors la télé-expertise comme une activité "qui a pour objet de permettre à un professionnel médical de solliciter à distance l'avis d'un ou de plusieurs professionnels médicaux en raison de leurs formations ou de leurs compétences particulières, sur la base des informations médicales liées à la prise en charge d'un patient". Un autre texte publié au même JO du 4 juin assouplit les conditions de sollicitation d'une télé-expertise, désormais ouverte aux professionnels de santé, (après avis de la Haute autorité de santé (HAS) en date du 25 mars 2021 et décret de la section sociale du Conseil d'Etat). L'objectif est bien d'accélérer le déploiement de la télé-expertise mais aussi de faciliter l'accès au soin et l'amélioration des parcours patient, en renforçant notamment la coordination entre professionnels médicaux et de santé, et avec le patient. Le décret https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id

    *18 professions sont concernées : audioprothésistes, diététiciens, épithésistes, ergothérapeutes, infirmiers, manipulateurs d’électroradiologie médicale, masseurs-kinésithérapeutes, ocularistes, opticiens-lunetiers, orthopédistes-orthésistes, orthophonistes, orthoprothésistes, orthoptistes, pédicures-podologues, pharmaciens, podo-orthésistes, psychomotriciens et techniciens de laboratoire médical.

     Décret n° 2021-707 du 3 juin 2021 relatif à la télésanté
    Arrêté du 3 juin 2021 définissant les activités de télésoin 

    Article sur le télésoin sur le site de la HAS
    Fiches pratiques de la HAS

  • Interruption de la création des DMP au 1er juillet mais pas de leur alimentation

    A partir de ce 1er juillet 2021, il ne sera plus possible aux médecins de créer de nouveaux DMP (dossiers médicaux partagés) au cabinet. De même pour les pharmaciens en officine, les usagers dans une caisse d’assurance maladie ou sur le site dmp.fr. Il s’agit d’une période transitoire jusqu’à l’ouverture en janvier 2022 de Mon espace santé qui entre en phase pilote à partir du 1er juillet dans trois départements. Le DMP est une brique essentielle de ce nouveau service.

    Le site DMP.fr l'affiche. Cette coupure dans l’ouverture de nouveaux DMP est nécessaire pour préparer l'arrivée de Mon espace santé qui sera proposé à tous en début d'année 2022.
    Les DMP créés ne seront pas supprimés et il sera toujours possible pour les patients et les professionnels de santé de les consulter, ainsi que d'y ajouter des informations. Par ailleurs, tous les usagers qui disposaient déjà d'un DMP avant le 1er juillet 2021 retrouveront automatiquement leurs données à l'activation de Mon espace santé.
    Dans la phase pilote de l’Espace numérique de santé (ENS rebaptisé « Mon espace santé ») qui va débuter dans les départements de Loire-Atlantique, Haute-Garonne et Somme, l’ENS sera automatiquement ouvert pour 4 millions d’assurés sauf opposition de leur part. Ces usagers du régime général, de la Mutualité sociale agricole (MSA) et de la Mutuelle générale de l'éducation nationale (MGEN) pourront alors accéder à leur DMP ainsi qu'à une messagerie sécurisée permettant des échanges, à l'initiative des professionnels de santé, en toute confidentialité.
    Les assurés de ces départements qui disposent d'un dossier médical partagé créé avant le 1er juillet 2021, retrouveront les données contenues dans celui-ci automatiquement intégrées dans Mon espace santé" A la date du 1er janvier 2022, le DMP deviendra une composante de l'ENS, et sera ouvert simultanément.

    Développer l’alimentation du DMP par les professionnels de santé

    Actuellement, alimentent le DMP:
    - 11 100 médecins généralistes
    - plus de 880 établissements de santé dont 27 CHU
    - plus de 1 400 EHPAD
    - plus de 560 laboratoires de biologie médicale.
    Or si au 24 juin, près de 10,1 millions de DMP ont été créés. Un peu moins de deux millions sont alimentés par les professionnels de santé ou les établissements de santé.
    Notre action, souligne la CNAM, qui pilote le DMP, est désormais d’en développer l’alimentation par les professionnels de santé avant l’ouverture de Mon espace santé.
    Au risque de voir les usagers n’y trouver (un DMP sera ouvert par défaut à tous les assurés) que les ajouts automatiques des données de remboursement de l’Assurance Maladie et les informations qu’ils y auront ajoutées.
    L’alimentation du DMP figure certainement au programme des négociations qui se sont ouvertes mercredi 23 juin.

