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  • La Cour des comptes recommande d’accélérer l’utilisation de la e-prescription

    Dans son dernier rapport Sécurité Sociale 2021 rendu public le 5 octobre, la Cour des comptes tacle le retard pris par la France en matière de prescription électronique. Car la dématérialisation des prescriptions pourrait procurer des « gains d’efficience considérables à nos systèmes de santé et d’assurance maladie ».

    « De fortes attentes à l’égard de la dématérialisation des prescriptions, mais un développement encore limité en France », c’est l’intitulé du chapitre de 26 pages que la Cour des comptes consacre à la e-prescription dans son « rapport sur l’application des lois de financement de sécurité sociale » 2021. Qui est sorti opportunément au moment de la présentation du PLFSS 2022 et de ses importants investissements dans la transformation du système de santé et dont l’examen a débuté le 13 octobre à l’Assemblée nationale.

    En retard par rapport à nos voisins européens

    Il était temps d’accélérer sur l’e-prescription car la France affiche de 5 à 10 ans de retard par rapport à presque tous ses voisins européens : des solutions de dématérialisation des prescriptions de médicaments ont été déployées avec succès dès les années 2000 en Suède, au début des années 2010 au Royaume Uni, en Norvège et en Belgique, à partir de 2015 en Espagne et en Italie. En Allemagne, le dispositif deviendra obligatoire en janvier 2022. En 2017, 90% des prescriptions étaient dématérialisées en Espagne, en 2018, 85% en Italie, en novembre 2020, 97% en Angleterre.
    Cette dématérialisation concerne les médicaments mais aussi dans certains pays les dispositifs médicaux ainsi que les examens de biologie et de radiologie La remise au patient d’une copie papier reste la norme en Italie et au Royaume Uni. Tandis qu’en Belgique, l’obligation ne s’applique pas aux médecins de plus de 64 ans ! Et l’ordonnance papier reste valable en visite ou en cas de force majeure.
    En France, si les travaux ont débuté il y a presque 10 ans, les syndicats médicaux se sont longtemps opposés à la dématérialisation qui offrait à l’assurance maladie des données détaillés sur leurs ordonnances. Et il est vrai que la Cour des comptes souligne l’intérêt de ces informations inédites pour « affiner les actions de maîtrise médicalisée des dépenses »
    De même, la prescription dématérialisé des arrêts de travail, maladie et maternité, permet de mieux cerner les motifs.
    D’une façon générale, la dématérialisation « supprime certains risques d’irrégularités et de fraudes ».
    Les expérimentations ont démarré en 2017 pour les ordonnances et sont encore en cours avec impression d’un QR code sur l’assurance maladie et depuis 2019, enregistrement dans une base de l’assurance maladie à laquelle le médecin a accès. L’obligation de la e-prescription a été repoussée à 2024 par l’ordonnance du 18 novembre 2020 ( Voir l’article du blog ).
    Elle concerne les médicaments, les dispositifs médicaux, les actes d’auxiliaires médicaux et de biologie, la prescription d’un médecin à un autre dans le cadre du parcours de soins.
    Fin 2021, la dématérialisation des arrêts de travail devient en principe obligatoire. Mais le rapport souligne que le respect de l’échéance semble difficile en se basant sur le taux de dématérialisation spontané actuel !
    La CNAM doit ouvrir son téléservice de prescription des médicaments et des dispositifs médicaux d’ici la fin de 2021. Puis devrait étendre le dispositif aux prescriptions des actes des auxiliaires médicaux et des examens biologiques. On sait que CNAM prévoit en 2023, dans le cadre du forfait structure , l’attribution de 40 points aux médecins atteignant 50% de e-prescription et une aide aux éditeurs est également prévue, dans le cadre du référencement Ségur .
    « L’échéance de fin 2024 pourrait être atteinte mais sur un mode dégradé », estime la Cour des comptes, et en laissant de côté les bons de transports et une bonne partie des prescriptions hospitalières. En effet si les prescriptions d’origine hospitalière représentent une part croissante des ordonnances exécutées en vile( 22% en 2019) ainsi que des indemnités journalières maladie et maternité, plusieurs obstacles persistent dans les établissements dont l’authentification des PH prescripteurs avec la CPS, peu utilisée car ressentie comme une gêne dans la pratique.

    Nécessité du codage

    Le rapport insiste sur la nécessité d’une codification pour les médicaments en DCI (Dénomination commune internationale) et d’une codification internationale pour les dispositifs médicaux (EMDM) et les actes de biologie (Loinc).
    « Il est regrettable que la CNAM n’ait pas utilisé pour les expérimentations (-..) les standards et profils d’interopérabilité… »que « l’ANS lui avait recommandés »
    « En acceptant un large usage du texte libre » pour la prescription de la posologie, de la prise de médicamentes la plupart des dispositifs médicaux, on renonce à une grande partie des apports possibles de la dématérialisation : efficience renforcée des dépenses et meilleure sécurisation de la chaîne de prescription et de facturation des prestations…
    ’où les trois recommandations portant sur la dématérialisation de tous les actes (arrêt de travail prescrit en établissement compris), l’utilisation des DCI et autres codages internationaux, la garantie du raccordement des systèmes d’information hospitaliers aux services de prescription dématérialisés mis en place par l’Assurance maladie.