  • Cegedim Santé acquiert Médimust

    Annoncée ce 17 juin dans un communiqué, l’acquisition de Médimust permet à Cegedim Santé, l’activité de Cegedim dédiée à l’accompagnement des professionnels de santé et des patients, de se placer en numéro 1 du logiciel médical en France. L’entité Médimust reste préservée.

    Faire entrer Médimust dans son giron, c’est une façon, pour Cegedim Santé d’élargir son réseau et d’étoffer son écosystème de solutions en santé.
    Le principal atout de Médimust qui a séduit quelque 2.000 professionnels de santé libéraux (autant de spécialistes que de généralistes), c’est d’être simple d’utilisation, performant et ergonomique. (voir la fiche de Buzz Médecin).
    Un logiciel sans histoire médiatique, utilisable à la fois sous les deux environnements Mac et sous PC, qui suit les évolutions réglementaires du forfait structure en fonction des besoins de ses utilisateurs. Mais préférait nouer des partenariats pour la télétransmission (Pyxvital), la compatibilité DMP (Efficience), et plus récemment la prise de RV en ligne (partenariat Doctolib).
    Atout supplémentaire, la Banque Claude Bernard était déjà intégrée pour la partie LAP (Logiciel d'aide à la prescription) certifié et utilisée par la moitié du parc.
    La labellisation e-santé lui a permis de se déployer dans des maisons et pôles de santé. Il s’installe en local et en réseau.
    Si le fondateur Alain Adam part à l’occasion de la vente, l’équipe (15 personnes) basée près de Caen reste en place. « Rien n’est changé pour nos clients qui continueront à travailler en local, précise à Buzz Medecin Raphaël Ledormeur, responsable communication, il n’y a ni pression, ni urgence". Nul doute que personne ne veut recommencer les erreurs qui ont pu se produire lors de précédents rachats de logiciel .
    A terme, les solutions interopérables de Cegedim Santé seront intégrées comme le module de facturation JFSE pour la télétransmission, Maiia pour la prise de rendez-vous et la téléconsultation et la base Claude Bernard sera déployée sur l’ensemble du parc.
    Pour Médimust, qui testait une solution en ligne, l’entrée dans le groupe Cegedim donne accès aux serveurs HDS (hébergeurs de données de santé) de Cegedim.cloud.
    « Médimust propose un logiciel simple associé à des fonctionnalités avancées. Pour notre croissance et pour améliorer le service rendu à nos clients, il était naturel de nous rapprocher d’un acteur majeur avec qui nous partageons la même vision de l'avenir », déclare dans le communiqué Thierry Lepinard, Directeur d’activité de Médimust.
    La concentration du marché du logiciel médical entre quelques "acteurs majeurs" n'est pas terminée...

  • Certification des logiciels d’aide à la prescription : publication du référentiel et des listes actualisées

    En attendant le 1er octobre 2021, date d’entrée en vigueur de la nouvelle procédure de certification des logiciels d’aide à la prescription, la Haute autorité de santé (HAS) a publié en mai sur son site les listes actualisées des LAP hospitaliers et ambulatoires certifiés pour la période transitoire actuelle.

    Avoir un LAP certifié est un des pré-requis pour percevoir le forfait structure de la ROSP.
    Or depuis 2019, la situation était un peu confuse. Le caractère obligatoire de la procédure de certification des LAP a en effet été supprimé dans la loi de finances 2019 (LFSS, art 49), après une décision du Conseil d’Etat. La HAS s’est vu chargée par décret du 21 août 2019 d’établir un nouveau référentiel. Une période transitoire a été établie jusqu’au 1er octobre 2021 , date de l’entrée en vigueur du nouveau texte. Les précisions concernant cette période n’ont été publiées qu’un an plus tard par décret du 25 août 2020. et la HAS a établi une procédure transitoire pour les nouveaux logiciels.

    Publication du nouveau référentiel et mises à jour des listes

    Enfin, le nouveau référentiel a été publié fin avril. Il comprend 130 critères : 21 concernent les éditeurs de logiciels et 109 les fonctionnalités utiles à la pratique des médecins généralistes.
    On rappelle que les logiciels d’aide à la prescription dorénavant qualifiés de DM (dispositifs médicaux) doivent faire l’objet d’un marquage CE (procédure elle-même en cours d’évolution. Voir à ce sujet la documentation du SNITEM…). La procédure de certification française est vue comme complémentaire de ce marquage. Et donc les critères déjà validés pour le marquage CE seront considérés comme acquis.
    Ce qui est spécifique au référentiel HAS apparait lié aux particularités du système de santé français : information sur les génériques, attention portée aux médicaments à prescription restreinte, ajout de la précision des motifs de non-substitution, intégration des taux de remboursement, intégration des ordonnances bi-zones.

    Dans ce contexte, la HAS a publié début mai les listes actualisées et alphabétiques des 74 LAP hospitaliers et des 82 LAP en médecine ambulatoire certifiés.
    Cela permet de vérifier si son logiciel bénéficie d’une certification encore valide. On voit par exemple que Doctolib Médecin ne figure pas sur cette liste mais devrait sans doute en faire partie d’ici la fin de l’année. Une nouvelle liste sera publiée avant la fin de l’année. L’essentiel pour les médecins étant d’avoir un LAP certifié au 31 décembre pour le forfait structure.

  • Vaccination Covid : qui en fera le plus ?

    Enjeu de santé publique, la vaccination contre le Covid 19 est devenue un enjeu politique et aussi dans les coulisses, un enjeu de pouvoir. Quand Doctolib lance le 28 avril sur son site la rubrique Défi vaccination pour suivre au jour le jour les avancées de la vaccination en chiffres, la CNAM met en ligne ce 28 mai à 12h30 Data vaccin Covid pour visualiser la couverture vaccinale contre la Covid 19 en France…

    Au cas où vous ne vous en seriez pas aperçu, les ministres de la Macronie, depuis les débuts de la pandémie, au-delà de la nécessaire mobilisation générale, ont cherché des sujets Covid pour exister et faire parler de leur action. Et il n’y a pas besoin d’être ministre des Solidarités et de la Santé pour cela. On peut demander aux fonctionnaires d’aller participer au contact tracing, on peut offrir des masques transparents aux personnel des crèches pour que les plus petits continuent à voir des visages, on peut prêter ses locaux pour installer des vaccinodromes, on peut élaborer une stratégie de vaccination en entreprise, etc.
    Si vous êtes chargé de la transition numérique, comme Cédric O, vous allez faire développer une application de contact tracing qui fait un premier flop mais qui en ajoutant des fonctionnalités finira par devenir un succès dans sa version TousAntiCovid. Et avec TousAntiCovid carnet, l’application apparait de plus en plus pratique et utile (sinon indispensable, car le papier sera toujours admis) pour abriter le pass sanitaire. A partir du 9 juin, on y trouvera aussi TousAntiCovid Signal, pour mieux appréhender les risques de contamination dans les lieux tels que restaurants ouverts à partir de cette date. On scanne le QR code de l’endroit et vous recevez une notification si vous avez croisé une personne qui va se révéler positive par la suite.

    Lorsque vous êtes directeur de l’Assurance Maladie, comme Nicolas Revel vous remboursez la téléconsultation à 100%, vous remboursez les tests antigéniques et PCR à 100% (la France est un des rares pays où se pratique cette gratuité et 88, 064 millions de tests antigéniques ont été validés entre le 1er mars 2020 et le 23 mai 2021). Thomas Fatome a pris sa suite le 17 août 2020 pour les débuts des campagnes de vaccination prise en charge à 100%..Tous ses agents sont mobilisés.
    Et depuis le 13 mai 2020, quelque 16 millions de personnes ont été contactées dans le cadre du contact tracing.

    La licorne Doctolib tire la couverture (médiatique) à elle

    Mais Doctolib, licorne française, abondamment citée par les pouvoirs publics et à laquelle le gouvernement a confié (ainsi qu’à deux challengers, Maïa et Keldoc) les prises de rendez-vous de vaccination, tire aussi la couverture (médiatique) à elle. Pas moins de 4 points presse virtuels depuis un mois pour annoncer la mise en ligne sur son site de Défi Vaccination, les statistiques nationales de vaccination , « annoncer » le 6 mai que 25% des Français sont vaccinés et « annoncer » le 27 mai que tous les majeurs peuvent prendre rendez-vous pour se faire vacciner à partir du 31 mai. A tel point que le journal « Le Monde » daté du vendredi 21 mai publie une enquête titrée à la Une « comment le Covid a rendu Doctolib hégémonique »