    Si l’on en croit les « investissements massifs » actuellement consentis par le gouvernement en faveur de la santé numérique avec le Ségur de la santé numérique et la stratégie d’accélération Santé numérique annoncée dans le cadre des investissements d’avenir, ce ne sont pas les moyens qui devraient manquer. Mais comme toujours, il faut que les nouveaux services soient simples à utiliser et fassent gagner plutôt que perdre du temps pour qu'ils soient adoptés rapidement.

  • Logiciels référencés Ségur : un financement est prévu pour les éditeurs sous condition d’usage

    Au 31 décembre 2023, un médecin non équipé d’un logiciel « référencé Ségur » ne pourra plus en principe toucher le Forfait structure du nouvel avenant 9. Pour aider les éditeurs de logiciels santé dans cette évolution de leurs produits l’Etat a, pour la première fois, inscrit une ligne budgétaire du Ségur du numérique qui leur est destinée. Il s’agit de faciliter au maximum l’alimentation de Mon Espace Santé par les médecins. Francis Mambrini, président de la FEIMA, commente ces dispositifs pour Buzz Médecin.

    Le Ségur du Numérique, ce sont deux milliards d’euros de financement à l’intention des professionnels de santé et des éditeurs de logiciels dans le but d’ « accélérer la modernisation, l’interopérabilité, la réversibilité, la convergence et la sécurité des systèmes d’information en santé ». 600 millions pour équiper le secteur médico-social et 1,4 milliard pour faire évoluer les professionnels de santé. C’est un peu le « quoiqu’il en coûte » pour assurer au passage le succès de Mon Espace Santé.
    « A la FEIMA (Fédération des éditeurs , nous appelions depuis longtemps des leviers d’accélération du numérique en santé, souligne son président Francis Mambrini, c’est une incitation forte pour un choc de transformation ».
    Pour le préparer tous les acteurs se sont mis sur la même ligne de départ dans une démarche transversale. Des groupes de travail conjoints ont été mis en place. Des dossiers de spécifications de référencement labellisation (DSL) ont été élaborés à destination des éditeurs de logiciels avec un parcours de référencement mis en place par l’Agence du numérique en santé (ANS), comme cela a été détaillé lors de la matinée e-santé organisée par l’ANS le 29 septembre.
    Les logiciels référencés Ségur devront intégrer, rappelons-le, les services socles suivants :
    - L’Identité nationale de Santé (INS)
    - L’accès aux services numériques via la carte CS et l’application mobile e-CPS en basculant d’un outil à l’autre sans ré-identification
    - La messagerie sécurisée de santé MSS
    - Le DMP avec un Volet de Synthèse médicale (VSM) créé et mis à jour par les médecins
    - L’application mobile carte Vitale (apCV)
    - Le service e-prescription unifiée
    Une partie de ces intégrations (l’INS, la e CPS, l’apCV par exemple) exige un agrément CNDA (Centre national d’agrément) qui est un préalable. Ensuite, un dossier de candidature de référencement au Ségur du numérique en santé peut commencer à être constitué. L’éligibilité sera vérifiée puis le candidat devra déposer le dossier et déposer les preuves qui seront validées. Ce n’est qu’à cette étape que l’éditeur fait une demande de financement. Il est prévu 430 euros TTC par médecin pour la prestation Ségur c’est-à-dire la mise à niveau du logiciel et l’accompagnement du médecin. Si la FEIMA semble satisfaite de cette contribution certains éditeurs ont plutôt tendance à penser qu’ils ne la demanderont pas. Car elle sera « très compliquée » à mettre en place puisque liée à des contrôles d’usage. « L’aide directe au médecin est la meilleure formule ».

    Contrôles à l’usage

    L’objectif est d’améliorer les pratiques de professionnels de santé à leur profit et à celui des patients. « Il s’agit de mettre les PS dans une logique d’usage renforcé pour lequel ils reçoivent par ailleurs un financement à l’usage (voir l’article sur l’avenant 9) mais les éditeurs seront contrôlés sur l’usage effectif des produits ».
    Le versement de la totalité de la prestation Ségur devra s’accompagner de l’envoi d’un certais nombre de documents vers le DMP, et vers des confrères via MSSanté pro ou/et dans un second temps, vers des patients via MSS patient, la « messagerie citoyenne. »
    « L’éditeur est assujetti à des quotas d’usage et il sera très facile de contrôler le nombre d’échanges ». Tout le travail de l’éditeur passe par l’automatisation de ces envois : Volet de synthèse médicale automatisé et envoyé d’un clic dans le DMP, messagerie sécurisée MSSanté totalement intégrée y compris ensuite  vers les patients dans Mon Espace Santé , etc.
    Les médecins ont également des quotas d’usage pour gagner les points du forfait structure et du forfait VSM.
    Pour aider les médecins à contrôler par eux mêmes et savoir où ils en sont des fameux quotas, les éditeurs ont préparé dans leurs logiciels des tableaux de bord  qui existaient déjà pour la ROSP et  vont s’enrichir des nouvelles exigences.
    Pour les éditeurs, le compte à rebours « référencement Ségur » a en tout cas déjà commencé.

    Voir les étapes sur le portail Industriels de l’ANS

  • MicroPort CRM, leader en France des pacemakers, sort Alizea, un stimulateur bluetooth

    MicroPort CRM, société pionnière dans la gestion du rythme cardiaque, basée en France, vient de lancer une nouvelle gamme de stimulateurs cardiaques avec connectivité Bluetooth et télé-suivi simplifié sur un smart moniteur au domicile du patient. Rencontre avec son président Benoît Clinchamps.

    Sur le marché mondial des stimulateurs cardiaques implantables ou pacemakers qui représente 1,3 millions d’unité par an, MicroPort CRM est le numéro 5 derrière les américains Medtronic, Abbott, Boston Scientific et l’allemand Biotronik. Mais occupe en France la position de leader avec 26% des parts de marché.
    Benoît Clinchamps aime à situer sa place et à rappeler que MicroPort, spécialiste du CRM (Cardiac Rhythm Management), figure parmi les pionniers et que son siège est en France à Clamart où travaillent 400 personnes dont plus de la moitié en RD (recherche développement) sur les 1150 répartis dans le monde.
    C’est en effet en 1964, qu’est fabriqué le premier stimulateur cardiaque ELA par Electronique Appliquée qui deviendra ELA Medical en 1976. Après un passage chez Sorin et LivaNova, la société reprend en main son destin en 2018 sous le nom de MicroPort CRM avec une gamme de pacemakers, défibrillateurs et resynchronisation (CRT) auxquels s’ajoutent holters, systèmes d’électrophysiologie et stents.

    La plus grande salle blanche d'Europe

    A Clamart, la fierté de MicroPort CRM, c’est la plus grande salle blanche d’Europe. 2300 m2 dédiés à la fabrication de dispositifs médicaux (DM) implantables, soit plus de 70 000 pacemakers et défibrillateurs cardiaques par an. « Nous fabriquons en France tout ce qui est à l’intérieur du DM : logiciel, intelligence artificielle, circuits électroniques. Nos puces spécifiques à faible consommation d’énergie sont fabriquées en France ou en Europe. L’assemblage est confié à notre usine italienne, les sondes proviennent de notre installation en République Dominicaine et nous avons une usine à Shangaï pour le marché Chinois et la cardiologie interventionnelle". L’actionnaire majoritaire (MicroPort Scientific Corporation, spécialisé lui aussi dans le biomédical) est d’ailleurs aujourd’hui Chinois.
    Mais la CRM, c’est en France. « Je ne vous cache pas que la crise Covid a retardé nombre d'opérations de chirurgie cardiaque, mais tout cela est derrière nous. Nos levées de fond, 90 millions d’euros en 2020, 128 millions en 2021, nous permettent de continuer à investir dans la recherche, à laquelle nous consacrons 25% de notre chiffre d’affaires et de rester en pointe. Nous avons les plus petits pacemakers du marché, les défibrillateurs qui présentent la plus longue longévité (jusqu’à 17 ans) et nous lançons Alizea avec la connectivité Bluetooth et un télé-suivi au domicile ».

    Un télé-suivi simplifié qui arrive à point nommé

    Ayant fait ses preuves par des études médico-économiques, le télé-suivi des pacemakers implantés est en effet pris en charge (500 euros par implantation pour l’industriel). La rémunération des professionnels de santé est acquise mais doit encore faire l’objet de textes à paraitre*. Le télé-suivi évite les déplacements à l’hôpital pour les visites de routine et le médecin reçoit des rapports réguliers avec des notifications pour les épisodes de fibrillation atriale et la détection des apnées du sommeil. Le terminal Android (taille téléphone mobile) dédié laissé chez le patient n’abrite qu’une seule application : sa prise en main est facile et la sécurité assurée.
    MicroPort va également sortir prochainement un patch Holter connecté Bluetooth.
    De quoi mettre en œuvre la solution Cardiologs dont la société est le distributeur exclusif pour la France. Un partenariat a été conclu en 2020 avec la start-up française du même nom. Il s’agit de la première solution d’analyse automatique en temps réel assisté par Intelligence artificielle des ECG de type Holter. C’est un gain de temps énorme pour le cardiologue face à plusieurs jours d’enregistrements. Une application smartphone est en cours de développement.
    Dans les tuyaux encore, une sonde de stimulation cœur gauche miniaturisée, un pacemaker sans sonde, un défibrillateur sous-cutané.
    Le portefeuille de 988 brevets va continuer à s’enrichir.

    *22 millions d’euros sont prévus au total dans le PLFSS 2022. Au delà des phases d’expérimentation qui seront poursuivies (programme Etapes), la télésurveillance doit entrer dans le droit commun pour certaines pathologies au plus tard le 1er juillet 2022. 
    www.crm.microport.com

  • Pharmagest rachète Medistory

    Le Groupe Pharmagest, leader de solutions informatiques de Santé en Europe vient d’ annoncer l’acquisition de 100% de Prokov Editions, 3ème acteur du marché des logiciels médecin en France avec Medistory.