      Oups comme dirait Google quand il ne trouve pas la page…

    La CNAM reprend la main sur la couverture vaccinale

    A la CNAM, (simple coïncidence) les points presse virtuels se succèdent ; le 27 mai pour reprendre la main et présenter le téléservice qui permet de récupérer son attestation de vaccination certifiée avec QR code à imprimer ou à intégrer dans TousAntiCovid Carnet, attestation nécessaire pour se rendre à partir du 9 juin dans les lieux soumis au pass sanitaire et le 1er juillet pour les déplacements dans l’Union Européenne.
    Le point presse du 28 mai , c’est la mise en ligne de Data vaccin Covid, qui visualise la couverture vaccinale contre la Covid en France. Mais avec une cartographie fine, à l’échelle départementale des populations vaccinées prises en charge, avec leurs pathologies, avec le type de vaccin employé, le lieu et la catégorie du vaccinateur.
    Dans la logique de l’Open Data.

  • Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur « Mon espace santé »

    C’était mercredi 12 mai la première étape du Tour de France virtuel « Réussir ensemble mon espace santé » lancé par la Délégation ministérielle du numérique en santé (DNS), l’Agence du numérique en santé (ANS) et la Caisse nationale d’Assurance maladie (CNAM) chargée d’en assurer la réalisation. Il s’agit de mobiliser tous les acteurs de la santé et de la e-santé pour la réussite de cette plate-forme numérique nationale de gestion de leur santé par les « citoyens » pour éviter de « finir sur une plate-for me des GAFAM ». Prochaines étapes les 19, 20 et 21 mai. Ouvert à tous les professionnels concernés.

    Pour Dominique Pon, responsable ministériel de la DNS, l’enjeu est de communiquer son enthousiasme aux différents publics virtuels qui vont se succéder jusqu’au 21 mai. L’enjeu est citoyen. Les ateliers citoyens ont débouché le 19 novembre dernier sur des assises citoyennes avec 700 personnes connectées. Et un comité citoyen est en cours de constitution avec les associations de patients et des citoyens tirés au soir. Dans ce contexte, Mon espace santé appartient au patient qui peut décider de donner des accès temporaires à des professionnels de santé. Mon espace santé c’est un moyen d’avoir et de donner accès aux données relatives à sa santé. L’enjeu est organisationnel. Il s’agit de « Transformer le parcours de soins des assurés » selon Thomas Fatôme, directeur général de la Cnam.

    Mais c’est aussi une question de souveraineté nationale devant les appétits des GAFAM pour les sujets de santé. Dominique Pon, estime que la bataille n’est pas perdue « La France est actuellement en milieu de peloton mais dans deux-trois ans, on sera maillot jaune ».