    Prokov Editions* qui équipe en logiciels 13.000 utilisateurs médecins libéraux généralistes et spécialistes a trouvé son acquéreur. Thierry Kauffmann, son fondateur, aux commandes depuis 1987, cherchait un groupe qui ne soit pas un concurrent direct, même si Pharmagest a racheté en octobre 2019, ICT et son logiciel en ligne Chorus. Deuxième argument en faveur de Pharmagest, la proximité géographique : Nancy.
    Pour le personnel de Prokov Editions (une vingtaine de personnes en tout) c’est très rassurant car « on se connait déjà, on est allé se former dans les mêmes écoles »… Pour le leader de l’édition de logiciels médicaux sur Mac mais également sur iPhone et iPad pour un travail en pleine mobilité, et pour ses utilisateurs, il n’y aura que donc peu de changement. D’autant plus que Thierry Kauffmann a prévu de rester encore deux ans pour fêter l’an prochain ses 35 ans avec Medistory.
    La 4ème génération de ce logiciel, lancée en 2020, est actuellement en plein déploiement et 30% du parc a migré. MédiStory 4 qui répond déjà à la plupart des préconisations, a commencé le parcours de référencement du Ségur du Numérique en Santé.
    Pour Pharmagest, l’acquisition de Prokov Editions vient compléter une offre diversifiée à l’intention de professionnels de santé. Elle devrait permettre des synergies entre tous les logiciels de son écosystème et ouvrir des facilités d’utilisation pour les professionnels de santé. L’intégration de cette nouvelle brique métier se concrétise par la prochaine création d’une Division qui regroupera tous les logiciels métiers dédiés aux Professions Libérales.
    Commentant ce rachat, Thierry Kauffmann estime que « c’est une chance pour Prokov de pouvoir intégrer un groupe dans lequel il y a déjà une très grande transversalité entre les professionnels de santé. Nos expertises sont parfaitement complémentaires et vont nous permettre d’aller encore plus loin dans cette transversalité. »

    *Outre Medistory, Prokov édite Express Vitale pour la télétransmission, VigiPaiement pour le suivi des paiements ainsi que VigiCompta.

     

  • Comment l’avenant 9 veut favoriser l’essor du numérique en santé

    L’arrêté du 22 septembre portant approbation de l'avenant 9 à la convention nationale, signé le 30 juillet dernier par trois syndicats ( mais pas le SML) est paru au JO du 25 septembre . Son article 4 intitulé
    « Favoriser l’essor du numérique en santé » instaure un nouveau forfait concernant l’usage du DMP et de nouveaux indicateurs au sein du forfait structure. Tout cela applicable en 2022 et 2023. Mais avec le but de « préparer au mieux » l’arrivée en janvier 2022 de Mon Espace Santé. Tandis que l’article 3 ouvre plus largement la téléconsultation et la téléexpertise tout en les sécurisant (voir la rubrique de Buzz Medecin).

    On comprend que pour la CNAM, le temps soit désormais compté puisque c’est en janvier 2022 que doit s’ouvrir l’Espace Numérique de Santé (ENS) renommé « Mon Espace Santé ». La signature de l’avenant 9, apporte un cadre sécurisé et plus flexible à la télésanté et accompagne à court terme le déploiement du numérique en médecine de ville, comme l’a expliqué Marguerite Cazeneuve, directrice déléguée à l’organisation des soins lors du point presse mensuel de l’Assurance Maladie de Thomas Fatome, le 23 septembre. D’autres conventions sont déjà en négociation ou vont l’être prochainement avec les pharmaciens, les infirmières, les kinés, les maisons et pôles de santé, etc. La conviction partagée est aujourd’hui qu’il faut des outils simples d’utilisation, ergonomiques adaptés aux usages des professionnels et des patients, qu’il faut garantir la sécurisation des données transmises et la traçabilité des échanges et l’accès des citoyens à leurs propres données (c’est une des fonctions de Mon espace Santé). Les outils doivent être compatibles et interopérables entre eux.

    Des logiciels référencés Ségur

    Le Ségur de la Santé a permis dans son volet numérique, de dégager un financement pour les éditeurs de logiciels afin de favoriser l’équipement des médecins. Ce qui est rappelé dans l’avenant 9 même si cela ne faisait pas partie du cadre des négociations. Des groupes de travail conjoints ont été mis en place. Des dossiers de spécifications de référencement labellisation (DSL) ont été élaborés à destination des éditeurs de logiciels avec un parcours de référencement mis en place par l’Agence du numérique en santé (ANS).
    Les logiciels référencés Ségur devront intégrer les services socles suivants :
    - L’Identité nationale de Santé (INS)
    - L’accès aux services numériques via la carte CS et l’application mobile e-CPS en basculant d(un outil à l’autre sans ré-identification
    - La messagerie sécurisée de santé MSS
    - Le DMP avec un Volet de Synthèse médicale (VSM) créé et mis à jour par les médecins
    - L’application mobile carte Vitale (apCV)
    - Le service e-prescription unifiée

    A partir de 2022 de nouveaux financements pour favoriser les usages

    L’alimentation du DMP est la condition majeure de la réussite de Mon Espace Santé. Et les médecins en sont la cheville ouvrière. Une aide financière pour ce surcroît de travail était réclamée par les syndicats depuis plusieurs années.
    Un nouveau forfait « élaboration initiale du VSM » est prévu pour les inciter à remplir cette tâche. Dans un premier temps, il s’agit des patients ALD. Si le médecin a réalisé des VSM et les a versés dans le DMP de 50% de cette clientèle, il reçoit 1500 euros et 3000 euros si le taux atteint 90%. Ce forfait ne sera versé qu’une seule fois au cours du second semestre 2023 si l’objectif est atteint au plus tard le 30 juin 2023. Il sera majoré de 20% si plus d’un tiers des VSM sont structurés dans le format conforme au CI-SIS (Cadre d'Interopérabilité des Systèmes d'Information de Santé).
    Le forfait structure évolue en mettant en place de nouveaux indicateurs valorisant l’alimentation du DMP, les échanges par MSS, la généralisation progressive de la e prescription et de la e carte Vitale, ainsi que l’utilisation de nouveaux téléservices comme le SPE (Service de prescription électronique de transport) et la DGS (Délégation simplifiée de grossesse).

    Pour le premier volet du Forfait Structure, celui dont les indicateurs sont des prérequis qui doivent être atteints pour déclencher la rémunération forfaitaire, plusieurs nouveautés . La rémunération va passer de 280 points (220-21) à 400 en 2222-23. Mais...
    - En 2022 et 2023, il ne suffira plus d’avoir un logiciel compatible DMP; il faudra réaliser 20% des consultations en alimentant le DMP pour valider l’indicateur et gagner 40 points
    - En 2022 et 2023, il ne suffira plus d’avoir une messagerie sécurisée de santé dans son logiciel; il faudra échanger par mail sécurisé avec un patient dans au moins 5% des consultations, pour gagner 40 points.
    En 2023, l’arrivée de l’indicateur disposer d’un logiciel métier compatible DMP avec un LAP certifié HAS (version addendum 6PC/SC en 2021 et addendum 8 en 2022 avec app carte Vitale) devient « disposer d’un logiciel référencé Ségur avec LAP certifié HAS »

    Un volet 2 renforcé et complété
    Les logiciels référencés Ségur intègrent la e-prescription et l’application carte Vitale ce qui donne lieu à l'introduction de deux nouveaux indicateurs dans le volet 2 :
    - usage du service e-prescription. L’atteinte de 50% de e-prescription permet de valider l’indicateur qui vaut 40 points
    - usage de l’application carte Vitale. L’atteinte de 5% des FSE réalisées avec l’app carte Vitale permet de valider l’indicateur qui vaut 40 points Comme précédemment pour les téléservices, les points ne sont perçus qu’à partir d’un certain taux (progressif) d’usage, soit jusqu’à 110 points en 2023.
    La rubrique Forfait structure de Buzz Medecin reprend tous les tableaux élaborés par la CNAM.
    Au total, un médecin qui coche toutes les cases pourra toucher en 2023-24 jusqu’à 13 925 euros pour sa contribution à la coordination des soins et au succès de l’Espace numérique en santé. Un marathonien des points ! Et à condition que ses patients prennent également le train du numérique en santé…Reste aux uns et aux autres, patients et médecins à vérifier si les outils sont aussi "simples d’utilisation, ergonomiques et adaptés aux usages" que promis.
    Ce sera la véritable clé de leur succès plus encore que la politique de la carotte (et parfois du bâton).

    Accèder à l'intégralité de l'avenant sur Légifrance

     

  • Diabeloop : le traitement automatisé pour le diabète de type 1 remboursé

    Diabeloop 1Couronnée de prix "start-up de l'année" en 2018, l’entreprise grenobloise Diabeloop, qui avait reçu en novembre 2018 son marquage CE pour son DBLG1 System, parfois qualifié de pancreas artificiel et présenté plusieurs études favorables, franchit une nouvelle étape avec son inscription au remboursement en septembre 2021. Le DBLG1 est indiqué pour le traitement des diabètes de type 1 chez les adultes équipés d'une pompe à insuline et pour qui l'équilibre glycémique reste insuffisant depuis au moins six mois.

     

    C’est une forte demande des diabétiques : ne plus avoir à se préoccuper de mesurer leur glycémie en se piquant le doigt et de s’injecter une dose d’insuline. Des lecteurs de glycémie en continu utilisant un capteur sont déjà commercialisés depuis peu ; poussée par les associations de patients, l’Assurance maladie commence à prendre des décisions de remboursement tout en limitant leur prescription.
    Le Freestyle Libre d’Abbott a été le premier à en bénéficier en juin 2017. Et depuis mars dernier, le Minimed 640 G de Medtronic (le capteur Enlite couplé à la pompe à insuline 640G) fait égalment l’objet d’une prise en charge sous certaines conditions.

    Le système DBLG1 de Diabeloop est lui aussi composé de trois parties afin de reproduire les fonctions du pancréas, d’où le terme parfois utilisé de pancréas artificiel.

    Diabeloop_ALT
    Un capteur de glucose envoie par Bluetooth les données à un terminal qui héberge de l’intelligence artificielle afin de déterminer la meilleure dose d’insuline qui sera délivrée par la pompe connectée. Le capteur choisi est celui de la société Dexcom qui avait été apprécié par ses utilisateurs lors de tests effectués par le Diabet Lab de la Fédération des diabétiques. Pour la pompe à insuline, deux modèles des sociétés Cellnovo et ViCentra ont été utilisés lors de l’essai clinique qui a débuté il y a un an et touche à sa fin. L’algorithme prédictif intégré au terminal a été développé par Diabeloop, il permet de déterminer les doses d’insuline optimales pour le patient et de donner l’ordre à la pompe de les injecter automatiquement. Le système maximise les temps passés en normo glycémie et limite les hypo- et hyperglycémies du patient en fournissant des alertes et en les prenant en charge. Pour l’heure, la prise de nourriture et l’activité physique sont déclaratives. A terme, ces données pourraient être automatisées. L’adaptation pour les enfants diabétiques est en cours.

    De la recherche à l’entreprise

    Diabeloop est issu d’un projet de recherche médicale initié en 2011 par le Dr Guillaume Charpentier, président et fondateur du CERITD (association loi 1901 consacrée à la recherche et au traitement du diabète) qui a mené l’étude clinique Télédiab avec le système Diabeo en collaboration avec Sanofi.
    En 2015, le Dr Charpentier et Erik Huneker co-fondent Diabeloop pour développer et commercialiser la solution issue de ces recherches. Un réseau de partenaires participe au projet dont le CEA – Leti et 12 CHU.
    Diabeloop compte aujourd’hui une trentaine de personnes pour assurer le développement et la mise sur le marché du dispositif.