    Quatre briques et un test cet été avec 4 millions d'assurés

    Mon espace santé  (ex-Espace numérique de santé) dont la généralisation est prévue le 1er janvier 2022 s'articulera autour de quatre "briques": le dossier médical partagé (DMP), l'agenda de santé, la messagerie sécurisée et le catalogue d'applications référencées. Le principe retenu pour son ouverture est celui du « opt-out » ou qui ne dit mot consent, qui consiste à créer un espace de santé pour tout le monde par défaut. Les citoyens sont prévenus par courrier ou e-mail et ont un mois pour refuser de l’activer.
    Dans la pratique une première vague de notifications sera envoyée à partir de juillet (1,6 millions de courriers postaux et 2,4 millions de courriels) dans trois départements (Haute Garonne, Loire atlantique et Somme) pour une période de test où seuls seront ouvert le DMP et la messagerie. Mon Espace Santé doit absolument être ergonomique et les usagers sont appelés à la coconstruire.
    Puis une seconde vague est prévue du 3 janvier au 9 mars 2022 (28 millions de courriers postaux et 41 millions de mails) .
    En avril tous les assurés auront leur espace santé.
    Ils y trouveront leur DMP, « un DMP retravaillé façon DMP 3.0 ». Il n’y en a encore que 10 millions actuellement alimentés par 677 établissements de santé dont 26 CHU, 1314 EPHAD, 59 laboratoires de biologie et 20 593 Professionnels de santé libéraux. Le DMP doit contenir les comptes rendus d’hospitalisations et d’imagerie (lien vers les images dans un second temps), volet médical de synthèse, résultats d’analyse, les ordonnances (via l’prescription effective en test depuis juillet 2019 et en déploiement dans les logiciels métiers), les courriers. Les DMP seront ouverts automatiquement dans l’espace santé. Mais leur alimentation doit devenir elle aussi quasi automatique.
    L’agenda de santé n'a pas pour fonction de prendre des rendez-vous mais de regrouper l’ensemble des rendez-vous prévus (consultation, rappels, hospitalisation) en connexion avec les services de rendez-vous, les agendas des hôpitaux, des régions ou les plates-formes commerciales .
    Très attendu aussi, le catalogue d’applications et de site web référencés. « Suite à notre appel, nous avons reçu 126 candidatures et en avons sélectionné 30 ». La liste des heureux élus sur figure sur le site du GIE SESAM-Vitale (voir la note*). Des applications « partenaires » de surveillance du diabète ou de cardiologie pourront ainsi envoyer leurs mesures dans l’espace santé ( à la façon dont Apple réunit dans Santé, les données des applications partenaires autorisées). Annika Dinis, responsable de la direction du numérique et de l’innovation Santé à la CNAM, donne en exemple le cas d’une patiente diabétique qui déménage. Son diabétologue peut déposer des documents et elle-même peut photographier les courriers et compte rendu en sa possession pour que son nouveau médecin traitant puisse en prendre connaissance. Si son application de suivi de sa glycémie est référencée, ses mesures seront accessibles depuis l’espace santé.
    La messagerie sécurisée qui devait permettre aux professionnels de santé d’ouvrir des canaux de communication vers leurs patients (et non l’inverse) sera disponible dès la période de test. L’espace MS santé compte aujourd'hui 470 000 BAL ouvertes et voit passer 7 millions de mails par mois 47 éditeurs l’ont intégré. Son extension au secteur médico-social est en cours. Répondant à une question sur Apicrypt, Dominique Pon a prévenu que seule la version Apicrypt V2 sera intégrée.
    L’Etat ne va tout développer. Les industriels sont donc les bienvenus pour offrir leurs services, à condition de respecter les prérequis et les normes. Le Ségur de la Santé prévoit un financement pour aider les éditeurs à évoluer mais seulement pour ceux qui ont adopté les critères d’interopérabilité.
    A noter, les professionnels de santé auront également un Espace Santé Pro. La question du regroupement des deux est encore à l'étude.

    La mobilisation collective, indispensable à la réussite 

    Selon un récent sondage (Opinon Way novembre 2020), 8 personnes interrogées sur 10 se disent prêtes à utiliser Mon espace santé et sont rassurées sur le fait qu’il s’agit d’un service public. Un accès smartphone est prévu.

    « Restons humbles, dit Dominique Pon, lors de son ouverture en janvier 2022, la plate-forme ne sera pas parfaite. » Mais, prévient-il, « soit nous sommes capables de nous mobiliser collectivement, soit d’autres le feront à notre place. »
    L’enthousiasme de la Délégation ministérielle du numérique en santé sera-t-il suffisamment communicatif ? La participation à ses premiers webinaires et le test de cet été constitueront de bons indicateurs. L'application Mon espace santé sur smartphone sera-t-elle appréciée par les premiers utilisateurs ?

    Webinaires les 19, 20 et 21 mai ouvert à tous même si celui du 21 mai (16h-17h30) est plus particulièrement destiné aux ordres des professions de santé
    s’inscrire ici
    * Voici la liste : Abbott, Activ Andi, AP-HP, Batteries Technologies, Biogen MA Inc, Calmedica, CCMSA, Cegedim Logiciels Médicaux, CompuGroup Medical France, Dedalus France, Doctolib, Elsan, Eyeneed, FeelVeryBien, GIP MiPih, Happyneuron, Hospices Civils de Lyon, La Poste, LifeScan France, Maincare Solutions, Medicus AI France, NEHS Digital, Nouveal e-santé, Qare, Softway Medical, Syadem, Synapse Medicine, Vidal France, VYV3 IT et Withings.
    Voir le site du GIE SESAM-Vitale

  • Comment Enovacom accompagne le voyage sécurisé des données de santé

    La filiale d’Orange Business Services, Enovacom organisait début avril en ligne son « Morning 2021 », pour faire découvrir ses projets et les réalisations de ses partenaires. Buzz Médecin s’est entretenu à cette occasion avec Laurent Frigara, co-fondateur et PDG délégué.