    Oublier son diabète

    Le marquage CE du DBLG1 a été obtenu en novembre 2018. Ce qui a permis de débuter la commercialisation en Europe. Le remboursement en France est intervenu en septembre 2021.
    Le DBLG1 Diabeloop est prescrit par un centre. Les pharmaciens ont signé des accords pour des forfaits journaliers et pour assurer l'education thérapeutique des patients (aussi faite par les infirmières). Au grand dam des organisations de prestataires de santé à domicile (PSAD) qui estiment qu'il s'agit de prestations "au rabais".
    Pour les diabétiques et leur famille, ces technologies connectées en rupture avec le système piqûre/bandelettes sont très séduisantes et améliorent leur qualité de vie. Elles permettent d’oublier son diabète (« la machine réfléchit à ma place ») et de délivrer les parents d’enfants diabétiques de la charge mentale d’une surveillance quasi continue.
    Quant aux médecins traitants, ils ont accès à toutes les données de leurs patients avec des synthèses. En temps réel, s'ils le souhaitent.

    Après plusieurs essais cliniques satisfaisants entre 2014 et 2018, l'étude SP7 avec le système à boucle fermée de Diabeloop evalué sur 63 patients diabétiques de type 1 confirme que l'algorithme qui pilote la pompe est au moins aussi performants que ceux déjà disponibles au niveau international sur le critère du temps passé dans la bonne glycémie.  Le temps passé en hypoglycémie est réduit de moitié et le système a fait la preuve de sa fiabilité..

    Voir l'arrêté paru au Journal Officiel du 16 septembre 2021

    Voir l'article du Lancet

    www.diabeloop.fr

    Dernière mise à jour le 20 septembre 2021

  • PRO-PS 2021, une marque du GIE SESAM-Vitale pour les logiciels les plus à jour

    Le GIE SESAM-Vitale propose d’estampiller du logo PRO-PS 2021 les logiciels métier des professionnels de santé les plus à jour

    PRO-PS, le programme de mise à jour de l’équipement des professionnels de santé du GIE SESAM-Vitale se veut désormais une marque.
    L’idée est de valoriser les solutions les plus à jour avec le logo PRO-PS millésimé 2021.

     

     

     

     

    L’industriel qui l’utilise doit remplir plusieurs obligations :

    - Un logiciel de facturation a minima addendum 7
    - Une homologation API V2 pour la DMP compatibilité, c’est-à-dire un logiciel adapté à la version V2 du DMP (qui sera accessible dans le nouvel Espace santé actuellement en test)
    - Un déploiement en 2021 de ses solutions les plus à jour compatibles avec les lecteurs en mode PC/SC auprès de la majorité des clients. Fin 2021, les lecteurs doivent en effet passer au nouveau standard PC/SC (voir l’article de Buzz médecin à ce sujet) 

    En échange de cet engagement, la solution sera publiée « PRO-PS millésimé compatible » sur le catalogue produits du GIE SESAM-Vitale et l’industriel pourra apposer la marque PRO-PS millésimée dans le cadre de ses documents et présentations marketing auprès de sa clientèle.
    Selon le GIE, cette nouvelle marque constitue « un gage de qualité de réalisation collant aux standards, à l’innovation et à la sécurité ». A suivre..

  • La montre connectée est-elle l’avenir de la prévention ?

    Withings, leader français des objets connectés a lancé le 6 juillet sa nouvelle ScanWatch Rose Gold à destination des femmes, de plus en plus concernées par les maladies cardio-vasculaires. Tandis qu’Apple mise beaucoup sur son Apple Watch à laquelle de nouvelles fonctions ont été ajoutées début juin, pour asseoir ses ambitions dans le secteur de la santé.

    Withings présente la ScanWatch, comme « la montre santé la plus avancée au monde ». Il est vrai , si l’on excepte le fait de la puissance commerciale d’Apple, que la ScanWatch offre toutes les fonctionnalités de surveillance de la santé : mesure de la fréquence cardiaque en continu, SPO2 à la demande ou en continu, suivi complet du sommeil avec détection des apnées du sommeil, ECG à la demande en 30 s(avec détection de la fibrillation auriculaire).
    « Les mesures ont été validées par comparaison avec un Gold Standard à l’hôpital, explique Matthieu Menanteau, directeur innovation/développement produit chez Withings, le pourcentage d’hémoglobine dans le sang est comparé avec une analyse de sang en continu avec pose d’un cathéter.
    Ce qui a permis à la Scan Watch de participer l’an dernier à la télésurveillance à leur domicile de malades de la Covid (voir l’article du blog), Quant aux algorithmes de détection qui génère des alertes, pour l’apnée du sommeil notamment, ils ont été testés cliniquement en Californie avec des malades. Lorsque la montre suit le cœur en continu, l’utilisateur reçoit une notification pour déclencher un ECG (il faut établir une dérivation en posant sa main sur la montre).

    Pour réfléchir à l’utilisation des objets connectés pour la prévention, Withings s’est adjoint le concours d’une philosophe-clinicienne, Mathilde Chevaler-Pruvo, qui est arrivée à la conclusion que si les programmes de prévention ne fonctionnaient pas, c’était parce que la prise des mesures était trop contraignante et que les données étaient analysées à l’extérieur par des experts.
    « Cultiver sa santé ne peut se faire que par un objet qui nous rejoint dans nos modes de vie et sur lesquels on projette un affect ». L’objet est alors perçu comme un « compagnon », vecteur d’un rapport positif à la santé, libéré de la charge mentale de la prise de mesure.
    C’est ainsi que pour remporter l’adhésion d’un public élargi à ce qui peut apparaitre comme un programme de prévention, Withings a choisi de faire de la ScanWatch, disponible depuis septembre 2020 pour ses modèles masculins (38 et 42 mm) un objet attractif et même un bijou en s’adressant aux femmes. Le lancement du modèle Rose Gold s'accompagne d'un partenarait avec l'association "Agir pour le coeur des femmes". La ScanWatch est d’abord une montre qui donne l’heure avec des aiguilles, avant d’être un objet connecté bourré de capteurs. Un peu grosse certes (38 mm) mais élégante surtout dans sa version féminine… (voir le test de Buzz Medecin).
    Son prix (à partir de 299 euros) risque hélas de limiter sa diffusion pour des études cliniques auxquelles Withings participe régulièrement (voir le site de withings)

    Les ambitions Santé d’Apple

    C’est finalement de Cupertino et non à Paris comme initialement prévu que Tim Cook avait accepté de se laisser questionner par Guillaume Lacroix , co-fondateur du media Brut dans le cadre de VivaTech.
    La France est pour Apple un bon terrain puisque l’iPhone y détient 23% de part de marché ( et 50% chez les médecins). L’incessante sortie de nouveaux modèles d’iPhone est l’on sans doute une nécessité économique pour Apple , mais le patron d’Apple veut vous en convaincre : "l’iPhone 30 sera meilleur et résoudra des problèmes pour le public. J’ai une grande confiance dans le pouvoir de la technologie pour aider les gens ». Se disant très « excité » par la réalité virtuelle qui va gagner les téléphones et les tablettes après l’intelligence artificielle, Tim Cook se dit « très optimiste sur le mariage de la santé et de la technologie ». Témoin l’Apple Watch qui surveille les problèmes cardiologiques et permet de faire des ECG. Apple a annoncé dans un communiqué le 4 juin de nouvelles études en cours pour vérifier la détection de l’insuffisance cardiaque ainsi que les signes d’insuffisance respiratoire en cas de grippe et de Covid. A chaque nouvelle version du système d’exploitation Watch OS, Apple ajoute des fonctions. Dernière en date la fréquence respiratoire pendant le sommeil en utilisant l’accéléromètre intégré. L’ambition d’Apple est de faire de l’iPhone un véritable carnet de santé et une plate-forme chiffrée de transfert d’informations médicales . Son partenariat avec un certain nombre de cliniques dont la clinique Mayo qui prend en charge la fonctionnalité Health Record (dossier médical) sur l’iPhone. Les patients peuvent ajouter des données comme certains résultats d’analyse et les partager avec des tiers. Un récent article du Wall Street Journal, cité par Denise Silber, spécialiste de la e-santé, révélait cependant que les tentatives d’Apple pour lancer des services de santé peinent à s’imposer, malgré d’importants moyens (le budget recherche développement d’Apple se monte à 16 milliards de dollars). Ce sont les employés de la firme à la pomme qui jouent les cobayes avec plus ou moins d’entrain . A la tête de la division Santé , le Dr Sumbul Desai, venue de la direction stratégie de Stanford Medicine, a lancé l’app Health Habit pour renforcer l’appétence des utilisateurs des cliniques Apple pour les programmes de prévention de l’HTA. On peut se lancer des défis comme marcher plus et discuter avec les médecins.
    Sera-ce suffisant pour persuader ceux qui s’estiment bien portants de mettre leur santé sous surveillance ? Le pari de Withings avec des montres connectées conçues comme de « vraies » et élégantes montres à aiguilles qui se font oublier, pourrait se révéler plus pertinent.

  • Le télésoin se met en place dans le cadre des soins coordonnés

    Après le boom de la téléconsultation observé pendant la pandémie surtout en périodes de confinement et les dérogations accordées aux télésoins, il fallait organiser les actes à distance pouvant être pratiqués par les pharmaciens et certains auxiliaires médicaux. C’est chose faite avec la publication d’un décret et d’un arrêté en date du 3 juin 2021 (JO du 4 juin). C’était prévu dans la loi "Ma Santé 2022" du 24 juillet 2019.

    Si les médecins, les sages-femmes, les chirurgiens-dentistes peuvent téléconsulter, les pharmaciens et 17 professions d’auxiliaires médicaux* sont quant à eux autorisés à pratiquer des télésoins.
    Le texte du 3 juin permet d’élargir les conditions du télé-soin pour ces professions au-delà des mesures dérogatoires de remboursement mises en place pendant la crise sanitaire, comme le télé-suivi infirmier, la téléconsultation avec sages-femmes ou encore le télé-soin en kiné, podologie, orthophonie.

    Le télésoin, qu'est ce que c'est ?