    « Les échanges ville-hôpital, c’est notre ADN depuis 2005 ». Après une première entreprise dans le logiciel médical, Laurent Frigara, qui a une formation d’ingénieur, co-fonde Enovacom en 2002 avec Renaud Luparia. Les premiers produits de la petite équipe marseillaise sont un webmail securisé pour les professionnels de santé, Easycrypt  ainsi qu'Antares destinée aux établissements. Il s’agit d’une plate-forme, -on disait aussi un connecteur-, pour gérer les différentes messageries sécurisées utilisées par les professionnels de santé, médecins de ville ou hospitaliers et leur envoyer comptes rendus et résultats. « Au fil des ans, on s’aperçoit qu’il y a toujours autant d’activité dans le domaine de l’interopérabilité. La source ne tarit pas ! » fait mine de s’étonner le PDG délégué.
    Exemple parmi d’autres, la création des GHT (Groupement hospitalier de territoires), c’est autant de systèmes à faire fonctionner ensemble.
    En pleine crise sanitaire, pour la mise en place en urgence du SI-DEP (système d’information de dépistage populationnel) sur lesquels les pharmacies et les laboratoires remontent les résultats des tests de dépistage Covid, c’est Enovacom qui a joué l’intermédiaire technique, entre la production des résultats et son recueil en assurant le contrôle qualité de la donnée. « Dans un contexte sanitaire complexe avec beaucoup de collègues en télétravail ».
    Orange Business Services ne s’est pas trompé sur l’avenir de l’interopérabilité, en transférant en octobre 2020 les activités d’Orange HealthCare au sein d’Enovacom. L’entreprise accompagne depuis 18 ans les acteurs de la santé dans leur transformation digitale, en France et à l’international, avec des solutions innovantes pour améliorer la qualité, le parcours de soins et l’expérience patient.
    Le leader de l’interopérabilité dans le domaine de la santé avec 2000 clients est bien introduit : « 60% des hôpitaux publics et 50% des cliniques utilisent au moins un de nos produits », souligne Laurent Frigara.
    Désormais Pôle santé d’Orange, Enovacom est devenu d’un seul coup une entreprise de 250 personnes réparties entre La Défense et Marseille (150 personnes). Orange Business Services apporte ses compétences en gestion des projets complexes, ses process de sécurité et de certification et ses serveurs certifiés HDS. Enovacom dispose aujourd’hui d’un cloud bien géré et sécurisé.

    Echanges et distributions universelles

    La prochaine étape c’est Enovacom Suite V3 qui sortira au deuxième semestre de 2021.
    Cette plate-forme nouvelle génération va permettre, entre autres, d’assurer des échanges et une distribution plus universelle avec un processus industrialisé. Les courriers tels que compte rendus ou résultats d’examens seront envoyés à tous les médecins même ceux qui n’ont pas de messagerie sécurisée. Le transfert du ficher sera sécurisé par l’envoi d’un lien. Une sorte de « wetransfer » mais hébergé sur des serveurs HDS (Hébergeurs de données de santé).
    « Nous utilisons pour cela la solution partenaire BlueFiles. Il suffira au médecin de créer un compte BlueFiles by Enovacom ».
    Enovacom veut aller plus loin en proposant autour de sa plate-forme des services aux patients et aux soignants , comme la préadmission, le suivi administratif des paiements, et le suivi post-opératoire. « A chaque fois nous évaluons les gains : le but est de faire gagner du temps aux patients et aux soignants par la simplicité du processus ».
    Sans oublier le traitement final des données en s’appuyant sur les compétences IA (Intelligence artificielle) d’Orange.
    Le voyage des données de santé n’est pas terminé après leur arrivée à bon port d’import-export. Fort de son cloud sécurisé, le voyagiste Enovacom accompagne aussi leur exploitation.

  • Des opérateurs de téléconsultation épinglés par la DGCCRF pour défauts d’information

    Présentant le 22 avril son bilan annuel, la Direction générale de la Concurrence, de la consommation et de la répression des Fraudes (DGCCRF) a pointé du doigt 23% des services de téléconsultation ayant fait l’objet de son enquête, pour défauts d’information et pratiques commerciales trompeuses. Expliqués par la méconnaissance de la réglementation.

    L’explosion des téléconsultations et l’assouplissement des règles en période de pandémie ont suscité bien des initiatives. Pas toujours dans le bon sens.
    Le Conseil national de l’ordre des médecins vient de tacler dans un communiqué l’installation de cabine de téléconsultation dans les supermarchés. L’expérience prévue dans un espace hygiène beauté d’un Monoprix avec la vente d’objets médicaux connectés risque fort de rester sans suite. Le CNOM rappelle que « la médecine ne doit pas être pratiqué comme un commerce » et demande aux pouvoirs publics d’intervenir.
    Et voilà que la DGCCRF a choisi de suivre le développement du nouveau secteur de la téléconsultation en y consacrant une « enquête exploratoire » pour vérifier le respect du code de la consommation et du code du commerce.

    23% des opérateurs contrôlés présentaient des "anomalies" face à la réglementation

    103 contrôles ont donc été réalisés auprès de 69 opérateurs, plates-formes et pharmacies proposant un service de téléconsultation. Résultat 23% présentaient des « anomalies ». D’où l’émission de 12 avertissements et 5 injonctions de conformité.
    Ce qui leur est reproché, ce sont à la fois des défauts d’information sur les tarifs et les honoraires, liés à une méconnaissance de la réglementation et des « pratiques commerciales trompeuses. ». Entendez par là que la confusion est parfois entretenue entre la téléconsultation remboursée et le téléconseil qui n’est pas pris en charge.
    Certaines pratiques entre opérateurs susceptibles de contrevenir au droit de la concurrence sont encore en cours d’analyse.
    « Comme nous étions dans le cadre d’une enquête exploratoire auprès d’acteurs souvent nouveaux, nous avons privilégié les suites pédagogiques et correctives , a souligné Virginie Beaumeunier, directrice générale, il faudra rester vigilant ».
    Il n’empêche, sur les 68 pages du rapport d’activités 2020 de la DGCCRF, c’est à la page 55 le paragraphe consacré à l’enquête exploratoire sur les plates-formes de télémédecine qui a retenu l’attention des journalistes et commentateurs toujours en quête de nouveautés.
    Le secteur de la téléconsultation est, de toute façon, en plein bouillonnement. Composé, on le sait, de nombreuses startups (dont une licorne) et de quelques émanations d’entreprises (éditeurs de logiciels notamment), il lui faudra encore beaucoup d’investissements avant d’espérer une rentabilité. Ces derniers mois, on a vu les équipes techniques Boulanger venir aider Hellocare face à l’explosion des TC , Medadom lever 40 millions d’euros auprès du fonds GSquare basé à Londres et le rachat de Qare par le groupe britannique HealthHero.
    Tous, et les médecins les premiers, vont suivre attentivement la première plainte déposée par une famille mettant en cause la téléconsultation pour une erreur de diagnostic.

    Le communiqué et le rapport 2020 de la DGCCRF

    L'article de l'Express sur la plainte mettant en cause la téléconsultation

  • Le Health Data Hub et vous : comment vulgariser l’utilisation des données de santé

    A deux reprises*, le 8 et le 15 avril, Stéphanie Combes, sa directrice, a présenté aux professionnels de santé et aux industriels la mise en place du Health Data Hub et les avancées que les professionnels peuvent en attendre. Comme en écho à ce partage de données, était organisé les 23 et 24 avril, un hackathon Covid pour susciter des projets permettant d’accompagner à long terme les personnes touchées par le Covid 19, suivre l’évolution du virus, diffuser les bons comportement, renforcer les outils liés à la campagne vaccinale en utilisant les jeux de données publiques sur le Covid.

    Alors qu’il y a eu beaucoup de remarques et d’inquiétudes y compris de la CNIL (voir son avis de février 2021) sur le choix d’un hébergeur « étranger », Azure de Microsoft en l’occurrence, on aurait pu commencer par lui trouver un nom français ! Mais si on évoque parfois « la plate-forme des données de santé », les habitudes semblent déjà prises : Health Data Hub il y a.
    Concernant le choix de Microsoft, Stéphanie Combes qui a l’habitude d’être attaquée sur le sujet, a toujours la même réponse : lorsque l’appel d’offre a été lancée il n’y avait que Microsoft pour présenter les meilleures contraintes de cybersécurité. Un comparatif fin 2019 avec l’hébergeur français OVH, lui aussi certifié HDS montrait toujours un écart de fonctionnalités. La mise à jour de juin 2020 reste encore en faveur de Microsoft. Stéphanie Combes souligne en outre que le Cloud Act Américain qui donne au gouvernement le droit de rapatrier les données personnelles étrangères hébergées par des entreprises américaines ne s’intéresse qu’aux données nominatives or « toutes nos données sont désidentifiées ». Moyennant quoi, un principe de portabilité et de réversibilité avec une architecture programmable a été posé dans le contrat. « Notre plate-forme pourra être redéployée chez un autre hébergeur, même si cela prendra un peu de temps ». Lors du dernier comparatif, ajoute-t-elle, le très haut niveau de sécurité a été reconnu par la CNIL et les instances françaises de cybersécurité comme l’ANSSI (Agence nationale de sécurité des systèmes d’information)