    Un pharmacien pourra ainsi faire un bilan des traitements médicamenteux pour un patient à un retour d l’hôpital ou continuer le suivi d’un entretien pharmaceutique démarré en présentiel, ou d’un sevrage tabagique.
    Un pédicure-podologue pourra réaliser un diagnostic.
    Un masseur kinésithérapeute ou un ergothérapeute poursuivre une rééducation.
    Une infirmière entreprendre l’éducation thérapeutique d’un patient. Etc. La société française de santé digitale (SFSD) qui assure des formations vient de publier un livre-blanc_-SFSD sur le télésoin avec de nombreux exemples.  Il s’agit de nouvelles pratiques à réinventer dans le cadre de la coordination des soins car le télésoin a les mêmes obligations que la téléconsultation : difficulté de déplacement ou conditions sanitaires défavorables, consentement et connaissance du patient, rédaction d’un compte-rendu et partage des informations avec le médecin traitant ou l’équipe de soins. Des négociations conventionnelles vont avoir lieu pour chaque profession afin d’en définir les tarifs. Deux groupes de travail thématiques ont été lancés par le ministère de la Santé pour accompagner ces évolutions : un groupe de travail éthique depuis le mois d’avril, et un second pour « un accès universel à la santé » depuis janvier, qui doit rendre des recommandations d’ici la fin de l’année.

    Les professionnels de santé peuvent solliciter eux aussi une télé-expertise médicale

    Le code la santé publique définissait jusqu'alors la télé-expertise comme une activité "qui a pour objet de permettre à un professionnel médical de solliciter à distance l'avis d'un ou de plusieurs professionnels médicaux en raison de leurs formations ou de leurs compétences particulières, sur la base des informations médicales liées à la prise en charge d'un patient". Un autre texte publié au même JO du 4 juin assouplit les conditions de sollicitation d'une télé-expertise, désormais ouverte aux professionnels de santé, (après avis de la Haute autorité de santé (HAS) en date du 25 mars 2021 et décret de la section sociale du Conseil d'Etat). L'objectif est bien d'accélérer le déploiement de la télé-expertise mais aussi de faciliter l'accès au soin et l'amélioration des parcours patient, en renforçant notamment la coordination entre professionnels médicaux et de santé, et avec le patient. Le décret https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id

    *18 professions sont concernées : audioprothésistes, diététiciens, épithésistes, ergothérapeutes, infirmiers, manipulateurs d’électroradiologie médicale, masseurs-kinésithérapeutes, ocularistes, opticiens-lunetiers, orthopédistes-orthésistes, orthophonistes, orthoprothésistes, orthoptistes, pédicures-podologues, pharmaciens, podo-orthésistes, psychomotriciens et techniciens de laboratoire médical.

     Décret n° 2021-707 du 3 juin 2021 relatif à la télésanté
    Arrêté du 3 juin 2021 définissant les activités de télésoin 

    Article sur le télésoin sur le site de la HAS
    Fiches pratiques de la HAS

  • Interruption de la création des DMP au 1er juillet mais pas de leur alimentation

    A partir de ce 1er juillet 2021, il ne sera plus possible aux médecins de créer de nouveaux DMP (dossiers médicaux partagés) au cabinet. De même pour les pharmaciens en officine, les usagers dans une caisse d’assurance maladie ou sur le site dmp.fr. Il s’agit d’une période transitoire jusqu’à l’ouverture en janvier 2022 de Mon espace santé qui entre en phase pilote à partir du 1er juillet dans trois départements. Le DMP est une brique essentielle de ce nouveau service.

    Le site DMP.fr l'affiche. Cette coupure dans l’ouverture de nouveaux DMP est nécessaire pour préparer l'arrivée de Mon espace santé qui sera proposé à tous en début d'année 2022.
    Les DMP créés ne seront pas supprimés et il sera toujours possible pour les patients et les professionnels de santé de les consulter, ainsi que d'y ajouter des informations. Par ailleurs, tous les usagers qui disposaient déjà d'un DMP avant le 1er juillet 2021 retrouveront automatiquement leurs données à l'activation de Mon espace santé.
    Dans la phase pilote de l’Espace numérique de santé (ENS rebaptisé « Mon espace santé ») qui va débuter dans les départements de Loire-Atlantique, Haute-Garonne et Somme, l’ENS sera automatiquement ouvert pour 4 millions d’assurés sauf opposition de leur part. Ces usagers du régime général, de la Mutualité sociale agricole (MSA) et de la Mutuelle générale de l'éducation nationale (MGEN) pourront alors accéder à leur DMP ainsi qu'à une messagerie sécurisée permettant des échanges, à l'initiative des professionnels de santé, en toute confidentialité.
    Les assurés de ces départements qui disposent d'un dossier médical partagé créé avant le 1er juillet 2021, retrouveront les données contenues dans celui-ci automatiquement intégrées dans Mon espace santé" A la date du 1er janvier 2022, le DMP deviendra une composante de l'ENS, et sera ouvert simultanément.

    Développer l’alimentation du DMP par les professionnels de santé

    Actuellement, alimentent le DMP:
    - 11 100 médecins généralistes
    - plus de 880 établissements de santé dont 27 CHU
    - plus de 1 400 EHPAD
    - plus de 560 laboratoires de biologie médicale.
    Or si au 24 juin, près de 10,1 millions de DMP ont été créés. Un peu moins de deux millions sont alimentés par les professionnels de santé ou les établissements de santé.
    Notre action, souligne la CNAM, qui pilote le DMP, est désormais d’en développer l’alimentation par les professionnels de santé avant l’ouverture de Mon espace santé.
    Au risque de voir les usagers n’y trouver (un DMP sera ouvert par défaut à tous les assurés) que les ajouts automatiques des données de remboursement de l’Assurance Maladie et les informations qu’ils y auront ajoutées.
    L’alimentation du DMP figure certainement au programme des négociations qui se sont ouvertes mercredi 23 juin.