    Un guichet unique et un catalogue de données

    Créé le 1er décembre 2019 sous forme d’un GIP (groupement d’intérêt public) en remplacement de l’Institut national des données de santé, le HDH s’est très vite mis au travail avec un premier appel à projet qui a permis de sélectionner dix cas pilotes.
    Le HDH offre un guichet unique, une plate-forme sécurisée au top de l’état de l’art, un catalogue de données, une palette d’outils pour favoriser la mise en relation et le regroupement des acteurs du même secteurs.
    La base de données principale est constituée par le SNDS (système national des données de santé) historique qui regroupe le SNIIRAM (Système national d’information interrégimes de l'Assurance Maladie), entrepôt de collecte des données pseudonymisées relatives aux remboursements ainsi que celles de l’activité hospitalière, le PMSI et la base CépDIC (centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès) de l’INSERM.
    Le SNDS a été élargi aux données de cohortes de recherches, aux données venant des CHU (qui ont aussi pour certains mis en place des entrepôts de données). Il pourrait accueillir certaines données très fines des laboratoires pharmaceutiques. Une vingtaine de partenariats sont en cours pour intégrer de nouvelles bases. Mais il manque encore un décret et un arrêté.
    La plate-forme est en production depuis avril 2020. En 2020, le HDH, qui compte désormais une cinquantaine de personnes, a animé 27 projets pilotes, 9 projets Covid . Il accompagne actuellement une quarantaine de projets. Un conseil scientifique a été créé

    Améliorer la pratique médicale

    Avec la pandémie Covid 19, la plate-forme a commencé à partager les données issues de l’épidémie. En analysant, les données de passage aux urgences de Santé Publique France, on a pu se rendre compte d’une diminution des prises en charge pour infarctus du myocarde, indiquant une autocensure des patients par rapport à l’accès aux soins.
    HDH va intégrer les données du portail SI-DEP ( qui collecte les résultats des tests) et les données relatives à la vaccination de l’assurance maladie (Vaccin Covid).
    Les premiers travaux ont concerné la construction de catalogues de données documentées. C’est ce qui fait gagner du temps aux projets de recherche.
    Le catalogue réunit une collection de bases pseudonymisées Apparier deux bases de données est un travail de longue haleine de plusieurs années. Dans le HDH , c’est fait en quelques mois.
    En outre, les moyens puissants du HDH se révèlent indispensables dès lors que l’on doit faire appel à de grosses masses de données, comme de l’imagerie . On peut citer le cas de cinq établissements de santé qui vont mettre en commun leurs IRM pour élaborer un outil de dépistage précoce du cancer de la prostate.
    Stéphanie Combes aime donner en exemple le projet de la start-up Implicity qui a créé une plate-forme pour simplifier la pratique quotidienne de la télésurveillance cardiaque après pose de pacemakers connectés. Pour éviter les crises d’insuffisance cardiaque, Implicity veut construire un logiciel (algorithme) qui permettrait d’en détecter les signaux faibles avant-coureurs. Ce qui suppose un chaînage probabiliste de 3-4 mois de données.
    Le modèle du Health Data Hub pourrait se décliner dans le secteur social, dans le domaine de l’environnement, voire du tourisme. « Il est essentiel de s’assurer que les Hub puissent s’articuler".
    Un espace commun des données de santé est par ailleurs à l’étude au niveau européen. Le projet Gaïa X , projet privé d’entreprises privées et d’institutions académiques mais soutenu par les Etats, vise à assurer une souveraineté numérique européenne dans le domaine de l'hébergement des données.
    « Il y a beaucoup de projets et une grande dynamique autour des données . Pour le moment nous privilégions l’épidémiologie et les projets qui peuvent faciliter la pratique des professionnels des santé et la vie des patients. »
    Stephanie Combes s'est aussi donné pour mission de vulgariser l'utilisation des données de santé, un trésor encore peu exploitée en France.

    *Le numérique au service des professionnels de santé organisé par l'Agence du numérique en santé
    Nocturne du Big Data de Cap Digital sur la souveraineté numérique européenne